Sur les sanctions on n’a que trop épiloguer, même si malgré les faits certains préfèrent se perdre dans des spéculations dignes des alchimistes du siècle dernier. En effet pour voir dans la sortie des «réformateurs» ou «refondateurs», une manœuvre de Blaise COMPAORE pour liquider le CDP au profit de la FEDAP-BC dans la perspective de sa succession par son frère cadet François COMPAORE, il faut vraisemblablement avoir une caverne d’imaginations. Ne faut-il pas du tout pour faire un monde ?
C’est à une véritable explication de texte que les journalistes ont été conviés dimanche dernier au siège du CDP. Il s’agissait pour le parti au pouvoir de livrer la version orale de sa déclaration du 14 juin portant sanction de six de ses ouailles qui avaient eu la mauvaise idée de déverser sur la place publique leur trop plein de rancœur sur leurs conditions de vie. Une conférence de presse qui aurait certainement été bien inutile tant la cause était entendue, s’il n’y avait eu ces petites phrases assassines dont les politiques sont maîtres et dont la presse raffole et ces questions subsidiaires qui éclairent bien plus que les messages calibrés et servis froids. Il n’y a donc pas eu d’exception et la presse n’aura pas fait le déplacement pour des prunes.
Il faut dire que le quarteron qui s’est collé à la tâche aura été pour le moins convaincant, multipliant les exemples et les faits pour montrer la futilité des accusations portées contre la direction du parti d’une part et d’autre part la mauvaise foi et l’ingratitude des accusateurs. Il semble en effet, qu’il y avait déjà un bout de temps que certains d’entre eux méritaient d’être sanctionnés ou à tout le moins sermonnés. Ce serait le penchant à la conciliation du président du parti qui leur aura permis d’éviter ces éventualités et de continuer à patauger dans leurs propres turpitudes. Et cela au détriment d’autres camarades dont ils sabotaient le travail.
Sur les sanctions on n’a que trop épiloguer, même si malgré les faits certains préfèrent se perdre dans des spéculations dignes des alchimistes du siècle dernier. En effet pour voir dans la sortie des «réformateurs» ou «refondateurs», une manœuvre de Blaise COMPAORE pour liquider le CDP au profit de la FEDAP-BC dans la perspective de sa succession par son frère cadet François COMPAORE, il faut vraisemblablement avoir une caverne d’imaginations. Ne faut-il pas du tout pour faire un monde ?
Pour nous en tenir aux faits, on peut dire que le CDP a réussi sa conférence de presse puisqu’il semble avoir convaincu de sa détermination à aller jusqu’au bout de sa logique. Quand ceux d’en face affirment la même chose, on peut être certain que l’épilogue de cette affaire n’est pas à entrevoir dans les calendes grecques. C’est tout le mal qu’on souhaite à la classe politique dans son ensemble, qui n’avait vraiment pas besoin de cette énième crise sur fond de fractionnisme. En effet, pas plus le CDP que les frondeurs n’ont intérêt à poursuivre la passe d’armes et les choses devraient pouvoir se régler en adultes, responsables et conscients de la nécessité d’assainir le jeu politique. Il y va de sa crédibilité d’autant plus que des pêcheurs en eaux troubles en profitent pour donner libre cours à leurs fantasmes. Que chacun s’assume donc et qu’on cesse de nous divertir à travers des interviews à la noix dans lesquelles les anecdotes priment sur les faits et les analyses. Certains gagneraient à se taire maintenant et à dire clairement ce qu’ils vont faire : l’autocritique publique ou alors rompre les amarres et aller voir ailleurs.
Par ailleurs la conférence de presse du dimanche dernier aura permis d’avoir la position du CDP sur certaines questions d’actualité sur lesquelles on avait du mal à le situer. Ainsi on sait que les projets des refondations de Me Hermann YAMEOGO et consort ont été mal, et alors là très mal accueillis par le parti majoritaire qui les aurait jugé inacceptables pour ne pas dire provocateurs. En effet, selon le président du parti, le CDP ne partagerait pas du tout les analyses des refondateurs et refuse catégoriquement la situation de crise qu’ils décrivent. Ce faisant, il réfute la nécessité d’une refondation et s’étonne de ce que les prétendus refondateurs n’aient pas jugé utile de s’associer aux processus de réformes engagés par d’autres acteurs de la scène sociopolitique, qui, eux ont avec eux une certaine légitimité parce que siégeant à l’Assemblée nationale.
Répondant à une question y relative, Roch Marc Christian KABORE a aussi tenu à mettre les points sur les «i» à propos des prétendues guéguerres qui opposeraient son parti à la FEDAP-BC.
Une mise au point dont la concision et la fermeté indiquent clairement qu’entre les deux il n’y a aucun nuage, encore moins de la concurrence. Encore une fois les faits rattrapent certains analystes de la scène politique nationale qui prennent leurs rêves pour des réalités. Certainement qu’il faudra beaucoup plus pour les convaincre, car «infaillibles» qu’ils sont, tout ce qui les contredit n’est que manœuvre politicienne. Mais il faut reconnaître que là, ils y vont un peu trop fort et devraient éviter le ridicule en arrêtant d’amuser la galerie. En effet, on peut difficilement comprendre leur acharnement à opposer ces deux structures dont la complémentarité est manifeste sur le terrain, d’autant qu’elles partagent souvent les mêmes militants ou les mêmes soutiens. Comme l’a montré le président du CDP, la FEDAP-BC n’est pas tombée du ciel. Elle a une histoire et celle-ci ne peut pas la mettre en travers de la marche du CDP.
On a plutôt l’impression que certaines personnes se laissent submerger par leurs propres ressentiments et refusent d’analyser les faits en toute objectivité comme si le simple fait pour eux d’annoncer l’apocalypse suffit pour que celle-ci survienne. D’où leur acharnement !o
Par Cheick AHMED
cheickahmed001@yahoo.fr