Un face-à-face : autorités municipales et administrés
Le jeudi 14 août 2008, le plateau Omnisport de Somgandé a été le théâtre d’un face-à-face entre les premières autorités de la ville de Ouagadougou avec à leur tête le maire Simon COMPAORE et les habitants de l’arrondissement de Nongr-Massom. Au menu, faire de façon publique la situation sur les opérations de lotissements en cours dans l’arrondissement.
Simon COMPAORE, maire de la commune de Ouagadougou
Ce qui a été convenu d’être nommé «les audiences publiques» est une trouvaille du maire de la commune de Ouagadougou, Simon COMPAORE, dont les premières ont été tenues sur le site du SIAO (Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou, dans l’arrondissement de Bogodogo) il y a deux ans de cela (2006). C’est fort de la satisfaction tirée de cette expérience que le bourgmestre de la ville a entamé les présentes audiences publiques. Cette fois-ci chacun des 4 arrondissements (Nongr-Massom, Sigh-Nonghin, Boulmiougou et Bogodogo) aura son étape au cours de laquelle les premiers responsables de la ville vont publiquement avec les habitants faire l’évaluation des opérations de lotissements en cours.
Ainsi, c’est Nongr-Massom qui a ouvert le bal, le jeudi 14 août 2008, sur le plateau omnisport de Somgandé (secteur 25) bondé de monde et qui laissait présager des déclarations vives, des révélations inattendues sur des situations d’escroquerie, bref des irrégularités. D’entrée de jeu, le bourgmestre de Ouagadougou a tenu à rassurer ses interlocuteurs que cette rencontre a pour but de se tenir un langage de vérité autour des questions de lotissements. A sa suite, le maire de l’arrondissement de Nongr-Massom, Zakaria SAWADOGO, a fait l’état de la situation en soulignant qu’au secteur 23, 16 012 parcelles ont été dégagées et 15 254 à usage d’habitation attribuées, 8 parcelles vides et 758 à usage commercial et aucun souscripteur non attributaire. Quant au secteur 27, il est ressorti qu’il y a été dégagé 8811 parcelles, 8 684 à usage d’habitation attribuées, 127 vides, 857 souscripteurs non attributaires, 13 257 souscripteurs attributaires sur un total de 14 114. La difficulté enregistrée est donc le règlement des cas des 857 souscripteurs non attributaires de Béndogo ; une situation qui du reste trouvera solution avec l’aménagement de la trame d’accueil du secteur 25. Après la situation des attributions faite par le maire Zakaria SAWADOGO, la parole fut donnée à l’auditoire qui visiblement attendait ce moment avec impatience pour échanger directement avec le maire Simon COMPAORE. De révélations, il n’y en aura pas. La conversation a tout simplement tourné au tour des questions d’éclaircissement, à la situation des habitations dans les non lotis, de l’insécurité, etc. Le maire a demandé la collaboration des habitants des non lotis afin de dénoncer les individus véreux qui construisent de multiples «12 tôles» pour prétendre avoir des parcelles au détriment de ceux qui sont dans le besoin réel. «Nous allons détruire leurs maisons en temps opportun parce que nous les connaissons et nous avons suffisamment tiré des leçons sur les questions de lotissements», a-t-il pris l’engagement. Pour l’insécurité, une opération «coup de poing» sera organisée bientôt en collaboration avec la police pour une descente musclée dans les non lotis où sont tapis des bandits et autres petits voleurs de la ville. Quant au maire, Zakaria SAWADOGO, il n’a pas manqué de dire à certains individus qui exagèrent dans leurs explications. Et Simon COMPAORE, séance tenante, de les inviter à prendre rendez-vous, dès le lendemain (ndlr : le vendredi 15 août 2008, jour férié à 8 heures) avec le conseiller Vincent, pour trouver les solutions idoines à leurs préoccupations.
Le conseil pratique que Zakaria SAWADOGO a donné aux habitants c’est de ne pas construire sur des terrains vides et aux propriétaires terriens de ne pas les vendre. Pour lui, c’est ce qui engendre cette situation difficile. Les deux édyles se sont dits satisfaits du déroulement de cette audience foraine qui permet à ceux qui pensent qu’ils n’ont pas de «bras longs» de régler leur problème. Les populations n’attendaient pas mieux !o
Par Issoufou MAIGA
Hausse des prix
La LCB crie à l’exagération dans le secteur des transports
Le mercredi 3 août 2008, la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) a tenu un point de presse à Ouagadougou pour donner sa lecture de la situation de la hausse des prix des produits et services notamment, dans le secteur des transports.
Le président par interim de la LCB, Dr Mathias SOME (au centre) lors de la conférence de presse
Le 14 juillet 2008, le ministère du Commerce et de la Promotion de l’entreprise et de l’Artisanat décidait de l’augmentation des prix des hydrocarbures eu égard au cours mondial du pétrole qui rendait la situation intenable du côté de la SONABHY. Une dragée amère pour le consommateur qui semble impuissant face à cette situation indépendante de la saute d’humeur de la SONABHY. Quelques jours plus tard, comme si cela ne suffisait pas, il a été constaté une très forte hausse des prix de transport passager sur la quasi-totalité des axes routiers du Burkina. Ce qui n’a pas laissé la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) indifférente elle qui a fait le constat et donné sa position de la situation. Pour le président par intérim, Dr Mathias SOME. «Des commerçants et autres cartels sans scrupule ont trouvé là l’occasion de faire d’énormes profits sur le dos du consommateur déjà affaibli par la baisse de son pouvoir d’achat». Il justifie cela par une constatation très simple : pour une hausse de l’ordre de 15% du prix du gasoil, les prix des transports voyageurs ont augmenté de 50%. Une simulation de l’incidence du coût nouveau du carburant sur le trajet Ouaga-Gaoua et le montant encaissé par un autocar de 6 places est très illustratif.
En effet, pour une hausse du coût du gas-oil de 90F CFA sur le litre, le carburant nécessaire pour effectuer le trajet Ouaga-Gaoua était de 100 litres maximum. Donc 90F multipliés par 100 donne 9 000F CFA comme coût supplémentaire.
Le tarif Ouaga-Gaoua qui était de 5 000F est passé à 7 500F, soit une hausse de 2 500F par passager. Ce qui pour un car de 60 places fait un gain de 150 000F pour le transporteur alors que le surplus du carburant n’est que 9 000F. Incompréhensible selon Mathias SOME qui crie à l’exploitation abusive d’une position dominante, d’une situation de dépendance économique qui sont interdites par la législation relative à la protection des consommateurs. «C’est malheureusement à ce jeu que jouent impunément nos compagnies de transports», a-t-il martelé. Les premiers responsables de LCB exhortent le gouvernement à prendre des mesures qui s’imposent afin de rétablir ce tort fait aux consommateurs. Mieux, ils ont pu constater depuis 5 semaines la chute du prix du baril du pétrole qui affichait 115,02 dollars US à la date du 11 août contre 147 dollars US à la date de l’augmentation des prix par le gouvernement. Pour eux, même en France le prix de l’essence a diminué à la pompe. Donc rien ne justifie dans un tel contexte que les compagnies des transports trouvent des raisons d’augmenter les prix.
Pour la LCB, cette situation conforte la nécessité d’un cadre de concertation entre les acteurs de la vie économique nationale, une de leur suggestion faite au gouvernement lors des manifestations contre «la vie chère».
Ce point de presse a été l’occasion de souffler aux hommes de médias d’une enquête entamée au niveau du secteur des téléphonies mobiles qui ne seraient pas exemptes de reproches quant à l’anarque du consommateur.o
Par Issoufou MAIGA