L'opinion N°559
Du 25 juin au 1er juillet 2008

Actualité

Enquête nationale sur les armes légères

Sensibiliser avant de réprimer…

L’enquête vise a dissuader les détenteurs illégaux des armes légères

Le ministre de la Défense Yéro Boly, représentant le Premier ministre a officiellement lancé les enquêtes nationales sur les armes légères. C’était hier mardi 24 juin 2008 dans la salle des banquets de Ouaga 2000 en présence des membres du gouvernement, des gouverneurs de régions ainsi que d’autres personnalités. Si cette enquête est la bienvenue, tant les armes à feu causent plus que des dégâts dans notre pays, la conduite de l’opération nécessite une vaste sensibilisation pour rassurer les populations. Surtout pour les détenteurs d’armes pour qu’ils ne rentrent pas dans l’illégalité et dans la clandestinité plus qu’ils ne le sont déjà.

Le ministre de la Défense, Yéro BOLY

«La prolifération et la circulation illicites des armes légères et de petit calibre sont devenues en l’espace d’une décennie un des plus grands fléaux du monde à l’instar du phénomène de la drogue.» Cette assertion du ministre Yéro Boly conforte ce que beaucoup savait déjà sur la question : il n’existe aucune statistique fiable, ni au Burkina encore moins dans la sous-région en matière de circulation des armes légères. Pourtant chaque jour que Dieu fait, d’honnêtes citoyens tombent sous les balles assassines des bandits, et pire, ces armes entretiennent des conflits dans la sous-région. L’enquête qui est initiée sous l’égide d’ECOSAP structure de la CEDEAO en charge du contrôle de la circulation des armes légères, et qui concerne tous les quinze pays de l’espace, vient donc confirmer la volonté des dirigeants des pays de la CEDEAO de circonscrire les dangers de cette plaie. Si donc cette enquête pourra permettre à chaque pays d’avoir un aperçu de ce qu’il existe comme armes sur son territoire, il est important, que ceux qui ont la charge de conduire cette mission, travaillent beaucoup dans la sensibilisation pour assurer et rassurer les populations. En effet, il n’est un secret pour personne que la majeure partie des détenteurs, des fabricants, et des utilisateurs d’armes à feu sont dans l’illégalité. Il faut donc trouver des messages particuliers et appropriés à même de les amener à adhérer à la cause et aux objectifs de l’enquête. Ce que confirme M. Timothée consultant de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNPAL) : «Nous pensons que notre approche vers les populations sera déterminante dans l’atteinte des résultats de cette enquête. Si nous les approchons avec méthode, c'est-à-dire, qui leur permet de sauvegarder leur identité, nous pensons que les langues vont se délier. Et c’est vraiment notre souhait. C’est pour cela que vous voyez que les autorités au niveau régional, les hommes de tenues, nous demandons la participation de tout le monde. Vous hommes de médias, il vous appartient de donner le bon message qui est qu’en réalité ce que nous cherchons, ce n’est pas que X ou Y détient une arme et qu’on veuille utiliser la manière forte pour retirer, non. Il y a un problème auquel tous les pays de la sous-région sont confrontés et nous surtout au BF il y a l’insécurité à cause de la présence des armes dans notre pays et pour la plus part des cas on ne sait pas d’où viennent ces armes. On ne peut pas présager de ce qui sera fait à l’issue de l’enquête mais vous savez que s’il y a des armes illicites, on les saisit, mais ce ne sera pas dans le cadre des enquêtes.» Après ce lancement officiel, la CNPAL, aux dires du consultant, va observer un temps de recherche d’informations dans l’administration publique. Un temps au cours duquel tous les acteurs de la société qui sont à même de fournir des informations seront touchés. «Nous irons vers la police, la gendarmerie, les forces de défense, vers les Eaux et forêts, les acteurs de la société civile, afin d’avoir des informations qui vont nous permettre de partir de quelque chose dans l’enquête que nous allons mener,» a affirmé M Timothée. Au regard de l’ampleur de la tache qui attend la commission nationale, l’enveloppe de 30 millions de FCFA allouée par ECOSAP aux commissions nationales des pays membres de la CEDEAO est insuffisante. D’où l’effort que fournit le gouvernement burkinabè pour que l’opération soit un succès.o

Par Frédéric ILBOUDO

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