L'opinion N°558
Du 18au 24 juin 2008

Actualité

SEMBEME Ousmane, un an après sa mort


L’hommage du FESPACO

Le 9 juin 2007, le monde du cinéma africain perdait celui qui était affectueusement appelé, «l’aîné des anciens» : SEMBENE Ousmane. Un an après la disparution de l’illustre cinéaste et écrivain sénégalais, le FESPACO a tenu à lui rendre hommage à travers des projections ciné et témoignage.

L’année dernière, à pareille période, l’Afrique pleurait l'un de ses vaillants fils SEMBENE Ousmane. Un an après, même si la douleur s’est un peu dissipée, le souvenir de l’homme reste intact et vivace dans les esprits des hommes et femmes du cinéma et de l’art. C’est ce souvenir qui a certainement conduit la délégation générale du FESPACO, à travers son premier responsable Michel OUEDRAOGO à marquer d’une pierre blanche l’anniversaire du décès de celui qui passe pour être l’un des pères fondateurs du Festival panafricain du cinéma africain de Ouagadougou (FESPACO). C’est ainsi qu’un certain nombre d’activités ont été organisées. Il s’agit notamment de projections cinématographiques des œuvres du cinéaste, et des témoignages de ceux des acteurs du cinéma burkinabé qui ont eu la chance de le côtoyer. Ils étaient nombreux les Burkinabé, cinéphiles, professionnels du métier du cinéma, etc. à avoir fait le déplacement du ciné Burkina pour rendre un virant hommage à l’illustre disparu. Gustave SORGHO, comédien qui a joué plusieurs fois dans des films du cinéaste disparu, Pierre Roamba réalisateur burlinabè, René YONLI doyen des cinéastes burkinabè etc. ont ému et édifié le public par leurs témoignages. Des témoignages que l’on peut retenir des uns et des autres, il ressort que, dira Michel OUEDRAOGO, «SEMBENE Ousmane est un homme courageux, franc, travailleur, rassembleur, et humble.» En attendant l’édition prochaine du FESPACO où lui sera rendu l’hommage dû à son rang, l’on peut affirmer que SEMBENE n’est pas mort. Et pour cause, juste après les témoignages, le public a pu suivre et apprécier le professionnalisme de l’homme à travers la projection de son dernier film «MOLAADE» où il a mis à nu les dérives de la tradition du fait de la pratique de l’excision. Né en janvier 1923 dans une famille de pêcheurs à Ziguinchor, en Casamance (sud), le Sénégalais SEMBENE Ousmane a été un autodidacte de talent. D’abord écrivain, il se lance dans le cinéma au début des années 1960 afin de s’adresser plus facilement à des populations souvent illettrées et ne parlant pas toujours français. "Monté" à Dakar dans les années 1930, il exerce d’abord plusieurs petits métiers et traverse maintes épreuves, en Afrique et en Europe, avant de pouvoir enfin s’installer dans un fauteuil de réalisateur. Il est notamment mécanicien, charpentier, maçon, "enrôlé contre (son) gré" comme tirailleur lors de la Seconde Guerre Mondiale, ouvrier, docker. Son premier roman, Le docker noir, s’inspire d’ailleurs de cette expérience, suivi par d’autres : O pays, mon beau peuple, Les bouts de bois de Dieu, Le Mandat...


Par Frédéric ILBOUDO

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