L'opinion N°568
Du 27/08 au 02/09/2008

Nation

Refondation

Question ventrale ou centrale ?

Ainsi qu’ils l’avaient annoncé «suite aux émeutes de la faim qui ont touché plusieurs villes» un groupe de partis politiques de l’opposition auto baptisé «refondateurs», a «pondu» un «rapport d’étape» sur la situation nationale.
Et, comme nous le subodorions, il n’y a pas de quoi fouetter un chat.

Me Hermann YAMEOGO, principal leader du Manifeste de la Réfondation

Si le dicton affirme que «la fortune sourit aux audacieux», il est tout aussi vérifié qu’il ne faut pas se jeter sur n’importe quelle opportunité, sauf à vouloir se couvrir de ridicule dans certains cas.
Voilà ce que l’on pourrait dire de la démarche des refondateurs du 5 avril 2008, à la lecture du rapport d’étape qu’ils ont récemment produit sur la situation nationale. Un rapport moins virulent que leur premier manifeste dans lequel il était question d’une «déliquescence générale» aussi bien au plan politique que social, qui nécessitait que tout soit remis à plat, pour une redistribution des cartes. Et, nos refondateurs n’avaient pas manqué de tomber à bras raccourcis sur un régime anti-démocratique qui «favorisait» l’impunité à tous les niveaux. Dans leur rapport d’étape, une telle virulence ne transparaît pas, nos refondateurs se contentant de préconiser plan politique, de «créer les conditions indispensables afin de mettre fin à l’impunité de toute nature», cependant que sur le plan socioéconomique il est demandé aux gouvernants de travailler en faveur «de la moralisation de la vie en luttant contre la corruption et en faisant la promotion du civisme, des questions d’éthique et de solidarité». Quand on sait que ces points de revendication ont toujours constitué des axes centraux de la gouvernance COMPAORE, avec ces derniers temps, une accélération dans la lutte pour la moralisation de la vie publique, on perçoit que nos refondateurs ont voulu profiter d’une situation pour faire leur beurre à peu de frais. Croyant que les manifestations susindiquées, ébranleraient le pouvoir dans ses fondements, ils se sont présentés en pompiers redresseurs de torts, prêts à apporter leur contribution à la construction de la maison commune. Une initiative louable en principe, sauf que dans le cas d’espèce, des calculs machiavéliques la sous-tendaient. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, le parti au pouvoir avait lui aussi maille à partir avec ses propres refondateurs. Ayant peut-être, trop préjugé de l’ampleur de ce «séisme» politique d’une part, et surfant sur la vague de la vie chère d’autre part, ils se présentaient en alternative crédible. Or, le Faso ne s’est jamais mieux porté que de nos jours, avec la volonté affichée d’assainir la vie politique et économique d’une part, et les nombreux acquis engrangés, au plan international de l’autre. Les régies fiscales et douanières engrangent des recettes substantielles et leurs rapports sont devenus plus fluides avec les usagers. Et, comme le Premier ministre veut instituer la culture du suivi, on peut dire que ce ne sont pas des actions ponctuelles. Au plan international, il convient de ne plus trop s’attarder sur les résultats, ceux-ci étant visibles par tous. C’est dire, si nos refondateurs sont totalement en déphasage, enfermés qu’ils sont dans leur bulle spéculative. S’ils veulent «s’investir dans une large consultation nationale en vue de reconstruire un nouveau contrat social», ils devront chercher leurs partenaires, le pouvoir lui étant occupé à remplir le contrat qu’il a passé avec le peuple lors de la présidentielle de novembre 2005. Lutte pour l’autosuffisance alimentaire à travers la promotion des semences améliorées et de l’agriculture irriguée, édification de villes moyennes viables, emploi des jeunes, lutte contre la pauvreté rurale, modernisation des infrastructures, promotion du tourisme… les chantiers ne manquent pas, pour que l’on se laisse aller au divertissement politique. Et, si nos refondateurs ont des aigreurs d’estomac, ils ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes, si tant est que l’opportunité leur a été donnée de faire la preuve. Comme la chance repasse rarement, qu’ils leur plaisent de rester dans la situation qu’eux-mêmes ont voulu du fait de leur incurie : hors-jeux.

Par Alpha YAYA

2es Journées parlementaires CFR

La formation professionnelle et le foncier rural au menu

Les 21 et 22 août 2008, le groupe parlementaire, «Convention des Forces Républicaines» (CFR), a tenu ses deuxièmes Journées parlementaires à Ouagadougou. Au menu de la réflexion : «La formation professionnelle et technique et le foncier rural, enjeux et défis pour les femmes».

Amadou Diemdioda DICKO, président du groupe parlementaire CFR

A l’ouverture de ces journées, le jeudi 21 août 2008, le président du groupe «Convention des Forces Républicaines» (CFR) qui regroupe 5 partis et compte douze (12) députés à l’Assemblée nationale, Amadou Diemdioda DICKO, a justifié du choix du premier thème «la formation professionnelle et technique, socle de l’employabilité et de la productivité : quelle stratégie nationale pour une optimisation de la production au Burkina Faso» parce qu’il traite d’une question centrale la formation des forces productives étant un outil indispensable pour une production en quantité et de qualité, mais aussi, un moyen capital d’insertion sociale de la jeunesse. «De nos jours, l’homme aspire à plus de savoir et de technique dans une combinaison d’intelligence qui allie le savoir, le savoir-faire», a-t-il indiqué. Ce thème a pu bénéficier de l’apport de deux techniciens du ministère de la Jeunesse et de l’Emploi par une communication. Ces techniciens, M. Ambroise Dénis BAKYONON et M. Benoît KABORE, ont relevé que malgré les avancées notables quant à la concrétisation de la politique de l’emploi de la jeunesse et sa formation, il reste des défis énormes à relever. Ils pensent notamment à la formation d’une main d’œuvre compétente et compétitive, la conciliation de la demande et de l’offre de formation et «la refonte des cursus et programmes de formation pour les adapter aux réalités de l’heure». Pour ce qui est du second thème à savoir «Le foncier rural, enjeux et défis pour les femmes au Burkina Faso : quelle politique pour l’atteinte de l’objectif «la terre à chacun et la production à la nation entière», le groupe parlementaire CFR le voit comme une interpellation de l’opinion nationale à plaider en faveur des femmes pour leur accès sécurisé à la terre. Ce que le président DICKO a présenté comme une question de justice sociale et d’équité conformément aux principes d’égalité de tous les citoyens devant la loi. Pour lui, l’autosuffisance alimentaire au Burkina ne saurait être atteinte sans l’apport de cette moitié du ciel dont l’importance numérique n’est plus à démontrer. A cette conviction du président Diemdioda DICKO, Mme Jocelyne VOKOUMA, secrétaire général du ministère de la Promotion de la femme, à travers sa communication, n’a pas manqué de souligner la pertinence du thème. Ainsi, elle a précisé que sur les 8,3 millions de populations agricoles, 51,3% sont des femmes, et 77,6% vivent en zone rurale.

Le présidium à l’ouverture de ces deuxièmes journées

Pour elle, les enjeux du foncier rural pour les femmes résident dans la nécessité de leur développement équitable «dans un contexte de négation de leurs droits fondamentaux». Comme solution pour aider les femmes à jouir de leurs droits de propriété, Mme VOKOUMA a proposé une vulgarisation du fermage et du métayage.
A la clôture des journées intervenue le vendredi 22 août 2008, le président DICKO, a salué les initiatives louables du gouvernement pour la mise en place des fonds de soutien aux jeunes. Néanmoins, le groupe parlementaire a suggéré qu’il y ait plus de visibilité autour de ces différents fonds. Pour ce qui est du foncier en faveur des femmes, c’est la traduction, la diffusion, la vulgarisation et l’application des textes en vigueur qui ont été souhaitées par les députés CFR. Actualité oblige, la crise qui frappe l’université a été regrettée par le groupe car pour lui, une année académique a un coût mais aussi des incidences sur l’année suivante. En revanche, le groupe a mis en garde tous ceux qui en font une récupération politique. «L’avenir de la jeunesse ne saurait être pris en otage à des fins inavouables», a conclu le député Amadou Diemdioda DICKO.

Par Issoufou MAIGA

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