L'opinion N°568
Du 27/08 au 02/09/2008

Sport

Beijing 2008

Deux rois et du rouge

Les Jeux Olympiques de Pékin appartiennent à l’histoire.
Dans la lignée de ce qu’ils ont été, de l’émerveillement plein les yeux, la cérémonie de clôture dimanche dans le nid d’oiseau n’a pas dérogé à la règle. La Chine a été encore parfaite dans le scénario et la réalisation. Le témoin fut passé à Londres, qui a plus qu’un défi à relever.

Le stade national de Pékin baptisé “nid d’oiseau” a vibré pendant deux semaines au rythme de l’olympisme.

Elle attendait cet évènement depuis longtemps. La Chine a fini par réaliser ce rêve lorsqu’en 2001, le Comité international olympique décidait de lui attribuer l’accueil des jeux d’été de 2008. Alors, le géant s’est mis à déployer tout son génie organisationnel, son savoir-faire de bâtisseur pour offrir au final les jeux les plus aboutis de l’ère moderne.
Inutile de revenir sur l’organisation qui a donné lieu à tous les superlatifs et à toutes les appréciations dithyrambiques. Bref, ce fut un succès sur toute la ligne, même si des rabat-joie venus de l’Occident, sans doute frustrés qu’un pays, dernier bastion du communise, réussisse pareille performance au double plan sportif et organisationnel, s'évertuent à vouloir percevoir des ratées et pire, des trucages dans certaines scènes de la réalisation. Mais avec eux, on dira que rien ici bas n’est parfait, l’essentiel restant qu’on puisse parler du plus important, les résultats sportifs.

Première puissance, mais…

La plupart des médaillés de Beijing 2008 ont battu les records olympiques et mondiaux.

Et concernant, le bilan sportif, force est de voir et de reconnaître que la Chine boxe désormais en hors catégorie. Les autres nations, avec en tête les Etats-Unis d’Amérique regardent d’en bas, la Chine toute seule sur le haut de l’Olympe.
On pensait avant jeux, que le duel annoncé et attendu entre Chinois et Américains serait un moment fort de Beijing 2008. La réalité a ramené chacun au fait incontestable que sur 34 sports au programme des jeux, 26 ont vu les Chinois glaner une médaille. Le pays de Mao ne se contente plus seulement du tennis de table, de la gymnastique, du plongeon et du tir pour exister. Désormais, il aspire à figurer parmi les nations majeures dans toutes les disciplines, y compris celles qui ne faisaient pas partie de sa culture.
Au tableau des médailles, elle arrive largement devant grâce à 51 médailles du plus précieux métal, contre seulement 36 à son dauphin les Etats-Unis. Certes, certains diront qu’en évoluant à domicile, elle a eu l’avantage du public et parfois de certains juges complaisants ont influencé par l’ambiance chaude des sites de compétition. Mais, elle était simplement au dessus du lot.
Les Américains se consoleront en arrivant en tête du total olympique, comptant 110 médailles contre 100 à la Chine. En troisième position, la Russie avec 72 médailles dont 23 d’or annonce son net retrait et son retour au sein des nations postulant aux accessits. Elle a surtout brillé par les
scandales de dopage qui ont décimé sa délégation et partant fait perdre plusieurs chances réelles de médailles, notamment en athlétisme, en haltérophilie et en natation.
La nation surprise de ces jeux pékinois, c’est bel et bien la Grande Bretagne. Quatrième au bilan final, la grande île est nettement en avance sur la préparation sportive des jeux qu’elle accueille dans quatre ans à Londres, à la suite de la Chine. En athlétisme, en natation et particulièrement en cyclisme sur piste, les Britanniques ont réalisé des prouesses. Forte de 19 médailles d’or et de 47 au total, la Grande Bretagne peut sereinement s’atteler à la préparation de ses représentants pour les 30e olympiades.

… A l’ombre de deux géants
Elle a donné son maximum sur le plan collectif mais cela n’a pas suffi. Parce que tel que conçu depuis la nuit des temps le sport adore les stars. Quoi qu’il existe à profusion des sportifs où on à onze, cinq, six ou sept, l’individu a toujours été sorti du lot.
Pour Beijing 2008, on ne va pas s’en offusquer vu que les deux grandes vedettes de ces jeux sont venues de sports individuels, la natation et l’athlétisme. Les performances des deux athlètes résonnent encore dans le bassin olympique et dans le nid d’oiseau à la piste jugée hyper rapide. PHELPS et BELT, les deux nominés ont éclipsé la Chine.
En natation, il l’avait annoncé sans ambages et il l’a fait avec une aisance déconcertante. Certes, l’Américain Michaël PHELPS en arrivant à Pékin, avait déjà en poche six titres olympiques. En outre, il était aussi détenteur de plusieurs records du monde et autres titres de champion du monde. Mais à 23 ans, il voulait s’attaquer au vieux record de sept titres en une même olympiade, de son compatriote. Marte SPITZ, auteur de sept succès à Munich en 1972 sur 200 m crawh, 200 et 100 mètres papillon, 200 et 400 mètres 4 nages et avec les trois relais 4 x 100 m crawal, 4 x 200 m crawal et 4 x 100 mètres 4 nages, PHELPS réalisait son rêve. Et fait exceptionnel, toutes ses victoires ont été accompagnées par autant de nouvelles marques mondiales.
En athlétisme, le Jamaïcain de 22 ans, Usain BOLT a fait aussi fort. En devenant après Carl LEWIS, le deuxième athlète à faire le doublé 100-200 mètres aux Jeux Olympiques, BOLT est entré dans l’histoire. Sa performance a cependant eu un retentissement colossal parce que ponctuant de deux records du monde, avec des temps qu’on pensait inaccessibles. 9 ‘‘69’’ sur 100 et 19 ‘‘30’’ sur 200 mètres, le Jamaïcain a mis dans la vue de ses concurrents un gouffre. A ces jeux, il y a eu lui et les autres. Cérise sur le gâteau, il gagne le 4 x 100 mètres avec ses copains Nesta CARTER, Michaël FRATER et Asaja POWELL en battant le vieux record (1993) établi par le relais américain en le portant de 37 ‘‘40 à 37‘‘1O.
Même si d’autres sportifs ont été grands, BOLT et PHELPS ont été si haut que le reste a paru trop commun pour retenir une quelconque attention. C’est sur leurs exploits que se sont éteints les lampions de Beijing pour faire place aux promesses de Londres 2012. Les Anglais qui mesurent déjà la charge de travail à abattre pour espérer se rapprocher et au mieux égaler la réalisation chinoise. Mais pour chaque observateur, la mission relève de l’impossible. Alors, on plaide en faveur d’une certaine originalité qui fera en définitive le charme de Londres 2012. Accueil, sympathie, plaisir, loisir et surtout liberté. Après tout n’est-ce pas cette dernière, la valeur préférée des Occidentaux !

Par
Idriss SEMDE

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