L'opinion N°564
Du 30 juillet au 05 Août 2008

Nation

Le Premier ministre togolais au Burkina Faso

S’inspirer des meilleures pratiques de gouvernance

Les 24 et 25 juillet 2008, le Premier ministre togolais, Komlan MALLY a séjourné au Burkina Faso dans le cadre d’une visite de travail devant l’amener à s’inspirer des meilleures pratiques de la bonne gouvernance appliquée dans notre pays. Un séjour qui lui permettra aussi d’échanger avec son homologue burkinabè sur l’expérience du pays en matière de lutte contre la pauvreté.

Le premier ministre togolais Komlan MALLY (gauche) et son homologue burkinabè Tertius ZONGO

Arrivé à Ouagadougou le jeudi 24 juillet peu après huit heures, le matin, dans le salon d’honneur de l’aéroport international de Ouagadougou, le chef du gouvernement togolais a, aux côtés de son homologue burkinabè, Tertius ZONGO, signifié que sa visite s’inscrivait dans le cadre d’un échange d’expériences notamment sur les documents relatifs à la lutte contre la pauvreté au Burkina Faso. Il a laissé entendre qu’en matière de lutte contre la pauvreté, le Burkina Faso a une grande expérience et qu’il convenait pour le Togo qui est «actuellement dans une phase intérimaire» et qui vient «de lancer le processus pour la finalisation du document stratégique de lutte contre la pauvreté» de venir s’en inspirer. Le Premier ministre togolais abordera d’autres sujets d’actualité dont celui relatif à la question de la vie chère et celui concernant la mise en place de la commission vérité-justice et réconciliation décidée par l’Accord politique global (APG), signé à Ouagadougou par les leaders politiques du Togo avec la facilitation du président Blaise COMPAORE et qui a pour objectif de faire la lumière sur les actes de violences politiques commises dans le pays par le passé et de proposer des mesures d’apaisement pour soulager les victimes et leurs familles. M. Komlan MALLY a rassuré que l’Accord est une priorité pour le président togolais, Faure GNASSIMBE. «Le président de la république a lancé des consultations nationales en avril dernier pour voir quelle est la perception de la population à propos de cette commission» a-t-il précisé. Selon lui, la rédaction du document pour la création de cette commission est à sa phase finale. En ce qui le concerne, il a relevé qu’ «il est souhaitable que l’on puisse couvrir la période de 1958 à 2005 pour éviter de laisser en marge des victimes».
Dans l’après-midi du 24 juillet, le chef du gouvernement togolais a été reçu en audience par Blaise COMPAORE, président du Faso, au palais présidentiel de Kosyam. A sa sortie, il a signifié qu’il était porteur des salutations du président togolais, à l’endroit de son homologue burkinabè.
«Vous connaissez le rôle que le président Blaise COMPAORE a joué dans le cadre du dialogue inter-togolais. Je ne peux pas donc être à Ouagadougou sans lui faire cet hommage en lui témoignant toute la reconnaissance du peuple togolais…», a répondu M. MALLY. Actualité oblige, la vie chère qui pour le chef du gouvernement togolais, reste une question d’intérêt régional et national était au menu des échanges. Comme pour toucher du doigt la méthode Tertius ZONGO, M. MALLY a souhaité participer à la 9e Assemblée Générale des sociétés d’Etat consacrée aux Etablissements publics de l’Etat (AGSE/ETE). Ce qui fut accepté et le chef du gouvernement togolais a pu alors mesurer le degré de bonne gouvernance et de transparence atteint dans l’administration de ces établissements. Le Premier ministre togolais a terminé son séjour le 25 juillet non sans avoir visité les sites des barrages de Ziga et de Mogtédo, véritables chefs-d’œuvre mettant en exergue la volonté des autorités burkinabè de maîtriser le secteur de l’eau pour l’approvisionnement des populations en eau potable mais aussi pour diverses activités de développement.

Par Issoufou MAIGA

FEDAP-BC
150 tonnes de vivres pour soulager les familles

Au cours des semaines à venir, ça sera dur dans les campagnes burkinabè. Des familles entières souffriront du manque de quoi se nourrir, période de soudure oblige. Mais, cela pourrait quelque peu s’atténuer. Et pour cause, la Fédération des associations pour la paix avec Blaise Compaoré (FEDAP/BC) vient en aide aux plus démunis. Elle a remis à ses coordonnateurs régionaux et provinciaux des vivres pour aider les vaillants paysans qui seront dans des difficultés. C’était le samedi 26 juillet 2008 à son siège.

Remise symbolique de vivres par le président Gaston SOUBEIGA

«Pa kéem son taaba», a lancé Ambroise TAPSOBA maître de la cérémonie. Pour dire que, dans cette situation de vie chère, c’est dur pour tout le monde, mais les situations ne sont pas comparables. En ville ça grogne, dans la campagne, c’est le silence, mais ce n’est pas pour autant que c’est la joie. La période de soudure est là. Pour ceux qui ne le savent pas, le mois d’août et la mi-septembre sont des périodes de grandes difficultés pour la majorité des concessions dans nos campagnes. Ces 45 jours sont difficiles pour nos paysans qui généralement, ont épuisé leurs récoltes de l’année dernière. Alors, on caracole. Généralement, on scrute les maïs, pour joindre les deux bouts vers la fin septembre. Mais en attendant, ce sont les feuilles d’oseilles, etc. préparées avec les derniers grains qui ont été, soit raclés du grenier soit quémandés, qui permettent de tenir face à la faim.

Une partie des 150 tonnes de vivres.
Joindre l’acte à la parole c’est aussi surtout la FEDAP-BC

Cette année, ça ne sera pas le cas. La FEDAP/BC avec l’aide de certains de ces membres, ont pu avoir 150 tonnes de maïs pour venir en aide aux nécessiteux. «La FEDAP/BC veut à travers cette opération joindre sa modeste contribution aux efforts immenses que le Gouvernement déploie déjà afin de soulager nos populations éprouvées par les mauvaises récoltes de la campagne écoulée, le tout aggravé par le contexte difficile de la vie chère», dira le président de la FEDAP/BC M. Gaston SOUBEIGA. Les 13 coordonnateurs de régions, accompagnés par certains coordonnateurs de province sont venus pour la remise symbolique. A leur tour, et en fonction des critères qui ont été établis, procéderont à la distribution des vivres pour que le paysan de falangoutou qui traversera une mauvaise passe puisse recevoir cette manne. «Le succès de cette opération contribuera sans nul doute à faire connaître la valeur de notre engagement sur le terrain. En tant que jeune association, nous nous devons avec ce type d’actions et biens d’autres, marquer notre image et notre présence dans le paysage social de notre pays…», a ajouté M. SOUBEIGA. C’est dire donc que les coordonnateurs indélicats qui s’amuseront avec l’image de la FEDAP/BC en dilapidant ces céréales en auront pour leur compte. Pour le représentant des bénéficiaires M. Robert NASSA coordonnateur régional du Plateau central, «cette manne tombe à point nommé pour les bénéficiaires car ils sont nombreux les paysans qui se réjouiront, car ces vivres vont soulager plus d’un foyer…». «C’est au pied du mur qu’on connaît le vrai maçon», dit-on. Et dans le milieu associatif, des associations il y a en. Mais celles qui capitalisent leurs énergies pour soulager la souffrance des plus démunis comme le fait la FEDAP/BC, elles ne sont pas très nombreuses dans ce Burkina..

Par Frédéric ILBOUDO

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