Panique au G14
Le groupe du 14 février (G14) qui regroupe des partis politiques de l’opposition tels le GDP, le PAI, le PDP/PS, le PDS, le PFID et l’UNIR/MS a convié la presse, le mercredi 27 août 2008, pour donner sa lecture sur des sujets qui animent l’actualité nationale. Et comme il fallait s’y attendre, le pouvoir n’a pas été félicité dans ses prises de décision. Bien au contraire.
Le G14 a dressé un tableau des plus sombres sur les conflits agriculteurs-éleveurs, la crise universitaire, la lutte contre la corruption et les propositions de réformes politiques faites par l’Assemblée nationale. La rhétorique n’est évidemment pas nouvelle et ne surprend pas l’observateur de la scène politique burkinabè, régulièrement instruit qu’il est par les mentors de cette galaxie politique, que rien ne va au Faso.
Sur la situation des conflits agriculteurs-éleveurs, le G14 prétend que «Le gouvernement ne pouvait nullement se préoccuper de leur trouver une solution définitive», et que ce n’est «Ni plus ni moins qu’une nouvelle fuite de responsabilité». Et pourtant ce phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui lorsqu’il survient, voit tous les moyens mis en œuvre par le gouvernement pour rétablir le dialogue et résoudre de façon pacifique les différends, afin de faciliter la vie en communauté entre ces Burkinabè. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on est là, en face d’une situation qui met en jeu deux modes de productions sur un même espace géographique donné tributaire du cycle des saisons (pluvieuse ou sèche). Déjà des politiques sont mises en place pour rendre ces modes de productions socioéconomiques complémentaires. Et mieux, on tend à ce que l’embouche bovine soit à l’agriculture ce que le foin est à l’élevage, que le céréale soit pour l’éleveur ce que le lait est pour l’agriculteur. C’est-à-dire que l’agriculteur a autant besoin de l’éleveur que l’éleveur a besoin de l’agriculteur. C’est dire que de façon méthodique et tenant compte des réalités sociologiques dans les terroirs concernés, des choses sont faites pour à terme éradiquer les germes de ce conflit agriculteurs-éleveurs. Peut-on d’une baguette magique aboutir à «une solution définitive» ? En tout cas, le G14 ne le dit pas et ne propose pas d’alternative au gouvernement pour empêcher sa «fuite de responsabilités» (sic).
Pour ce qui est de la corruption, la seule volonté politique de la mise en place effective de l’Autorité supérieure de contrôle de l’Etat (ASCE) est déjà à saluer. Phénomène pour le moins insidieux, la corruption est affrontée avec des armes de sensibilisation, de dissuasion mais aussi de répression ; et ce n’est pas du jour au lendemain qu’elle s’arrêtera, l’objectif à terme étant de réduire le phénomène à sa portion congrue. Le G14 le sait bien ; mais ne se refuse pas à son exploitation politique.
Abordant la question de la crise universitaire, le G14 crie à l’embastillement des étudiants et au bafouement de leurs droits. Une rhétorique syndicale qui sonne mal, sortant de la bouche de politiciens qui ont déjà, pour certains, eu à faire leur preuve dans la gestion de ce pays, qui n’ont pas toujours été amicaux avec ces étudiants et n’ignorent rien de la complexité du management des ressources estudiantines. Tout le monde sait que les effectifs universitaires vont croissants mais aussi que le gouvernement fait de gros efforts pour résorber le déficit existant entre infrastructures d’accueil et masse estudiantine; de même qu’il met l’accent sur les œuvres universitaires pour un tant soit peu créer de bonnes conditions d’études, c’est là toute la problématique de notre système d’enseignement supérieur public. C’est clair, les problèmes à l’université, notamment à l’UO, sont nombreux. Le gouvernement le sait très bien et s’attelle à leur solutionnement selon des priorités d’autant que les moyens ne sont pas ce qu’il y a le plus. Ainsi, rien que cette année académique qui tarde à voir son achèvement, l’aide a été portée de 130 000F CFA à 165 000F CFA et ce jusqu’à l’année de licence et le prêt FONER à partir de la maîtrise, lui, est à 200 000F CFA au lieu de 165 000F CFA. En moins d’une année, ces mesures ont été prises par le gouvernement dans sa volonté de donner les meilleures conditions de vie et d’études possibles aux étudiants. Si en dépit des priorités «prioritaires» aussi énormes qu’une montagne, comme le dit l’autre, que connaît le pays, des moyens ont pu être dégagés pour offrir quelque confort au monde universitaire, on ne saurait dire que le gouvernement n’a cure des problèmes des étudiants. La question de la police universitaire qui fait tant jaser ici est un faux problème d’autant que cette police n’est pas une invention burkinabè. Partout ailleurs, cette structure existe sur les campus et son rôle n’est pas de réprimer les étudiants mais plutôt de veiller à leur sécurité et celle des biens. Elle aurait dû être revendiquée par les étudiants eux qui sont fréquemment victimes de vols et souvent d’agression sur le campus de l’UO. La construction du mur d’enceinte qui a commencé, il y a plus d’une dizaine d’années entre d’ailleurs dans ce souci de protection de l’aire universitaire et de ses occupants.
Se prononçant sur les propositions faites par la commission ad hoc mise en place par l’Assemblée nationale aux fins de réfléchir sur la charte des partis politiques, le quota des candidatures féminines, le code électoral, le financement des partis et des campagnes électorales, le G14 dit rejeter les conclusions du rapport. Ce qui ne manquera pas de surprendre plus d’un. Le groupe n’épouse pas le point de vue de la commission qui préconise la prise d’une loi sur la question du quota de candidatures féminines sur les listes électorales. Cette loi sera pour encourager le positionnement des femmes et prévoit compenser financièrement les partis politiques qui viendraient à appliquer le quota de 30%, c’est-à-dire qu’elle sera souple en utilisant la stratégie d’incitation des parties à l’appliquer à la lettre.
Surprise des surprises de cette conférence de presse, c’est les larmes que prétendent verser les conférenciers du jour du G14 pour le parti au pouvoir, le CDP. Ils se disent préoccupés par le «sort que réserve Blaise COMPAORE, son fondateur, au CDP, agité de séisme de plus d’un an». Une sortie dont on ne voyait vraiment pas la place dans cette conférence de presse qui du reste n’a absolument rien apporté de nouveau qui puisse intéresser l’opinion et n’a esquissé aucune proposition alternative aux solutions trouvées par celui dont on fait le procès, le pouvoir, pour faire face aux problèmes dont il a été question. En somme une activité pour se rappeler au souvenir de l’opinion nationale.
Ligue des consommateurs du Burkina
La Section de Bobo dans l’impasse
La section du Houet de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) a organisé le samedi 30 août dernier au lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo son Assemblée Générale statutaire. Deux points étaient inscrits à l’ordre du jour à savoir : La présentation des rapports moral et financier et le renouvellement du bureau. Si le premier point s’est bien déroulé, le renouvellement du bureau a connu des blocages.
Le président sortant (à g) échangeant avec le vice-président national de la LCB
La présentation des rapports moral et financier a concerné la période de janvier 1999 à août 2008. Le président sortant Brahima TRAORE a fait une communication autour de 4 axes essentiels : la situation de la section du Houet, les activités réalisées, le bilan financier, la conclusion et les perspectives.
Sur une somme totale de 375.625F CFA, la section a dépensé pour les activités, 341.775F CFA soit un solde positif de 33.850F CFA.
Le rapport a été apprécié par les militants présents à l’AG sous l’œil vigilant d’une délégation du Bureau exécutif national conduite par le vice-président chargé des sections, Abdoulaye MOSSE et comprenant le secrétaire général national Lazare ZOUNGRANA et le responsable à l’information Boris Edson YAMEOGO. Après le président de la section, le commissaire aux comptes est monté au créneau pour donner son point de vue sur le rapport. Il a donné quitus à l’AG pour adopter le rapport, ce qui fut fait.
Mais certains militants n’ont pas manqué de faire des remarques au bureau sortant qui a été finalement félicité.
Maintenant il fallait passer à la démission du bureau sortant et à la mise en place d’un collège électoral pour conduire le vote. C’est là que les blocages ont commencé. Le bureau sortant avait désigné des personnes pour s’occuper du vote. Ces personnes sont censées connaître mieux la vie de la section. Un groupe s’opposa net. Pour eux, ce n’est pas au bureau sortant de choisir le collège électoral. Jusqu’à présent l’AG se déroulait dans une ambiance bon enfant. Mais depuis la proposition du bureau sortant, de désigner les assesseurs du vote, les divergences se sont affichées. Les gens ont commencé à parler maintenant à visage découvert. Le ton était ainsi donné.
Le vice-président national Abdoulaye MOSSE a pris la parole pour rappeler le contexte dans lequel se tient cette AG. L’objectif est de redynamiser la Ligue des consommateurs du Burkina. A la suite du vice-président, le SG a pris la parole pour reconnaître le courage du président Traoré mais a déploré qu’il soit à la tête de la section depuis dix ans et le fait qu’il soit aussi du Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples ne lui facilite pas très bien la tâche.
Le président sortant a réagi en affirmant qu’il était à l’aise avec ses deux casquettes et qu’à ce propos il n’était ni le premier ni le dernier des responsables à avoir double casquette.
Les discussions vont finalement aboutir sur l’interprétation de certains textes notamment sur les conditions d’éligibilité. Pour le bureau sortant, seuls les détenteurs des cartes émises par la section provinciale et signées du président sortant sont valables pour prendre part au vote, à condition d’être à jour des cotisations.
La liste des militants était d’ailleurs disponible. Mais la plupart des militants présents dans la salle avaient des cartes signées par le président national mais pas par le président de la section. Ils disent avoir commandé leur carte de Ouaga tout simplement parce qu’ils ignoraient l’existence de la section de Bobo qui existe pourtant depuis le 29 mai 1993. De l’autre côté, les cartes de la section du Houet ont été signées par le président Traoré mais pas par le président national.
Dans ces conditions, le vice-président chargé des sections a proposé aux deux groupes de s’entendre où alors ils se retrouveront tous les deux disqualifiés pour voter. Ce que conteste le président de la section du Houet qui pense qu’il est dans son droit. Il refuse de laisser voter des militants qu’il ne reconnaît pas en tant que premier responsable. Comment comprendre le cas de ses nombreux adhérents, qui bien que militants de Bobo, possèdent des cartes signées uniquement par le président national. Le trésorier provincial n’a jamais touché leur cotisation. Ce n’est pas le jour du vote qu’ils vont tenter de s’acquitter de leurs cotisations. De 7 heures du matin, on était à 16h.
Le temps s’écoulait très vite ; les huis clos se succédaient aux débats, on a beau ouvrir une première liste d’intervention, une 2e, une 3e … il n’y a toujours pas d’issue. Les positions sont figées. La délégation du BEN s’entretient longuement avec le président sortant mais cela ne donne rien.
Des jeunes militants venus dans deux ‘’bâchés’’ sont décidés à élire un nouveau bureau. Ils ont décrié la non visibilité de la section de Bobo. Pour eux, 10 ans c’est trop, Brahima Traoré doit démissionner. Ce dernier ne l’entend pas de cette oreille. Il dit s’être sacrifié pour la section pendant 10 ans et refuse d’être payé en monnaie de singe. Il a fini par claquer la porte, poussé à bout par ses détracteurs. La délégation venue de Ouagadougou est accusée d’avoir saboté l’Assemblée générale. Finalement c’est dans une pagaille indescriptible que les élections se sont déroulées devant les représentants du BEN. Un nouveau président est élu en la personne de Wanki BOGNINI. Un nouveau bureau que le président sortant conteste et refuse de reconnaître.
Affaire à suivre.
Par Drissa KONE/Bobo