La société civile entend jouer sa partition
Au Burkina Faso, comme partout dans le monde, sera célébrée du 21 au 27 avril 2008, la Semaine nationale pour l’éducation. Pendant donc 7jours, gouvernants et partenaires au développement vont se pencher au chevet de l’éducation. La société civile acteur incontournable, n’entend pas se faire conter l’évènement. Elle a initié un certain nombre d’activités à travers la Coalition nationale EPT du Burkina pour donner de la voix. Histoire d’attirer l’attention des uns et des autres sur leurs responsabilités, mais surtout de rappeler à chacun de tenir les engagements qu’il a librement souscris.
Des élèves lors de la cérémonie d’inauguration de leur école
L’heure est grave. Au moment même où l’on parle des TIC, plus de 80 millions d’enfants en âge d’aller à l’école sont à la maison. Pour cause, les taux d’accès et de poursuite des études restent très faibles. En Afrique au sud du Sahara dont fait partie notre pays la situation est déplorable, moins de 70% des enfants sont scolarisés et plus de 800millions d’adultes ne savent ni lire ni écrire. Au niveau du Burkina, à la rentrée 2007-2008, selon la Coalition, sur 100 enfants burkinabè, environ 40% ne sont pas scolarisés. Soit par manque de ressources au niveau des familles, soit par l’insuffisance de l’offre éducative. Pourtant, gouvernants et partenaires au développement s’étaient engagés à mettre fin à la situation d’ici 2015 à travers l’atteinte des objectifs du millénaire. Chose qui semble improbable aujourd’hui, à moins que, des actions énergétiques ne soient déployées en faisant «en sorte que les décideurs et la communauté internationale respectent leurs engagements». Et c’est ce à quoi elle compte s’atteler au cours de la semaine à travers la sensibilisation et le plaidoyer. En effet, la Coalition du Burkina s’est mobilisée depuis avril 2000 pour exiger l’atteinte d’objectifs de l’éducation pour tous d’ici 2015 à travers divers thèmes. «L’objectif recherché est d’obtenir que les décideurs et les bailleurs de fonds respectent les engagements qu’ils ont librement consentis à Dakar en 2000 d’atteindre l’éducation universelle en 2015», ont soutenu les responsables. Le plaidoyer des acteurs de la société civile va s’appuyer sur un travail de communication afin de prendre à témoins les populations sur la «gravité» de la situation. Un plaidoyer qui a pour finalité d’influencer la mise en oeuvre effective de la politique éducative pour un meilleur accès à une éducation gratuite et de qualité pour tous au cours de la phase II du PDDEB. Un autre des combats de la Coalition est de lutter pour une augmentation conséquente des budgets alloués à l’éducation (20% du budget national). La semaine de plaidoyer sera également mise à profit pour travailler au renforcement des compétences des sortants de l’école notamment les jeunes filles et les handicapés à s’insérer dans la vie active. Les actions visent essentiellement les gouvernants notamment le ministère en charge de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation, l’UNESCO parrain lors du forum de Dakar, la Banque mondiale, etc. La semaine est placée sous le thème : «une éducation de qualité pour mettre fin à l’exclusion». Un thème qui corrobore pourtant avec l’ambition de la réforme du système éducatif en cours qui vise à «Faire du jeune burkinabè un citoyen responsable, productif et créatif.» Art 13 de la loi d’orientation de l’éducation. Cette nouvelle société burkinabè qui est en gestation dont ont parlé Marie Odile BONKOUNGOU du MEBA et Joseph PARE du MESSRS qui à terme, doit faire en sorte qu’aucun Burkinabè n’exerce à terme son métier sans avoir au préalable fréquenté le système éducatif, sera-t-elle possible ?
Par Frédéric ILBOUDO
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