L'opinion N°564
Du 30 juillet au 05 Août 2008

Culture

Sam le Caïd de Boubacar DIALLO

De mieux en mieux

Boubacar DIALLO, le cinéaste burkinabè a livré son 8ème cru le lundi 28 juillet 2008. Après 4ans d’engagement dans le domaine du 7ème art, cet autodidacte est en phase, au fil du temps, de rentrer avec ses œuvres, dans la cour très sélecte des grands cinéastes africains. Sa dernière livraison, « Sam le Caïd », au regard de la qualité de l’œuvre le démontre très fortement.

C’est sous la présidence du ministre d’Etat, ministre de la Santé, Alain Bédouma YODA et en présence de plusieurs autres membres du gouvernement que la grande première du film a été présentée. C’est dans une salle presque comble que les privilégiés d’un soir ont pu déguster le talent du réalisateur. «Sam le Caïd», c’est l’histoire d’un jeune Ouagalais plongé dans l’eau trouble du gain facile, de la délinquance à col blanc. Un natif d’un des vieux quartiers de Ouagadougou, Koulouba et qui a bâti sa vie de Sam le Bâtard dans les affaires tordues, les crimes bref dans la mafia à la ouagalaise. Comme c’est le cas, dans ce genre de situation, Samuel dit Sam le Caïd, incarné par le Joseph national «Cho-Cho», a pu mettre dans son escarcelle quelques hommes de loi. Bonjour les vices, comme escroqueries, meurtres, adultères, viols et toutes les horreurs qui sont devenues le quotidien du Caïd. Ruiné par son comptable qui a fui avec sa fortune, Sam sort ses griffes et devient plus dangereux que jamais. C’est donc avec la bénédiction de certains éléments de la justice et de la police qu’il commet ses forfaits sans inquiétude, et nargue le téméraire commissaire de police qui le traque depuis des années. Débute alors une course poursuite où se mêlent drame et amour, où coulent sang et champagne. Dans ce film de divertissement, Boubacar DIALLO a su jouer subtilement avec les images et les dialogues. Film très piquant où humour et action détendent le cinéphile, le réalisateur a su, par son casting et surtout par le jeu d’acteurs dirigé par le grand Ildevert MEDA, donner à certains comédiens l’opportunité de faire éclater leurs talents. C’est le cas de Alima SAWADOGO qui fait l’expérience de la caméra pour la première fois et qui a tenu divinement bien son rôle qui n’était pas du tout aisé. C’est également le cas de Salif SANFO qui y fait ses premiers pas dans le cinéma mème s’il a déjà figuré dans quelques productions. Dans «Sam le Caïd», le réalisateur a fait un bon travail et c’est le lieu de le dire. La qualité du montage, le jeu d’acteur et la netteté des images démontrent d’un travail de pro. Mieux, il a su mettre en exergue la beauté de la ville de Ouagadougou et ce n’est pas le maire Simon COMPAORE qui s’en plaindra. Le film dénonce certains maux de notre société : la fraude douanière, la vente des médicaments de la rue, le port du préservatif, la lutte contre la corruption sont autant de messages dans le film.
Dans «Sam le Caïd» on retrouve quelques membres de l’écurie de Boubacar DIALLO tels que O’gust KUTU, Jeanne d’Arc YAMEOGO, etc. On peut dire sans risque de se tromper que, après «Môgô puissant» qui a été le meilleur des 6 autres réalisations, Boubacar DIALLO prend un envol sérieux avec «Sam le Caïd». Toute chose qui démontre qu’avec de la persévérance, du sérieux et du travail, on peut déplacer des montagnes. C’est vrai qu’au niveau des effets spéciaux tout n’est pas encore au point, mais à force de travail, les coups de pistolet ne pèteront plus comme des pétards, encore moins les coups de poings et de matraques donner un semblable de réalité. Pour certains professionnels du métier que nous avons approchés, ils trouvent que le scénario est haché. «Il est plein d’intrigues que malheureusement certaines n’aboutissent pas et l’on se demande pourquoi» a soutenu Jean-Claude. Sinon, nous ne sommes pas du tout loin d’une fiction hollywoodienne. A coup sûr, le cinéphile ouagalais et partant africain trouvera son compte et s’éclatera dans «Sam le Caïd». Et c’est tant mieux pour le cinéma africain et surtout burkinabè.

Par Frédéric ILBOUDO

Mode africaine

La touche Bazem’ se à Yaoundé

De plus en plus, la mode africaine prend des galons. Stylistes et créateurs rivalisent d’ardeur pour donner à la mode africaine ses lettres de noblesse à travers : défilés, festivals, rencontres, salons, etc. Du 13 au 18 juillet 2008 ils étaient nombreux les stylistes et les créateurs à se donner rendez-vous à Yaoundé au Cameroun. Objectif, faire briller la mode africaine. Deux stylistes burkinabè étaient de la fête. BASEM’SE et IDE MAVA ont représenté dignement le pays des Hommes intègres.

Un “rêve d’enfant” tratuit dans la réalité avec ces somptueuses robes de soirée et de mariée qui ont fait sensation à Yaoundé

Quand plus d’une quinzaine de stylistes venant de plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique se retrouvent pour exalter la mode, il faut être sûr qu’il y avait de belles choses à voir, et surtout, des coupes et des couleurs «d’enfer». C’est dans cet univers plein de splendeur, de lumière, où se frotte beauté féminine, dans un décor féerique que BAZEM’SE et IDE MAVA sont partis faire valoir la mode burkinabè. A l’hôtel HILTON se tenait l’évènement, troisième du genre «First Class fashion Saloom». Il s’agissait de ce grand rendez-vous du donner et du recevoir organisé par SONOMOB afin de mettre en valeur les grands noms de la mode africaine, et leur travail, et ce pour la troisième fois le Burkina a ébloui par les œuvres de ses représentants. A Yaoundé, le BAZEM’SE national a présenté «rêve d’enfant» le nom de sa collection. «Rêve d’enfant est un travail qui a été basé sur le woodin et le raphia qui me sont parvenus d’ailleurs depuis le Cameroun. C’était ma façon à moi aussi de rendre hommage à ce pays qui nous accueillait. C’était aussi une façon pour moi de montrer mon savoir-faire avec cette matière qui n’est pas de chez moi», a soutenu l’artiste BAZEM’SE que nous avons rencontré à son retour de cette aventure. Quant à IDE MAVA, il s’est fait le fervent promoteur de notre Faso dan fani. Outre les défilés qui permettaient aux stylistes de mettre en exergue leurs talents, des ateliers de réflexion ont permis aux participants de se pencher non seulement sur l’avenir de la mode africaine, mais plus encore, sur l’avenir du styliste tout court. Le salon aura permis aux stylistes de découvrir et de se frotter à d’autres matières qu’ils ne connaissaient pas. Une fois de plus le porte-étendard de la mode burkinabè qu’est BAZEM’SE a montré que notre pays a son mot à dire dans l’univers de la mode africaine et mondiale de façon générale. La sortie du Cameroun pour les deux stylistes a porté des fruits puisque, à travers leurs prestations, ils ont convaincu. Ce qui leur a valu d’autres invitations et d’autres projets de rencontres au Cameroun et dans d’autres pays, tout cela dans l’objectif de valoriser la mode burkinabè.

Par Frédéric ILBOUDO


Retour au sommair

Liberté d'opinion....liberté d'informer

©Copyrigth : Opinion 2005 - 2006