L'opinion N°564
Du 30 juillet au 05 Août 2008

Nouvelles du grin

Pour des chenilles, deux voisins se battent

Bientôt la période du jeûne musulman
Les préparatifs ont déjà commencé et la meilleure manière de préparer le mois de carême c’est d’avoir un ou une compagne. C’est ainsi qu’à l’approche du mois le plus bénit de tous les mois, les mariages se multiplient à un rythme croissant chez les musulmans. Et comme de plus en plus les relations amoureuses ne connaissent plus de barrières religieuses, tout le monde est plus ou moins engagé dans la même dynamique. Mariage par-ci, mariage par-là. Les unions se font sans arrêt. C’est quand même mieux ainsi. Il y a certes toujours des réticences de la part de certains conservateurs, mais au finish, l’AMOUR triomphe toujours.
Le samedi 26 juillet dernier, le monde de la presse bobolaise et les grins du secteur 8 étaient en alerte maximum. Et pour cause, l’un d’eux avait décidé de se «mettre la corde au cou». Jonas Apollinaire KABORE de l’Observateur Paalga qui réside à Bobo a dit «oui» à Bintou LAMIZANA. D’abord la mosquée le jeudi 24 juillet, l’Eglise le samedi matin et un peu plus tard l’hôtel de ville et enfin le show au Mess mixte de garnison de Bobo.
La nouvelle madame KABORE est la fille d’un militaire samo de Bobo. Jonas KABORE, lui est un mossi de Bobo. Il est né à Sya au secteur 8. Il a fréquenté la même école primaire que l’actuel ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Filipe SAVADOGO : l’école Sikassocira. Au secondaire, il a fait le fameux Lycée privé Kouroudia des années 80. A l’époque, on l’appelait lycée Houphouët BOIGNY à cause de la forte présence des élèves ivoiriens dans cet établissement. C’était l’époque du boum de l’enseignement secondaire au Faso, avec des frais de scolarité qui frisaient le ridicule.
Jonas a évolué aux milieux de ces nombreux ivoiriens, maîtres dans l’art de la parole, du boucan diront certains. Samedi dernier, quelques anciens du «Kouroudié ont été aperçus au mariage. Après le BEPC, Jonas se retrouve au lycée municipal de Bobo. Des anciens de cet établissement étaient-là. Jonas, qui vient de se marier, a été un joueur de football de haut niveau. Il a joué à l’ASFB, à l’USFRAN et au RCK. C’était un latéral teigneux mais de nos jours il y a un vrai fossé entre le Jonas de cette période et celui d’aujourd’hui. On ne sait pas pourquoi mais le football a carrément lâché notre Jonas… Jonas est un membre du grin au secteur 8. Il a déménagé depuis bien longtemps du quartier mais c’est là qu’il passe le plus clair de son temps. Maintenant qu’il a la corde au cou comme on dit, c’est sûr que les choses vont changer. Les membres du grin comptent en tout cas toujours sur lui et espèrent que Madame ne va pas trop le … serrer. Heureux ménage au couple KABORE.

Barak OBAMA unique en son genre
Depuis que les primaires démocrates ont tourné à l’avantage du sénateur de l’Illinois, Barak OBAMA, au détriment de la sénatrice de New York, l’ex première dame des Etat-Unis, Hillary CLINTON, tous les regards sont tournés vers ce fils d’un Kenyan et d’une Américaine blanche. Un noir d’origine africaine aux portes de la Maison blanche, qui l’eût cru ? En tout cas partout dans le monde, le nom seul de Barak OBAMA fait rêver des millions de personnes. «Depuis huit ans, nous payons le prix d’une politique étrangère qui prétend donner des leçons au monde entier, sans écouter personne». Cette assertion d’OBAMA a l’endroit de BUSH indique, si besoin était, son intention de changer positivement le monde.
La présidentielle américaine s’est invitée au grin. Les gens pensent que Barak OBAMA est tout simplement un don de Dieu. A tout point de vue, le candidat démocrate est crédité de bons points. Certains pensent qu’il a déjà gagné le scrutin. Pour eux, le plus difficile c’était de battre Hillary CLINTON. Maintenant qu’il a réussi cet exploit, il peut être tranquille, le «vieux» John Mac CAIN ne fera pas le poids. Au grin, tout le monde est unanime à reconnaître et à apprécier le parcours sans faute de Barak OBAMA. Son intelligence certaine, sa disponibilité et son savoir-faire surprennent toujours ses compatriotes et partant, tout le monde.
Il n’a pas encore été officiellement investi par le parti démocrate américain ; ce sera fait en fin août ; mais en attendant, OBAMA s’est déjà mis dans la peau du remplaçant de George BUSH. Il parcourt le Moyen-Orient, l’Europe, l’Afghanistan et partout il est accueilli au plus haut sommet de l’Etat. C’est du jamais vu, ce qui arrive avec Barak OBAMA. Avant lui, le révérend Jesse JAKSON avait tenté à 2 reprises de convoiter la Maison blanche mais jamais il n’a pu dépasser le stade des primaires. Ce qui était alors considéré comme un rêve est en train de se réaliser. Une Noir (métis) est en train de foncer tout droit vers la plus illustre des maisons au monde. Au grin, il y a des membres qui croient qu’il est trop tôt pour crier victoire pour OBAMA. Pour eux, le candidat démocrate est arrivé à sa limite. La Maison blanche ne serait pas prête à accueillir un Noir selon eux. Autre fait qui milite en défaveur du candidat OBAMA, c’est qu’il soit frappé du sceau de l’Islam. Selon un sondage réalisé par «Newsweek», 39% des personnes interrogées restent convaincues que le sénateur de l’Illinois a jadis fréquenté une école coranique indonésienne.
Ses détracteurs tentent alors de lui prêter des convictions musulmanes, l’obligeant à faire la lumière sur sa croyance religieuse. Il est chrétien et non musulman. Son épouse Michelle est aussi accusée d’avoir un passé d’activiste «Black» (allusion au black Panthers)…
Qu’importe ce que diront ses détracteurs à son sujet, le sage du grin pense qu’OBAMA reste une vraie étoile pour les Américains. Même si ton ennemi est le lièvre, il faut au moins reconnaître qu’il sait courir. Barak OBAMA est un pur produit de l’Amérique nouvelle. Il est à la tête d’une génération qui s’apprête à transformer le paysage politique des Etats-Unis. Barak OBAMA rêve d’un monde débarrassé des armes nucléaires et de la menace du réchauffement climatique. Qui dit mieux ? Le sage du grin pense que quelle que soit l’issue du scrutin, l’Amérique n’oubliera jamais le nom de Barak OBAMA.

Pour des chenilles, deux voisins se battent
Simon et Salif sont des voisins de secteur. Ils vivent ensemble depuis toujours en parfaite harmonie. Le week-end dernier, le fils de Simon âgé de 5 ans est allé chez le fils de Salif avec qui il a l’habitude de jouer. Il se trouvait que la femme de Salif avait fait sauter des chenilles. Elle en servit au fils de Simon qui s’est régalé sans problème. Au moment de partir à la maison, elle en mit dans un sachet qu’elle remit à l’enfant. Lorsque celui-ci arriva à la maison son père était assis sous le hangar en train de lire ses journaux, sentit brusquement l’odeur du «chitoumou» envahir le coin. Simon, le père, ne comprit rien et demanda à son enfant ce qu’il avait dans le sachet. Celui-ci s’approcha et vint lui présenter les chenilles. Simon sauta de sa chaise, prit le sachet qu’il balança par-dessus le mur. L’enfant, paniqué, ne comprenait rien. Son père lui demanda qui lui avait remis ces chenilles. Il indiqua la cour voisine. Simon y partit faire tout un scandale alors que le chef de famille, son voisin Salif, était absent. Sa femme tenta de lui faire comprendre qu’en fait ce n’est pas la première fois que son enfant consommait du «chitoumou» chez elle. Cela irrita davantage Simon qui est reparti chez lui, tout en promettant de revenir dès que Salif serait de retour.
A l’arrivée de Salif, lorsque sa femme lui expliqua le scandale que le voisin était venu faire chez lui, il sortit immédiatement pour le rejoindre. Les deux voisins faillirent en venir aux mains n’eut été la compréhension de leurs épouses respectives qui les en dissuadèrent.
Simon dit qu’il n’aime pas les chenilles parce que même les chiens les refusent. Malgré les vertus du «chitoumou» exposées par la femme de Salif, Simon dit NON aux chenilles. Il dit ne pas aimer leur odeur. La femme de Salif a voulu lui faire comprendre que même sa femme à lui était friande de chenilles. Mais d’un geste rapide dont les femmes seules ont le secret, cette dernière lui fit signe de se taire. En effet, son mari ne sait pas qu’elle consomme le «chitoumou». A chaque fois qu’elle en mange, elle est obligée de se brosser les dents et parfois même de se parfumer pour dissimuler cette odeur abhorrée de son mari.
Tout compte fait, les deux voisins ont fini par s’entendre sur l’essentiel. Salif a promis de ne plus laisser le fils de Simon consommer des chenilles chez sa femme.
Au grin, les gens pensent que Simon a exagéré. Si au moins il s’agissait d’une histoire de totem on pouvait comprendre son acharnement. En tout cas, tant que la mère de l’enfant elle-même va continuer de manger des chenilles à l’insu de son mari, Simon n’est pas encore sorti de l’auberge, son fils va continuer à en manger aussi. Le «chitoumou» est riche en protéines et sa consommation est sans conséquence pour la santé. C’est vrai qu’à cause de son odeur il y a certaines personnes qui ne sont pas disposées à en goutter, mais de là à casser tout, parce que son enfant a mangé les chenilles, cela est vraiment inexplicable…
En tout cas, c’est la période du «chitoumou» présentement à Bobo et les gens s’en régalent un peu partout. Au grin ceux qui refusent de consommer des chenilles refusent en même temps de prendre du thé. Ils se disent que ceux qui mangent des chenilles et boivent le thé après souillent les verres de thé. Ils ne veulent pas boire, en un mot, dans le même verre que des consommateurs de «chitoumou». Tant pis pour ceux qui ne peuvent pas en consommer, cela n’enlève rien aux nombreuses vertus des chenilles.

«Le petit fâkir, toujours dispo»

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