L'opinion N°560
Du 02 au 08 juillet 2008

Actualité

Développement

Les actions invisibles du PNUD

L’un des partenaires de notre pays dans sa quête pour le développement est le Programme des nations unies pour le développement (PNUD). Son action en faveur des populations les plus vulnérables se traduit par des actions de développement pas toujours visibles. Le PNUD a donc décidé de communiquer. En rencontrant les hommes de médias hier 1er juillet 2008, l’institution que coordonne depuis décembre 2007 M’Baye Babacar CISSE veut donner plus de visibilité aux actions qu’elle mène au Faso.

Babacar M’Baye CISSE, coordonnateur résident du PNUD au Burkina Faso

«Nous ne construisons pas des ponts, des routes ou des barrages, mais nos actions sont tout aussi importantes que ceux qui sont dans ces domaines-là» ; ces propos du premier des hauts fonctionnaires du système des Nations unies au Burkina traduisent bien le manque de visibilités du travail qui est fait par les acteurs de cette institution. Présent au Burkina depuis 1966, le PNUD aide le pays à sortir de son sous développement. Mais depuis plus de 40 ans que cette institution des Nations unies œuvre sur le terrain du développement et qu’elle injecte des milliards de FCFA par an au Faso, on se demande pourquoi elle reste méconnue et ses actions pratiquement «muettes». La réponse est pourtant toute simple, l’institution de Babacar M’Baye CISSE intervient surtout dans des actions plutôt invisibles comme la lutte contre la corruption, le renforcement des capacités, la lutte contre le SIDA, la promotion de la gouvernance etc…; des actions qui se matérialisent en terme de compétence pour l’administration publique, de renforcement de la culture démocratique, etc. dont profite le citoyen lambda mais qu’il n’appréhende pas immédiatement. C’est pourquoi il importe pour le PNUD de mieux communiquer pour mieux se faire connaître et c’est l’objectif de cette rencontre du 1er juillet qui a permis aux hommes de médias de rentrer dans les réalités de l’institution ; une institution dont les fonctionnaires aident le Burkina à travers des réflexions, des planifications, des projets pilotes, le renforcement des compétences des Burkinabè dans tous les domaines. Comme il fallait s’y attendre la question sur le classement IDH du Burkina par ce même PNUD est revenue sur la table. Et pour Babacar M’Baye CISSE «Ce qui est important ce n’est pas le classement. Il faut surtout se demander ce qui a été fait, et quels sont les défis qui restent à faire pour permettre de booster le développement du Burkina. C’est en cela qu’il est important de travailler sur des projets ciblés avec les partenaires pour relever les défis du développement. » En quarante ans d’intervention dans plus de 166 pays dans le monde, il y a des exemples de pays que l’institution cite tels la Malaisie, Singapour, que le PNUD et d’autres partenaires ont aidé à sortir de la pauvreté. Si la Chine et l’Inde sont aujourd’hui des pays émergents c’est grâce entre autres aux actions du Programme des nations unies pour le développement. Si donc on a l’impression que la structure onusienne piétine en Afrique, c’est parce que de l’avis du coordonnateur résident, «le continent a beaucoup plus de priorités. Et malgré ces priorités il y a des acquis importants qu’il faut savoir reconnaître et saluer. La Tunisie, le Botswana sont des exemples de réussite au plan africain qu’on peut citer.» Et pour ceux qui sont pessimistes quant à l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) prévus pour 2015 M. CISSE répond : «Il est évident que l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement ne sera pas assurée dans tous ses aspects, mais il est fort heureux de constater que dans certains domaines, ils seront une réalité. Prenons le cas du Burkina : les OMD seront atteints dans le domaine de l’eau et de la lutte contre le VIH/SIDA. Et ça c’est ce n’est pas rien.» En attendant de revoir M. CISSE et son staff dans quelques mois pour faire le point on le prend au mot quant aux sorties de terrains pour lesquelles son institution veut impliquer les hommes de médias.o

Par Frédéric ILBOUDO

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