« Tout est fin prêt mais…»
Demain 29 mai débute dans la province du Boulgou, chef-lieu Tenkodogo, la troisième édition du festival des arts dela dite ville. A quelques heures du lancement des activités, nous avons rencontré le coordonnateur du festival. M. Lucien ZOURE nous fait le point des préparatifs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que même si la mobilisation des acteurs est sans faille sur le terrain selon le coordonnateur, le nerf de la guerre fait défaut, et c’est là que le bât blesse.

A 24h du début du Festival de Musique et de la Danse de Tenkodogo, à quel niveau en êtes-vous avec les préparatifs ?
M Lucien Zouré (LZ) : Disons qu’à ce jour J moins 1 du Festival des arts de Tenkodogo, nous pouvons dire que nous sommes fin prêts, pas totalement du côté des finances, mais sur les plans artistique et organisationnel nous sommes prêts. A l’heure où je vous parle, toutes les troupes et artistes invités ont déjà pris leurs quartiers dans la ville de Tenkodogo, Les membres du jury sont à pied d’œuvre sur place pour établir les critères d’appréciation. Tous les espaces devant abriter les manifestations, je veux parler du CPL (Centre populaire de loisirs), les sites d’hébergement, les stands devant accueillir la rue marchande, les commissions s’affairent à mettre les choses en place pour que tout se passe bien. Pour ce qui est de la cérémonie d’ouverture qui aura lieu à l’école communale, nous nous affairons également pour donner à ce lieu un éclat particulier. En ce qui concerne la participation des autorités locales, des populations, des festivaliers, tout est au beau fixe et nous allons irrémédiablement vers la cérémonie d’ouverture qui aura lieu demain à 10h devant l’école communale.
L’édition est placée sous le thème « Culture et paix ». Qu’est ce qui a prévalu au choix du thème ?
LZ : Le choix du thème, comme du reste je l’ai déjà dit dans une interview accordée à un de vos confrères de la place, la paix est un concept assez important en ce qui concerne même l’environnement global du développement. Nous voulons dire que rien ne peut se construire sans la paix. C’est un concept qui englobe tout aussi bien le social, qui touche toute la nation et il y a également la paix intérieure qui concerne l’individu lui-même. Pour qu’il y ait développement, il faut qu’il ait synergie entre la paix sociale, c'est-à-dire la paix nationale, et paix intérieure, la paix de l’individu lui-même. C’est dire donc que si ces deux éléments sont conjugués, nous allons tout droit sans problème vers le développement. C’est pourquoi nous avons placé cette troisième édition sous le thème « culture et paix »
Y a-t-il encore des « épines » qui pourraient entacher la tenue de ce festival ?
LZ : Disons qu’à l’heure actuelle, nos épines, ou si vous voulez nos difficultés sont d’ordre financière essentiellement. Sinon en ce qui concerne les hommes, la mobilisation sociale à ce niveau il n’y a pas d’inquiétude. Entre le comité d’organisation et les festivaliers tout se passe bien, en ce qui concerne les festivaliers eux-mêmes il n’y a pas de problème particulier, le parrain de cette édition qui est le ministre d’Etat, ministre de la Santé M Alain Bédouma YODA est à nos côtés, nous conseille et nous appuie également. Le ministre de la Culture qui patronne l’évènement est également à nos côtés. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt car du côté de la bataille des finances tout ne baigne pas dans l’huile. A l’heure où je vous parle c’est vraiment la croix et la bannière, mais on fait avec et nous avons redimensionné l’évènement en allant à l’essentiel. Je vous avoue que sans les finances c’est compliqué. Il y a beaucoup de promesses mais très peu de réalisations. On attend toujours et à 24h de la manifestation nous espérons que les uns et les autres vont délier le cordon de la bourse et tenir leur promesse.
Un appel particulier ?
LZ : L’appel particulier, c’est à l’endroit des fils et filles de la région du Centre-Est et partant à tous les Burkinabè de façon générale. Le festival a été créé en leur honneur. Et de ce point de vue je pense qu’on ne doit pas manquer l’occasion, de placer chacun sa pierre où qu’elle soit afin que nous puissions aller de l’avant pour la victoire culturelle de notre région, celle du Burkina et partant pour l’Afrique. Je lance un appel également à l’endroit des autorités locales, aux politiques, afin que chacun mette la main à la pâte pour que nous puissions avancer. Nous posons des actions culturelles, et même si ces actions sont politiques, elles ne sont pas de la politique pure, mais seulement dans le cadre de la mise en œuvre de la politique culturelle de notre pays. C’est dire donc que nous accompagnons les politiques dans la mise en œuvre de leurs actions.o
Par Frédéric ILBOUDO
SIAO 11e édition
«Le site est déjà dépassé…» : Jean Claude BOUDA DG du Salon
Le Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO) se tiendra du 31 octobre au 09 novembre 2008. En prélude à l’évènement, Jean Claude BOUDA, DG du Salon, a rencontré les hommes de média pour leur faire l’état des lieux des préparatifs. Au sortir de la conférence de presse qu’il a organisée le 22 Mai 2008 à Ouagadougou, ce que l’on peut retenir, c’est que le salon est victime de son succès. En 20 ans d’existence, le site d’accueil de la manifestation est déjà dépassé. Pourra-t-il accueillir la manifestation dans les 10 et 20 années à venir ? Seul Mamadou SANON, ministre en charge de l’artisanat, pourra répondre à cette interrogation.
Jean-Claude BOUDA, Directeur général du SIAO
L’évolution du SIAO depuis sa création est nette. De 1988, date de la première édition (20 pays présents, 244 artisans, 150 000 visiteurs), à la dernière édition de 2006 (29 pays présents, 225 visiteurs professionnels, 582 journalistes nationaux et étrangers, 2080 artisans et plus de 500 000 visiteurs grand public) les chiffres l’attestent. Si la manifestation a gagné en notoriété, crédibilité et grandeur, il n’en est pas de même du site qui depuis son érection n’a pas évolué d’un centimètre. «Le site du SIAO est déjà dépassé», concède Jean Claude BOUDA, DG du salon, avant d’ajouter : «Nous avons fait un rapport à l’autorité de tutelle, on attend de voir quelle suite sera donnée». En clair, si rien n’est fait, le site ne pourra plus contenir les visiteurs, professionnels et artisans, dans les années à venir.
L’exemple du site du SIAO est l’illustration même des architectures dressées au Faso sans vision prospective. On a l’impression, modestie maladive faisant, qu’au moment où se met en œuvre l’initiative, on a peur de voir trop grand pour ne pas être désillusionné. Le cas de la salle de spectacle du CENASA, obsolète même pas deux ans après sa rénovation achèvera de convaincre qu’il faut changer le fusil d’épaule. D’ailleurs, le DG du SIAO ne dira pas le contraire, lui qui tiendra ce propos : «Au Burkina Faso, on a tendance, à tous les niveaux, à voir petit. J’ai eu la chance d’aller à la foire de l’artisanat du Ghana. Je vous avoue que j’étais surpris. L’espace qui a été réservé depuis les années 60 pour la foire est impressionnant. Même dans 20 ans, le site ne sera pas dépassé». Quid du SIAO qui grandit chaque jour que Dieu fait ? Placé en plein centre de la ville où les espaces se font rares sinon qu’ils sont déjà presque tous occupés, on se demande comment le Salon agrandira son domaine, à moins que cette sorte de décharge que constitue l’espace côté ouest de l’enceinte soit disponible à l’instant actuel et que la Marie consente à s’en défaire à son profit. Si l’exiguïté du site du SIAO a retenu l’attention des journalistes à la conférence de presse, d’autres préoccupations n’ont pas moins été soulevées. Ainsi, les hommes de média se sont intéressés à l’organisation de la 11ème édition, notamment en ce qui concerne la question des stands et de leur location, l’organisation de Miss SIAO, etc. Pour ce qui est des stands Jean-Claude BOUDA dira : «Toutes les dispositions seront prises pour que les stands soient prêts avant date et que les attributions se fassent de façon scientifique et non comme à l’édition passée». En effet, comme à chaque édition, le problème des stands se pose non sans désagrément. Cette 11ème édition ne va pas déroger à la règle. «Nous allons avoir des problèmes à cette édition, parce que l’offre des stands va baisser. Nous nous préparons d’ailleurs à affronter une crise». Mais pour éviter les écueils de 2006, le DG du salon de l’artisanat ne fait pas dans la langue de bois avec les artisans. Pour lui : «C’est pas parce qu’on est dans l’artisanat qu’on doit travailler artisanalement. Nous demandons aux artisans de s’y prendre à temps pour payer dans les délais les loyers des stands, au lieu d’attendre la dernière minute comme c’est souvent le cas». Placée sous le thème «Artisanat Africain et Circuit de Distribution» la 11ème édition garde les traditionnelles activités. Il s’agit entre autres du salon grand public pour les expositions ventes, les séminaires et autres ateliers et tables rondes. Seules les activités extra-salon ont connu une réforme. « Il n’y aura pas de Miss SIAO. Après plusieurs éditions où nous avons organisé Miss SIAO, l’on s’est rendu compte que ça n’a pas d’intérêt. Nous n’organiserons plus Miss SIAO » a déclaré Jean Claude BOUDA. C’est dire donc que celles des jeunes filles qui affûtaient leurs armes pour cette compétition seront déçues. Contexte de vie chère oblige, les prix d’entrée grand public et ceux des stands n’ont connu aucune modification. 500FCFA, pour accéder au site pour le grand public. Pavillons climatisés 700 000 FCFA pour 10m2 et 300 000 FCFA 10 m2, tels sont les coût de location. L’accès des pavillons climatisés pour les visiteurs passe de 250 à 200 FCFA.o
Par Frédéric ILBOUDO