Faible mobilisation des populations
Le 2 août 2010, sauf nouvelle disposition de la loi, les anciennes cartes d’identité burkinabè ne seront plus valables. Pourtant, les Burkinabè ne se pressent pas pour le moment vers les services de l’ONI, pour l’établissement de la nouvelle carte nationale d’identité. C’est du moins ce qui ressort des chiffres donnés, par la direction générale. Après un an d’activité, Pierre TIENDREBEOGO DG de l’ONI et ses hommes ont fait le bilan au cours d’une conférence de presse donnée au siège de l’institution le mardi 2 septembre 2008.
Pierre TIENDREBEOGO, DG de l’ONI
C’est le 2 août 2007 que l’ONI a officiellement lancé ses activités d’identification à grande échelle. Une année après, c’est au total 540 767 cartes nationales d’identité qui ont été délivrées. Soit un total de 339 612 cartes pour les populations du milieu rural. En clair, nos parents du village sont plus pressés de se voir délivrer la nouvelle pièce que les citadins. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme. D’aucuns diront que c’est le coût. A 2500 FCFA la carte, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Une chose est sûre, le coût de l’établissement de la carte ne peut être le seul élément fondateur qui justifie ce désintérêt des citadins. L’ONI a pourtant des moyens et des capacités de production satisfaisante. «Notre capacité de production actuelle est de 4000 à 5000 cartes nationales par jour. Nous envisageons l’installation d’une unité de production à Bobo et avec les deux centres de production nous pourrons établir 8000 à 9000 cartes/jour, soit environ 200 000 cartes dans le mois. Mais cela ne peut se faire sans la participation des populations. Nous interpellons les autorités locales à jouer leur partition afin que nous puissions aider les Burkinabè à avoir leur CNIB. C’est un acte citoyen, cela prouve que vous appartenez à un pays, à une nation…», a soutenu Pierre TIENDREBEOGO DG de l’ONI. En clair, techniquement, l’ONI a les capacités de réussir le pari de délivrer des CNIB à l’ensemble des Burkinabè en âge de détenir ce document. Mais encore faut-il que les populations s’y intéressent. L’ONI ne baisse pas les bras pour autant. Toutes les initiatives sont prises et menées pour rapprocher la CINB du Burkinabè. Il y a le déploiement du dispositif technique qui officie dans 10 provinces des régions dont le Kadiogo, le Houet, l’Oubritenga, le Bazèga, la Comoé, etc. Outre ce dispositif, l’ONI initie d’autres opérations ponctuelles. C’est ainsi qu pour ces vacances il a été initié ce qu’il a appelé «Identité Vacances». Une opération qui a permis d’établir, du 1er au 31 août 2008, 12710 cartes d’identité nationales pour 8 515 Ouagalais, 3 675 Bobolais, 370 Koudougoulais et 150 ressortissants de la ville du Paysan noir. Il y a également l’opération spéciale qui a permis aux élèves et étudiants d’acquérir le CNIB. Plus l’opération se poursuit, plus l’ONI renforce ses capacités opérationnelles sur le terrain. Pierre TIENDREBEOGO et ses hommes projettent à la fin du mois de septembre « redéployer des équipes mobiles dans les communes rurales mais aussi dans les grandes villes comme Bobo et Ouaga, l’installation du dispositif technique dans les autres provinces non encore couvertes par notre structure, et l’installation provisoire du centre de production de Bobo pour la délivrance des CNIB » a-t-il soutenu. Burkinabè sans CNIB, tu as jusqu’au 2 août 2010 pour te procurer la nouvelle pièce qui te permettra d’être reconnu comme Burkinabè. Passé ce délai, si la loi ne change pas, tu es passible d’amende pour non détention de CNIB. Sache également qu’à partir de cette date, aucun établissement financier, aucun service administratif de l’Etat ne reconnaîtra l’ancienne CIB. Un homme prévenu en vaut….
Par Frédéric ILBOUDO