La suprématie yankee en danger
Les jeux olympiques de Beijing s’ouvrent ce vendredi. Un événement attendu par l’empire chinois qui a mis en œuvre son savoir-faire, sa puissance économique et son poids politique pour que ses jeux restent gravés dans toutes les mémoires à jamais. Du majestueux stade, le nid d’oiseau au village olympique, les observateurs sont tous unanimes sur la qualité des infrastructures. Pour le sportif, elles arrivent avec la plus forte délégation dans l’objectif de battre les Etats-Unis, puissance incontestée depuis la chute du bloc de l’Est.
Le Canadien Ben Johnson pris à Séoul en 1988 pour dopage après avoir battu le reccord de 100 m en 9” 79
Enfin les choses vont commencer cette semaine. Six ans que la Chine prépare cet événement sportif, le plus grand désormais en terme d’exposition médiatique. Les jeux olympiques d’été ont même réussi l’exploit d’attirer les professionnels du tennis, du football et du cyclisme. Chaque athlète, amateur ou professionnel rêve du métal or olympique.
Désormais, la puissance d’une nation se mesure aussi par son rang au classement final des médailles.
C’est pourquoi, les olympiades chinoises sur ce plan offrent un duel de choix pour la suprématie mondiale. Entre Américains et Chinois, les Russes étant aujourd’hui nettement en retrait, la confrontation sera très serrée. Les premiers ont pour eux, le vécu, l’appui de gros sponsors qui n’hésitent pas à investir des sommes importantes sur les meilleurs, le cadre d’expression sans pareil des universités. Les secondes ont la machine d’Etat, la précocité de la détection, le caractère spartiate de la préparation.
S’opposent donc ici deux conceptions. Celles des grands moyens pour les Etats Unis et celle du patriotisme pour la Chine. Si en athlétisme, en natation, dans les sports collectifs l’Amérique est intouchable, la Chine aura l’avantage dans les disciplines moins exposées comme le tennis de table, le tir, le plongeon et la gymnastique. Dans les sports de combats, l’haltérophilie, le fleuret et l’aviron l’une comme l’autre visera des accessits.
Avec une délégation de près de six cents athlètes, la Chine sera là avec la plus forte jamais enregistrée lors des jeux d’été. Elle espère, de par cette participation à tous les sports sortir en tête au soir du 24 août. Ce qui est très probable quand on se rappelle qu’à Athènes il y a quatre ans, elle avait fini à la deuxième place au nombre des médailles. Une performance qui venait en prélude du raz de marée qu’elle pense réaliser au cours de la quinzaine de Beijing.
Mais ces jeux ne seront pas seulement placés sous le signe du duel annoncé Etats-Unis-Chine. Comme jamais élément, jeux n’auraient autant entraîné l’annonce à l’avance d’un combat sans quartier contre les tricheurs. Si on sait maintenant que performance au cours de cet été sportif intervenant tous les quatre ans, rime avec dopage. Le plus célèbre cas, étant encore celui du Canadien Ben JOHNSON, pris à Séoul en 1988, deux jours après le 100 mètres le plus rapide de l’histoie, chronomètre à 9’’79, le Canadien avait alors usé d’anabolisants, qui lui donnaient une masse musculaire de déménageur et surtout un depart à mettre deux dixièmes de secondes à tous ses adversaires.
Sont prévus 4500 contrôles, soit 35% de plus qu’à Athènes 2004 et les cinq premiers de chaque discipline seront obligatoirement soumis à un test. En plus de ceux-là, deux autres athlètes seront tirés au sort pour passer aussi devant les médecins.
Le stade de Pékin qui accueillera la pléiade des sportifs le vendredi prochain.

Désormais, les tricheurs ne seront plus écartés durant deux saisons, ils seront en sus, suspendus pour les prochains jeux, ceux de Londres 2012. De quoi décourager les téméraires, notamment les jeunes qui savent qu’ils peuvent perdre une carrière avec cette nouvelle grille de sanctions.
Et tout ceci ne prend pas en compte les éventuelles sanctions judiciaires qui peuvent être prises par tel ou tel autre pays.
La sécurité est l’autre pendant des jeux. Cet aspect n’est pas spécifiquement chinois puisque depuis Munich 1972, tous les pays hôtes font de la sécurité des sites, des athlètes, des officiels et des spectateurs une priorité absolue. Qui plus est pour la Chine, qui a annoncé comme ambitions de réaliser des jeux qui seront les meileurs de l’histoire, ce sera un crime de lèse majesté, si l’ombre d’une menace planait sur Pékin.
Aussi, le déploiement policier et militaire est tout simplement de nature à mettre la frousse au plus téméraire des apprentis terroristes.
Sur place déjà, les délégations arrivées semblent satisfaites des conditions d’accueil, d’hébergement et d’entrainement.
Les commodités offertes par les Chinois, qui ont mis les petis plats dans les grands, seraient en tout point de vue parfaites.
Face donc à ce déploiement de moyens, les multiples contrôles sécuritaires passent pour le moment comme une lettre à la poste.
Quelle sera la marque de l’Afrique dans ces jeux, quatre ans après une performance remarquable à Athènes? Le continent, on le sait, est encore à la traine dans plusieurs sports.
Hormis le football, il ne fait le poids dans aucune autre discipline collective. Concernant les combats, en boxe, lutte libre, tae kwondo et judo, il accroche de temps en temps quelques marches du podium, la deuxième et la troisième en l’occurrence.
Pour le reste, l’avènement de l’Afrique du Sud a permis une petite percée en natation, en aviron et aux tirs. Mais c’est encore et toujours en athlétisme que l’Afrique pourra se faire valoir. En fond et demi-fond, grâce au Kenya et à l’Ethiopie et aussi à quelques athlètes nord-africains, la moisson de médailles est très souvent bonne.
Du 1500 mètres au marathon, l’Afrique peut avoir un médaillé sur toutes les distances. Il faut espérer que du contingent de 870 athlètes africains qui sera de la partie, le continent se mette en valeur sur d’autres sports également. Notamment encore en football où le Nigeria en 1996 (Atlanta) et le Cameroun en 2000 (Sidney) s’étaient couverts du plus précieux métal. Cette fois-ci, elle sera représentée à Beijing par le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Malgré le Brésil, qui veut absolument se draper enfin d’or, chose que ce géant du monde n’a jamais réussi, l’Afrique a confiance en ses trois ambassadeurs.
La Côte d’Ivoire annonce à qui veut l’entendre qu’elle a le potentiel pour imiter les deux pays qui l’accompagnent à ces jeux et qui ont réussi l’esploit de remporter le tournoi.
Rendez-vous dès le 6 août pour le début de la compétition de football, soit deux jours avant l’ouverture officielle.
Le baron Pierre de CONBERTIN a dit, phrase désormais célèbre que «l’essentiel est de participer». C’est vrai que les jeux sont avant tout une fête et du reste, les Chinois veulent qu’elle soit la plus belle pour l’éternité. Mais également ils veulent être les premiers de la classe. C’est pourquoi, l’essentiel n’est plus seulement d’être là. Maintenant, on ne retient que les vainqueurs et même qu’on ne célèbre que les performers. Aussi, l’Afrique a un devoir de conserver son rang, ne serait-ce que celui de deuxième continent du monde en athlétisme. Ce ne serait déjà pas si mal.
Par Idriss SEMDE
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