10 juin 2007 – 10 juin 2008. Le gouvernement Tertius ZONGO a un an. A l’occasion, nous vous proposons ce dossier dans lequel nous revenons sur sa première Déclaration de politique générale, le bilan de ses activités fait aux journalistes et le regard critique des citoyens de Mogtédo et de Bobo-Dioulasso.
Retour sur une vision
Quatre mois après sa nomination, Tertius ZONGO a sacrifié, le 4 octobre 2007, à la traditionnelle déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Cet exercice revêtait la spécificité non seulement d’être le premier du genre pour lui ; mais aussi et surtout, il devait amorcer véritablement la mise en œuvre du programme présidentiel. Retour sur les grands axes de ladite déclaration.
Le gouvernement de Tertius ZONGO est sur plusieurs chantiers de développement... 
Ce jour 4 octobre 2007, Tertius ZONGO avait déjà une vision claire et nette de sa mission. Il l’a exprimée aux députés en ces termes : «En me faisant honneur de me désigner chef du gouvernement à un moment crucial de l’histoire de notre pays, le président du Faso m’a chargé de poursuivre la mise en œuvre du programme quinquennal pour lequel le peuple lui a massivement accordé son suffrage».
Dans le même sens, il a reconnu que la tâche qui l’attend est immense. Et sa méthode de travail a donné à espérer tout comme a rassuré plus qu’un sur les nobles ambitions du programme présidentiel : «Le progrès continu pour une société d’espérance au Burkina Faso». C’est ainsi que dès sa prise de fonction, il est allé à la rencontre des différentes couches socioprofessionnelles pour que chacune en ce qui la concerne participe au développement de la nation. Dans sa déclaration de politique générale, il avait fait savoir que «Nous devons tous nous mobiliser et agir. Il y va de la présentation du tissu social et de la fabrique psychologique de la nation». Pour Tertius ZONGO, il nous faut prendre notre destin en main et devenir les sujets de notre propre histoire, au lieu de continuer d’être les objets de fantasmes des autres. En ayant cette conviction que le ciel devrait être la seule limite à nos rêves et à nos actions, il a dit que son ambition était d’abord de fixer au gouvernement des objectifs ambitieux mais réalistes de mobiliser toutes les énergies, de poursuivre et d’approfondir les réformes, de moderniser l’appareil d’Etat et l’économie nationale bref de dynamiser le processus de création de richesses.
Sa vision du développement par ailleurs est de placer l’action publique sous le triple signe de la rigueur, de l’audace et de la créativité avec en prime, l’obligation de résultats. L’essentiel étant pour lui, de consolider le pacte républicain que le président COMPAORE a proposé aux Burkinabè pour son quinquennat.
Les grands chantiers Tertius
...scolaires (ici une école satellite à Sokoroni)...

Quatre principes fondamentaux ont été cités par le Premier ministre comme indispensables pour parvenir à cette société d’espérance que voudraient tous les Burkinabè. Il y a d’abord la foi inébranlable aux potentialités de l’être humain. Ensuite, la culture de l’ardeur au travail comme antidote à l’irresponsabilité, à la démission et au recours aux échappatoires faciles ; puis l’adhésion aux principes d’égalité de chance et de la valorisation du mérite individuel. Et enfin la solidarité, la tolérance et le respect des opinions des autres, gages de stabilité et de progrès social. Son programme d’action du gouvernement tient à faire du Burkina Faso, à moyen terme, un pays à revenu intermédiaire.
Dans ce sens, quatre orientations constituent sa stratégie : l’édification d’une économie ouverte et compétitive pourvoyeuse de croissance de qualité et d’emplois ; la création de condition d’épanouissement et de la valorisation du capital humain ; le renforcement de l’autorité de l’Etat et la promotion d’une gouvernance partagée ; le rayonnement international du Burkina et son leadership dans le concert des nations.
Pour la croissance, il s’agit de rendre le système fiscal, beaucoup plus simple, plus incitatif et adapté à l’environnement économique national, tout en accélérant la relecture du code général des impôts, du code des investissements et du code des douanes, des dispositions pour alléger certaines mesures fiscales tout en élargissant l’assiette de l’impôt.
...et la construction des routes. 
Dans le domaine de l’agriculture, le Premier ministre entend améliorer les revenus des paysans et accroître les exportations non cotonnières. L’objectif par ailleurs est de relever le taux d’équipement des exploitants agricoles de 30% actuellement à 75% en 2015. Tout ceci vise, entre autres, à intensifier la culture du riz qui devra atteindre une production de 800 000 tonnes d’ici 2015 correspondant à la couverture des besoins de consommation du pays. Au niveau de la santé, le programme d’action de Tertius ZONGO, est de résoudre la question de l’insuffisance des infrastructures sanitaires et leur inégale répartition géographique. L’ambition affichée est de réduire le rayon d’action qui est de 7,83 km en 2006 par la construction de nouveaux centre de santé.
Pour la protection sociale ainsi que la sécurité et la santé des travailleurs, le souci du gouvernement est de promouvoir une couverture sociale adaptée aux acteurs du secteur informel.
De même que la restructuration du programme national d’appui à la réinsertion des travailleurs déflatés (PNAR-TD), par la création d’un fonds qui prendra en charge les travailleurs licenciés et les retraités.
Le Premier ministre est également conscient que la santé des populations est tributaire de la qualité de leur cadre de vie et de la satisfaction de leurs besoins en logements décents et économiques.
En ce qui concerne l’éducation, Tertius ZONGO pense avant tout que ce secteur est d’une importance stratégique. Aussi pour l’enseignement de base, vise-t-il 78,2% de taux brut de scolarisation (TBS) au primaire sur la période 2008-2010 avec la deuxième phase du PDDEB contre 67% actuellement. Le taux de scolarisation du secondaire devra passer de 17,66% actuellement à 29,83% en 2009-2010 et celui de l’enseignement technique de 7% à 10% sur la même période. Il tient à relever le défi «un département, un CEG au minimum», d’ici 2010. Il en sera de même d’ici 2010 pour les slogans «un collège d’enseignement technique et/ou un centre de formation professionnelle par province» et «un lycée technique par région». Il est également envisagé un vaste programme d’appui à l’insertion socioprofessionnelle des étudiants en fin de cycle de l’enseignement supérieur. Pour faire face au chômage, le gouvernement compte accorder une attention soutenue à la création d’emplois à travers la dynamisation des petites et moyennes entreprises. Pour stimuler l’initiative privée nationale et attirer les investissements directs étrangers dont l’économie a besoin, le chef du gouvernement a promis de mettre en œuvre les recommandations issues des rencontres gouvernement-secteur privé et celles contenues dans le rapport Doing Business Better in Burkina Faso.
Dans le domaine des infrastructures de transport, le programme d’action du Premier ministre consiste à mettre en œuvre le deuxième programme sectoriel des transports (PST2) et la stratégie nationale de Transport rural (SNTR). Ceci permettra d’améliorer l’ensemble du réseau routier national et favorisera l’accessibilité des zones enclavées.
Pour Tertius ZONGO, la vision énoncée par le président du Faso ne pourrait se concrétiser sans un sursaut énergétique. C’est pourquoi l’objectif principal du Plan opérationnel de développement du secteur de l’énergie est de porter le taux d’électrification de 17,5% actuellement à 60% d’ici 2015.
La vision globale du Premier ministre, à travers sa déclaration de politique général, est de parvenir à la bonne gouvernance.
Toute chose qui nécessite d’abord d’éradiquer la gangrène de la corruption à travers des actions vigoureuses. Ensuite, il faut poursuivre la réforme de l’Etat pour mettre en place un système de gouvernance efficace et partagé, caractérisé par la responsabilisation citoyenne, la transparence et une participation accrue aux affaires publiques et la sanction systématique des gestionnaires indélicats.
Tertius ZONGO face à la presse
Pour faire le bilan des actions menées au cours de ces 365 jours, le Premier ministre a rencontré la presse nationale et internationale. Un face-à-face qui a permis au chef du gouvernement de réaffirmer ses convictions et ses ambitions pour un Burkina prospère, objectif premier du programme présidentiel, «Le progrès continu pour une société d’espérance».
Une vue des journalistes (ph. L'Express du Faso) 
«Le sentiment qui m’anime aujourd’hui est bien celui d’avoir accompli une mission avec conviction, tout simplement parce que les chantiers de la construction d’une économie forte et compétitive, de l’amélioration des conditions d’existence des Burkinabè dans l’équité et de réalisation d’une gouvernance politique participative éprise de tolérance et de justice, constituent en eux-mêmes des processus de transformation pour lesquels il faut accorder au temps, la patience et le temps de les conduire».
C’est entre autres par ces propos que le chef du gouvernement a introduit sa déclaration liminaire. Pour Tertius ZONGO, les Burkinabè ont le droit d’espérer parce qu’ils sont laborieux et industrieux et ne reculent devant aucune adversité naturelle. C’est aussi que malgré un contexte international et même national difficile, le Burkina a enregistré une bonne tenue des fondamentaux de son économie, avec une croissance de 4%. Pour 2008, selon le chef du gouvernement, les prévisions sont à une légère accélération de croissance de 5%. Les différentes performances de notre pays devront s’améliorer avec la mise en œuvre d’importants programmes tant dans le domaine de l’agriculture que dans le domaine de l’industrie.
Le premier ministre, Tertius ZONGO (ph. L'Express du Faso) 
Ainsi par exemple, dans le domaine de l’agriculture, les objectifs 2008-2009 sont de réaliser entre autres plus de 4 millions de tonnes de céréales dont 260 000 tonnes de riz couvrant 60% des besoins nationaux de consommation. 16 milliards de FCFA seront mobilisés par l’Etat pour soutenir les producteurs de céréales dans l’acquisition des semences améliorées, des engrais et des pesticides.
Quant aux producteurs de coton, ils bénéficieront d’une subvention de 6,5 milliards ce qui portera à 22,5 milliards de FCFA les appuis à l’accroissement de la production pour la campagne 2008-2009.
Les investissements déjà réalisés ou en cours
Comme investissements déjà réalisés ou en cours de réalisation, le chef du gouvernement a cité entre autres, la construction du barrage hydroélectrique de Samendeni, la réalisation de la zone franche de l’Ouest, l’entrée en production des mines d’or de Tarpako, Youga, le démarrage effectif des travaux d’interconnexion électrique Bobo-Ouaga, la construction d’une centrale thermique de 14MW à Komsilga…
La santé, l’éducation, la lutte contre la corruption, la formation des jeunes en entreprenariat, les logements sociaux, sont autant de domaines qui ont bénéficié de l’appui de l’Etat avec des résultats probants.
La sécurité publique, le renforcement de l’administration du territoire et de la gouvernance locale… ont également connu des succès fort appréciables.
Vie chère : Tertius ZONGO et COTECNA n’y sont pour rien
Comme il fallait s’y attendre la question de vie chère a occupé une grande partie des échanges entre le Premier ministre et les journalistes. Preuves et chiffres à l’appui, le chef du gouvernement a expliqué que le phénomène de la vie chère est international et ne saurait être le fait du Premier ministre ou de COTECNA, répondant ainsi à tous ceux qui soutiennent que «c’est Tertius ZONGO et COTECNA qui ont envoyé la vie chère». Parlant du riz, on retiendra des propos du chef du gouvernement que les grands producteurs de riz du monde sont devenus de grands consommateurs de riz, d’où la pénurie observée sur le marché. Il n’y a donc pas milles solutions, il faut intensifier la production nationale de riz. C’est pourquoi, selon le Premier ministre, le gouvernement a pris des mesures et va débloquer 16 milliards pour appuyer les producteurs de céréales. Dans la même dynamique et pour encourager la production nationale, donner l’exemple, sur instruction du président du Faso, chaque ministre aura son champ. Le chef du gouvernement a invité le privé à l’agrobusiness, le gouvernement s’emploiera à accompagner la dynamique.
La méthode Tertius 
Quant aux mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la vie chère que d’aucuns jugent sans effet, le Premier ministre dira qu’elles ont été les meilleures dans la sous-région et qu’elles ont été prises en fonction des moyens de l’Etat.
Tout autre registre, la cité universitaire de Kossodo qui tarde à ouvrir ses portes sera une réalité à la rentrée prochaine. Pour le chef du gouvernement, le retard s’explique entre autres par son financement, par la livraison de certains matériaux…
Le chef du gouvernement n’a pas manqué de saluer les résultats enregistrés par le monde sportif burkinabè notamment les Etalons au football. Il a aussi souhaité une bonne saison pluvieuse aux laborieux paysans et remercié les partenaires techniques et financiers qui accompagnent notre pays pour son développement.
Par Ben Alex BEOGO
Regard critique des citoyens : De Mogtédo…
Moumouni OUEDRAOGO, cultivateur : «Je suis très content de l’action du Premier ministre à la tête du gouvernement.
Car nous voyons qu’il lutte contre le gaspillage en interdisant l’usage abusif des véhicules de l’Etat et cela est une très bonne chose pour tout le monde ; car si les caisses de l’Etat sont fournies, il pourra soutenir les populations dans tous les secteurs de la vie. Je souhaite que Tertius ZONGO soutienne plus le monde rural, car si nous constatons que la vie est chère de nos jours c’est tout simplement parce que la production agricole dans notre pays n’arrive pas à couvrir les besoins alimentaires des populations. Si le soutien au monde rural est conséquent et que les paysans peuvent cultiver tant en saison pluvieuse qu’en saison sèche tout le monde aura à manger à sa faim et le problème de la vie chère est résolu. En tout cas nous les cultivateurs, nous comptons beaucoup sur lui».
Roger SALGO coordonnateur provincial du Ganzourgou, UNIR/MS : «Je ne suis pas du tout content du Premier
ministre. Car, que le peuple vive ou pas ce n’est pas son problème. Le souci du gouvernement actuel est que Ouaga 2000 se construise. Tout le peuple agonise à cause de ce gouvernement. Il a bloqué les avancements des fonctionnaires. Dans tous les autres pays, on a fait des ajustements pour faire face à la hausse des prix. Ici Tertius ZONGO a autre chose à faire que de résoudre le problème des Burkinabè. C’est à peine si on écoute les syndicats. Ce sont les mêmes qui ont ruiné notre pays et continuent à l’appauvrir, en multipliant les détournements et en favorisant les véhicules luxueux pour les personnalités du pays ; pour un pays pauvre comme le nôtre c’est dommage».
Kibsa Barthélemy KABORE, secrétaire général de la sous-section CDP : «Depuis que le Premier ministre est à la tête
du gouvernement, nous voyons qu’il est sur la bonne voie, car il a fait siens les problèmes des Burkinabè. Il est au service de tous et je ne vois rien de mal en ce qu’il a déjà fait. Je souhaite que Dieu lui donne la santé, le courage, la force et les moyens nécessaires pour qu’il poursuive son œuvre. Cela fera du Burkina ce que les Burkinabè veulent qu’il soit».
Saïdou LONFO, instituteur : «Pour ma part c’est un bilan mitigé, car il y a eu certes des acquis mais il y a eu aussi des
limites aux actions de M. Tertius ZONGO. En ce qui concerne les acquis on peut citer la volonté manifeste de lutter contre la corruption et booster l’économie de notre pays à travers des mesures concrètes. Il y a eu également le recouvrement des recettes et impôts antérieurs ; Il y a eu aussi l’assainissement des recettes fiscales. Sur le plan social, il y a eu le renforcement du dialogue social.
En ce qui concerne les limites, à mon avis il y a plus un soucis d’un rayonnement économique du Burkina Faso sur le plan international aux yeux des institutions financières au détriment des populations. C’est-à-dire que les actions économiques qu’il a engagées, visent à donner une meilleure image du Burkina Faso mais sur le plan social, cela a des répercutions. Par exemple, la taxation des produits de consommation a entraîné une flambée des prix à l’intérieur du pays. Le gel des avancements des fonctionnaires imposé par les institutions financières. Quand on prend le nouveau système de notation des agents dont on fait les éloges actuellement ce n’est rien d’autre qu’un moyen pour maîtriser la masse salariale. En somme, je peux dire que Tertius ZONGO a mené des actions positives mais à mon sens il y a à revoir certains aspects qui peuvent harmoniser le développement du Burkina Faso».
Joseph GUIGMA maire de Mogtédo : «D’abord je peux dire que Tertius ZONGO est un homme sage qui a su mener au
cours de cette première année passée à la tête du gouvernement une bonne politique de développement. Tout le peuple a dû le constater lors de son discours sur l’état de la nation à l’Assemblée nationale. J’en veux aussi pour preuve sa politique sanitaire à travers la subvention des CSPS ; la construction des mairies, la mise en œuvre de la réforme du système éducatif, les projets d’accès à l’eau potable pour les populations, l’octroi des semences et de nouvelles variétés aux paysans, l’assainissement des finances publiques, l’emploi rationnel des agents de l’Etat à travers tout le pays et bien d’autres actions. Il a aussi su bien se comporter fasse aux troubles qu’a occasionnés la vie chère. Alors je lui souhaite bonne continuation».o
...à Bobo
Docteur Jean-Marie SANOU, président de la Ligue Citoyenne des Bâtisseurs (LCB) : «Je pense que Tertius
ZONGO ne fait que poursuivre l’œuvre de son prédécesseur. Cette continuation nous a amené au début de la catastrophe. Hier nous mangions encore un peu, aujourd’hui apparemment ça ne va plus du tout et tout le monde est dehors en train d’exprimer sa faim et son ras-le-bol. Bien sûr, il y a Tertius ZONGO mais avant lui, il y avait X, avant lui il y avait Y… C’est tout un système qui nous a amené aujourd’hui à la faim et aux manifestations violentes. Ce que nous souhaitons au LCB, c’est que nous ayons le courage, tous les Burkinabè, jeunes comme vieux, leaders comme suivistes, de nous asseoir ensemble un jour et de redéfinir le chemin que nous devons reprendre et la façon dont nous devons cheminer sur cette nouvelle voie. C’est ce que nous appelons la réfondation. Redonnons-nous une nouvelle chance sinon, nous sommes perdus».
Milouti YE, conseiller CDP de Bobo : «Je salue bien l’action du Premier ministre Tertius ZONGO. En un an, il a beaucoup
fait changer les mauvaises habitudes. Il lutte contre le gaspillage inutile des fonds de l’Etat. Les gens ne peuvent plus s’amuser par exemple à tourner en ville avec les véhicules de l’Etat.
Le seul problème qui fatigue le Premier ministre, c’est le phénomène de la vie chère. Mais là aussi ce n’est pas sa faute. Il est arrivé en même temps que cette situation difficile et il essaye d’atténuer les effets sur les populations, mais les commerçants ne lui facilitent pas la tâche. Ils prétendent qu’il a augmenté les patentes et les impôts et à leur tour, ils ne font qu’augmenter les prix des marchandises tous les jours.
Pourtant ce sont les anciennes méthodes qu’il a mis fin qui excitent ainsi les commerçants. Il y en avait plusieurs qui ne payaient rien du tout. Ils étaient habitués à ça et maintenant qu’on leur demande de payer toutes ces dettes fiscales qui se sont accumulées, ils accusent le Premier ministre de tous les maux du pays.
Tertius ZONGO n’est nullement à la base de la vie chère. Il est arrivé en même temps que le phénomène qui est mondial. Partout on parle de vie chère. En une année, Tertius ZONGO a bouleversé toutes les habitudes au niveau de la gestion même du pays. Je l’encourage à continuer sur sa lancée et que Dieu lui donne la force nécessaire pour arriver aux résultats escomptés».
Rasmané ZOUNGRANA, commerçant-agriculteur : «J’avais foi au Premier ministre suite à ses premières déclarations
après sa nomination. Surtout son discours devant les députés. Mais depuis, je suis resté sur ma faim. J’ai l’impression qu’il a du mal à mettre en exécution ce qu’il dit.
S’il appliquait réellement ce qu’il annonce, ça allait beaucoup arranger la population. La corruption qu’il veut combattre est en train de persister. Le phénomène de la vie chère joue sur les conditions de vie des populations.
Le Premier ministre doit assainir le milieu du commerce et de l’agriculture pour faire bouger les choses. Je prends l’exemple de l’agriculture, avant il avait une structure qu’on appelait Flex Faso dans le domaine de la banane. Lorsqu’on produisait, c’est à cette structure qu’on livrait et en retour, elle nous donnait des bordereaux. Une fois que ta banane était finie à la plantation, tu passais encaisser ton argent. Cela a amené le secteur de la banane à se développer au Burkina. Aujourd’hui on peut même se passer de son importation de la banane de la Côte d’Ivoire. Mais Flex Faso n’existe plus et les producteurs sont ainsi abandonnés à eux-mêmes dans la recherche de débouchés pour écouler leur production. Le Premier ministre doit chercher à mettre en place des comptoirs d’achat pour faire écouler la production des différentes spéculations.
C’est de cette façon qu’on peut encourager l’agriculture dans notre pays. C’est parce qu’il n’existe pas de circuits d’enlèvement que les gens sont découragés de l’agriculture sinon cette dernière activité est plus rentable même que le commerce.
En ce qui concerne le commerce aussi, il faut reconnaître qu’il évolue au rythme de développement de notre pays. Moi j’ai construit un hôtel au secteur n°17 de Bobo (Hôtel Nabaloum) mais il n’y a pas de route pour y accéder or il y a beaucoup de clients qui ont besoin des endroits bien reculés pour se reposer loin des bruits de la ville.
Il faut que le Premier ministre songe à assainir le milieu pour encourager les initiatives de développement. Je souhaite que Tertius ZONGO aille jusqu’au bout de ses déclarations. Il est chaud chaud c’est vrai, mais on attend encore et je crois qu’un an c’est peu pour le juger».
Michel OUEDRAOGO, député CDP du Houet : «Je pense que un an c’est peut-être trop peu pour juger l’action d’un
Premier ministre aussi, c’est peut-être assez pour en comprendre les grandes articulations et surtout pour connaître la volonté affichée du gouvernement d’aller de l’avant.
Ce que je retiens, c’est que le Premier ministre Tertius ZONGO a mis en place un gouvernement qui s’est affiché des objectifs de développement en hauts de la barre. Honnêtement je suis assez optimiste pour ce qu’on a déjà vu et ce qui semble se dessiner à l’horizon par rapport aux objectifs qu’il avait décliné lors de la présentation de sa politique devant les députés.
D’une manière générale, si on considère qu’il est tombé sur une crise sans précédent, qui n’est pas circonscrit au niveau national mais c’est international ; quand on pense aux difficultés et toutes les conséquences induites, on peut dire que ça n’a pas été facile. Pour juger l’action d’un an du Premier ministre donc, il faut tenir compte de ces paramètres qui n’ont pas forcément joué en faveur du gouvernement puisqu’il fallait lutter en même temps contre ce qui est au plus pressé et en même temps essayé d’envisager l’avenir avec sérénité par rapport au programme qui lui avait été assigné.
C’est donc à travers ce prisme-là qu’on doit juger de l’action du Premier ministre Tertius ZONGO. Pour moi, je suis très optimiste et je crois que si le gouvernement continue sur ce pas, ce sera une bonne chose dans la mesure où je pense qu’il est arrivé à convaincre toutes les couches de la population burkinabè de la volonté du gouvernement à aller de l’avant et non seulement il circonscrit les difficultés actuelles mais également de voir beaucoup plus en avant le développement à long terme d’une manière générale.
Jes pense qu’on doit être très satisfait des actions du Premier ministre après une année à la tête du gouvernement».
Célestin B. KOUSSOUBE, député ADF/RDA du Houet : «Concernant l’action du Premier ministre en un an, je pense
que c’est un peu trop tôt pour se prononcer. C’est quelqu’un qui est venu avec de très bonnes idées qu’il a exprimées aux gens. Il a rencontré toutes les couches de la société dès le début. Depuis, il a commencé à poser les bases de son action. Il faut lui donner le temps quand même de mettre en œuvre son programme avant de le juger. J’ai personnellement eu à assumer des responsabilités et contrairement à ce ques les gens croient, il faut penser d’abord à ce qu’on fait, programmer ensuite et passer finalement à l’exécution. Un pays ne se gère pas en 10 minutes.
Je pense que le Premier ministre est sur la bonne voie. Il a pour le moment l’assentiment de pratiquement la majorité des gens qui pensent que son programme est bon. Il faut d’abord avoir un bon programme pour pouvoir faire quelque chose. Je crois qu’il faut le laisser le temps d’exécuter son plan d’action pour mieux le juger à la fin.
Vous, même en tant que journaliste ce n’est certainement pas à votre première année que vous avez été jugé performant pour votre travail.
Il faut donc laisser le temps au Premier ministre pour faire son travail.
J’approuve ce qu’il fait et je pense que si rien ne vient perturber les choses, il va réussir sa mission».
Propos recueillis par
LAVOISIER et Drissa KONE
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