Le dimanche 25 mai dernier, le football était à l’honneur à Bobo à la faveur du match capital qui a opposé le RCB à l’EFO. Assurément cette rencontre constituait l’attraction principale de la 20e journée du Faso foot.
Les deux équipes se tiennent au coude à coude au niveau du classement avec 36 points chacune.
C’était donc l’occasion pour elles de creuser l’écart. Dans ces conditions il faut être vigilant. Le football étant du domaine de la passion, la Fédération burkinabè de football, à travers la ligue nationale a choisi le Stade omnisport pour jouer ce match au détriment du stade Wobi.
Depuis le début du championnat, tous les matchs se jouaient au stade Wobi situé en plein centre ville. Cela a permis aux supporteurs de Bobo de renouer avec leur passion. Le stade omnisport étant situé à la périphérie de la ville, les supporteurs qui sont le plus souvent issus des vieux quartiers proches du centre ville, trouvent que cela leur revient très cher en carburant en plus du billet d’entrée.
D’où la colère de certains supporteurs du Racing qui ont vu en cette décision de la FBF, une manière d’aider l’EFO.
Dans les coulisses, on susurre que des supporteurs de l’ASFAB se sont alliés à l’EFO dans l’intention de battre le RCB. Ce sont eux qui auraient soufflé à l’équipe de Ouaga que le RCB aurait «miné» le stade Wobi ; voilà pourquoi ce match a été déplacé au stade omnisport.
Mais du côté de la fédération, on a expliqué ce déplacement pour des raisons de sécurité. Le stade Wobi est exigü par rapport au stade Omnisport. On se rappelle du match RCB=BPFC comptant pour la 11e journée du championnat. Ce jour-là, l’arbitre de touche a refusé un but du Racing alors que le central avait déjà indiqué le centre du terrain. Des supporteurs ont lapidé l’arbitre de touche qui se trouvait à côté de la tribune solaire. Il a fallu qu’il se réfugie au milieu du terrain pour échapper aux cailloux. A la fin du match, les supporteurs sont restés à la porte pour l’attendre. Les policiers sont restés avec lui un bon moment avant de l’extirper de la vindicte des supporteurs du RCB.
Le dimanche dernier c’est finalement au stade Omnisport de Bobo que le match a eu lieu et on a vu les deux équipes se neutraliser (2 buts partout). Un match nul fait l’affaire des Stellistes de la capitale. Du côté du RCB, les supporteurs crient encore à la fraude. L’arbitre de touche a été encore lapidé. A la fin de la partie, ils l’ont cherché vainement. Ils voulaient lui faire la peau parce qu’il aurait sifflé des hors jeux imaginaires contre un attaquant du RCB qui filait tout droit vers les buts. Au match aller, c’est l’EFO qui avait gagné 2-1. Au retour, c’est un match nul. Les supporteurs du Racing ne sont pas contents. Ils avaient tout misé sur ce match capital, au détriment même de la coupe du Faso où ils ont été éliminés au stade des 16es de finale. Il ne leur reste plus que le titre.
Mais au-delà des considérations des supporteurs, force est de reconnaître que le match a tenu toutes ses promesses. A 6 journées de la fin tout est encore possible. Rien n’est perdu ni pour le RCB ni pour l’EFO, encore moins l’USO, l’autre prétendant au titre de 2008. Que le meilleur gagne dans le fair-play.
La pluie fait des morts à Bobo
Bobo-Dioulasso, capitale économique du Burkina regorge de plusieurs unités industrielles qui produisent des eaux usées déversées à travers la ville, véhiculant une odeur nauséabonde. Les différents conseils municipaux qui se sont succédé à la tête de la commune ont toujours été interpellés sur cette situation par les populations riveraines. Il a fallu attendre juin 2006 pour voir le lancement d’un vaste projet d’assainissement de la ville de Bobo.
Près de 2 ans après, les travaux se poursuivent toujours dans la ville. Ce sont de gros fossés qui sont creusés un peu partout dans la ville. Avec la saison des pluies, les caniveaux qui sont profonds (plus de 2 mètres) ne sont pas couverts. Ils sont donc remplis d’eau après chaque pluie. Après celle du mercredi 21 mai 2008 sur Bobo-Dioulasso, l’entreprise chargée d’évacuer les eaux du caniveau pour le travail de sécurisation était à pied d’œuvre pour vider les différents fossés remplis d’eau. Selon les responsables de l’entreprise 3C (Compagnie de construction consolidée), le chantier n’étant pas encore achevé les caniveaux creusés ne peuvent pas être fermés maintenant.
Cela constitue un danger pour les usagers surtout après une pluie comme celle du 21 mai. (47 mm d’eau ont été recueillis).
Cette pluie a fait trois morts à Bobo et dans ses environs selon les services des sapeurs pompiers qui sont restés au four et au moulin pour tenter de sauver des vies humaines. C’est la canalisation faite derrière le commissariat de police de l’arrondissement de Konsa qui a fait la première victime.
Il s’agit d’une jeune fille d’environ 20 ans. Elle serait la fille adoptive d’un médecin général. C’est en allant à la boutique le matin vers 6 heures qu’elle a glissé pour tomber dedans. Les sapeurs pompiers alertés sont arrivés trop tard. La jeune fille s’est finalement noyée. C’est donc un corps sans vie que les sapeurs ont ramené à la surface. C’était pénible à accepter pour la famille qui n’en revenait pas. Au grin, certains sont révoltés contre les différentes entreprises chargées d’exécuter ce vaste projet d’assainissement. Elles ne respectent aucun consigne de sécurité. Après avoir creusé ces gros trous à ciel ouvert, elles se contentent de placer deux planches servant de pont de passage pour accéder dans les domiciles. Cela est très dangereux pour les enfants.
En plus, ces caniveaux creusés çà et là, ne sont nullement balisés. Ce n’est qu’après le drame du mercredi que l’entreprise 3C est venue baliser le coin.
Au grin les gens pensent que cela s’apparente au médecin après la mort. C’est vrai qu’à la fin de ces travaux Bobo aura un nouveau visage en ce qui concerne l’assainissement et l’évacuation des eaux pluviales, mais cela ne doit pas se faire en causant des morts d’homme. Il faut plus de professionnalisme dans l’exécution de ce gigantesque projet qui n’est pas prêt de s’achever avant 5 ans de travaux. L’heure n’est donc pas à la négligence. Il faut prendre toutes les dispositions utiles pour éviter à l’avenir de tels désagréments.
La saison des pluies commence à peine et déjà, on dénombre trois morts à Bobo-Dioulasso. Les deux autres cas de noyade ont eu lieu au secteur 24 et à Kiri, un village rattaché à la commune urbaine de Bobo. Il s’agit d’une fille de 8 ans et d’un homme d’une trentaine d’années. Tous décédés par noyade. Pour ces 2 derniers cas, les entreprises chargées d’exécuter le projet d’assainissement n’y sont pour rien. Du moins pas directement.
Ils sont morts par noyade à cause de l’intensité de cette pluie. C’est justement pour éviter de tels malheurs que le projet assainissement et eau pluviale est en train d’être exécuté. Mais pour empêcher les gens de mourir, il ne faut pas favoriser la mort des autres. Toutes les mesures sécuritaires doivent être prises pour éviter d’endeuiller à nouveau des familles.
Rien ne vaut la vie d’une personne. De nos jours, la technologie est très avancée ; on n’a plus besoin de sacrifier des personnes sur les grands chantiers comme ce fût le cas pour des grands ouvrages tel le canal de Vridi à Abidjan.
«plus jamais ça», serait-on tenté de dire.
Un chrétien peut-il épouser une musulmane ?
Voilà une question qui embarrasse de plus en plus la jeunesse africaine en général et celle du Burkina en particulier.
C’est l’histoire entre deux amoureux. L’homme est un chrétien et la femme est une musulmane. Ils se sont aimés et ont fini par avoir un enfant. Le père de la fille est un fervent musulman. Il est très strict sur les lois de l’Islam.
Quand l’homme amoureux de sa fille vint le voir pour l’épouser, il cria au sacrilège. «Jamais ma fille ne se mariera à un chrétien» a-t-il prévenu. Mais c’était sans compter avec les qualités du «don juan» de celui qui voulait sa fille. Contre l’avis de son père, la fille finit par déménager chez l’homme. Un deuxième enfant est né. Le refus du père est toujours en vigueur mais l’homme aussi n’a pas l’intention de changer de religion. Surtout pas pour une femme. Pourtant il faut bien qu’ils se marient un jour.
La fille est allée se confier à une de ses tantes paternelles. Celle-ci l’a encouragée à se battre pour se marier avec l’homme qu’elle aime. Elle prit sur elle la décision de célébrer le mariage selon le rite musulman chez elle. Une date fût choisie. C’était le jeudi 22 mai dernier. Mais la veille, alors que les deux amoureux ont annoncé la bonne nouvelle aux amis et connaissances, on apprend que l’iman chargé de célébrer le mariage a finalement désisté. Certainement que le père de la fille est passé par-là. Qu’à cela ne tienne, les deux amoureux ne veulent plus reculer. L’homme est allé voir le marabout le plus atypique de Bobo. Il se nomme Djaffar. Il est connu pour ses prises de position contre la manière de faire des autres musulmans.
Celui-ci, après avoir écouté l’homme amoureux, accepta de célébrer le mariage mais pas dans la matinée du jeudi mais plutôt dans l’après midi. Ce qui fût fait en présence d’un vieux représentant la famille de la fille et un autre homme pour représenter le marié.
Djaffar officia le mariage à sa manière. Tous les ingrédients que le marié avait payés pour le mariage ont été retournés par Djaffar. Il dit qu’on n’a pas besoin de colas, de bonbon ni de pagne pour la mère de la mariée ni de boubou pour le beau-père.
Pour un mariage, le plus important c’est la dot. L’homme n’a eu donc à payer que ça et le mariage fût célébré. Lorsqu’on demanda le nom du marié, l’homme a voulu changer de nom pour se faire appeler Djibril mais Djaffar l’en dissuada. Il expliqua qu’un bon chrétien, s’il respecte ce qui est contenu dans la Bible, il n’y a pas de problème il rentrera au paradis. Et parmi ce qui est contenu dans la Bible, Djaffar a énuméré des interdictions portant sur l’alcool, la consommation de la viande de porc et l’adoration de quelque chose en dehors de Dieu. D’après lui, un bon chrétien doit éviter ces choses-là, car poursuivra-t-il, «le Coran et la Bible disent exactement la même chose». Après ce mariage religieux, les deux amoureux se sont retrouvés à la préfecture de Bobo le samedi 24 mai pour célébrer le mariage civil. Maintenant ils sont mariés devant Dieu et les hommes.
En réaction à cette histoire, les gens du grin n’ont pas voulu trop en débattre. Pour eux, la religion est un terrain glissant. Mais le sage du grin lui s’est prononcé. Il dit ne pas cautionner un mariage qui se déroule sans le consentement des parents. Il se demande au cas où un problème grave surviendrait comment l’homme va faire. Il fustige le comportement de la tante qui devrait plutôt chercher à convaincre le père de la fille, qui est son frère. Sinon le mariage interreligieux ne doit pas causer de tort à deux amoureux de nos jours. Il conclut par cette réflexion de feu Félix Houphouët qui disait ceci : «Il n’y a qu’un être suprême, que ce soit Jéhovah, Allah ou Dieu. Les chemins peuvent Etre différents, mais, finalement, on marche tous vers l’unique Dieu. C’est nous les hommes qui ne nous comprenons pas, mais Dieu, lui, nous attend».
"Le petit fakir, toujours dispo"