L'opinion N°566
Du 13 au 19 Août 2008

Editorial

Qu’est-ce qui fait courir Me Sankara ?

Comme s’il ne leur suffisait pas de se ridiculiser à revenir sur une question déjà largement débattue et qui a montré que le président du Burkina Faso est pris à partie sur la base de fausses informations et de faits non établis, ils enfoncent le clou de la bêtise infantile en soutenant que Blaise COMPAORE serait «… parmi les hommes les plus riches de notre planète». Que devrait-on penser d’une telle affirmation sinon qu’elle provient d’esprits dérangés ou à tout le moins en déphasage avec les réalités. C’est vrai qu’au Sankarisme le ridicule est la chose la mieux partagée d’autant qu’il est congénital puisqu’on s’y déchire depuis le début pour quelques millions, mais tout de même on devrait savoir arrêter les frais.

On l’aura remarqué depuis quelques mois, Me Stanislas B. SANKARA fait feu de tous bois sur tous les fronts. Que le sujet soit politique, social, culturel ou même strictement sportif, domaine par excellence dans lequel les Burkinabè oublient leurs appartenances politiques ou leurs conditions sociales pour communier en toute fraternité, lui et ses ouailles ne manquent aucune occasion pour brocarder le pouvoir, ses animateurs et tous ceux qu’ils soupçonnent à tort ou à raison de rouler pour eux !
En ce début de mois d’août, où la RDP (1) s’invite dans les souvenirs, comment ne pas avoir à l’esprit, et la comparaison tombe fort à propos, un «élément CDR» (2) son PMC (3) à la main tirant sur tout ce qui bouge, en véritable nervi mu par son PPD (4). Profondément absorbé par sa besogne, il en oublie que le PMC est réputé être une arme si peu fiable qu’il est pratiquement aussi dangereux pour ceux sur lesquels on tire, que pour le tireur lui-même ou ceux qu’il est censé défendre. Là encore, la comparaison n’est pas volée, tant lui et son clan s’en donnent à cœur joie à telle enseigne qu’ils finissent par soulever une kyrielle de questionnements.
En effet, observateurs et acteurs de la scène sociopolitique se perdent en conjectures sur les motivations de ce regain d’activisme qui n’est pas loin de faire pâlir de jalousie des habitués de l’exercice, passés maîtres depuis longtemps dans l’art de brasser du vent et de faire dans le dilatoire. Ne suivez pas mon regard !
S’il est vrai qu’ils sont connus pour n’avoir pas la langue dans la poche et de préférer tremper leurs plumes dans le fiel, ils nous ont pourtant habitués au service minimum comme s’ils étaient blasés par un jeu politique dans lequel, ils ont fini par se faire une raison du fait de l’impression qu’ils donnent de jouer une gamme en retard. Il n’y a pas jusqu’à leurs coreligionnaires de l’opposition pour ne rien y comprendre, même si chacun a sa petite idée dans la tête et se contente d’en rire in petto, de peur de se voir accuser, en élevant la voix, de faire le jeu de l’adversaire. Un prétexte bien commode pour s’affranchir du devoir de vérité et qui du coup porte une ombre sur l’ensemble de l’œuvre, tant il montre que l’honnêteté est la chose la moins bien partagée dans le microcosme politique. Toujours est-il que s’il est un avis largement partagé actuellement, c’est que c’est le titre de chef de file de l’opposition qui fait courir notre homme.
Eh oui c’est bien cela !
En effet, depuis que l’ADF/RDA, leader naturel de l’opposition avec ses 14 députés a décidé de la vacance du titre, l’UNIR/MS et son patron Me SANKARA ont comme subitement retrouvé leurs jambes de 20 ans, relançant le débat sur la fonction de chef de file de l’opposition, un sujet qui, pourtant, s’était estompé au prétexte que c’était une coquille vide. L’étonnement est d’autant grand qu’ils étaient au nombre de ceux qui raillaient le plus même s’ils n’ont jamais cessé de pousser l’ADF/RDA vers le pouvoir pour hériter naturellement du titre avec leurs 4 députés. Mine de rien donc, ils montent au créneau avec la hargne qu’on leur connaît. Mais aussi cette précipitation et cette pagaille qui sont comme les traits de caractère des Sankaristes et qui ont fait tant de mal sous la RDP.
Tenez, comme pour donner la preuve qu’ils sont toujours en retard d’une gamme, l’UNIR/MS et son candidat au titre de chef de file de l’opposition n’ont pas trouvé mieux que de réserver leur déclaration majeure sur la commémoration du 25e anniversaire de la Révolution d’août à la plainte fantaisiste en ce qui concerne Blaise COMPAORE, déposée par Transparency International contre cinq chefs d’Etat africains «pour leurs fortunes honteusement amassées et expatriées…». Comme s’il ne leur suffisait pas de se ridiculiser à revenir sur une question déjà largement débattue et qui a montré que le président du Burkina Faso est pris à partie sur la base de fausses informations et de faits non établis, ils enfoncent le clou de la bêtise infantile en soutenant que Blaise COMPAORE serait «… parmi les hommes les plus riches de notre planète». Que devrait-on penser d’une telle affirmation sinon qu’elle provient d’esprits dérangés ou à tout le moins en déphasage avec les réalités. C’est vrai qu’au Sankarisme le ridicule est la chose la mieux partagée d’autant qu’il est congénital puisqu’on s’y déchire depuis le début pour quelques millions, mais tout de même on devrait savoir arrêter les frais.
Dans cette affaire, c’est la crédibilité de Transparency International et de l’association SHERPA qui en prend un sérieux coup, eux qui se sont basés sur de fausses informations colportées par la nébuleuse sankariste pour accuser à tort Blaise COMPAORE. Le fait pour eux de relativiser leurs accusations n’y change rien.
Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes, dit-on, et ils ne peuvent pas invoquer le fait d’avoir eux-mêmes été mal informés pour ne pas dire qu’ils ont été tout simplement manipulés et instrumentalisés pour servir des desseins politiciens totalement étrangers à leurs raisons d’être. Leur légèreté est d’autant condamnable qu’il est de notoriété publique que leurs informateurs tiennent Blaise COMPAORE en aversion et que leur probité intellectuelle et morale laisse à désirer.
En effet, dire de Me SANKARA qu’il a une probité douteuse c’est peu dire, tant l’avocat qu’il est, traîne de nombreuses casseroles aussi bruyantes les unes que les autres et qu’il prend un malin plaisir à ruser avec la justice pour se soustraire à ses devoirs. On pourrait avec lui paraphraser la publicité d’une maison d’assurance nationale et dire : affaire ex-Faso Fani : 32 millions de FCFA ; affaire ex-RNTC-X9 : 57 millions de FCFA… (lire : «L’assassin» qui crie au voleur !, page 5). Des millions de FCFA de travailleurs licenciés et qui ont tout perdu avec lesquels il jongle en toute impunité. Pour la deuxième affaire, il est même sur le coup d’une condamnation de justice le sommant de restituer lesdites sommes mais cynique comme il est, il organise sans aucune vergogne son insolvabilité pour ne pas s’exécuter. Le pire c’est que la justice le laisse faire en toute impunité.
Quand avec un tel palmarès, il se pique de signer une déclaration pour dénoncer une prétendue spoliation de peuples dans la misère, on rêve carrément.
A la vérité, Me SANKARA se prend à son propre jeu. Son parti avec lui. Et personne n’est dupe.o

Notes :

(1) : RDP : Révolution Démocratique et Populaire survenue le 4 août 1983
(2) : Elément CDR : Elément chargé de la sécurité dans les Comités de Défense de la Révolution (CDR) sous la RDP
(3) : PMC : Pistolet Mitrailleur Chinois, une des armes dont étaient dotés les CDR
(4) : PPD : Programme Personnel de Développement. Détournement de Programme Populaire de Développement, plan de développement décidé par le gouvernement sous la RDP.


Par Cheick AHMED
cheickahmed001@yahoo.fr

 

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