L’excès en toute chose nuit
L’excès en toute chose nuit. Nous le savons tous mais en matière de pluie, nous qui sommes des sahéliens nous devons tout accepter. C’est en Europe, en Asie et autre Amérique qu’on peut dire qu’on a marre de la pluie. Nous, nous disons «tout ce que Dieu fait est bon». Dimanche dernier fut comme un jour nouveau pour les bobolais qui ont été contraints de rester pendant 2 jours à la maison. En effet, depuis le vendredi 22 août au matin, les vannes du ciel se sont ouvertes sur la ville de Sya. Une pluie très capricieuse qui a parfois surpris plus d’un bobolais. Il a continué à pleuvoir jusqu’au lendemain samedi. Là aussi, c’était plus grave…
C’est finalement le dimanche matin qu’un jour nouveau s’est levé sur la ville de Sya. Une journée ensoleillée comme on a d’habitude. Après la pluie vient le beau temps. Cela était vérifiable à Bobo, le dimanche 24 août 2008. Le mois de carême qui s’avance à grands pas est propice aux mariages qui se nouent à un rythme exponentiel. Tout d’un coup, les gens se sont décidés à rompre avec le célibat. Le jeudi qui est généralement choisi pour le mariage n’est plus respecté. C’est la course contre la montre. Le mois du carême musulman avance. Il faut se préparer à l’accueillir et la meilleure façon c’est d’avoir une compagne pour vous accompagner dans votre jeûne. Le célibat prolongé n’est pas admise en islam. Mais les temps ont changé. Aujourd’hui le monde est un tout.
Devant cette course effrénée vers le mariage, il y a des gens qui restent toujours de marbre. Pour eux, l’heure n’a pas encore sonné. Le monde est ainsi fait. La pluie de 2 jours sur Bobo a laissé forcément des traces.
Des maisons écroulées par ci, par là. Le quartier périphérique de la cité SITARAIL qu’on appelle «le campus» a pris un coup. Dora également a vu des maisons s’écrouler. «Tout ce que Dieu fait est bon». Pourvu seulement qu’il n’y ait pas de perte en vie humaine.
Il faut que les gens apprennent à se loger dans les maisons avec le minimum de garantie sécuritaire. Vous avez tout compris, le grin à notre corps défendant a chômé deux jours. Deux jours sans débats, sans thé, c’est pénible à supporter. Le dimanche le grin a affiché complet. La machine peut de nouveau tourner.
J.O Pékin 2008 :
Les Chinois placent la barre très haute
Au cours des 2 jours de pluie à Bobo, Dieu merci il n’y a pas eu la moindre coupure de courant. La nationale d’électricité a veillé au grin tout au long de la pluie. La télévision qui retransmettait les jeux olympiques a ravi la vedette à tous les autres loisirs. Quoi de plus normal que ces jeux s’imposent comme le débat phare au grin.
A l’unanimité, la plupart des membres du grin ont reconnu la réussite parfaite des jeux de Pékin. L’organisation a été exceptionnelle. Les infrastructures futuristes ont émerveillé le monde entier. Le «nid d’oiseau», le sanctuaire qui a accueilli tout ce beau monde est admiré de tous.
Mao avait dit que quand la Chine se réveillera le monde entier va trembler. Nous avons déjà une idée de ce que la Chine nous réserve.
Malgré le problème des droits de l’Homme notamment avec l’affaire du Tibet, la Chine a réussi les jeux olympiques 2008. Londres qui doit accueillir les J.O 2012 doit commencer à trembler. Les Chinois sont allés au-delà de toutes les imaginations dans une discipline bien engeancée. Au grin certains ont cherché à comprendre l’origine des jeux olympiques. Chacun y allait de ces récits mais pour couper court, un professeur d’éducation physique, membre du grin a proposé un ouvrage pour consultation. Il s’agit du manuel d’Administration Sportive publié par le Comité international olympique en 2001. Et selon ce manuel, les jeux olympiques modernes sont l’aboutissement d’un projet éducatif né de l’initiative d’un aristocrate français déterminé qui désirait voir l’éducation physique figurer au programme des écoles de son pays : le baron Pierre de Coubertin. Pierre de Coubertin était également passionné pour la philosophie et le mode de vie de l’antiquité grecque, et cette fascination apporta une pierre supplémentaire à son rêve des jeux olympiques modernes.
Voici de larges extraits de ce manuel, tel que lus au grin sur les jeux de l’antiquité : «Le grand jour est arrivé dans le sanctuaire d’Olympie et tout le monde attend le lever du soleil. Au sommet de la colline de Kronos, des centaines d’athlètes regardent humblement vers l’Orient Appolon, le dieu solaire, approcher, guidant son char par-dessus les montagnes dans un grand éclat de lumière.
Au-dessus, les rayons dorés balaient les toits et les piliers des temples et font ressortir la silhouette de la célèbre arcade qui conduit au stade d’Olympie. Une activité fébrile règne déjà sur les routes qui mènent au sanctuaire, car les spectateurs veulent avoir de bonnes places sur les pentes herbeuses du stade. Des délégations officielles de tous les coins du monde grec veulent prouver leur influence et leur prestige. Des marchands et des amuseurs de toutes sortes se bousculent pour s’installer dans les endroits les plus passants, donc les plus lucratifs. Tous s’avancent vers le dédale de temples, d’installations d’entraînement, d’auberges, de comptoirs du Trésor et de statues qui encombrent la plaine alluviale où la rivière Kladée se jette dans l’Alphée. A l’intérieur du sanctuaire, les prêtres et les officiels s’acquittent de leurs tâches rituelles. Le premier jour des jeux olympiques vient de se lever. Le site antique d’Olympie était un sanctuaire religieux bien avant les premiers jeux de 776 avant J.C. Des fouilles archéologiques ont démontré qu’il remonte à plus de 1300 ans avant J.C. A cette époque une source aux eaux limpides s’écoulait du pied de la colline de Kronos qui domine le site. Le sanctuaire le plus ancien était probablement alors un autel dédié à Rhea, la Déesse-Mère. Pour les jeunes garçons de la première course aux flambeaux, peut-être s’agissait-il d’arriver avant les autres pour allumer la flamme sacrée de cet autel ? Peu à peu, Zeus supplanta les autres dieux et déesses d’Olympie. Dans le grand temple, construit en son honneur au centre du sanctuaire, il y avait une énorme statue de lui, recouverte d’or et d’ivoire.
D’autres épreuves se greffèrent ensuite à cette fête religieuse qui était organisée tous les quatre ans et qui durait cinq jours. En l’an 600 avant J.C, les jeux comprenaient des courses de chevaux, des sports de combat (boxe, lutte et pancrace), des courses à pied, ainsi que le pentathlon (saut en longueur, lancer du javelot et du disque, course à pied et lutte).
L’ancien stade d’Olympie pouvait accueillir 40 000 personnes. Ces jeux étaient le plus grand des festivals religieux grecs et ils attiraient des spectateurs et des participants de toutes les villes et toutes les colonies grecques du bassin méditerranéen. Une trêve sacrée, l’ «Ekecheiria», commençait avant les jeux et s’étendait jusqu’après. Tous les conflits militaires cessaient alors et on permettait la libre circulation de ceux qui s’y rendaient. Seuls les Grecs libres avaient le droit de concourir. Les femmes, à l’exception de la prêtresse de Demeter, ne pouvaient ni participer ni assister aux jeux, car certains généraux grecs pensaient qu’elles pouvaient jeter des sorts à leurs soldats et les affaiblir. Il existait toutefois des jeux pour les femmes (les jeux d’Héra), et celles de sparte participaient à tous les aspects de l’entraînement militaire et sportif.
Les vainqueurs des jeux olympiques recevaient une couronne de branches d’olivier et étaient reçus comme des héros dans leur ville natale. Plusieurs facteurs expliquent partiellement le succès de ces jeux de l’antiquité. La passion des Grecs pour la compétition, leur respect de l’harmonie et de la beauté du corps humain, et l’emphase qu’ils mettaient dans leur vie quotidienne sur l’unité entre l’esprit, le corps et l’âme.
C’est sous le règne d’Alexandre le Grand et au cours de l’empire romain que le côté sensationnel, le mercantilisme et l’exigence par les athlètes de récompenses de plus en plus importantes érodèrent le système de valeurs et la signification religieuse des premiers jeux. Ceux-ci furent interdits en 303 sur ordre de l’empereur chrétien Théodose 1er, et les bâtiments d’Olympie furent détruits en 426 sur ordre de Théodose II. Des tremblements de terre firent le reste et une inondation catastrophique enfouit ensuite les ruines qui ne furent remises à jour qu’au XIXe siècle, car elles étaient recouvertes de 4,5 mètres d’alluvions».
Cette histoire antique a été jugée pathétique au grin. Et pour fermer le manuel, sachez que les premiers jeux olympiques modernes eurent lieu à Athènes en 1896. Pierre de Coubertin créa la charte olympique, le protocole des cérémonies d’ouverture et de clôture, le serment des athlètes et le symbole olympique (les 5 anneaux).
Pierre de Coubertin naquit à Paris en 1863 et mourut à Genève en 1937. Son cœur est inhumé à Olympie où un petit monument fût érigé pour commémorer son engagement à l’esprit et à l’idéal olympiques.
Un joueur de l’EFO perd son père à Bobo
Le samedi 23 août 2008 restera une date inoubliable pour Aboubacar TRAORE de l’Etoile filante de Ouagadougou (EFO). Son père qu’on appelle affectueusement au secteur 8 «BAKORO» est décédé brusquement par suite dit-on de la tension artérielle. Abdoulaye KONE son coéquipier de l’EFO et quelques autres joueurs (au moins 5 joueurs de l’EFO) et des autres clubs de Bobo sont venus soutenir Aboubacar TRAORE dans cette douloureuse épreuve. Vêtus du fameux maillot bleu et blanc de l’EFO, ils ont pris place auprès du corps dans la bâchée qui l’amenait au cimetière municipal où a eu lieu l’enterrement. C’est un deuil qui frappe la famille étoilée. Mais c’est également une perte incommensurable pour le secteur 8 de Bobo.
«Bakoro» était celui-là qui s’occupait des activités mortuaires du secteur. Il était toujours au four et au moulin lors des décès. De la cour familiale jusqu’au cimetière il était toujours à l’œuvre. Lorsqu’on annonce un décès au quartier, c’est lui qu’on contactait le premier et il était toujours disponible de nuit comme de jour.
Le samedi dernier, aux environs de 11 heures on est venu justement lui annoncer le décès d’une vieille du secteur. Mais pour la 1ère fois «Bakoro» a désisté. Il dit ne pas bien se porter. Mais il a pris le soin de donner des consignes surtout pour la tombe. Il a dit à l’émissaire d’aller chercher des planches (7 au total) pour les placer avant de mettre le corps parce qu’avec la pluie le sol est toujours mouillé. Ce qui fut fait mais à son retour on lui annonça la mort de «Bakoro».
Le regretté s’était levé entre temps pour aller dans les toilettes. A son retour, il eut un malaise. Dans sa chute, il cogna le mur et tomba inerte. On l’amena d’urgence à l’hôpital Souro Sanou. Trop tard il rendit l’âme. La nouvelle de la mort de «Bakoro» a consterné tout le secteur 8 (Sikassocira). Partout on ne faisait que parler de sa disponibilité et de son courage légendaire. Au grin, les gens ont estimé que sa mort était une perte immense pour le secteur et se demandent si le quartier trouvera un remplaçant de la trempe du regretté. Le sage du grin a paraphrasé, Amadou Hampâté Bâ qui disait ceci : «La vie est une cité dont personne ne sortira vivant. Aussi avoir peur de la mort est une couardise inutile».
Paix à son âme.
«Le petit fâkir, toujours dispo»