L'opinion N°564
Du 30 juillet au 05 Août 2008

Actualité

Nouveau système d’évaluation des agents de la Fonction publique

Explication du concept aux syndicats

Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, M. Seydou BOUDA, a présidé, le mercredi 23 juillet 2008, dans la salle de conférences de l’Ecole Nationale de l’Administration et de la Magistrature (ENAM), une rencontre de travail avec les responsables des différentes organisations syndicales sur le nouveau système d’évaluation des agents de la Fonction publique. Etaient aussi présents à cette rencontre, M. le ministre du Travail et de la Sécurité sociale Jérome BOUGMA ainsi que les responsables des organisations syndicales.

Le nouveau système d’évaluation du rendement des agents de la Fonction publique après maints reports a été mis en vigueur le premier janvier 2006. Mais depuis ce temps, les responsables syndicaux et les syndicats n’adhèrent pas totalement à cette nouvelle méthode d’évaluation, en témoignent leur déclaration de rejet signée le 3 juin dernier.
C’est dans cette situation de contestation que le ministre en charge du département de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, M. Seydou BOUDA, a jugé nécessaire de convoquer ladite rencontre en vue de créer un cadre d’échanges et d’informations qui permettra de mieux comprendre le bien fondé de cette nouvelle mesure.
Selon le ministre BOUDA, ce nouveau système d’évaluation vise à répondre au souci de l’efficacité dans le fonctionnement et la gestion des services publics.
Ainsi, dans son allocution, avant de rappeler les avantages des innovations pour l’administration et les administrés, M. le ministre a d’abord relevé la non-transparence, le caractère confidentiel de l’évaluation, la subjectivité et l’absence de feedback entre évaluateur et évalué de l’ancienne méthode. En outre dans celle-ci, il n’y avait pas de recours organisé pour l’agent en cas de notation abusive ou par complaisance. Le ministre BOUDA expliquera la différence de ce nouveau système d’évaluation par rapport à l’ancien. Ses avantages résident dans l’utilisation d’instruments modernes, de critères objectifs de l’évaluation qui du reste est fait par le supérieur hiérarchique direct du travailleur. En plus de ces changements s’ajoutent l’institution d’une procédure contradictoire à travers un entretien d’évaluation et la présence d’un mécanisme organisé de recours pour les agents en cas d’évaluation abusive ou complaisante. Des innovations qui, dit le ministre, apporteront une efficacité à l’administration burkinabè, une motivation et plus de justice dans la promotion des agents. Il soulignera l’importance des contrats d’objectifs, le programme d’activités, le rapport d’activités et les fiches d’évaluation qui selon ses propos «instaurent au sein de notre administration un mécanisme de programmation et de suivi-évaluation des activités qui ne peut être que bénéfique pour tous, agents comme usagers des services publics». En plus de cet aspect qui constitue une exigence de la gestion des services publics, ces contrats d’objectifs fixent les attentes et les responsabilités de chaque agent et sont sources d’émulation, de motivation et d’épanouissement de l’agent dans sa fonction.
Pour ce qui est de la question de la notation par le supérieur hiérarchique immédiat qui a fait l’objet de réserve voire de critiques acerbes de la part des syndicats, M. BOUDA a simplement renvoyé l’interrogation suivante : «qui d’autre que le supérieur hiérarchique immédiat connaît mieux l’agent sur le plan professionnel et est, par conséquent, le mieux placé pour apprécier son rendement au travail ?» Et étant donné que c’est le «supérieur hiérarchique immédiat qui donne les instructions sur le travail à faire, qui connaît le contexte professionnel dans lequel l’agent travaille, ainsi que les efforts qu’il fait ou ne fait pas dans le cadre de l’exercice de ses fonctions», il est la personne idéale à même d’apprécier l’agent.
Le chef du département de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat terminera son allocution en expliquant que c’est après de sessions de sensibilisation, de formation, d’information et de préparation que ce nouveau système d’évaluation des agents de la Fonction publique a été mis en application pour l’intérêt de tous. Il sollicitera enfin l’accompagnement des partenaires sociaux dans la mise en œuvre de ce nouvel outil de management qui permettra de rendre l’administration burkinabè plus efficace et plus responsable au service de notre pays.
Après cette allocution liminaire de M. le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, les responsables des organisations syndicales se sont retrouvés en atelier pour examiner les nouvelles mesures d’évaluation des agents de la Fonction publique.
Par Romain WANRE (stagiaire)

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