Une dernière chance : l’autocritique
Le Bureau exécutif national du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) était face à la presse, le 22 juin dernier «en vue de donner des informations précises sur la vie du parti à l’opinion nationale et internationale» comme le stipule la lettre d’invitation à la conférence de presse. En réalité, il s’est agi pour Roch Marc Christian KABORE, président du CDP et ses camarades de rompre le silence et donner leur point de vue «critique» sur la situation du parti suite aux différentes sorties médiatiques de six des leurs et de leur mémorandum faisant étant de mauvaise gestion et de «dérive autoritaire et sectaire» de la direction du parti.
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Une vue du présidium de la conférence de presse |
Les journalistes ont massivement repondu à l’invitation du CDP |
Membres du bureau exécutif national et du Bureau politique national, ils sont au total six (Marc Oubkiri YAO, Pierre TAPSOBA, Moussa BOLY, Mathieu OUEDRAOGO, Hamadé TAHO, Emile René KABORE), qui à travers interviews et déclarations dans la presse, ont fustigé la mauvaise gestion et la «dérive autoritaire et sectaire» de la direction du parti.
Les six responsables du CDP iront plus loin en publiant un mémorandum où ils accusent la direction de leur parti et proposent tout simplement une réfondation. Pourtant, lors d’une rencontre entre les signataires et le bureau exécutif du parti, ce dernier avait demandé que le mémorandum ne soit pas publié dans la presse. Ce qui n’a pas été le cas puisque quelques jours après la rencontre, il faisait la Une des journaux «Nous avions voulu traiter la question dans le cadre des structures et instances du parti, parce que leur volonté était d’œuvrer à la consolidation du parti… Mais le comportement de ces camarades au fil du temps a fini par nous convaincre que leurs ambitions étaient aux antipodes des intérêts du parti et à terme devaient compromettre dangereusement l’unité et la cohésion du parti», note le président du CDP dans sa déclaration liminaire.
Pour Roch Marc Christian KABORE, l’utilisation systématique des médias par Marc Oubkiri YAO et ses camarades au mépris des principes et mécanismes de démocratie interne du parti, n’est rien d’autre que de l’anti-parti, du sectarisme et du fractionnisme. A écouter les responsables du CDP, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est, sans conteste, la publication du mémorandum dans la presse. «Les signataires du mémorandum choissent de semer la confusion dans l’esprit de nos militants et de tromper l’opinion par une falsification de l’histoire en soutenant des contrevérités» affirment-ils.
De la mauvaise gestion et de la dérive autoritaire et sectaire dont font cas les signataires, Simon COMPAORE dira que le CDP reste le seul parti qui tient régulièrement ses sessions.
La 35e session du bureau exécutif s’est d’ailleurs tenue le 21 juin. Ce que Simon COMPAORE ne comprend pas, c’est que les six signataires, membres des instances du parti, n’aient jamais fait cas de ces remontrances dans une quelconque instance du parti.
Abondant dans le même sens, Salif DIALLO dira : «Le camarade président a beaucoup protégé les signataires, sinon il y a longtemps qu’ils devaient être sanctionnés ; aujourd’hui, il est payé en monnaie de singe… Je l’avais bien prévenu…». La sanction qui les frappe donc aujourd’hui est parfaitement logique, car il s’agit pour le CDP de préserver son unité et sa cohésion. Le prochain congrès statutaire (2009) statuera en dernier ressort. Pour Naboho KANIDOUA, le bureau exécutif national avait la latitude de les exclure en attendant le congrès. Certains de signataires se sont plaints de leur classement sur la liste du parti lors des dernières législatives.
Pour les responsables du CDP, la position sur la liste importe peu. Le plus important, c’est l’aura du candidat et sa capacité de mobilisation sur le terrain, dans sa localité.
Quant à la FEDAP-BC qu’on dit concurrente du CDP, le président KABORE dira qu’il n’y a pas de confusion possible. Toutes les deux structures travaillent pour la réussite de la mission du président du Faso, elles se complètent.
Répondant à ceux qui soutiennent que c’est parce que les signataires ne sont plus à la soupe qu’ils agissent ainsi, Mahama SAWADOGO, dira qu’ils ne sont pas patients parce que rien ne prouve qu’ils ne devaient pas être nommés. Il a pris l’exemple du dernier conseil des ministres où «des camarades» qui étaient dans l’anonymat ont été nommés.
Quelle appréciation le CDP fait-il des résultats des commissions ad hoc mises en place par le Parlement ? Pour Simon COMPAORE, bien avant ces commissions de l’Assemblée son parti dans le cadre d’une commission a travaillé sur les différents points, objet des commissions, et fait des propositions. «Les propositions du CDP ne seront pas en deçà de celles des commissions ad hoc», foi du président du CDP.
En fait quel sort est réservé aux suspendus ? Pour pouvoir réintégrer les instances du parti, la seule condition, selon le président KABORE, est qu’ils fassent leur autocritique adressée au parti. Une autocritique publique : une fermeté qui traduit si besoin en était la volonté des responsables du parti au pouvoir de faire respecter les textes. En tous les cas dans un parti qui se respecte, aucun militant fût-il «gourou» ne doit être au-dessus des textes. Abordant la question des refondateurs (Me Hermann YAMEOGO et ses camarades), le président du parti dira que ces derniers avaient la latitude d’entrer dans la dynamique des commissions ad hoc mises en place par l’Assemblée nationale et d’exposer leurs préoccupations si tant que leur dynamique a pour objets le renforcement de la démocratie dans notre pays.
Par Ben Alex Béogo