Accroître la productivité
Le jeudi 10 juillet 2008, le gouvernement a tenu un point de presse sur «le Développement rural et l’appui à la productivité».
Laurent SEDOGO, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des ressources halieutiques
Contexte de «vie chère» oblige, toutes les mesures structurelles pour supporter ce phénomène devenu mondial sont la bienvenue. Déjà à court terme et face à la flambée des prix des produits alimentaires, le gouvernement avait pris des mesures d’urgence de suspension provisoire de taxes, décidé du maintien des prix des hydrocarbures à leur niveau de janvier 2008, du relèvement des premières tranches de l’ONEA à 8 m 3 et du maintien du tarif social de la SONABEL à 75 kwh. Ce contexte a motivé l’élaboration d’un plan d’urgence pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Trois ministres ont expliqué aux hommes de médias les grands traits de ce plan. Il s’agit du ministre en charge de l’Agriculture, Laurent SEDEGO, de celui de l’Elevage, Sékou BA et du ministre de l’Economie et des Finances Jean-Baptiste COMPAORE. Les grandes questions se sont articulées sur la réorganisation agraire et foncière, l’accès à l’eau et à l’irrigation, l’amélioration du niveau d’instruction et d’éducation dans les zones rurales. Ce plan ambitionne des interventions à court, moyen et long termes dans le secteur agricole par la mise en place d’un programme de développement des céréales et la création de conditions favorables à l’accroissement de la production et de l’exportation. De façon concrète, le ministre SEDEGO a relevé que 5 milliards de francs ont été débloqués par le gouvernement pour l’achat des engrais au profit du monde rural afin d’améliorer de façon significative la productivité. L’objectif étant de porter à 4 millions de tonnes de céréales et de doubler la production rizicole de 120 000 tonnes à près de 205 000 tonnes. Le cas de la vallée de Sourou a été cité comme exemple et le ministre de l’Agriculture de demander plus de mécanisation et d’appui aux producteurs qui sous-exploitent l’espace irrigué. La vente des céréales aux prix sociaux est intervenue au point de presse et Laurent SEDOGO a indiqué que le gouvernement a débloqué 10 000 tonnes de son stock d’intervention qui ont été distribués dans toutes les provinces ce qui a permis de maintenir le prix à 14 000F le sac de céréales. Le programme envisagé pour booster le secteur de l’élevage tend à l’amélioration alimentaire du bétail, la sécurisation de la filière lait et la modernisation du secteur c’est-à-dire la production intensive. De la conviction du ministre Sekou BA, la sédentarisation des troupeaux réduira de façon considérable les conflits agriculteurs-éleveurs. 22 milliards de francs CFA sont prévus pour le secteur et permettent la construction d’une unité industrielle laitière.
Sékou BA, ministre des Ressources animales

A court terme, le ministère a laissé entendre que 9 milliards 749 millions ont été débloqués à cet effet. Pour lui, actuellement une vache locale produit en moyenne 110 litres l’an. Ce qui est un mauvais rendement. Les solutions sont le croisement de races et l’insémination artificielle. Quant à Jean-Baptiste COMPAORE, le ministre de l’Economie et des Finances, il a décliné ce plan en terme de chiffres qui s’élèvent à 50 milliards de francs CFA. 21 milliards destinés aux semences, aux engrais, à la distribution des tracteurs, à l’encadrement du monde rural par les formateurs etc. Pour cette campagne, l’appui aux producteurs a été fait par des partenaires qui ont répondu avec célérité à la demande du gouvernement en matière d’intrants et de semences. Les 29 autres milliards vont permettre d’atteindre l’objectif c’est-à-dire l’enlèvement des produits pour que le paysan puisse être rassuré que sa production sera vendue comme c’est le cas pour le coton. Reste à souhaiter que la tendance de la pluviométrie soit maintenue au rythme actuel pour ne pas revivre les caprices climatologiques de la saison dernière avec toutes les conséquences y afférentes.o
Par Issoufou MAIGA