L'opinion N°557
Du 11 au 17 juin 2008

Les nouvelles du grin

C’est à la mort de son copain qu’on découvre qu’elle avait un enfant d’un autre

Les Etalons du Burkina ont fait encore sensation le samedi dernier au stade du 4-Août. Les Hirondelles du Burundi ont été déplumées sous les pattes de nos Etalons. Au grin, les gens sont très contents de la performance de notre onze national sous le houlette du Portugais Paulo DUARTE. Déjà, on commence à le comparer à l’énigmatique José MOURHINO parce qu’il aurait travaillé avec lui. En tout cas, les supporteurs burkinabé sont sur des nuages. Les Etalons respirent la grande forme et les spéculations vont bon train. On espère que le Burkina va franchir le premier palier pour se retrouver parmi les 20 nations qui vont se battre pour la CAN et le mondial 2010. En effet, cette première phase n’est qu’une phase transitoire vers l’Angola pour la CAN et l’Afrique du Sud pour le mondial. A l’issue des matchs de poules, ce sont les premiers de chaque poule, soit 12 au total plus les 8 meilleurs deuxièmes qui vont se retrouver pour la dernière ligne droite. Les 20 équipes ainsi qualifiées seront à nouveau réparties dans 5 poules de 4 équipes. A l’issue d’un championnat, les premiers de chaque poule sont qualifiés directement pour la coupe du monde 2010 en compagnie de l’Afrique du Sud, le pays organisateur. Pour la CAN 2010 en Angola, ce sont les 3 premiers de chaque groupe qui sont qualifiés, soit 3x5 = 15 équipes plus le pays organisateur. En faisant ces calculs, les gens du grin pensent que sauf tremblement de terre, les Etalons sont assurés à défaut d’être choisi le premier de la poule 9, d’être choisi parmi les 8 meilleurs 2emes. Une fois qu’on se retrouvera parmi les 20 meilleures nations du football africain, la lutte pour être parmi les 16 qualifiés de la CAN se fera sans doute avec sérénité. Mais les Etalons doivent mettre la barre très haute en visant l’une des places qualificatives pour l’Afrique du sud. C’est un pays qui porte un peu chance aux Etalons. On se rappelle que notre véritable qualification pour une CAN s’est opérée en 1996 dans ce pays. 14 ans après, les Etalons peuvent rééditer l’exploit de se retrouver au pays de Nelson MANDELA, cette fois pour la grande messe du football mondial. C’est le vœu secret de tous les Burkinabé et c’est possible. Il suffit d’y croire et de travailler à le réaliser. «A cœur vaillant, rien d’impossible».

A quand une véritable union sacrée pour les femmes de Bobo?

Les femmes de Bobo sont parmi les plus actives du Burkina en matière de création d’association. Malgré le fait qu’on les présente comme des femmes qui animent les «djandjoba» et autres activités festives, elles sont quand même présentes sur tous les fronts dans le développement socioéconomique de la ville. Mais le hic pour l’autre moitié du ciel bobolais, c’est qu’il y a trop de mesquineries en leur sein. Des associations de femmes qu’on jugeait très actives ont fini par se disloquer à cause des incompréhensions et comme le robinet des récépissés n’est pas fermé, les mécontentes s’en vont créer une autre association et le rythme continue. Le vrai problème c’est que les femmes sont en général dans la politique. Les politiciens qui savent bien qu’elles sont utiles surtout au moment des élections, ont du mal à trancher entre elles. En politique, il n’y a pas de logique ni de vérité. Elles se retrouvent ainsi avec leur mesquinerie au sein des partis politiques et cela fragilise le parti en question. C’est le cas du CDP qui renferme plusieurs clans de femmes qui se livrent un combat sans merci par associations interposées. Lorsqu’une personnalité (un ministre en occurrence) se déplace à Bobo, ces femmes sont toujours aptes à se mobiliser pour lui réserver un accueil chaleureux. Elles se mobilisent mais chacune selon ses intentions. Les médisances sont légion. Les clans divergent tellement que l’hôte venu de Ouagadougou se retrouve pris dans un étau. En les voyant ensemble, on ne se rend pas vite compte de leurs divergences, mais c’est au moment de leur parler que les choses commencent à piétiner. Chacun veut traiter au nom de son association et comme le plus souvent ce sont les politiciens, on est obligé de les caresser dans le sens des poils.

La situation perdure toujours, et on a encore en mémoire cette histoire entre deux femmes de Bobo et pas des moindres. L’une a accusé l’autre d’avoir volé son argent dans son sac à main dans un avion alors qu’elle s’est déplacée vers la première dame qui était sur le même vol. Elle a laissé son sac avec sa camarade et à son retour, l’argent avait disparu. Cette histoire a défrayé la chronique dans la ville de Sya. De part et d’autre c’est la méfiance. Les femmes de Bobo ont presque pris en otage les politiciens qui savent qu’ils ne peuvent pas se passer d’elles. Elles sont celles qui mobilisent le plus et lors des différents scrutins, ce sont encore elles qui exécutent le mieux leur devoir de citoyen.

Au grin, les gens ont rendu un vibrant hommage aux femmes de Bobo. Elles sont battantes et disponibles, mais la division et les mesquineries ne font que les fragiliser dans leurs actions. Elles doivent se ressaisir pour mieux se positionner dans le véritable combat pour l’émancipation. Pour cela, elles doivent d’abord commencer par s’entendre sur l’essentiel et unir leurs forces pour se donner une image positive. Sinon leur mésentente leur perdra un jour. «Ce que femme veut, Dieu le veut» A bon entendeur, salut !

C’est à la mort de son copain qu’on découvre qu’elle avait un enfant

C’est l’histoire d’une jeune fille qu’on jugeait sérieuse. Elle n’aimait pas trop les histoires de garçons. Elle était résolument tournée vers ses études si bien que ses parents lui faisaient confiance. C’est ainsi que lors des vacances scolaires alors qu’elle venait de décrocher le BEPC, elle demanda la permission d’aller passer ses vacances chez l’un de ses camarades à Niangoloko. Ses parents n’y trouvèrent pas d’inconvénient. Elle alla passer trois mois là-bas et revient à la reprise des cours.

Un jour, le père de la jeune fille reçoit une lettre de Niangoloko. Un vieux qu’il ne connaissait pas du tout l’invitait à se rendre à Niangoloko pour une affaire urgente à régler. Il s’y rendit et à son grand étonnement, il fut informé que sa fille avait un enfant qu’elle a voulu cacher chez lui. Elle a eu cet enfant avec le fils du vieux qui a convoqué la réunion. Les deux enfants avaient dans un premier temps décidé d’avorter, mais ils furent dissuadés par la mère du jeune homme. La fille a donc camouflé son ventre à l’aide d’une gaine jusqu’au 7e mois qui a coïncidé avec les vacances. Elle a rejoint les parents du jeune homme à Niangoloko et c’est là-bas qu’elle a accouché deux mois plus tard d’un garçon. A la fin des vacances, elle est rentrée à Bobo en laissant le bébé au soin de sa grand-mère paternelle. Elle avait expliqué aux parents de son copain que son père la tuerait s’il apprenait qu’elle avait un enfant et pire il allait mettre un terme à ses études. Ses beaux-parents avaient accepté contre leur gré. Cinq années plus tard, le copain est décédé dans un accident de la circulation. Son père informa sa copine et lui suggéra de venir chercher son enfant. Elle refusa et pria le vieux de toujours garder le secret. Celui-ci refusa et prit ainsi contact avec le père de la fille. Une fois informé et au vu de l’enfant, le père n’en croyait pas à ses yeux. Des gens viennent témoigner de la véracité des faits. Le père prit son petit-fils et l’amena à la maison.

C’est sa fille qui a été la première à demander qui était cet enfant. Le père expliqua et elle s’est mise à pleurer.

Le père n’a pas voulu polémiquer. Pour lui l’eau est versée on ne peut plus ramasser. Sa mère était très furieuse contre sa fille qui ne s’est même pas confiée à elle. L’enfant et la mère ne se connaissaient même pas.

En réaction à cette histoire, les membres du grin ont fustigé le comportement de cette fille qui était ainsi prête à sacrifier son enfant pour ses études.

Les enfants d’aujourd’hui sont vraiment capables de tout. Ils savent bien manipuler leurs parents qui, à cause de l’amour qu’ils leur portent ne peuvent pas leur dire la vérité or «qui aime bien, châtie bien comme dit l’adage».

Une autre partie du grin accuse la mère de la jeune fille qui ne surveille même pas ses enfants. Comment une grossesse sous le même toit sans qu’elle ne s’en rende compte 7 mois durant. C’est la preuve que la fille était laissée à elle même sans le moindre contrôle. Ses parents apprendront à leurs dépens que «la confiance n’exclut pas le contrôle».

Si le jeune homme n’était pas mort, qu’allait-il se passer ? Nul ne le sait.

Maintenant, la jeune fille apprend à connaître son enfant qu’elle n’a même pas allaité. Au fur et à mesure, les deux commencent à s’accepter et à s’aimer comme un enfant et sa mère.

Ainsi va le monde d’aujourd’hui.

Mais avant de se quitter tard dans la nuit j’ai tenu à revenir sur l’affaire du militaire cocufié dont nous avons fait cas dans notre numéro 553 sous ce titre : «Un enseignant de l’ENEP de Bobo frôle la mort dans une chambre de passe». S’il est avéré que le cocu est réellement un militaire et a failli en finir avec son rival, il se trouve que la personne incriminée n’est pas un enseignant de l’ENEP de Bobo. Et le Directeur général de l’institution, Moumini KONATE, nous a fait parvenir un droit de réponse dont voici le contenu : «Dans le numéro 553 de votre journal, le petit fâkir a rapporté un fait divers sous le titre «un enseignant de l’ENEP de Bobo frôle la mort dans une chambre de passe». Il me plaît en ma qualité de premier responsable de la structure incriminée de vous faire connaître que cet écrit déshonorant ne concerne personne à l’ENEP de Bobo-Dioulasso.

L’auteur de l’écrit a été mal renseigné induisant ainsi le journal en erreur. Pour tout le respect que je dois à notre presse nationale, je vous prie de bien vouloir diligenter une enquête pour rétablir les faits afin de rendre justice aux enseignants de l’ENEP.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments distingués».

Après lecture, le kôrô du grin a salué cette initiative du directeur général de l’ENEP/Bobo qui de façon très amicale a usé de son droit de réponse contrairement à d’autres qui n’hésitent pas en pareille circonstance de décocher des flèches.

"Le petit fakir, toujours dispo"

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