Une insistance inopportune
Alors que le Comité des droits de l’homme de l’ONU a bel et bien clos l’Affaire Thomas SANKARA, le Collectif des prétendus défenseurs du dossier continuent de «tirer» sur la corde avec des arguments vaseux et oiseux qui révèlent leur vrai nature : des opportunistes patentés qui veulent faire leur beurre sur le cadavre d’un homme qui condamnait de telles pratiques...
Feu Thomas SANKARA
«Même si l’ONU s’est dédit, le dossier Thomas SANKARA est toujours ouvert devant le ministre de la Défense qui doit lui donner impérativement une suite». On croit rêver en écoutant l’argumentaire du Collectif des défenseurs de Thomas SANKARA après la clôture définitive du dossier (?) de celui-ci par le Comité des droits de l’homme de l’ONU.
Faut-il le rappeler, ledit Comité avait fait injonction au Burkina Faso de donner une suite favorable à la requête de la famille du défunt qui réclamait un certificat de décès d’une part, et d’autre part, de dédommager conséquemment sa famille tout en veillant à ce que de tels actes dommageables ne se produisent plus au Burkina Faso. Toutes choses qui ont été faites diligemment par le Burkina Faso qui résolument, depuis l’historique journée de pardon du 30 mars 2001, a pris des engagements fermes afin que la violence soit bannie du champ politique. Ce qui, passant par l’apaisement des cœurs, a valu à la famille SANKARA un dédommagement digne de l’illustre disparu qui a été réhabilité avec son élévation au rang de héros national. Du coup, l’ONU ne pouvait que clore le dossier à son niveau, et, en la traînant ainsi dans la boue, les «défenseurs» de SANKARA montrent que c’est la défense de leurs propres intérêts qui est leur boussole. L’Affaire Thomas SANKARA a en effet été exploitée, jusqu’à plus soif, par ceux-ci qui pensaient avoir réussi la promesse de clouer le Burkina au pilori de la communauté internationale. C’était oublier un peu vite la délicatesse de cette Affaire, le pays des Hommes intègres, n’étant ni le seul ni le premier à avoir vécu un coup d’Etat. Dès lors qu’aucune affaire du genre n’a encore pas été tranchée au niveau des instances onusiennes nonobstant les procès intentés contre des hommes d’Etat déchus, il était difficile de faire une exception à la règle dans le cas burkinabè. Cela aurait ouvert une boîte de pandore avec des troubles imprévisibles pour la communauté internationale. L’association Thomas SANKARA qui se réclame de la société civile gagnerait donc à aller s’occuper des œuvres caritatives plutôt que de gérer un dossier vide. Et, si en désespoir de cause, ils se sont rabattus sur le ministre de la Défense pour activer le dossier, ils sont là aussi mal «barrés». Ledit ministère a déjà laissé clairement entendre qu’il n’avait pas l’intention d’instruire un dossier qui sous bien d’aspects n’était pas militaire. Et, le fait d’affirmer le contraire relève de l’intention manifeste de brouiller les pistes et d’entretenir le flou dans l’esprit des populations. Lesquelles ne buvant pas l’eau par les narines, s’aperçoivent que c’est la seule affaire de coup d’Etat que l’on agite au Burkina Faso, alors que la victime est elle-même le «produit» d’un coup d’Etat. Le Burkina peut-il se payer le luxe de solder ses comptes politiques en passant certains dossiers par pertes et profits ? Cette discrimination «positive» ne va-t-elle pas porter un coup à la paix sociale patiemment construite ? Autant de questions qui commandent la retenue et la circonspection face à l’activisme de ces «preux» chevaliers des droits humains.
Le Burkina ne peut plus se payer le luxe de rouvrir les vieilles plaies. A bon entendeur.
Par Alpha YAYA
Interconnexion Bobo-Ouaga
1300 personnes à dédommager
Inscrite dans une dynamique de protection de l’environnement, la SONABEL a initié hier mardi 27 mai à Ouagadougou, un atelier conjoint sur le volet environnemental du projet d’interconnexion électrique entre Bobo-Dioulasso et Ouagadougou en vue de mettre en place un comité de suivi du Plan de gestion environnementale et sociale (PGES).
Salif L. KABORE, DG de la Sonabel
Depuis mai 2002, la SONABEL a adopté une politique environnementale bien au fait de la législation environnementale en vigueur qui lui permet de protéger la nature au cours de ses grands travaux tel que le projet de construction de la ligne électrique 225 KV entre Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. Ainsi, dans le cadre de ce projet, à la suite d’une enquête publique et d’une étude d’impact dudit projet sur la nature et le cadre de vie des populations des zones traversées par la ligne, elle a mis en place un Plan de gestion environnementale et sociale (PGES). Ce plan permettant de réduire les impacts négatifs implique plusieurs institutions dans sa mise en œuvre. C’est dans ce sens que la SONABEL a initié cet atelier conjoint regroupant les acteurs des ministères de l’Environnement et du Cadre de vie et des Mines, des Carrières et de l’Energie, pour asseoir un comité de suivi dudit plan. Selon le Directeur général de la SONABEL, Salif L. KABORE, ce comité de suivi est pour permettre une mise en œuvre cohérente des activités restantes du PGES.
Il faut noter que l’étude d’impact environnemental a permis de faire la liste des mesures de compensations, un inventaire général des biens ligneux et immobiliers.
Une vue des participants à l’atelier conjoint
L’enquête publique conduite dans 17 départements concernés par le tracé a inventorié les préoccupations des populations, des autorités, les sites sacrés et les lotissements affectés. Afin de permettre le début des travaux d’interconnexion courant 2007, les efforts consentis par l’Etat et la SONABEL ont permis, selon Salif L. KABORE de réaliser les opérations de dédommagement à hauteur de 39,1 millions pour les 55 personnes touchées par le poste 225 kv de Zagtouli, 31,8 millions pour 88 personnes affectées par la construction de la Boucle 90 kv.
Pour le directeur du cabinet ERGECI-Développement, Oumarou IDANI, qui a réalisé l’inventaire détaillé, la première mission a permis de se rendre compte que le PGES est axé sur l’approche participative. Ce qui facilite sa mise en œuvre comme quoi tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Les activités du PGES vont coûter à la SONABEL et à l’Etat plus de 900 millions FCFA. L’inventaire fait état de 146 concessions à dégager, 26 sites sacrés affectés, 83525 arbres dont 6 342 espèces intégralement protégées à enlever. Au total, 1300 exploitants sont concernés par les dédommagemetns.
Par Drissa TRAORE