L'opinion N°556
Du 04 au 11 juin 2008

Etranger

 

Guinée

CONTE calme le jeu

Alors que le pouvoir était pratiquement dans la rue en Guinée, consécutivement à la fronde des hommes du rang, le général CONTE a réussi à reprendre la main en calmant les «mutins» avec des espèces sonnantes et trébuchantes. La longue agonie politique, économique et morale du peuple guinéen se poursuit donc.


Cette fois, pensait-on, serait la bonne au regard de la détermination dont semblaient faire preuve les mutins face à un pouvoir guinéen aux abois. «Nous exigeons le départ de tous les généraux» avaient en effet clamé la troupe, excédée sans doute par les nombreux détournements et autres actes délictueux commis par lesdits généraux à leur détriment. Une gestion mafieuse qui avait eu le don de précariser socialement lesdits soldats à l’instar de tout le peuple guinéen otage de cette oligarchie politico militaire.
Lansana CONTE qui ne gouverne en effet plus que par procuration, laisse les soins à ses affidés militaires et politiques de «piller» le pays au sens littéral du terme. On est mémoratif que dans un passé récent, l’un de ces oligarques, le patron des patrons guinéens pour ne pas le nommer, avait été impliqué dans un scandale financier dont les ramifications s’étendaient jusqu’au palais présidentiel. CONTE avait juste mis son «type» de côté attendant des jours meilleurs pour le remettre dans le jeu. Les mêmes «bisbilles» avaient concerné la Grande muette avec le départ à l’époque du ministre de la Défense ainsi que de son chef d’état-major général. Un air de déjà vu planait donc sur l’actuelle mutinerie, même si on était en droit de penser que les conditions subjectives et objectives étaient réunies pour aller jusqu’au bout. En effet, le général CONTE venait de limoger le Premier ministre de consensus, Lansana KOUYATE et, les syndicats avaient désapprouvé bruyamment cette décision. «CONTE remet en cause les acquis sociopolitiques» avait-on entendu çà et là. Avec la crise alimentaire qui touche la Guinée à l’instar de nombreux pays subsahariens, conjuguée à la paupérisation des populations, les militaires ont donc décidé de «djafoul». Un mouvement d’honneur désespéré, juste pour réclamer que l’ordinaire soit amélioré et que l’Etat leur paye leurs arriérés de solde. A la clé, quelques exactions contre les civils et cette revendication maximaliste de «décagnotage» de tout l’état-major sont venues rappeler qu’ils ne plaisantaient pas. C’est que la troupe guinéenne, en dépit de la «cassure» idéologique avec les hauts gardés, ne dispose pas en son sein de leaders capables de capitaliser et d’orienter la lutte. On a vu que lors des négociations avec l’état-major, elle était représentée par un sous-officier, épais au plan physique certes, mais quelque peu «étroit» d’esprit au regard des arguments primaires qu’il avançait. Dès que la cagnotte de 5 millions de francs guinéens a été promise, cette bande de soudards a baissé la garde et est actuellement occupé à dépenser l’avance d’un million de francs déjà consentie. Une attitude qui illustre la lassitude psychologique et le degré de misère morale atteint par tout un peuple. CONTE tient donc tout son monde et il s’est offert un répit jusqu’à la prochaine grogne sociomilitaire.
Le général président connaît son peuple, courageux certes, mais engoncé dans les pesanteurs du passé. La peur du gendarme est toujours vivace en Guinée et on en arrive à se demander si CONTE ne mourra pas au pouvoir. Pour l’heure, la tragédie continue.o

 

Eau potable et assainissement
L’AMCP/Burkina soucieuse des objectifs fixés

En prélude à la rencontre des experts de l’UA et les ministres chargés de l’Eau et de l’Assainissement du continent qui se tient du 7 au 9 juin à Dakar, la section Burkina de l’Action mondiale contre la pauvreté (AMCP/Burkina) au cours d’un point de presse entend interpeller l’Etat burkinabè à plus d’efforts pour l’atteinte des OMD dans ce secteur.

L’AMCP/Burkina hébergée par le Cadre de concertation d’éducation de base (CCEB-BF) entend tirer la sonnette d’alarme sur l’état des lieux de l’approvisionnement en eau potable au Burkina Faso à l’occasion de la rencontre des ministres africains chargés de ce secteur et les experts de l’UA. L’investissement dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement est un moyen sûr d’obtenir un impact rapide et significatif sur la réduction de la pauvreté. Selon Assane SANKARA, militant de l’AMCP Burkina, c’est à ce titre que la communauté internationale dans son ensemble s’est fixée comme objectif dans le combat contre la pauvreté de s’investir dans les services sociaux de base comprenant la santé, l’éducation, la nutrition, l’alimentation en eau potable et l’assainissement.
Au Burkina Faso, les pouvoirs publics ont lancé en mars dernier, un vaste programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement (PN-AEPA) à l’horizon 2015. Cette nouvelle politique distingue trois volets à savoir les approvisionnements en eau potable des centres urbains, semi urbain ou secondaire, des zones rurales et villages, pour tenir compte des modalités de gestion qui sont fonction de la taille des collectivités et de leurs capacités techniques et financières. Selon le constat de l’AMCP/Burkina, le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural et semi-rural était de 60% en 2005 pour un objectif fixé à 80% en 2015 tandis qu’il était de 74% en milieu urbain pour un objectif fixé à 87%. En ce qui concerne la question de l’assainissement, le taux d’accès en milieu rural et semi-rural était de 10% en 2005 pour un objectif fixé à 54% en 2015 tandis qu’il était de 14% en milieu urbain pour un objectif fixé à 57%.
L’AMCP/Burkina tout en reconnaissant les efforts fournis par l’Etat dans l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans le secteur eau potable et assainissement, invite les autorités à accroître des efforts.
La situation reste encore à son avis, préoccupante au Burkina. En ce sens qu’il y a nombre de centres de santé et d’écoles qui ne sont pas encore dotés d’eau potable ou d’infrastructures d’assainissement. Elle compte mener un grand plaidoyer en partenariat avec son point focal à Dakar lors de cette rencontre des ministres et experts sur la question d’eau potable et assainissement en Afrique.

Par Drissa TRAORE

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