Innover et résister à la flambée du kérosène
Ouagadougou abritera les 24 et 25 novembre prochains la 40e assemblée annuelle de l’Association africaine des compagnies aériennes (AFRAA) sous l’égide de Air Burkina dont le Directeur général, Mohamed GHELALA, assure la présidence. Il a coanimé, le vendredi 20 juin 2008 avec le secrétaire général de l’association, Christian Folly-KOSSI, un point de presse autour de cet important évènement qui se tiendra dans un contexte de flambée du kérosène.
(De gauche à droite) Mohamed GHELALA, directeur général de Air Burkina et Christian FOLLY-KOSSI de l’AFRAA (ph. SIDWAYA)

Jamais la conjoncture n’a été aussi difficile dans l’aérien : flambée des prix du carburant et concurrence de plus en plus acerbe conjuguée à la forte pression sur les prix… Le contexte est tout sauf favorable et aggrave la situation déjà difficile de plusieurs compagnies de par l’Afrique. Ces trois dernières années, la facture carburant, aux dires du secrétaire général de l’AFRAA, Christian Folly-KOSSI, a augmenté de 35%. La facture pétrolière qui s’évalue ordinairement à 134 de milliards de FCFA l’an pour les compagnies africaines va atteindre cette année 250 milliards. Déjà 24 compagnies sont clouées au sol, faute de pouvoir supporter la flambée du baril. C’est dans un tel contexte que se tiendra à Ouagadougou la 40e assemblée annuelle de l’AFRAA. Elle qui a pour mission de servir les compagnies aériennes africaines et promouvoir leurs intérêts communs, entend saisir l’occasion pour trouver des solutions idoines face à cette crise du fuel. C’est une rencontre qui va regrouper environ 300 participants des compagnies membres de l’AFRAA et les partenaires tels que les constructeurs d’avion, de moteurs, des systèmes informatiques et télécommunication.
Même si le thème général n’est pas encore arrêté, de l’avis de Christian Folly-KOSSI, cette assemblée annuelle va débattre des problèmes de connectivité et surtout du passage des billets papier aux tickets électroniques (E-ticket). Il fait savoir qu’il faut aller vite à la modernisation comme par exemple la réservation du billet avec le téléphone portable. Toute chose qui va nécessiter aussi la modernisation des aéroports. L’AFRAA vise en réalité le développement du transport aérien, pour permettre la libre circulation, le renforcement du commerce intra-africain et le tourisme. La 40e assemblée annuelle aura également à discuter de la concurrence déloyale des compagnies occidentales dans la conquête du ciel africain. La question de la sécurité de l’espace aérien sera un point d’orgue de cette réunion. Le secrétaire général de l’AFRAA reconnaît certes que le ciel africain a été éprouvé ces temps-ci par quelques crashs d’avions mais se refuse d’admettre que les médias occidentaux s’en soient servis pour montrer l’Afrique comme une zone de turbulence.
Tout au contraire, le continent est, selon lui, non seulement l’un des espaces les plus sécurisés au monde mais aussi, compte les compagnies les plus sérieuses. L’AFRAA travaillerait au même niveau de compétence que l’IATA par exemple qui est un de ses partenaires stratégiques. La RDC et le Soudan sont les brebis galeuses qui ternissent l’image des compagnies africaines. 
Après avoir fêté son 40è anniversaire en 2007, Air Burkina est honorée d’accueillir la 40è Assemblée annuelle de l’AFRAA cette année
Mais des audits sont actuellement conduits par l’AFRAA, semble-t-il, pour nettoyer toutes les écuries. Et les compagnies qui ne réussiront pas aux tests seront priées de ranger leurs ailes. Elles seront tout simplement radiées des effectifs de l’AFRAA qui en compte 41 à la date du 1er octobre 2006.
Il faut noter que l’AFRAA dont le siège est à Nairobi au Kenya a été créée en avril 1968 à Accra (Ghana). C’est une association professionnelle à laquelle peut adhérer toute compagnie aérienne appartenant à un Etat membre de l’Union africaine ou aux citoyens de cet Etat membre de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Institution spécialisée de l’ONU, l’AFRAA encourage le développement des services de transport aérien sûrs, économiques et efficaces en Afrique et étudie les problèmes s’y rattachant. Elle favorise une étroite coopération commerciale et technique entre les compagnies et sert par ailleurs de forum permettant à ses membres de se rencontrer, d’élaborer et de consolider des positions communes sur les questions clés de l’industrie aéronautique. C’est une organisation qui veille surtout à la standardisation des équipements et aux arrangements de pool de pièces de rechange. Selon Christian Folly-KOSSI, l’AFRAA a été à l’avant-garde de toutes les initiatives majeures prises dans le domaine du transport aérien en Afrique en vue de sensibiliser les compagnies aériennes africaines sur la nécessité de coopérer entre elles dans les domaines du commercial, du technique, de l’exploitation des vols et de la formation.
L’assemblée annuelle dont le Burkina Faso abritera la 40e session est la plus importante des instances de l’AFRAA. Elle réunit les sommités de l’aéronautique qui sont de véritables leaders d’opinion. C’est en cela que le Directeur général de Air Burkina et président en exercice de l’AFRAA, Mohamed GHELALA, se réjouit de sa tenue dans notre pays et sous le très haut patronage du chef de l’Etat. Pour lui, c’est une fierté pour la compagnie nationale, Air Burkina, qui après avoir célébré ses 40 ans l’an passé est honorée d’accueillir cette année la 40e assemblée annuelle de l’AFRAA. Ce qui va davantage permettre de promouvoir l’image du Burkina Faso et de la compagnie Air Burkina. Christian Folly-KOSSI a d’ailleurs soutenu qu’en marge de la rencontre, il est prévu deux journées d’excursions touristiques à l’intérieur du pays.
Par Drissa TRAORE