L'opinion N°570
Du 10 au 16/09/2008

Actualité

Commune de Kindi (Boulkiemdé)

Et si on s’accordait sur l’essentiel : le développement

Thomas BANGUEMZANRE, maire de Kindi

Ce n’est certainement pas pour rien si en matière de décentralisation l’on parle le plus souvent de processus. Processus parce dynamique avec des hauts et des bas, des problèmes à résoudre, des erreurs à corriger. Mais l’essentiel, c’est d’avancer. C’est d’ailleurs ce qu’on constate avec les communes du Burkina depuis la communalisation intégrale du territoire. Et la commune rurale de Kindi dans le Boulkiemdé n’échappe pas à ce qui apparaît comme une logique.

Dans cette commune, les problèmes à résoudre sont nombreux ; les erreurs à corriger également. Mais l’essentiel pour le maire Thomas BAGUEMZANRE et «ses» conseillers doit être le développement, d’où la nécessité pour chacun et pour tous de s’engager pleinement en laissant de côté les considérations d’ordre personnel et politique.

Il y a de cela quelques mois pour un projet de lotissement de la commune adopté en session du conseil municipal, le maire s’est vu obligé de résoudre une crise qui n’en valait vraiment pas la peine. Une partie de la population conduite par le chef de Kindi ayant jugé le projet inopportun. Raisons évoquées, entre autres, la crise alimentaire et le «péché» de n’avoir pas «officiellement» informé le chef coutumier du projet de lotissement. Cette crise, plus ou moins résolue, on pensait que tout était rentré dans l’ordre. Mais récemment, sur dénonciation d’un conseiller municipal, M. Antoine SOMPOUGOUDOU, la commune de Kindi a reçu du 22 au 28 juin une mission technique du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD), venue investiguer sur la gestion du maire. Suite au rapport de cette mission, le maire Thomas BAGUEMZANRE a accordé une interview à un quotidien de la place où il disait entre autres que «rien d’illégal n’a été relevé dans (sa) gestion». Au passage M. le maire lance quelques «piques» à l’auteur de la dénonciation, c’est-à-dire M. SOMPOUGOUDOU, en ces termes : «…Pour le cas de M. SOMPOUGOUDOU qui n’est pas un modèle de vertus et de morale, qui ne participe pas aux différentes sessions du conseil municipal, mais qui sape le moral des citoyens par ses agissements, j’estime que le ministère doit souvent leur appliquer des sanctions pour les dissuader dans leurs sales entreprises». Piqué certainement dans son amour propre, M. SOMPOUGOUGOU s’est vu obligé d’adresser au quotidien un droit de réponse suite à l’interview du maire. Point par point, il «décortique» l’interview avec au passage des «piques» à la hauteur de ceux du maire.

Balle à terre pour le développement

A lire les deux réactions (celles du maire et de M. SOMPOUGOUDOU), on a l’impression que dans le fond ce n’est pas la gestion de la commune qui préoccupe. Les préoccupations sont ailleurs et ont pour point d’achoppement des querelles personnelles et même politiques. Ce dont manifestement la commune de Kindi n’a pas besoin pour son développement. Le maire a fait certaines erreurs relevées par la mission du MATD. Ce dernier a d’ailleurs reconnu ses erreurs et peut être excusable dans la mesure où comme nous l’avons dit, on est dans un processus, un apprentissage où les problèmes et les erreurs ne peuvent pas manquer. Comme l’a dit l’artiste, on trébuche, on tombe, on se relève et on continue.

Dans tous les cas, le souhait est que M. SOMPOUGOUDOU qui est conseiller municipal et le maire puissent résoudre leurs différends dans les cadres démocratiques. Et les sessions du conseil sont les cadres appropriés. Le linge sale se lave en famille si tant est que chacun a pour souci le développement de la commune de Kindi. Chercher à avoir raison ou chercher à vouloir résoudre des différends par la presse ne fera que «radicaliser» les positions et cela au détriment de l’essentiel qui est le développement de la commune.

Kindi de par sa position géographique et ses potentialités socioéconomiques et culturelles a les atouts qu’il faut pour ne pas faire mentir les fervents défenseurs de la décentralisation intégrale.

Du reste, on voit déjà que de gros efforts sont faits et la petite bourgade n’est certainement plus ce qu’elle était il y a quelque temps. Le Conseil municipal de Kindi ne doit pas oublier qu’il a un bilan à faire aux populations à l’issue des 5 ans de gestion. Alors messieurs du conseil, balle à terre pour le développement. C’est le seul combat qui mérite d’être mené. Le reste n’intéresse vraiment pas les populations de Kindi.

Par Ben Alex Beogo

Par Romain WANRE (stagiaire)

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