La J2C crée son espace de débat radiophonique
Le vendredi 20 juin 2008, L’espace TV5 sur l’Avenue Kwamé N’KRUMAH a accueilli, professionnels de la musique, journalistes et autres promoteurs d’évènements culturels autour d’une tribune de débats dénommée «L’Agora de la musique burkinabè».
Ismaël BICABA, secrétaire exécutif de la J2C
L’Association «journalistes et communicateurs pour la culture», J2C dont l’existence est d’œuvrer à la promotion de la culture burkinabè n’est pas restée en marge de cet événement capital rentrant dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la musique, le 20 juin 2008. En effet, cette jeune association aux grandes idées a offert un plateau de débats à tous les acteurs du monde de la musique et des promoteurs culturels, qu’elle a nommé «L’Agora» qui par définition désigne une place publique ouverte dans l’antiquité grecque où se menaient tous les débats intellectuels qui a pu faire des noms qui ont traversé le temps. On peut citer entre autres, Socrate, Platon, Aristote, etc.
C’est là que naissent les grandes idées, c’est aussi là où germent les grandes aventures humaines. En choisissant d’offrir une telle tribune pour un débat radiodiffusé en direct en une synchronisation avec la Radio jeunesse, Canal Arc-en-ciel et la radio campus et de contribuer au développement et à la promotion de la musique burkinabè, la J2C crée là un espace d’expression autour d’une pléiade de thématiques. Quatre thèmes essentiels ont fait l’objet de débats à cette 1re édition de l’Agora de la musique burkinabè. Il s’agit de : «La production musicale au Burkina Faso : états des lieux» du «Plan triennal de lutte contre la piraterie : Enjeux et perspectives» ; de la «Contribution des évènements culturels à la promotion de la musique burkinabè» ; de la «Musique moderne burkinabè : quel avenir ?».
Les débats ont été passionnants tant les thèmes posaient la question de l’avenir et le devenir de la musique burkinabè. Sur la question de la piraterie, le directeur général du Bureau burkinabè des droits d’auteurs (BBDA)Balamine OUATTARA a participé de la plus belle des manières au débat sur le sens de son combat à travers le plan triennal lancé à Laongo dans ce sens. Bibata NANA, la reine du Kigba, Evariste KOMBARI de la RTB, Fat LION et Measter Pi des éditions Kundé, ont échangé sur la «Contribution des évènements culturels à la promotion de la musique burkinabè».
Au-delà de toute polémique, les acteurs se sont accordés du rôle des évènements culturels comme un tremplin de l’émergence et la promotion des talents. Cependant, Fat LION, président des syndicats des artistes musiciens, lui s’est penché sur leur statut qui semble être un serpent de mer. Il a déploré le fait que des évènements culturels font la part belle aux artistes étrangers. Et Measter PI de rétorquer : «Sur la question des artistes musiciens invités au Kundé, certains sont moins chers que les locaux».
Du dernier thème débattu : «La musique moderne burkinabè : quel avenir ?», la qualité des panélistes préjugeait des débats fort nourrissants.
En effet, sur le plateau, on pouvait remarquer la présence de Smokey, de Baz Bill, d’Eugène KOUNKER, de Modeste BAZIE, de Abdoulaye CISSE et de DENKESS tout cela coordonné par Youssef OUEDRAOGO. Les anciens ont pu se défendre de l’embellie de leur époque à l’image de Abdoulaye CISSE. Quant à Eugène KOUNKER, il en appelle aux Burkinabè qui traînent le tare du complexe de sortir une nouvelle mentalité de promotion des artistes musiciens. Même son de cloche pour le rappeur Smokey. Cependant, lui pense que la musique burkinabè a un mal profond et qu’il n’existe pas d’industrie de musique au Burkina. Il pense que la nouvelle génération est enfermée dans le passé répondant à Abdoulaye CISSE. «La nouvelle génération va toujours s’inspirer des anciens mais pas pour faire de l’ancien», a-t-il souligné.
Ils ont demandé plus de professionnalisme et d’investissements au niveau de la production. Et là la volonté politique n’est pas en reste. Cette tribune «Agora de la musique burkinabè» parrainée par Salfo SORE, dit «Jah Press», commissaire général des Editions Kundé et soutenu par Dramane KONATE, secrétaire général de la commission nationale pour la Francophonie s’est achevée par la prestation d’une pléthore d’artistes musiciens burkinabè.
Les deux personnalités ont manifesté leur adhésion à cette initiative qui se veut pérenne. Et posé le débat de l’avenir de la musique burkinabè sur la place publique (L’Agora) c’est lui donner des chances d’une revitalisation en soulevant les vrais problèmes qui entravent son développement.
Par Issoufou MAIGA
FESMART 2008
La culture et la paix exaltées à Tenkodogo
Du 29 mai au 1er juin dernier la ville de Tenkodogo a vibré aux rythmes de la 3e édition du Festival de musique, de danse et des arts de Tenkodogo (FESMART). Si la cérémonie d’ouverture du Festival était présidée par le SG de la région, représentant le gouverneur, celle de la clôture a connu la présence effective du parrain, le ministre d’Etat, Bédouma Alain YODA, du gouverneur Siméon SAWADOGO et de plusieurs autres autorités invitées.
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| La troupe Bissa du secteur 30 de Ouagadougou en prestation |
Le parrain du festival s’éssayant au tam-tam qui lui a été offert en guise de cadeau par le coordonnateur Lucien ZOURE (à g.) sous le regard du gouverneur, Siméon SAWADOGO. |
Le festival est organisé chaque année par l’Association pour la promotion des activités socioéconomiques du Boulgou (APASEB). Les deux nuits de compétition (29 mai au 30 mai et du 30 mai au 31) ont mis en scène neuf (09) troupes dont 2 en théâtre réparties entre les trois (03) provinces (Boulgou – Koulpélogo – Kourrittenga). Un public des grands jours a fait le déplacement du Centre populaire des loisirs où les soirées allaient au-delà de 24 heures. Quant à la nuit du 31 mai au 1er juin 2008 elle fut réservée au concert et au bal populaire à l’auberge populaire de 21 heures à 2 heures du matin. Après la prestation d’artistes de musique traditionnelle (quatre (04) troupes se sont produites) et trois vedettes de la chanson moderne (Bamradi – NAPON – Les Sans frontières) ceux qui ont fait le déplacement ont pu se trémousser au rythme de la salsa, le coupé-décalé et autres genres musicaux du Burkina Faso et du monde.
La cérémonie de clôture
La cérémonie de clôture de l’évènement a tenu le haut du pavé. Sous la présence effective du parrain du Festival, B. Alain YODA ministre d’Etat, ministre de la Santé.
La proclamation des résultats on retiendra que les troupes ci-après ont gardé la dragée haute. En musique et danse : 3e, la troupe Karabota de Niangho, 2e la troupe bissa de SARE Issouf du secteur n°30 de Ouagadougou, 1ère la troupe Kuwonasou de Komtoèga (2e à la semaine nationale de la culture de Bobo 2008). En théâtre, nous avons 2e la troupe de théâtre de Ouargaye (Koulpélogo), 1re la troupe de théâtre de Koupéla (Kourittenga).
M. Lucien ZOURE, coordonnateur du Festival des arts de Tenkodogo (FESMART), a remercié toutes les institutions et personnes ressources ayant contribué à la bonne réalisation de l’évènement et a souhaité que ceux ou celles qui hésitent encore à venir en aide au festival qui a tant besoin du soutien de tous et toutes pour grandir rejoignent le cercle des amis du Fesmart pour conduire à bon port le projet culturel du centre-est. Le parrain de la 3e édition a d’abord souligné que le FESMART est une activité culturelle qui a su donner un regain d’intérêts à la culture au niveau de la région du Centre-Est. Cependant, il a souhaité que l’évènement s’ouvre davantage aux deux autres provinces afin que la région retrouve ses lettres de noblesse en matière artistique et culturelle. Avant de conclure, il a dit : «Je demande aux filles et aux fils de la région, aux autorités locales et régionales et aux bonnes volontés à appuyer le FESMART pour son implantation définitive».
La cérémonie a pris fin par la remise des attestations et des prix aux artistes et à la remise du cadeau (un tam-tam) au parrain par le coordonnateur du festival. Connu pour son goût pour l’art, le parrain s’est essayé à l’instrument au grand bonheur du public. Rendez-vous est pris pour fin mars prochain pour la 4e édition.
Par Ben Alex Béogo