L'opinion N°569
Du 03 au 09/09/2008

Nouvelles du grin

Dans le doute, l'imam refuse de célébrer un mariage

Le Burkina Faso est un pays laïque ; un vrai pays laïque avec un dialogue inter-réligieux exemplaire. Mais malgré cette laïcité, le mois du jeûne musulman va bouleverser toutes les habitudes établies.
Les restaurants, les dancings et autres boites de nuit vont marcher au ralenti. Tout d'un coup, les hommes retrouvent la foi. Ils se rapprochent de Dieu le créateur. Ils s'abstiennent de la nourriture et de tous les mauvais comportements. Même les plus ardents "maquisards" se plient à toutes les exigences de ce mois. Plus de maquis, il faut s'adonner à Dieu et personne ne veut rater ce moment chez les musulmans. Pendant ce mois béni, toutes les bonnes actions sont notées doubles. D'ou l'empressement des gens à faire beaucoup de sacrifices dans ce mois qui déteint un jour (qui est malheureusement caché), qui vaut mieux que 1000 mois. Selon les anciens, le Satan est enchaîné par Dieu et jeté dans les profondeurs des eaux dangereuses dormantes. Il se débat là-bas pour sa survie. Il ne va pas mourir certes, mais il aura suffisamment à faire qu'il va oublier un moment son sport favori qui est d'inciter les hommes à commettre des pêchés.
Dans ces conditions, tous les fidèles prennent conscience et se mettent au service de leur Dieu.
Mais pourquoi Dieu le créateur ne maintient pas la situation en l'état ? Se demandent certains membres du grin. Le problème, c'est que Dieu a donné sa parole qu'il n'anéantira le Satan qu'à la fin du monde. Dieu lui donne quitus de perdre tous ceux qui s'égarent en acceptant ses mirages miroités.
Satan veut perdre le maximum de personnes qui vont lui tenir compagnie à l'enfer. Il aura tous ceux que le bon Dieu lui permettra. Ceux qui seront sous la protection de Dieu à cause de leurs bonnes œuvres seront à l'abri de sa malédiction. Satan est en prison présentement. Multiplions les bonnes œuvres avant sa libération qui va intervenir dans un mois seulement. Un mois sur 12 pour Satan.
Au grin, les gens sont divisés quand à la poursuite des activités. Il y a un premier groupe de personnes qui veulent continuer à "siroter" leur thé à la barbe des braves gens qui ont jeûné. Les autres s'opposent et demandent leur soutien pour les aider à surmonter cette épreuve. Un membre du grin qui ne craint pas Dieu a osé dire que de toutes les façons "ces jeûneurs" ne vont pas partager leur récompense avec quelqu'un. "Autant qu'il nous laisse nous éclater".
Le grin sera toujours en activité mais ce sont les débats sans trop de contestation. Le thé ne sera pas supprimé totalement mais il sera réduit au minimum. Au grin c'est la période de méditation pour certains. Parfois après 16 heures, il est rare d'entendre des gens parler au grin. Tous sont assis pensifs, méditant. Les premiers jours du jeûne sont les plus durs. Les gens préfèrent les passer dans le silence. Les gros bavards sont subitement devenu des muets. Ainsi va le grin pendant cette période du jeûne musulman.

Karaté-Do : la crise perdure à Bobo
Sur le plan national, le karaté-do qui avait été secoué par une longue crise, est en train de se refaire une place au soleil. La nouvelle fédération qui a coopté de nouvelles compétences en son sein est en train de mettre en place un plan d'action pour développer davantage les arts martiaux dans notre pays. Si au niveau de la fédération on peut dire que les choses marchent à merveille, au niveau de la ligue de l'Ouest de karaté-do des Hauts-Bassins, les choses piétinent au contraire. Depuis près de trois ans, deux groupes se disputent mutuellement la ligue. Le DTN de la ligue de l'Ouest, maître Lassina KABORE est accusé d'avoir fait un "coup d'état" à l'ancien DTN, maître Ibrahim TOURE.
Pour ce dernier, c'est à la suite d'un séminaire de haut niveau à Ouagadougou que maître Lassina KABORE est revenu lui présenter un papier de la fédération qui le nommait nouveau DTN.
Par manque de moyens, maître Ibrahim TOURE n'a pas pris part à ce séminaire de Ouagadougou.
Les frais de transport et d'hébergement étaient à la charge des participants. "Faux" rétorque maître KABORE qui pense plutôt que son homologue TOURE n'a pas le niveau requis pour être DTN devant des personnes qui sont en réalité ses maîtres. C'est ce que la fédération a constaté lors de son passage ici à Bobo. Ce jour-là, sur le plateau omnisports du Stade Wobi, le DTN TOURE a été testé. Ses limites ont été vite décelées.
La fédération lui a fait des remontrances en public et attendait de le revoir en situation de connaissance par rapport au séminaire de haut niveau, comme il n'est pas allé à Ouaga, la fédération alors opté de le changer.
Maître TOURE pense que la manière que la fédération utilisée pour le destituer est illégale. Avec lui, c'est une partie du bureau qui a ainsi été écarté. Conséquence, leurs clubs ne prennent pas part au championnat national. Sur 13 clubs selon Ibrahim TOURE, seulement 5 clubs sont affiliés à la ligue et ce sont seulement eux qui ont pris part au championnat national à Ouagadougou.
L'actuel président de la ligue des Hauts-Bassins maître Norbert SOW est catégorique. Seuls les clubs affiliés à la ligue peuvent être acceptés à la fédération. En boycottant la ligue, c'est en quelque sorte la fédération qui est boycottée. Maître Norbert est considéré comme celui qui a introduit le karaté-do à Bobo-Dioulasso. A cause de sa hauteur d'esprit et sa sagesse, il a été retenue pour mener la ligue des Hauts-Bassins à un lendemain meilleur. Mais les partisans de maître Ibrahim TOURE contestent sa sagesse. Pour eux, le grand maître roule pour maître Lassina KABORE et ses camarades. Pire, ils pensent que c'est lui qui attise le feu…
En tous cas c'est un véritable "mic-mac" qui se déroule au sein de la famille du karaté-Do bobo lais. Les positions restent figées et ce sont les athlètes qui ramassent les pots cassés. Les 2 camps se regardent en chien de faillance. Cela porte forcément préjudice au karaté-do bobolais. Le camp qui détient actuellement la ligue veut montrer qu'il maîtrise la situation. De retour de Ouagadougou où il a pris part au championnat national, il est venu présenter les 23 médailles arrachées par les Bobolais au maire de la commune de Bobo, Salia SANOU.
A l'occasion, les karatékas de Bobo ont remis de façon honorifique une ceinture noire au maire Salia SANOU. C'était le 16 août 2008 à la mairie centrale de Bobo.
Pendant donc que maître Lassina KABORE et les siens célébraient leurs médailles avec le maire, les partisans de maître Ibrahim TOURE se sont carrément démarqués.
Au grin cette situation a été jugée préjudiciable pour le karaté-do bobolais. Les arts martiaux reposent avant tout sur la discipline. Le talent seul ne suffit pas. En attendant que la fédération trouve une solution à cette crise régionale, c'est le karaté-do Bobolais qui est en danger. La passion du sport peut-être très forte, mais elle ne doit pas inhiber le progrès. Alors karatéka de Bobo, unissez-vous pour reprendre la vraie place de la ville de Sy dans le domaine du sport.

Dans le doute, l'imam refuse de célébrer un mariage
Le jeudi 28 août dernier, il y avait des cérémonies de mariage un peu partout dans la ville de Sya. Au secteur n°9 (Accart-ville) vers la zone de l'attiéké, se trouve une mosquée dans le six mètre. Une petite mosquée tenue depuis belle lurette par la famille FOFANA qui est une famille de marabout.
Le jeudi 28 août, dernier jeudi avant le mois du carême, la petite mosquée des FOFANA a accueilli 4 mariages en même temps. Parmi ces mariages, il y avait celui d'un "Yoruba de Bobo" qui réside en Italie voilà maintenant plus de 20 ans. On ne sait pas ce qui l'a poussé d'un coup. Il est revenu en famille après avoir passé tout ce long moment au pays de la "Squadra Azura". 20 ans en Italie et puis ça s'arrête là. Notre Italien n'a même pas réussi à se construire le moindre logement. Il est arrivé comme ça, comme le jour de son départ, il y a 20 ans. Il est allé louer une villa pour y passer son séjour. En tout cas il ne semble pas être en manque d'argent. En bon "Italien", il aime s'habiller soigneusement. Entre temps, il est tombé amoureux d'une femme du secteur et très vite, il a proposé de se marier avec elle si elle le désirait.
Quelle femme peut-elle résister à un "italien" qui manipule avec aisance des billets de banques en Euro ?
La femme accepta et comme le mois de carême était presqu'arrivé, il fallait faire vite. Et tout fut ficelé en un temps record et le mariage fût porté à la mosquée.
Au tour du mariage de notre "Yoruba italien", l'imam posa la question à son témoin à savoir s'il priait régulièrement selon le rite musulman. Le témoin répondit qu'il pouvait attester que ses parents sont des musulmans pratiquants mais en ce qui concerne le marié, il ne le savait pas tout simplement parce que l'intéressé à beaucoup duré à l'étranger. Sur ce, l'imam a refusé d'officier ce mariage. Le témoin proposa d'appeler l'intéressé sur son portable pour l'écouter. Joint au téléphone par l'imam en direct de la mosquée, "l'Italien" a soutenu sans sourciller qu'il priait tous les jours sans exception. Devant cette affirmation directe, l'imam a accepté finalement de célébrer ce mariage. L'homme dit qu'il va laisser sa dulcinée à Bobo et une fois en Italie, il va lui envoyer ses papiers afin qu'elle l'y rejoigne là-bas.
L'homme est tout heureux avec sa nouvelle femme. Dans les coulisses de ce mariage, certaines langues se sont déliées. Le témoin est formel en "off". L'homme ne prie plus depuis son long séjour en Italie. Tout le monde le sait mais personne ne veut le dire.
Mais pourquoi avoir accepté d'être le témoin de mariage de quelqu'un sans rien connaître de lui ?
Au grin, les gens ont déploré la façon de faire de ce témoin tout en rappelant que la responsabilité de témoin est très grande à assumer et le plus souvent les gens le prennent à la légère. On ne choisit pas un témoin comme ça à la volée. Malheureusement c'est ce qu'on voit un peut partout.
Parfois le témoin ne connaît même pas le marié.
Dans le cas de notre Italien, certains membres du grin sont très remontés contre lui. Pour eux, il ne peut pas passer 20 ans en Italie sans la moindre femme. Ils ont soutenu qu'il se peut qu'il soit marié là-bas. Comme il est en vacance, il veut se chercher une femme pour lui tenir compagnie et la meilleure façon de montrer "patte blanche" c'est de proposer le mariage. Cela rassure la femme même si ses parents sont septiques. "Les femmes se méfient beaucoup trop des hommes en général et pas assez en particulier". La nouvelle mariée aussi est accusée de ne pas prier régulièrement tout comme son mari "d'italien". Mais tout ceci, c'est hors de la mosquée qu'on le dit.
L'homme a eu sa femme et bientôt il s'en ira en Italie, la laissant seule, le temps de l'expédier son visa et son billet d'avion.
Au grin, les gens ne veulent pas passer pour des oiseaux de mauvais augure. Mais force est de reconnaître que l'Italien n'inspire pas trop confiance dans ses démarches. Il vit maintenant comme un "Italien". Il ne se préoccupe pas trop des racontars. Il vit sa vie comme il l'entend et n'a pas de compte rendre à quelqu'un.
Le sage du grin a dit de ne pas tout voir en noir chez ce nouveau marié. Il se peut qu'il soit sincère avec la femme qu'il vient de marier. Pour une fois, le sage du grin n'a pas été trop suivi dans sa démarche. Les gens pensent qu'il ne sait pas de quoi ces "Africains d'Europe" sont capables. Histoire à suivre donc de près. L'homme va bientôt rentrer en Italie et on verra bien si la femme va suivre.


«Le petit fâkir, toujours dispo»

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