L'opinion N°554
Du 21 au 27 mai 2008

Les nouvelles du grin

Il vend son chien mais refuse qu’on le tue

Après plusieurs tentatives avortées, la véritable première pluie de la ville de Sya est enfin tombée le samedi 17 mai 2008. Une pluie bienfaisante qui s’est infiltrée en profondeur du sol pour donner gratuitement la climatisation à tous les habitants de Bobo et ses alentours.
C’est vrai que ça et là il y a eu quelques pluies sporadiques qui ont arrosé certains secteurs.
Mais celle de samedi dernier est venue annoncer certainement le début de la saison des pluies. Une saison qui rend le climat doux mais la circulation devient pénible dans certaines parties de la ville.
Il y a même des secteurs qui après une pluie deviennent inaccessibles aux riverains.
C’est une saison qui attire et qui fait peur à la fois.
La pluie du samedi 17 mai 2008 a commencé autour de 11 heures ; tout juste au moment où prenait fin la cérémonie de salutation du 19e successeur du Kolôvô Mollo SANOU, le chef de Dagasso par les grandes familles de Bobos.
Les notables sont venus de Sangouélélouma, de Forogalouma, de Tinissilalouma et même de Djamanatiguisso pour rendre hommage au chef.
Cette cérémonie qui se présente comme le prolongement de l’intronisation du nouveau chef de Dagasso intervenu le 13 avril 2008 a également connu la présence du très véritable imam de Dioulassobâ. Cette cérémonie vient encore renforcer la chefferie coutumière des Bobo-Mandaré.
Le jour de l’intronisation, le coq immolé est tombé sur le bon côté prouvant ainsi que les ancêtres ont cautionné l’intronisation du 19e Kolôvô de Dagasso. Samedi dernier encore la pluie est venue confirmer la justesse de cette cérémonie de retrouvailles entre les descendants des trois fils du père fondateur de la contrée de Sya à savoir Gnagabala, Zara et Mamoro.
Selon les anciens présents à cette cérémonie, cette pluie est venue pour arroser l’avènement du nouveau chef. C’est sûr que son règne se fera dans la joie et l’harmonie des peuples Bobo.
Cette histoire de chefferie des Bobos est très peu commentée au grin où les gens pensent que de nos jours la politique est venue affaiblir la plupart des coutumiers qui contrairement au plateau mossi ne sont pas solidement organisés à l’Ouest. Ici, ils sont constamment contestés à telle enseigne qu’on fini parfois même à tronquer l’histoire.
Les deux protagonistes se réclament tous du droit d’exercer la fonction de chef. Cela peut durer le temps qu’il faut, mais le problème reste toujours intact. Cela irrite certains membres du grin qui pensent que les ancêtres devraient être enclins à sanctionner de façon «souterraine» les éventuels perturbateurs qui veulent usurper du titre de chef, même s’ils savent bien qu’ils ne le méritent point. Pour la bonne marche de la ville de Sya, les chefs coutumiers doivent vivre dans la vraie tradition des us et coutumes. On peut spéculer sur les postes politiques qu’on peut obtenir par nomination ou par vote, mais pour les postes coutumiers il faut le mériter.

4e édition de la boucle du coton : le Burkina gagne le tour, mais perd l’étape de Bobo
La pluie bienfaisante du samedi 17 mai à Bobo a permis d’avoir une journée dominicale de rêve. Une journée propice pour faire du cyclisme. La caravane de la 4e édition de la boucle du coton a passé la nuit dans la ville de Sya. Le dimanche 18 mai, c’était la dernière étape qui a débuté le 12 mai à Ziniaré. Contrairement aux 6 autres étapes qui ont été l’affaire des cyclistes burkinabè, l’étape de Bobo, la 7e a été enlevée par la Côte d’Ivoire.
Revigoré par ce doux climat qui rappelle celui du Nord de la Côte d’Ivoire, Issiaka FOFANA a remporté le critérium de 131 km à travers la ville de Bobo. Il a réalisé cela en trois heures 20 minutes 31 secondes ; soit une vitesse horaire de 39,318km/heure.
Les membres du grin qui étaient sur le boulevard de la révolution pour suivre cette course cycliste sont rentrés très déçus. Ils s’attendaient à une victoire burkinabè pour boucler la boucle.
Les gens se demandent comment les coureurs burkinabè ont pu laisser filer la victoire finale.
C’est vrai que le grand vainqueur du tour reste le Burkinabè, Gueswendé SAWADOGO qui termine avec le maillot jaune, mais le fait de laisser l’étape de Bobo aux Ivoiriens a découragé les mélomanes de la petite reine.
Pour certains membres du grin, cela est inadmissible que la dernière étape échappe au Burkina qui a aligné 35 coureurs contre les autres pays qui ont constitué une équipe unique de 7 coureurs. Les coureurs burkinabè étaient plus nombreux que ceux des autres pays.
Tactiquement, ils devaient survoler la course. Mais en perdant à Bobo, les coureurs de notre pays prouvent si besoin était, leur manque de culture tactique.
Tout se passe comme si nos coureurs n’ont que la force pour pédaler et rien d’autre. Or le cyclisme comme tous les sports a besoin d’un bon encadrement. Nos cyclistes pédalent jusqu’au bout sans répit, mais n’ont pas toujours gain de cause à l’arrivée. Ils courent sans une stratégie appropriée, chacun luttant pour décrocher l’étape.
Pour les supporters de Bobo, il y a un manque de solidarité au sein des coureurs du Burkina. C’est justement à cause de ce manque de solidarité que l’Ivoirien Issiaka FOFANA a raflé la mise à la dernière étape. Pourtant lors du dernier tour du Faso, c’est l’étape de Bobo qui avait été l’unique étape enlevée par les Burkinabè. Une première victoire des nôtres qui avait fait illustrer positivement la signification du nom du gouverneur Mathieu Bébrigda OUEDRAOGO. Bébrigda signifiant celui qui fait trembler ses ennemis.
Cette fois, le nom du gouverneur n’a pas pu profiter à nos cyclistes. A moins que Issiaka FOFANA le vainqueur de Bobo ne soit pas un ennemi en tant que tel…
La 4e édition de la boucle du coton s’est déroulée dans un contexte de vie chère. La campagne cotonnière écoulée n’a pas été une réussite. Les producteurs et les autres acteurs de la filière cotonnière regardent cette course avec méfiance même si la SOFITEX dit ne pas financer ce tour.
La part de SOFITEX dans l’organisation de la boucle du coton représenterait 15% seulement. En plus c’est une compétition qui est inscrite dans le calendrier de l’union cycliste internationale. Pour garder sa crédibilité, le Burkina doit respecter cette date. Cette année, le président des producteurs de coton était sur le terrain. On se souvient encore de cette fameuse lettre de protestation que François TRAORE avait adressée lors de la 3e édition pour dire que cette course était inopportune dans les zones cotonnières à cause de la galère des producteurs.
Pour cette édition, le président de l’UNPCB était sur la brèche. Cette année la boucle du coton n’était pas sur la sellette. La course s’est très bien passée sauf que l’étape de Bobo garde un goût d’inachevé avec la victoire inattendue de la Côte d’Ivoire. Les éléphants cyclistes ont fait le show sans réserve pour fêter leur victoire d’étape.

Il vend son chien, mais refuse qu’on le tue
Le nouveau fonds de commerce des citadins est depuis un certain temps le phénomène de la vie chère. Tous les moyens sont bons pour se tirer d’affaire, même la vente de son chien à l’abattoir. C’est en tout cas ce qu’un jeune homme a fait. Il a vendu «son ami» fidèle avec qui il vit dans une zone non lotie à cause des difficultés à joindre les deux bouts. Le payeur a été clair. C’est pour l’abattre et le faire passer à la casserole. Cela n’a pas plu au jeune homme, mais n’ayant pas le choix il accepta. L’acheteur lui remit l’argent et promit d’abattre le chien d’ici trois jours. Le jour «j», le chien est introuvable. L’acheteur a tout fait mais pas de chien. Le jeune homme a montré patte blanche. Il n’y est pour rien. Il dit avoir vendu son chien et que le reste ne le regarde plus. C’est en ce moment qu’on entendit l’aboiement d’un chien dans la chambre. L’acheteur comprit le manège. Il exige son argent ou la mort du chien. Le jeune s’oppose. Il dit qu’il est prêt à rembourser l’argent mais l’acheteur refuse. Il désire le chien pour l’abattre.
L’affaire a fait grand bruit. Les deux antagonistes veulent en venir aux mains. Les voisins sont obligés d’intervenir. L’affaire est difficile à juger. L’homme qui abat les chiens est très fâché. Le chien en question devait servir pour la soupe de ce jour. Comment va-t-il s’expliquer devant ses clients qui comptent sur lui pour être approvisionnés.
Un passant qui a suivi la scène a demandé le prix du chien litigieux. 4000F est le prix consentis entre les deux.
Il n’en croyait pas ses yeux. Il promit 2 chiens à l’acheteur à 8000F. Ce dernier s’intéressa au nouveau venu et les deux se sont suivis permettant ainsi au jeune de sauver son chien.
Au grin, les gens pensent que le jeune a très mal agi mais qu’il faut aussi contrôler l’abattage de chiens.
Cette histoire de chien a eu du mal à être commenté au grin. Les gens pensent qu’on devrait mieux protéger nos fidèles compagnons les chiens. Mais les autres pensent que les chiens sont des animaux comme les autres et si on veut consommer sa viande, il faut bien l’abattre. D’ailleurs c’est l’une des viandes les plus prisées dans certains milieux.

"Le petit fakir, toujours dispo"

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