L’eau à la portée des plus démunis
Faisant suite aux négociations gouvernement-syndicats, le Conseil des ministres en sa séance du 25 juin 2008, a, dans la perspective de la mise en œuvre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement, décidé de mettre en place une nouvelle politique tarifaire en adéquation avec le contexte social.
Jérôme BOUGOUMA, ministre du Travail et de la Sécurité sociale a toujours recommandé la patience aux organisations syndicales
La nouvelle tarification vise une utilisation équitable des ressources en eau sur le territoire national, en tenant compte des ménages à revenus modestes. On est mémoratif que les partenaires sociaux avaient demandé au gouvernement de porter de 6 à 8m3 la tranche du tarif social. Dans la même veine, il avait été demandé que la tranche sociale de la SONABEL soit portée de 50kwh à 75. Un paquet de revendications sociales que le gouvernement tente de résoudre dans un climat «d’austérité» financière, pendant que certains tartufes politiques s’évertuent à clamer que le Burkina Faso est en crise généralisée. Sur le premier point, nul n’ignore que les récentes mesures gouvernementales détaxant certains produits à l’importation, ont entraîné des déperditions financières. Même si le ministère en charge du Budget se refuse à toute estimation, ce sont des milliards qui «s’envolent» ainsi. De même, les mesures sociales prises dans le domaine de l’eau et de l’électricité vont coûter cher. La lutte contre la vie chère est donc effective au Burkina Faso et ce de façon solidaire étant entendu que ces mesures touchent tout le monde. A contrario, une augmentation de salaire dans l’immédiat, n’aurait touché qu’une frange de la population sans aucune garantie de résultats pour lutter contre le phénomène. On le sait, cette mesure a toujours entraîné une réaction «spontanée» des commerçants, avec une inflation souvent disproportionnée à la clé. C’est que les tartufes politiques dont nous parlions plus haut, refusent de dire à leurs ouailles, préférant les abrutir de théories «savantes» sur l’incurie du gouvernement de la IVe République qui «a mis les institutions en panne». Et, pour nourrir leurs thèses, ils ont «réactivé» leurs appendices à l’Université et dans le monde médical. Manifestations sauvages d’un côté, grève sans raison apparente de l’autre (le gouvernement avait promis des réponses aux doléances des syndicats à la rentrée automnale), il faut créer les conditions subjectives du soulèvement populaire qui va «balayer» le régime. Un opportunisme politique dont les étudiants sont en train de payer les pots cassés avec la fermeture des universités de Ouagadougou et la suspension de toutes les prestations sociales et économiques. Une mesure que certains ont qualifié de «disproportionnée» mais qui tient compte de la réalité du moment, avec cette prise en otage du mouvement scolaire et universitaire. Du reste, certains syndicats lucides ont dénoncé cette «capitalisation» ce qui nous fait penser que la solution à cette gangrène viendra probablement de l’université.
Il appartient aux étudiants de se débarrasser de la dictature de la pensée unique pour envisager sérieusement leur avenir en fonction des réalités du moment. Le temps où l’Etat pouvait accorder des bourses, «tout azimut», est révolu, tout comme il est admis qu’on ne réglera pas la question des effectifs pléthoriques d’un coup de baguette magique. Il faut une vaste réflexion prospective sur le système éducatif burkinabè qui prendra en compte les contraintes d’un environnement économique «saturé» et pressuré ce qui commande une «réorientation» dudit système. «L’école du Blanc» telle que conçue par nos «ancêtres les Gaulois» a atteint ses limites objectives. Pour en revenir à la gestion de la vie chère, la rentrée de septembre va permettre au gouvernement d’envisager des mesures plus structurelles pour faire face à cette crise de l’économie mondiale. Les prestidigitateurs politiques se complairont toujours dans leurs lamentations hypocrites, mais, le pays avancera sur la voie du progrès.o
Par Alpha YAYA