Le meilleur a fait 19 fautes
8 ans que ça dure.8 ans que Radio Pulsar invite chaque année les Ouagalais et Ouagalaises à cet exercice des méninges. Les lauréats de l’édition 2008 ont reçu leurs récompenses le samedi 19 juillet 2008. C’était au cours d’une cérémonie très sympathique.
François YESSO, directeur adjoint de Radio Pulsar posant avec les cinq lauréats en casquettes
Comme chaque année, c’est au centre culturel Georges Méliès que s’est déroulée l’épreuve. On raconte que le jour de la compo, des «candidats» et non des moindres s’y sont essayés et ont jeté l’éponge dès la deuxième ligne. Tellement l’exercice était périlleux. Il fallait vraiment remuer les méninges ! Au finish, c’est M. BAMBARA Z. Martin juriste de son état, qui s’en tire avec le minimum de fautes : 19 fautes. Au lycée évidemment avec de telles fautes à la pelle, la note ne peut que tendre vers epsilon comme dirait l’autre. Cependant, Pour François YESSO, directeur adjoint de la radio : «C’est une performance, car les années précédentes, les candidats étaient encore mal lotis. L’année dernière par exemple le premier qui se trouve encore être celui de la présente édition s’est retrouvé avec 27 fautes. C’est vous dire que c’est de mieux en mieux.»
Mais qui donc ce M. Morton ZIGAN qui torture les candidats chaque année ? Eh bien le samedi 19 juillet dernier, le bien nommé s’est présenté à Pulsar pour féliciter les lauréats : «C’est toujours dans le sens de mettre à l’épreuve les compétences des candidats. Pour que ces candidats-là puissent se rendre compte qu’on a beau espérer avoir un degré de maîtrise suffisante du français, il y a toujours des pièges dans lesquels on peut tomber, du point de vue du vocabulaire, comme du point de vue de la grammaire. Du reste, c’est l’esprit qui a guidé la radio instituer cette dictée-là, et depuis que je la compose, c’est le souci qui m’a toujours animé. Repousser les limites des candidats en mettant l’accent sur le vocabulaire ou l’orthographe ou les deux en même temps.» Morton ZIGAN, tenez-vous bien, n’est pas un Tzigane d’Europe ou d’Amérique mais bien un Burinas bon teint. Eh bien, ce fameux nom n’est qu’une anagramme de Martin ZONGO. Et M. Martin ZONGO n’est autre que l’administrateur du CITO. Il a été professeur de français et dramaturge. Peu s’en rappellent certainement, mais Martin ZONGO est l’auteur de la pièce de théâtre intitulée : «La masse de Tenga» qui fut primée à la SNC (GPNAL 1986). C’est dire qu’en écriture, l’homme s’y connaît. «Repousser les limites des candidats», il l’a si bien dit et ce n’est pas M. Aboubacar OUOBA, traducteur et doyen des lauréats, qui dira le contraire, lui qui a laissé entendre qu’après la première lecture du texte de la dictée, il a manqué de peu qu’il sorte de la salle. Il l’a trouvé corsé. Pour l’édition 2009, M. YESSO dit qu’ils vont revenir à l’ancienne formule c'est-à-dire, tenir la dictée au mois de Mai pour que les élèves en classe d’examen, surtout ceux de la troisième, puissent concourir. Au-delà des lots qui sont gagnés, pour bon nombre de participants, c’est d’abord l’amour des lettres qui les attire à cette compétition. C’est dire que primes de gadgets ou pas, cette initiative de pulsar trouvera toujours preneurs, parce que pour ce qui est des amoureux des lettres, ce n’est pas ce qui manque dans notre pays.
Dictée radiophonique Pulsar-28 juin 2008
Asystole asymptomatique
Qui l’eût cru ? Dès le diagnostic de l’agueusie, la bru collecta quelques feuilles de brouts et buis crûs autour du puits.
Puis des gousses en déhiscence qui pendaient, érubescents et frétillant tels des alcooliques en delirium tremens. Enfin, côtoyant des hêtraies, elle recueillit les fientes pâteuses de quelques gypaètes nyctalopes et rejoignit la gynécée où était alitée la stérile épouse dizygote. De nombreuses aeschnes folâtraient çà et là, l’air de cultiver l’éristique animalière dans un langage abscons.
Surmontant un accès de dyspnée, elle s’empara de brucelles et entreprit d’extraire les chermès tombés sur le caret sacré endormi près du cabas vide. Une odeur d’ale acescente l’envahit soudain. Elle réprima un rot et se mit à préparer la potion euthanasique. Sa rivale devait passer de vie à trépas sans susciter suspicions et investigations. Son égérie et funeste complice de sorcière lui en avait fourni la recette dès qu’elle s’était rendue compte des arrhes qu’elle pourrait tirer d’un tel exploit.
Par Frédéric ILBOUDO