Les propositions de l’APROSSA
L’Association pour la promotion de la sécurité et de la sauvegarde alimentaire au Burkina (APROSSA) a rencontré la presse le vendredi 11 juillet 2008 pour échanger autour de la flambée des prix des denrées alimentaires.
L’APROSSA dénommée Afrique Verte Burkina a fêté le 12 juillet 2008 son troisième anniversaire dans un contexte de crise alimentaire mondiale. Bien au fait de son slogan : «Les Sahéliens peuvent nourrir le Sahel», elle a saisi l’occasion pour faire des suggestions relatives à cette cherté des produits alimentaires. Ainsi au cours d’une conférence de presse le vendredi 11 juillet dernier, les responsables de l’association ont échangé avec les journalistes sur les alternatives face à la flambée des cours céréaliers.
Pour la présidente de l’APROSSA, Christine Kayitesi KABORE, les prix des produits importés (riz, blé donc le pain et produits de consommation courante) ont grimpé au Sahel, ce qui appauvrit les populations déjà fragiles notamment en milieu urbain et périurbain. Cette flambée des prix a suscité des émeutes. En effet, depuis janvier 2008, la colère monte aussi bien dans les pays en développement que dans ceux industrialisés. Pour la responsable de l’Afrique Verte qui se demande s’il s’agit d’une crise alimentaire ou d’un effondrement du pouvoir d’achat, les causes de l’escalade des prix alimentaires sont en partie liées à la spéculation.
Pour juguler cette crise, APROSSA propose d’augmenter la production céréalière tout en protégeant les consommateurs les plus faibles à travers un soutien ciblé des revenus des couches les plus vulnérables de la population. Pour elle, il faut limiter l’intervention des Etats par rapport aux contrôles des prix, subventions, réductions des barrières douanières et restrictions sur les exportations au risque de provoquer des distorsions sur les marchés intérieurs. L’APROSSA, Afrique Verte, préconise également le renforcement des systèmes de crédit et des instruments financiers, le développement des marchés fonciers ainsi que la création de réseaux régionaux. Si les Etats du Sahel ont déjà pris des mesures telles la vente des céréales à prix modéré, les exonérations, la relance de la production agricole vivrière, pour Christine KABORE, la construction d’un marché sous-régional ouvert et d’une industrie agroalimentaire dans les pays producteurs est impérative pour relancer durablement la production car elle offrira un débouché régulier aux paysans, les incitant ainsi à produire. Elle apportera une valeur ajoutée à la production nationale, donc des revenus.
Pour Afrique Verte, il faut arriver à transformer les céréales locales afin d’approvisionner régulièrement les zones déficitaires rurales et surtout urbaines. Ce qui va réduire la dépendance vis-à-vis des importations de plus en plus onéreuses. C’est dans ce sens que l’APROSSA a encouragé la création du réseau des transformatrices de céréales du Faso (RTCF) qu’elle appuie par des actions de renforcement des capacités des membres à travers des formations en matière de technologie, de marketing, d’emballage, de distribution, de gestion administrative, etc. Il faut noter que le RTCF veut s’imposer et travailler à intégrer les céréales transformées dans les habitudes alimentaires des Burkinabè. Son site web : www.rtcf.biz. De façon générale, pour Afrique Verte, la hausse des prix des céréales sur le marché mondial est une opportunité que le Sahel doit saisir pour relancer son agriculture.o
Par Drissa TRAORE