L'opinion N°558
Du 18au 24 juin 2008

Dossier

Baccalauréat 2008

Moins de candidats, peu de temps

Le baccalauréat session 2008 débute ce vendredi 20 juin avec 35 970 candidats répartis dans 149 jurys. Cette session est décalée de 12 jours par rapport au calendrier habituel en raison de l’application de la directive de l’UEMOA instaurant une période unique pour ses Etats membres.

La session 2008 du baccalauréat enregistre moins de candidats par rapport à la session précédente. Avec 35 970 candidats contre 36 742 en 2007, cela fait une régression de 2,15% de l’effectif total. Le nombre de candidats libres a aussi baissé passant de 12 993 l’année dernière à 12 728. La proportion de filles inscrites a sensiblement évolué de 1% de l’effectif total. Au nombre de 13 012, celles-ci représentent 36,17% contre 35,39% des candidats à la session 2007.
Le nombre de jurys, 149, reste inchangé alors que les centres d’examen passent de 63 en 2007 à 68.
En terme de répartition des effectifs, Ouagadougou vient en tête avec 17 672 candidats pour 28 centres d’examen. La ville de Bobo-Dioulasso suit avec 6 763 candidats répartis dans 11 centres. Le centre de Dori enregistre le plus faible effectif avec 317 candidats.
Par rapport aux objectifs de rapprocher au mieux les centres de composition des candidats, le président de l’Université de Ouagadougou a autorisé cette année, l’ouverture de jurys complets de composition et de correction à Kongoussi, Yako et Kombissiri. On note que contrairement aux doléances du directeur régional de l’enseignement secondaire des Cascades, les effectifs ne permettent pas la création d’un jury complet à Niangoloko où il est ouvert un centre secondaire de composition. De même, Tougan reste un centre secondaire pour la session de 2008, mais le directeur de l’Office du baccalauréat, Constant SAWADOGO, soutient que la création d’un jury complet y est envisageable pour la session prochaine si la visite de site est concluante.
La session de cette année qui prend fin jeudi 10 juillet, durera donc une vingtaine de jours et mobilisera environ 8634 surveillants et 2 533 correcteurs. 1439 salles de composition sont recensées à raison de 25 candidats par salle avec deux surveillants. Pour la correction des épreuves, le ratio est de 17 correcteurs par jury. L’ensemble des acteurs réellement impliqués au déroulement du bac 2008 est de 12 042 personnes. A cet effectif, il faut ajouter les examinateurs de l’épreuve d’éducation physique et sportive (EPS), les agents financiers, les hommes du dispositif de sécurité, des administrations régionales, les chauffeurs, et autres agents. Au total, cette session devrait mobiliser environ 13 000 personnes.
Pour la session 2008, on note deux autres particularités au bonheur des élèves. Il s’agit d’une part de la création du baccalauréat professionnel Génie civil option Construction, et du baccalauréat professionnel option Techniques de vente et de commercialisation (TVC), d’autre part, de la reconduction pour les redoublants de la session de 2007 d’une session spécifique du baccalauréat professionnel Génie civil option Travaux publics (GC/TP) dont la particularité est la durée d’un an de cycle au lieu de deux ans prescrits pour tous les autres baccalauréats professionnels. Cette particularité pose le problème du niveau réel de ce baccalauréat, de sa reconnaissance et de sa cohésion avec les autres diplômes.

19 séries à conquérir
Il faut noter également que cette année, on innove avec la décentralisation de certaines opérations de l’organisation dans la région des Hauts-Bassins qui abrite déjà l’annexe de l’Office du Bac. On mettra en œuvre l’informatisation des notes de jurys expérimentaux pour faciliter à terme les tris et extractions indexés sur les performances des candidats.
Au titre des catégories de baccalauréats, celui de l’enseignement général regorge le plus de candidats avec un effectif de 26 406, suivi du Bac technologique pour 9 437 candidats et du Bac professionnel avec seulement 127 candidats. La série «D» est la plus convoitée des 19 séries au programme de la session 2008 contrairement à 16 séries en 2007. Elle attire 14 441 candidats suivie de près par la série «A4» qui, elle, totalise 11 536 candidats. Le fameux «Bac C» n’est recherché que par 135 candidats. La série «AA» qui comptait le plus faible effectif avec 13 candidats l’année dernière, enregistre 15 pour cette session. La série «A3» est cette année la moins convoitée avec seulement 4 inscrits.

12 jours de moins…
Après sa tenue en 2007 dans le contexte de la réforme, la session de cette année se tient aussi dans un contexte particulier. Il s’agit de l’application de la directive de l’UEMOA portant instauration d’une période unique de tenue du baccalauréat dans tous les Etats membres de l’Union. Ce qui a pour conséquence le décalage du calendrier en retrait de 13 jours par rapport à la période habituelle de début juillet. Pour le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr. Joseph PARE, il n’y a pas à s’inquiéter car : «L’application de cette mesure tient compte du programme. Il est évident que le choix des sujets a été fait en fonction de la date proposée». Par ailleurs, cette directive semble assez importante aux yeux du ministre en ce sens que «dans le passé, beaucoup de candidats allaient passer le Bac dans plusieurs pays, dit-il, et c’est pour mettre fin à cela et harmoniser aussi notre système d’enseignement dans l’espace UEMOA afin de faciliter la mobilité des étudiants. Dans le cadre l’UEMOA, nous tendons vers les systèmes beaucoup plus intègres».
A quelque 48 heures du démarrage de la session, le ministre PARE, se dit confiant quant à son bon déroulement. «Normalement tout devrait bien se passer, souligne-t-il, en dépit de quelques difficultés qui peuvent surgir sur le terrain et qu’on corrigera au fur et à mesure de l’évolution de l’examen». En ce qui concerne la fraude, tout est mis en œuvre pour ne pas laisser le champ libre. Pour le ministre, il faut travailler à la combattre au fur et à mesure que l’on avance d’autant qu’il y a les gens qui penseront toujours qu’ils peuvent passer par d’autres voies pour acquérir les diplômes.
En tous les cas, les candidats doivent être confiants pour le vendredi 20 juin 2008. La nouvelle réforme est à sa deuxième session et les acteurs de l’enseignement n’ont encore relevé des insuffisances. Du reste, cela a eu un impact certain dès le début. Les chiffres montrent qu’il y a eu à la session 2007 une augmentation réelle du nombre d’admis. On constate également que les élèves ont moins de pression avec la réforme. D’ailleurs, selon le ministre Joseph PARE, «nous sommes en train de regarder pour l’améliorer au fur et à mesure qu’on évolue dans les différentes sessions du Bac».
Le chronogramme de cette session normale 2008 prévoit la proclamation des résultats du premier tour pour le samedi 28 juin au plus tard et le début des épreuves du second tour est pour le jeudi 3 juillet. La fin de la session aura lieu jeudi 10 juillet 2008 à 17 heures.o

Par Drissa TRAORE

 

Pourquoi une période unique du Bac
dans l’espace UEMOA ?

Adoptée à Dakar le 4 juillet 2007, la directive de l’UEMOA portant instauration d’une période unique de tenue du baccalauréat dans les Etats membres de l’Union est avant tout la matérialisation d’un desiderata des ministres en charge de l’Enseignement supérieur des différents pays. Ils en avaient déjà fait recommandation lors de leurs rencontres le 9 septembre 2005 à Ouagadougou et le 11 mai à 2007 à Cotonou. Comme l’affirme Mme Françoise NEBIE, chargée du suivi administratif des programmes Education de l’UEMOA, ce sont les ministres qui ont sollicité l’UEMOA pour harmoniser le système d’enseignement dans l’espace.
Cela ne pouvait donc que rencontrer l’assentiment de l’institution qui a comme crédo, la valorisation des ressources humaines pour un développement durable. Pour Mme NEBIE, le fait que les candidats passent le Bac dans plusieurs pays la même année, pose des problèmes d’équité et de charges financières dans les pays d’accueil. Il était donc impératif de mettre fin aux inscriptions multiples au baccalauréat, comme le souligne la directive, afin de rationaliser la gestion des flux de candidats et d’assurer la crédibilité des systèmes d’évaluation de l’enseignement dans les Etats de l’UEMOA.
Cette directive constitue un pas important pour l’UEMOA qui s’inscrit dans la dynamique d’un baccalauréat unique dans l’Union. Et il faut procéder par étape. Le prochain pallier, selon Mme NEBIE, sera l’harmonisation de curricula avant de tendre vers le même Bac pour tous. Ce qui suppose l’adoption au final d’un même programme d’enseignement.
Pour la chargée du suivi administratif des programmes Education, l’UEMOA s’investit beaucoup pour l’excellence de l’enseignement dans son espace. En plus d’être la promotrice du système LMD dans les différentes universités, elle a mis en place de nombreux projets pour appuyer les étudiants. Ainsi, le programme de soutien à la formation et à la recherche de l’excellence permet chaque année à trois étudiants par pays de bénéficier d’une formation de 3e cycle professionnalisée de type DESS ou Master ou des travaux de recherches qui achèvent une thèse de doctorat prioritairement dans les domaines de sciences de l’ingénieur, expertise comptable, santé publique, éducation, et les TIC. Le soutien consiste à prendre en charge les frais de formation, les frais d’installation du bénéficiaire à hauteur de 200 000 FCFA, une allocation d’assurance au même montant et des allocations mensuelles de subsistance de 150 000FCFA par mois pendant 12 mois. Environ 150 étudiants ont déjà été bénéficiaires de ce programme. Il y a également le Programme d’appui et de développement des centres d’excellence régionaux (PACER) qui, tout en améliorant l’offre de formation de 3e cycle des Etats membres, appuie la mobilité des étudiants, des enseignants et chercheurs de la région. L’UEMOA fait aussi obligation à tous les Etats membres de fixer les frais d’inscription aux universités au même montant pour les nationaux et les non-nationaux.o
Par Drissa TRAORE.

 

Examens et concours
Les ministres font la situation

Le vendredi 13 juin 2008, le gouvernement par l’entremise du Service d’information du gouvernement (SIG) a tenu son premier point de presse sectoriel dans une salle complètement rénovée à cet effet. Cette première rencontre a concerné l’enseignement et les examens et concours.

Trois ministres, concernés par les questions de ce premier point de presse qui se veut une tradition, ont pu par un jeu de questions-réponses répondre aux attentes des journalistes sur le déroulement des examens et concours session 2008. La situation préoccupante de mi-cours mi-grève qui prévaut à l’Université de Ouagadougou (UO) et le système d’évaluation des fonctionnaires de l’Etat. Pour ce qui est des examens, les ministres Joseph PARE des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et Mme Odile BONKOUNGOU de l’Enseignement de base ont tous exprimé leur satisfaction quant au bon déroulement des examens du secondaire et du primaire. Néanmoins selon M. PARE, il a été décelé quelques petites erreurs au niveau du BEP technique, mais qui ont vite été corrigées et des situations de ventes de faux sujets à Fada et Ouaga. Pour l’examen du Baccalauréat qui se tiendra du 20 juin au 8 juillet 2008 selon la directive de l’UEMOA, le ministre PARE a assuré que les préparatifs vont bon train et toutes mesures sécuritaires sont prises pour parer à toute l’éventualité. La situation préoccupante du déroulement des cours à l’UO qui a été évoquée par un confrère a été reconnue par Joseph PARE qui a toutefois signifié que cela ne concerne qu’une partie des UFR (Unités de Formation et de Recherche). Il a rassuré que les solutions probantes seront trouvées par le Conseil scientifique qui va bientôt statuer sur la question. Au niveau de l’examen du CEP, le ministre BONKOUNGOU a fait savoir que les préoccupations des parents d’élèves qui font état de la difficulté des sujets lui est parvenue. Pour elle, les techniciens de son département l’ont rassurée que tous les sujets proposés sont du programme. Les sujets incriminés que sont ceux portant sur la connaissance du drapeau national et l’acte d’Etat civil sont des disciplines d’accueil dans le cadre de l’éducation civique et morale dispensées en histoire et géographie.
Revenant sur la question des indemnités des enseignants de classes multigrades, Odile BONKOUNGOU a reconnu le retard des paiements qui sont imputables à la non-fiabilité des listes. Pour résoudre définitivement le problème, elle a évoqué l’intérêt pressant de la normalisation des écoles.
A ce point de presse, le volet concernant les concours et l’évaluation des agents de l’Etat a eu sa réponse avec Seydou BOUDA, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat. Il a révélé que 350 000 candidats pour 8 900 places et un ratio de 40 par places sont attendus pour les concours directs et 17 000 pour ceux professionnels. Pour le dépôt des dossiers, le ministre BOUDA a clamé que des dispositions concrètes ont été prises. Pour le centre le plus attractif qui est Ouagadougou, il a été ouvert 25 guichets au Stade du 4-Août et 8 au Stade municipal.
Parlant de la fraude et de la correction des situations désagréables (retard des sujets) engendrées l’année dernière, M. BOUDA a relevé «qu’on n’a jamais pris assez de précautions pour éviter la fraude». Mais, il a souligné qu’il y a toute une batterie de mesures sécuritaires pour circonscrire toute action tendant à user de cette vile méthode. M. le ministre de la Fonction publique a apporté des éléments de réponses sur la notation des agents de l’Etat que les syndicats rejettent. Pour lui, c’est l’employeur qui prend l’initiative d’évaluer son employé : «ce n’est pas une fierté que les travailleurs avancent sans mérite», a-t-il souligné. Mme Odile BONKOUNGOU qui s’est sentie concernée par la question, puisque «le grand bruit» vient du MEBA, a ajouté que la notation se fait à la base du contrat d’objectifs et l’agent qui est évalué par son supérieur hiérarchique immédiat peut faire recours s’il estime que la note n’est pas convenable. Les prochains points de presse dont le modérateur n’est que Fillipe SAVADOGO, ministre en charge de la Communication, porte-parole du gouvernement, vont se pencher sur le développement économique et les perspectives, la justice, les droits de l’homme, les infrastructures et l’appui à la productivité.

Par Issoufou MAÏGA

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