Faire du masque un outil de développement
Un festival s’identifie à une ville dit-on, et Boulsa le chef-lieu de la province du Namentenga a également le sien. Il s’agit du FESMAB (Festival des masques de Boulsa) dont la cinquième édition s’est tenue du 30 mai au 1er juin. Des sociétés de masques venues de plusieurs contrées du Burkina se sont exprimées au grand bonheur des populations et des festivaliers.
François DABILGOU, président du FESTIMAB : “Nous allons œuvrer pour que les sociétés de masques ne disparaissent pas”
«Culture et développement», tel a été le thème autour duquel les organisateurs du festival ont convié les sociétés de masques invitées et les festivaliers à réfléchir. «Il s’agissait donc pour les populations, festivaliers et organisateurs de voir comment le développement peut être construit avec comme socle la culture tout en gardant notre identité nationale mais également en s’ouvrant aux autres», a dit le président du festival M. François DABILGOU. C’est cette ouverture qui s’est traduite par l’accueil des masques de Borormo et de Dédougou et les échassiers de Ouagadougou. Le FESMAB a donc été une occasion pour les fils et filles de Boulsa du Namentenga, et partant de la région de communier au son des tam-tam et des danses de masques. La communalisation intégrale voulue par les plus hautes autorités de ce pays commande que les fils et filles de chaque localité libèrent leur génie créateur pour mettre en exergue les potentialités de leur localité afin de se faire des amis et pourquoi pas des investisseurs. Le développement de chaque commune dépendra donc de la potentialité de ses enfants. Sur ce plan, Boulsa semble être bien partie car en plus du festival qui vient apporter une touche particulière aux activités de la commune, les activités socio- sportives d’autres fils de la localité constituent un ferment pour booster le développement.
 |
 |
Une colonne de masques en prestation (les masques de Boromo) |
Une troupe de masques de Boulsa |
Ce festival a besoin du soutien de tous les fils et filles de la localité. En effet, comme on le sait, il peut devenir un label sur lequel le monde entier reconnaîtra Boulsa. Ce qui peut être une solution pour résoudre l’exode rural et pourquoi pas l’immigration des bras valides vers d’autres cieux. Il appartient au promoteur du festival de travailler avec professionnalisme et avec discernement pour donner à ce festival un nom comme celui de Dédougou qui est aujourd’hui un festival de masques international. Nul doute que M. DABILGOU et son staff travailleront à relever le défi de la communication pour donner un éclat particulier aux éditions prochaines. Le masque qui est considéré dans nos contrées comme un domaine d’initié trouvera peut être un autre regard que celui jusque là donné par certain milieu comme celui du mystique et des sciences occultes. Il y a du travail à faire et le FESMAB doit relever le défi.o
Propos du maire Sambo SAWADOGO
«Je remercie d’abord le promoteur d’avoir choisi la ville de Boulsa pour abriter le festival de masques de Namentenga depuis cinq ans.
Ensuite, je suis reconnaissant envers la presse qui ne ménage aucun effort pour être toujours des nôtres à travers la couverture médiatique de cet évènement culturel qui a une grande portée socioculturelle et politique. Pour qui connaît l’histoire du Namentenga, ce festival est un tout. Il apporte beaucoup à la population sur le plan culturel en ce sens que le Namentenga a toujours été le creuset des masques de par l’histoire de Wanroudo (NDLR : un masque phénoménal pas trop aimable des peulh), vieille de 90 ans. La portée historique de cet évènement n’est donc plus à démontrer. Rien que la commune de Boulsa renferme une trentaine de sociétés de masques. De façon générale, je dirai que ce festival a été une occasion de rassembler les fils du Namentenga autour de la culture en une journée.»
Frédéric ILBOUDO
Ciné droit libre
A défaut du public cible
Le festival de films sur les droits humains et la liberté d’expression débute ce soir. Pour ceux qui connaissent ce festival, ils savent que l’un des centres névralgiques qui fondent son succès reste l’université de Ouagadougou qui accueille une grande partie de l’évènement. Avec la fermeture du «temple du savoir» durant sa tenue, c’est immanquablement un moins dans la visibilité du festival ciné droit libre.
Hélas, devrait-on dire, le Festival Ciné droit libre est victime collatéral de la fermeture de l’UO. où se déroulaient certaines de ses activités qui attiraient foule d’étudiants. C’est parti aujourd’hui pour les cinéphiles qui vont se délecter de films, de débats et d’expositions sur les droits de l’homme. Mais les organisateurs ont du mouron à se faire d’autant que l’une des activités phare de cette édition devait se dérouler à l’UO. Il était prévu en effet à l’amphi A600, ce que les organisateurs ont appelé «les 10mn pour convaincre». Une espèce de «Sorbonne» à l’ivoirienne ou des volontaires allaient, en dix minutes, convaincre le public sur une thématique bien donnée. Mieux, en cette même place et en ce même lieu, les femmes en noir devaient se retrouver pour se recueillir.
Déjà à la conférence de presse que les organisateurs ont donnée, les journalistes s’inquiétaient de la tenue d’une telle activité sur le campus quand on sait que ce n’est pas un espace propice au débat de contradiction car, ceux qui connaissent l’université savent que la seule voix qui tonne reste celle de l’ANEB et aller contre les vues de cette organisation adepte de la pensée unique c’est prendre le risque de se faire taxer d’infiltré ou de collabo avec le pouvoir en place. C’est donc dire qu’à défaut de ce public acquis à la cause du festival, il est fort à craindre que l’évènement ne gagne pas en visibilité et en résultat comme de par le passé. Du coup, c’est un coup dure pour Luc DAMIBA, Abdoulaye DIALLO et Sams’K le Jah qui comptaient, à n’en pas douter, sur ce public pour faire passer leur message.
Cette quatrième édition de Ciné droit libre est placée sous le thème «Liberté d’expression» avec comme sous thème «Musique et droits humains», thème qui allait mettre en vedette l’artiste musicien Sams’K le Jah. A l’affiche de cette édition, deux films burkinabè, «Après l’urgence» de Daniel Sanou KOLLO, «femmes en peine «de Aminata GLEZ DIALLO etc. Outre les films burkinabè, les cinéphiles auront droit à des films étrangers comme «l’avocat de la terreur» de Maron LOIZEAU de France, «Darfour, autopsie d’une tragédie» de Christophe AYAD et Vincent de COINTET de France, «Le chasseur de dictateurs» de Klaartje QUIRIJNS des Pays-bas et bien d’autres affiches sur la problématique des droits humains. A côté des films, les organisateurs veulent rendre un hommage appuyé aux journalistes Moussa KAKA du Niger qui est incarcéré depuis plus de 8 mois et Guy André KIEFFER journaliste Franco-canadien disparu en Côte d’Ivoire. Les épouses de ces deux confrères, qui feront le déplacement de Ouagadougou pour l’évènement, auront des interventions radiodiffusées au cours de débats et donneront une conférence de presse au Centre de presse Norbert ZONGO le vendredi 4 juillet. Conférence de presse au cours de laquelle Osange Silou KIEFFER et Jamila Souley KAKA, parleront de leurs époux et de l’état d’avancement de leurs dossiers.
Par Frédéric ILBOUDO