L'opinion N°560
Du 02 au 08 juillet 2008

Actualité

Oumarou OUEDRAOGO, inspecteur, chef de la Circonscription d’éducation de base de Zam.

“J’ai brisé les barrières entre les enseignants et moi”

A l’occasion de Zam en fête, nous avons rencontré M. Oumarou OUEDRAOGO, inspecteur, chef de la Circonscription d’éducation de base de Zam.
Il nous présente sa CEB et nous livre les secrets de sa réussite.

Pouvez-vous nous présenter votre CEB?
Oumarou OUEDRAOGO (OO) :
La CEB de Zam compte 26 écoles publiques et 8 écoles privées en majorité franco-arabe. Elle a été créée le 3 septembre 2003 et couvre tout le ressort territorial du département de Zam. La circonscription compte 40 centres d’alphabétisation. Les enseignants sur le terrain sont au nombre de 113 et 3 au bureau. L’équipe d’encadrement est composée, d’un inspecteur, d’un conseiller, et des instituteurs principaux (3 IP). Le nombre total des élèves est 4 670 dont 2 040 filles et 2 630 garçons.

Pouvez-vous nous faire l’état des résultats au CEP de cette année ?
O.O :
Cette année la récolte a été vraiment abondante sur 431 élèves présentés 381 sont admis au CEP soit un taux de succès de 88,39%.

Par rapport à ces résultats, des enseignants et des élèves ont été récompensés. Pouvez-vous nous en dire plus ?
O.O :
Je commence par les élèves ; au regard de la grandeur de la cérémonie nous avons distribué à 239 élèves leurs prix le vendredi 27 juin dans l’après-midi. Ce sont les premiers garçons et les premières filles de toutes les classes de CP1 au CM2 et de la 6e en 4e.
Les premiers garçons et les premières filles au CEP et au BEPC ont reçu leurs prix pendant la cérémonie solennelle.
Au niveau des enseignants tous les 16 enseignants titulaires de CM2 ont été récompensés officiellement à la cérémonie. Car le plus faible taux de succès est de 56% et cinq écoles ont eu un taux de 100%. Toutes les 16 écoles ont reçu chacune un certificat d’excellence. Les 8 membres du bureau OSEP ont reçu aussi chacun un sac. Enfin il y a l’école de Kroumwéogo dont l’équipe de football a été championne de la CEB et vice-championne au niveau provincial qui a reçu un certificat et un ballon.

Pendant qu’on crie à la baisse du niveau de l’enseignement un peu partout et qu’on reproche au CEP de cette année d’avoir été très difficile ; à Zam tout semble rouler comme sur des roulettes. Quel est le secret ?
O.O :
D’abord nous avons commencé par installer depuis l’an passé, un bon climat de travail, car la sécurité et la quiétude sont des facteurs indispensables au bon rendement du travailleur. Et ce climat sain est l’apanage des responsables. Pour y arriver, il faut que le responsable donne lui-même le bon exemple en étant clair, véridique et surtout en ne cachant rien. C’est ce que nous, nous avons fait. En plus il y a l’approche avec les enseignants. Si les responsables considèrent les enseignants, les respectent et sympathisent avec eux, alors ils se sentent en confiance et ont en retour envers le responsable un respect réel et non celui dicté par la crainte. J’ai brisé les barrières entre les enseignants et moi. Contrairement à ce que les gens pensent, cela ne rend pas vulgaire. En tout cas c’est ce qui a créé à Zam un bon climat de travail. A la conférence pédagogique, les syndicalistes de Zam ont décidé librement de lever leurs mots d’ordre pour réaliser une participation de 100% à Zam. En ce qui concerne les résultats proprement dit, vous savez que toute crise relève toujours les meilleurs, les bons. Un résultat n’a jamais surpris celui qui l’obtient. A Zam c’est le climat bon enfant dans le milieu éducatif et une méthode rigoureuse de travail qui justifient ces résultats. C’est moi qui ai proposé cette méthode de travail depuis mon arrivée l’an passé.

Ensuite l’équipe d’encadrement conçoit des sujets en nombre suffisant dans toutes les disciples. Elle les fait multiplier au nombre des écoles. Enfin, elle les ventile dans toutes les écoles en même temps qu’un nouvel emploi de temps pour leur administration.
Ensuite viennent les autres disciples d’éveil/sciences, histoire, géographie, agriculture et périculture, leur révision se fait sous forme de jeux-concours où les élèves organisés en groupes de travail se posent des questions que l’encadrement pédagogique a conçues.
Les questions de chaque discipline sont numérotées et les numéros correspondants sont mis dans une boîte. Un numéro tiré au sort dans des boîtes correspond au numéro de la question à l’équipe adressée.
En somme on peut dire que la méthode est très contraignante et très fatigante mais payante et surtout facile à contrôler par l’encadrement car les mêmes épreuves sont administrées dans toutes les écoles en même temps.

Il y a une nouvelle méthode d’évaluation des agents de la Fonction publique qui est entrée en vigueur depuis 2006. Comment l’appréciez-vous ?
O.O :
L’évaluation des agents a toujours été une préoccupation légitime car, sa transparence, sa justesse et son honnêteté jouent sur le rendement de l’agent. En ce qui concerne cette nouvelle formule, elle garantit la transparence et surtout la possibilité de l’agent d’écrire pour contester sa note quand il s’estime lésé. Ce que je déplore, c’est le manque de formation sur cette nouvelle méthode. Jusqu’à présent notateurs comme notés ne maîtrisent pas réellement tous les contours de cette nouvelle formule. Ce qui fait que les gens ont peur.

Quel est votre dernier mot ?
O.O :
L’éducation de base n’a pas la considération qu’il lui faut. Pourtant tout commence par l’éducation de base. Et si cette base est ratée tout ce qu’on ajoutera après, s’effritera et tombera comme un château de cartes. C’est pourquoi j'interpelle tous les acteurs du système à donner à l’éducation la valeur et la considération qu’il lui faut et surtout à y mettre du sérieux.o

Propos recueillis par LAVOISIER

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