L'opinion N°569
Du 03 au 09/09/2008

Actualité

Réouverture des universités Ouaga I et II

La contribution de l’Assemblée nationale

Le 29 août 2008, la Commission de l’emploi, des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale a convoqué la presse pour restituer les fruits de ses échanges avec les acteurs impliqués dans la résolution de la crise dans les universités de Ouagadougou. Cette conférence a été présidée par M. Célestin KOUSSOUBE, président de ladite commission.

Le député Célestin KOUSSOUBE a dirigé la commission de travail (ph. L’Obs)

Après le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, le 28 août 2008, c’est l’Assemblée nationale qui vient de manifester au grand jour son implication dans la résolution de la crise que traversent les universités de Ouagadougou.
En effet, la Commission de l’emploi, des affaires sociales et culturelles mandatée par le président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian KABORE, est allée rencontrer 8 partenaires de l’institution universitaire de Ouagadougou pour échanger sur la situation qui y prévaut actuellement et faire des suggestions.
Ainsi selon l’exposé, les membres de la commission sont sortis du 7 au 13 août 2008 et ont pu rencontrer le gouvernement à travers le MESSRS, l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), l’Union nationale des étudiants du Faso (UNEF), la Présidence de l’université de Ouagadougou, le Conseil scientifique de l’université, le Syndicat national autonome des enseignants chercheurs (SYNADEC), le Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS), le Syndicat national des travailleurs de l’enseignement et de la recherche (SYNTER). Ces différentes rencontres ont permis à la commission de «cerner les difficultés d’ordre matériel, pédagogique, salarial et organisationnel que traverse l’université», selon les propos de son président, le député Célestin KOUSSOUBE. Il ressort du rapport que, pour les syndicats d’étudiants, le point névralgique de la lutte à l’université est la non-satisfaction de la plate-forme revendicative des Unités de formation et de recherche en sciences exactes et appliquées (UFR/SEA) et de l’Unité de formation et de recherche en sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT). Pour les syndicats du personnel enseignant, il s’agissait des revendications pour la liquidation des dettes sociales au plus tard le 31 août 2008, de la révision de la grille salariale des enseignants chercheurs.
C’est après s’être imprégnée des préoccupations des syndicats des étudiants et des syndicats des enseignants que la Commission de l’emploi, des affaires sociales et culturelles a synthétisé celles-ci par ordre de priorité dans leur résolution à court, moyen et long termes.
Pour le court terme, la commission a suggéré, tenant compte de leur plate-forme revendicative, le règlement du problème des dérogations au profit des étudiants en accordant une dernière possibilité à titre exceptionnel aux 1507 qui ont vu leurs demandes rejetées afin d’achever l’année 2007-2008 tout en rappelant que la nouvelle mesure fixant les conditions de ses dérogations entrera en vigueur à partir de 2008-2009, l’acceptation par les étudiants de la mise en place du service de sécurité au sein des universités et la clôture des enceintes de ces institutions. Pour la plate-forme revendicative des enseignants chercheurs, à court terme, la commission a proposé le remboursement des primes retenues dans le cadre de l’opération de dotation en ordinateurs, le règlement des arriérés des frais de correction des copies et de participation aux jurys, le paiement du mois supplémentaire de travail effectué par les enseignants pour l’année 2006-2007, l’uniformisation du traitement financier des enseignants lors du paiement du mois de prolongation de l’année 2007-2008 et la revalorisation des taux de vacation du corps enseignant à compter de l’année 2008-2009.
Pour le moyen et long termes, les suggestions de la Commission de l’emploi, des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale pour la plate-forme revendicative des enseignants sont une revalorisation des taux des heures de vacation du personnel enseignant à partir de 2008-2009, une révision analytique des revendications économiques, une bonne formation des enseignants et un nombre élevé de leurs effectifs, et la déconcentration de l’université de Ouagadougou. En ce qui concerne les revendications estudiantines, la planification et le suivi des investissements en infrastructures, l’amélioration de la communication au sein des universités et une réflexion profonde qui pourrait amener des voies et moyens pour un développement de l’enseignement supérieur au Burkina Faso ont été suggérés.

Dans les universités malienne, ghanéenne ou ivoirienne, il y a des agents de sécurité
Après cet exposé du praesidium, les hommes de médias sont allés de leurs questions qui ont permis de mieux comprendre les acteurs de cette crise universitaire et ceux, notamment l’A.N, qui se sont impliqués dans sa résolution. Au journaliste qui s’interrogeait sur l’opportunité de cette conférence de presse qui se tient juste après celle du MESSRS, ayant traité de la même question et pratiquement donné les mêmes conclusions, le président de la commission, le député KOUSSOUBE, et quelques membres de la commission en appui ont apporté un éclairage. En effet, pour eux, il n’y a rien de trop lorsqu’on veut bien faire ou bien informer. Du reste, le gouvernement et le parlement sont deux institutions distinctes qui ont leurs prérogatives et leurs façons de travailler même si les champs d’actions sont souvent les mêmes. Pour le cas d’espèce, à savoir la crise universitaire, le président de l’AN a mandaté la commission en charge du domaine de faire un travail, ce qui a été fait et conclusion déposée, comme il se doit, auprès du mandataire (le président de l’AN). A un moment donné, celui-ci s’était en personne impliqué par certaines démarches. Ce qu’il faut retenir, c’est que la quasi totalité des propositions faites par la commission de l’AN a été retenue par le ministère concerné. Pour conclure sur cette question, le président de la commission fera savoir qu’elle n’est pas à sa première intervention dans des situations sociales.
Sur la question du rejet du service de sécurité et la construction du mur de l’université par l’ANEB et le SYNTER, les membres de la commission ont relevé la nécessité de ces deux réalisations pour la protection et la sécurité des étudiants et personnels dans l’enceinte de l’institution. M. KOUSSOUBE rappellera que dans la sous-région toutes les universités sont clôturées et ont des agents de sécurité. Il expliquera que les étudiants face à leurs interrogations ont proposé la sensibilisation à la place de la police universitaire, ce qui, on le sait, n’est pas du tout opérant pour résoudre des problèmes comme des cas d’assassinats, de vols, de menaces ou d’agression de professeurs et d’autres travailleurs par des étudiants. Des exemples de forfaits sur ce campus universitaire sont encore frais à l’esprit tel le meurtre de cet étudiant ; on relève que des déséquilibrés mentaux en viennent même à pénétrer dans des salles de cours ; que des véhicules notamment des taxis dans la recherche de raccourcis traversent allègrement le campus aux heures de cours et que dire de l’agression de cette secrétaire dont le nez a été cassé par des étudiants… Bref, autant d’éléments qui motivent que soient créées des conditions appropriées pour les éviter. D’ailleurs, pour les membres de la commission qui disent avoir travaillé en collaboration avec des responsables des universités du Ghana, du Mali, du Niger, et de la Côte d’Ivoire, notre pays n’innove pas en la matière car dans ces pays, les temples du savoir ont des agents de sécurité avec des manières d’organisations différentes.
Pour ce qui serait du refus de la Commission de publier son rapport et de le mettre à la disposition des étudiants notamment de l’ANEB, les conférenciers diront que c’est d’abord un travail demandé par le président de l’Assemblée nationale, qui le reçoit et décide de le publier ou pas.
Les conférenciers de la commission de l’emploi, des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale termineront les réponses aux questions des journalistes non sans attirer l’attention sur le laxisme qui a régné à l’université de Ouagadougou et qui a conduit à la situation que l’on connaît surtout en ce qui concerne les dérogations exigées par les étudiants. L’exemple illustratif donné est comment comprendre qu’un étudiant soit à sa 18e année à l’université de Ouagadougou et est en 3e année de sa filière ? Des cas pareils, on en compte beaucoup dans cette université et il y a lieu de mettre le holà sur des pratiques qui les encouragent et évidemment arrêter la pagaille par l’application effective des normes de dérogations pour le respect de l’institution elle-même.

Par Romain WANRE (stagiaire)

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