L'opinion N°567
Du 20 au 26 Août 2008

Nouvelles du grin

Il livre sa sœur à son ami pour de l’argent

Le mois d’août est généralement bien redouté par les gens à cause du ralentissement des activités qu’il occasionne. C’est ce mois que le gouvernement choisit pour aller en vacance.
Au grin, les gens sont enthousiastes parce que c’est la période la plus faste. Le grin affiche presque complet. Les débats sont plus houleux. Depuis un certain temps à Bobo, il ne pleut que la nuit. Il pleut la nuit et le lendemain tout le monde vaque à ses occupations. Cela réconforte tous les membres du grin qui pensent que cette année, les récoltes seront bonnes. Les activités des citadins sont au ralenti. Les ruraux eux sont en pleine activité dans les champs. Ils sont au front pour obtenir l’autosuffisance alimentaire pour toute la Nation mais pendant ce mois d’août, c’est aussi la soudure au village. C’est une période difficile à gérer et c’est ce moment que certains citadins choisissent justement pour proposer de racheter les engins des paysans. Ayant le dos au mur, ces ruraux n’ont le plus souvent pas le choix. Ils cèdent leurs biens acquis après moult efforts pour des miettes. Les citadins qui s’adonnent à cette pratique ont été pris à partie par certains membres du grin qui pensent qu’ils ne font que profiter des difficultés des gens pour leur soutirer les biens à vil prix. Souvent le monde ressemble exactement à la jungle où les plus forts ont tendance à «manger» les faibles…
Dans tous les cas, les fines pluies qui arrosent la ville de Sya ces temps-ci, sont très bien accueillies. Elles favorisent des nuits douces, vu qu’elles ne sont nullement agressives. Malgré la bonne régularité des pluies cette saison, les gens invoquent la bonté divine. Les prières se font toujours dans les mosquées, les églises et les temples. Même au grin, les gens ne sont pas rassurés à 100% quant à la réussite de la campagne agricole. Ils préfèrent rester prudents. Souhaitons de bonnes récoltes à tout le monde mais restons vigilants jusqu’à ce que les céréales rentrent dans les greniers.

Fête du «chitoumou» 2008 : a quand l’édition de la maturité ?
La 4e édition de la fête du «chitoumou» s’est déroulée du vendredi 15 au dimanche 17 août 2008 sur son site traditionnel de la place de la mairie centrale. Elle était placée sous le très haut parrainage du ministre des Ressources animales, Sékou BA qui n’a finalement pas pu faire le déplacement de Bobo. Il s’est fait représenter par son secrétaire général. Cette année, le thème était «chitoumou et lutte contre la pauvreté». La fête du chitoumou qui était à sa 4e édition, s’organise chaque adition sous forme d’une mini foire qui comprend un volet exposition-vente des chenilles et un volet compétition en art culinaire. Après 4 années, l’Association pour l’épanouissement de la commune de Bobo (AECB) qui organise la fête du chitoumou est toujours à la recherche de ses marques. Chaque année est toujours un nouveau défi à relever. On est loin d’atteindre la vitesse de croisière de la fête du chitoumou. Cette année par exemple, la fête était prévue du 09 au 15 août 1008. Avec le décès du chef coutumier de Sya, se tenir fut reportée au vendredi 15 août 2008. Entre temps, les organisateurs ont eu l’idée de raccourcir la durée. Au lieu de 7 jours, la fête se déroulera en 3 jours. Entre la théorie et la pratique, la marge est parfois très importante. La fête du chitoumou fait son petit bonhomme de chemin mais force est de reconnaître qu’il y a trop d’amateurisme chez les organisateurs de cette manifestation.
Le maire de la commune de Bobo a donné un véritable cours sur les chenilles aux organisateurs de cette fête. Pour Salia SANOU, les chenilles ne sont pas du «chitoumou» car étymologiquement ce nom désigne des vers (comme par exemple les vers qu’on peut trouver à l’intérieur d’une mangue pourrie). Mais ici il s’agit d’un papillon qui se transforme en chenille, d’où son vrai nom qui est «kié». C’est d’ailleurs par ce nom que le maire a désigné les chenilles tout au long de la fête. C’est une manière pour le maire de faire comprendre à l’association organisatrice qu’elle devrait plutôt dire la fête du «kié» au lieu du «chitoumou». Au grin, les gens se demandent pourquoi cette fête tarde à prendre son envol à l’instar des autres fêtes comme celle de l’arachide, du poulet, de l’igname, de la patate qu’on célèbre un peu partout au Burkina.
Cette année, sur un budget de 7 millions, à peine si les organisateurs ont pu obtenir 100 mille francs CFA. Selon eux, les sponsors sont toujours réticents. Les membres du grin pensent qu’après 4 éditions, si les sponsors hésitent toujours à s’investir c’est qu’il y a un problème. Au niveau de l’AECB, il y a des membres qui, sous l’anonymat, ont critiqué un peu la gestion de l’association. Le président est pris à partie pour sa gestion jugée opaque. Dans ces conditions, les autres ont tendance à baisser les bras. Certains membres de l’AECB, qui ont fait un détour du côté du grin, ont fait des révélations. Pour eux, c’est le début qui a échoué. Lors de la 1ère édition, il y avait beaucoup de vieilles femmes qui s’étaient impliquées. Mais à la fin, elles ont remarqué que ce sont les jeunes filles seulement qui ont été primées. Les chitoumous d’or, d’argent et de bronze sont revenus à des jeunes filles. Les vieilles femmes ont pensé qu’elles ont perdu parce qu’elles n’étaient pas jeunes et se sont tout simplement retirées. Conséquence, pendant la fête de chitoumou, on trouve plus de chenilles sur les marchés traditionnels que sur le site de la mairie. Au grin, cette situation a été jugée inacceptable. Les gens pensent que pendant la fête du chitoumou, on ne devrait pas trouver les chenilles ailleurs qu’à la place de la mairie. Le président de l’AECB et sa troupe doivent repartir à la base pour assainir le milieu avant de songer à redimensionner cette fête. Sinon même après 10, voire 20 éditions, ça sera toujours le statu-quo.
Après le désistement des vieilles personnes, les organisateurs de la fête et les jeunes filles ont continué à se soupçonner de favoriser une telle au profit de l’autre. Pour éviter que cela n’occasionne encore des retraits, les organisateurs ont décidé de supprimer, pour cette édition, les 3 prix (chitoumou d’or, chitoumou d’argent et chitoumou de bronze). Ils ont décidé de partager les différents prix à toutes les participantes. Tout cela montre que jusqu’à présent, les organisateurs ne maîtrisent pas totalement les contours réels de cette fête…
Il était aussi prévu cette année après la clôture, «un festival à dimension internationale pour célébrer le grand mandingue» à Bobo-Dioulasso. On n’a rien vu de tout cela. La fête du chitoumou est une bonne initiative mais les organisateurs gagneraient plus à tendre vers le professionnalisme.
C’est vrai que 4 années c’est peu pour faire de cette fête, l’attraction principale à Bobo pendant la période des chenilles. Mais il faut reconnaître que si les mêmes erreurs se présentent à chaque édition, il ne sera pas facile de «vendre» la fête du «chitoumou»… pardon du «kié».

Il livre sa sœur à son ami pour de l’argent
La vie chère comme un phénomène de mode est en train de s’éclipser après avoir tenu en haleine tous les habitants. De plus en plus, on parle peu de la vie chère. Les gens commencent à comprendre que la meilleure façon de lutter contre le phénomène de la vie chère, c’est de l’ignorer et de se mettre au travail. La vie chère ne peut quand même pas empêcher la terre de tourner. Mais pour certains, le phénomène reste toujours un alibi pour s’illustrer négativement. C’est le cas de ce jeune homme du secteur 2 (Diarradougou) de Bobo qui, parce qu’il a besoin d’argent, a tout simplement livré sa petite sœur à son ami sur l’autel de l’amour.
L’ami en question est plus aisé que le jeune homme. C’est d’ailleurs ce dernier qui a été le premier à faire cette proposition indécente à son riche ami. Sa petite sœur est très jeune et il connaît le goût prononcé de son ami pour la chair juvénile et tendre. Il fit alors la proposition à son ami qui serait très avare. C’est le genre d’ami qui peut te faire boire «tout un bar» mais jamais il ne va te tendre le moindre billet de banque.
L’ami qui n’avait jamais remarqué cette sœur à voulu d’abord la connaître avant de s’engager. Rendez-vous fut pris le soir pour la présentation. Le jeune homme alla alors «préparer» sa sœur. Lorsque son ami l’aperçut, il accepta sans détours. Il s’agissait d’une jolie petite créature avec tous les atouts féminins possibles. Submergé par la classe et la jeunesse de la petite, l’ami lui proposa 25 mille francs pour lui et 25 mille francs pour la fille.
Le jeune homme accepta mais exigea que son ami lui remette tout l’argent. Pour lui et pour sa sœur. Sans discuter, l’ami lui remit l’argent. Le jeune homme aussi honora le rendez-vous. Il vint avec sa sœur qu’il avait réussi à convaincre avec un cellulaire de 12 500F. Il promit davantage à la petite si toutefois elle se laisse aller avec son ami. Une fois chez l’ami, il fit rentrer sa sœur dans la chambre pendant que lui-même était au salon en train de regarder la télé. La fille n’avait jamais fait l’amour et il parait même qu’elle était toute vierge. Ni le grand frère ni l’ami ne le savaient. Au moment de la pénétrer, l’ami trouva une résistance mais sous l’effet de l’alcool, il n’a pas pu se retenir. Il voulait aller jusqu’au bout.
La fille s’est mise à hurler de toutes ses forces. Son grand frère paniqué, fit irruption dans la chambre. Mais son ami avait déjà «enfoncé la barrière». La fille criait de toutes ses forces. Les voisins alertés sont venus voir ce qui se passait. Le frère de la fille et son ami étaient sur le point de se battre. La petite toute confuse, s’est habillée rapidement et s’en est allée les cuisses couvertes de sang. Elle est allée tout raconter à sa mère. Cette dernière était prête à aller tout droit à la police mais les voisins l’en dissuadèrent parce que son fils aussi ne va pas s’en sortir dans cette histoire. Il est considéré comme le complice direct de son ami. De cette situation bizarre, l’affaire n’aboutit finalement nulle part et les deux amis continuèrent toujours de se fréquenter mais en cachette dans les maquis.
Au grin, les gens n’ont pas été tendres avec le grand frère de la fille. Certains ont même affirmé qu’il était capable de tuer sa sœur pour de l’argent. Quelle cupidité ? Depuis cette histoire, la famille humiliée ne sait plus ou donner de la tête. Partout c’est le sujet qui alimente toutes les conversations. Le sage du grin devant cette histoire n’en revenait pas du tout. Dans quel monde vivons nous ? Il s’est reporté sur cette assertion de Jennifer LOPEZ pour faire comprendre à l’ami du frère de la fille «qu’une femme est une peinture sur toile. Elle a besoin d’être caressée au pinceau, d’être regardée avec attention, d’être aimée pour être belle… pour qu’à la fin, celle-ci ressemble à une œuvre d’art». En un mot, il ne faut jamais brutaliser une femme.
A bon entendeur salut !o

«Le petit fâkir, toujours dispo»

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