Accusé et humilié, il est finalement blanchi grâce à un rat voleur
En cette période d’hivernage, les grins sont très actifs. Personne ne peut résister à l’odeur fumante du «premier» qui enveloppe tout l’alentours. Où qu’on se trouve, quoi qu’on fasse, cette odeur ne peut laisser indifférent un vrai membre du grin. Les plus expérimentés savent que cette odeur attirante est sciemment faite pour juste attirer les gens, sinon ce n’est pas dans moins d’une heure que le premier sera servi…
On ne le dira jamais assez, le grin constitue un lieu de détente «moins cher». En ces temps de vie chère, les membres du grin, grâce à la légendaire solidarité qui y prévaut, maintiennent tant bien que mal le cap. Ils ressentent moins les effets qu’un «maquisard» par exemple qui peut, en une seule soirée, dépenser le budget annuel de fonctionnement d’un grin.
Les débats vont bon train. Tous les sujets sont abordés sans la moindre censure. Tout le monde quel que soit son rang social, son âge ou sa corpulence peut émettre son avis. Ainsi vont les grins et les nouvelles dans ces conditions ne peuvent pas manquer.
«Une commission pluie» pour garantir les spectacles pendant l’hivernage
La saison des pluies et en train de prendre petit à petit sa vitesse de croisière. Cette année, avec les effets effrayants de la vie chère, tout le monde est unanime à encourager et souhaiter une bonne pluviométrie pour accroître considérablement la production agricole car jusqu’à présent, notre agriculture compte presqu’exclusivement sur l’eau de pluie pour nourrir les fils et filles du Faso, les cultures irriguées n’étant pas encore très populaires. Ainsi donc, pendant l’hivernage, presque toutes les bénédictions tournent autour de la pluie, de la bonne pluie surtout ; celle qui vient nourrir nos plantes mais nous préserve des affres des inondations. Cependant pour une certaine catégorie de personnes à Bobo, les préoccupations sont autres. En effet, ceux-ci ne pensent que concerts et ils se suivent à un rythme infernal. La plupart du temps, les prestations sont assurées par des artistes ivoiriens dont le cachet est naturellement élevé par rapport à celui des artistes de chez nous. Un faux pas et c’est la faillite totale pour les organisateurs d’où la peur lorsque le ciel se couvre un peu de nuages «suspects». Pour veiller à la question, à côté des autres commissions chargées de l’organisation d’un spectacle, il a été créé une commission pour s’occuper de la pluie. Ainsi en ces temps de pluie «la commission pluie», a fini par s’imposer comme la plus importante dans les structures organisatrices de concerts surtout que Bobo-Dioulasso, la ville culturelle par excellence, ne possède aucune salle de spectacle digne de ce nom. Le Théâtre de l’amitié sur lequel tout le monde vise n’est nullement à la hauteur des normes requises. Alors lorsqu’un organisateur a un concert et qu’il craint que la pluie ne le dérange, il fait appel à des gens qui se proposent «d’attaquer toute pluie» qui tenterait de gâcher la fête. Présentement, cette commission et très active. Ses tarifs varient entre 15 000F CFA et 30 000 F CFA. Une fois cette somme versée, l’organisateur peut être tranquille car tout sera fait pour que la flotte ne vienne pas troubler le spectacle.
Au grin il y a certains qui sont fâchés contre les membres de cette commission qui, selon eux, seraient à la base de la perturbation de la saison des pluies. Pour des sommes insignifiantes, ils acceptent de priver nos semis d’eau. Ils s’en prennent également aux organisateurs de spectacles qui pour profiter des vacances scolaires maximisent leurs affaires à cette période qui coïncide avec l’hivernage.
Par contre, il y a des gens qui ne croient pas du tout à l’efficacité de cette commission pluie car pour eux personne ne peut «attraper» la pluie qui est le résultat d’un processus que la science explique aisément.
Ceux qui prétendent empêcher la pluie ne sont en réalité que des trompeurs. Ils savent très bien que ce n’est pas possible mais ils prennent l’argent quand même. Il y a eu toujours des spectacles qui ont été reportés ici à Bobo pour cause de pluie. Cela ne finira jamais. Pour eux, les organisateurs devraient effacer cette dépense supplémentaire de leur programme.
Le sage du grin à son tour a fustigé ces prétendus «attrapeurs de pluie». Pour lui, ils ne devraient même pas accepter de le faire même pour la fête de l’indépendance à plus forte raison pour ces spectacles inutiles qui au contraire conduisent à la perversion. Il reconnaît néanmoins que la pratique occulte d’empêcher la pluie de tomber existe mais n’est pas à la portée de n’importe qui. Les gens qui ont ce pouvoir ne peuvent «attraper» que les pluies qu’ils peuvent «attraper». Sinon celle qui doit tomber selon la volonté de Dieu, personne ne peut l’arrêter.
En tout cas les affaires sont les affaires et les «dealers» de pluie n’ont que l’hivernage pour exercer. Leurs affaires seront florissantes jusqu’au jour où Bobo aura une salle de spectacle digne de ce nom. Le rêve des honnêtes citoyens est d’ailleurs en train de devenir réalité car récemment courant la SNC 2008, le Premier ministre Tertius ZONGO a posé la première pierre du palais de la culture de Bobo. En principe d’ici la SNC 2010, les choses seront plus claires et on n’aura plus besoin des «commission pluie» pour remplir les poches de certains charlatans et inquiéter les paisibles paysans qui voient souvent avec appréhension «leurs nuages» s’envoler vers d’autres cieux alors que la pluie était imminente !
En attendant, chers organisateurs de spectacles, ne dit-on pas qu’après la pluie vient le beau temps ? C’et donc dire que le show doit être plus grave !.
Accusé et humilié, il est finalement blanchi grâce à un rat voleur
L’histoire se passe dans un village du Kénédougou. Dans ce village vivait un jeune homme turbulent et irrespectueux. Tout le village s’était accordé à lui coller l’étiquète de «bandit».Il n’aimait pas le travail et comme il était un peu instruit, il avait écrit sur un bout de planche devant sa porte, cette phrase de Bernard TRISTAN. «L’homme n’est pas fait pour travailler. Et la preuve, ça le fatigue». L’homme aurait tenté plusieurs fois d’aller en Europe sans succès.
Un jour, sa famille reçoit un étranger, commerçant de son état, qui devait tout juste passer une nuit et s’en aller le lendemain. Le commerçant dormit avec le jeune «bandit» et le matin, il constata la perte de son bracelet en or. Tout le monde accusa le jeune «bandit»qui nia en vain. Toutefois le commerçant n’en a pas fait un problème, mais la famille qui s’est sentie humiliée a traité le jeune de tous les noms. Celui-ci a juré comme il pouvait mais personne n’a voulu le croire. Le dicton ne dit-il pas que «qui a bu boira»…
Après le départ du commerçant, plus de deux mois se sont écoulés et un jour, un rat qu’on voit rarement dans la journée est apparu en plein milieu de la cour. Les enfants qui ont pris cela comme un défi se sont lancés à sa poursuite. Il s’est alors réfugié sous un tas de briques. Les enfants étaient décidés à en finir avec le rongeur. Ils déplacèrent toutes les briques une à une et découvrirent un trou dans lequel le rat s’était caché. Les enfants allèrent chercher une daba et se mirent à creuser. Le travail s’est avéré pénible par la suite avec la multiplication des trous. Tous essoufflés ils voulaient abandonner. Mais le plus âgé d’entre eux les en dissuada en les convainquant de creuser l’un des trous parce qu’après observation, il était sûr que le rat y était. C’est ce que firent les enfants et au lieu d’un rat, c’est plutôt des objets de valeur, de l’argent et même des arachides qu’ils ont trouvés. Parmi ces objets, il y avait le bracelet du commerçant. Les objets retrouvés dans le trou ont été ramenés chez le chef du village qui à son tour a appelé les éventuels propriétaires pour les enlever.
Quant au jeune bandit, le chef du village a tenu à ce qu’on lui demande publiquement pardon. Ainsi, à l’occasion d’un jour de marché, il fut blanchi devant tout le monde. C’est un habitant de ce village qui était de passage au grin qui a rapporté cette histoire. Les membres du grin n’ont pas voulu rentrer dans la polémique quand certains ont voulu soutenir que ce rat n’était pas en réalité un rat comme les autres. Pour eux, les villageois ont leur histoire et les citadins ont les leurs.
Comme moralité, le sage du grin a conclu par cette réflexion de l’humoriste français Coluche qui disait : «Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison».
Il vole un appareil photo numérique au cours d’un mariage
Au cours d’un mariage organisé le samedi 21 juin dernier à Banfora, un appareil photo numérique a disparu. Le haut-parleur a été mis à contribution pour lancer un appel à la recherche de l’appareil mais en vain. Le propriétaire de l’appareil est venu de Bobo et la mariée est sa nièce. Les sages présents à cette cérémonie se sont vus diminués et offensés par ce voleur qui veut «salir» le mariage qui a réuni tout ce beau monde. L’un deux a suggéré au propriétaire d’aller faire un communiqué radio afin d’avertir l’indélicat voleur qu’il avait 3 jours pour restituer l’appareil, auquel cas, il sera seul responsable de ce qui lui adviendra. Depuis le samedi 21 juin dans la nuit, ce communiqué passait ainsi dans les principales radios locales de la ville du Paysan noir sans que personne ne se manifeste. Dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 juin, une grande pluie s’est mise à se préparer à Banfora. Le voleur de l’appareil s’est alors rappelé les termes du communiqué. Le 3e jour c’était le mardi et voilà que lundi nuit, les signes sont déjà-là. Le voleur prit peur. Il se rendit rapidement dans la famille de la mariée tard dans la nuit. Il réveilla le frère de la mariée et lui présenta l’appareil volé en expliquant qu’il l’avait retrouvé sur des enfants qui s’amusaient avec. Le frère en question qui a compris qu’il était le voleur a refusé de prendre l’appareil et il a voulu qu’il reconnaisse son forfait. Le voleur voulait bien tout lui expliquer, mais demandait la garantie que son interlocuteur n’allait pas le dénoncer après. Il fut alors prié de rentrer chez lui. De toutes les façons à quelques heures de l’échéance des 3 jours, l’appareil ne pouvait rester qu’avec lui. Il en retourna chez lui, mais ne ferma point les yeux toute la nuit. Le lendemain, après une concertation familiale, on fit appel au voleur qui ne se fit pas prier et arriva à vive allure s’agenouiller devant les frères et parents de la mariée. Il tremblait de tous ses membres, surpris d’être toujours en vie. En effet, le vieux qui avait demandé de rédiger le communiqué avait promis de faire venir la foudre sur le voleur après le 3e jour…
Finalement tout est rentré dans l’ordre. Le propriétaire de l’appareil a reçu son bien par le biais d’une compagnie de transport le jeudi dernier. Lui-même n’en revenait pas après qu’on lui eut dévoilé le nom du voleur qui fut quelqu’un de très actif dans l’organisation du mariage. Il fut non seulement le chauffeur du véhicule qui a ramassé les chaises et autres bâches mais le véhicule fut aussi gracieusement offert par son grand frère. Maintenant le vœu du voleur, c’est que le grand frère n’apprenne pas son forfait. Pour cela, il a supplié la famille du marié qui a finalement accepté mais comme une traînée de poudre l’histoire s’est rependue dans la ville de Banfora. En tout cas la tâche noire qui a failli ternir la belle image de cette union a été complètement ôtée.
Au grin, les gens ont simplement soutenu que le voleur en question apprendra à ses dépends «qu’il n’y a pas d’âge pour avoir la honte, surtout si on la cherche en pleine journée».o