Angola
Un pays en voie de normalisation
En dépit de nombreux problèmes organisationnels, l’Angola a tenu le pari d’organiser des élections législatives du 6 au 7 septembre 2008. Avec la présidentielle prévue pour l’année prochaine, le pays, jadis déchiré par la guerre civile, est en voie de normalisation avec l’aide de la Chine populaire.
Edouardo Dos SANTOS, président Angolais 
Sur l’Angola, les qualificatifs ne manquent pas, pour magnifier la richesse d’un pays «gâté» par la nature, que deux décennies de guerre civile ont pourtant transformé en une terre de lamentations. Or, diamants, pétrole, cuivre, zinc, à l’instar de son grand voisin congolais, le pays d’Agostinho NETO (premier président du pays) est un scandale géologique. Un scandale humain aussi, si tant est qu’en dépit de son immense potentiel, la misère y est prégnante, avec parfois des images désolantes dans les rues de Luanda. C’est que, comme indiqué, les lendemains de l’indépendance politique ont été troubles et complexes, les Occidentaux étant à l’époque peu désireux de laisser le pays aux mains des communistes incarnés à l’époque par Agostinho NETO et le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) qui avait bénéficié de l’aide des Soviétiques pour bouter les Portugais hors du pays. Leur bras armé, Jonas SAVIMBI pouvait dès lors semer la terreur et la désolation dans le pays, avec les armes sophistiquées dont il disposait et la manne financière mise à sa disposition. Avant le Libéria et la Sierra Léone, l’Angola a expérimenté, les «manches courtes et longues», images qui renvoient au sectionnement des membres supérieurs suivant que ce soit le poignet ou tout le membre qui soit concerné. Viols, pillages, meurtres, l’insécurité avait plombé les ailes du développement dans ce pays promis à un bel avenir. La chute du mur de Berlin et le redécoupage géostratégique qu’il a entraîné ont provoqué la chute de la «maison» SAVIMBI avec la mort du rebelle qui avait été lâché par ses commanditaires.
Morte la bête, mort le venin pourrait-on dire, car, depuis, l’Angola a amorcé un retour au sommet avec l’aide de la Chine de MAO, qui y expérimente une version nouvelle de troc. En échange du pétrole qui y coule à flots et des autres matières premières dont elle a besoin pour alimenter sa puissante industrie, Pékin a entrepris la réhabilitation et la modernisation des infrastructures et des services angolais. Des kilomètres de routes ont été posés, et les immeubles poussent comme des champignons dans la capitale angolaise.
Du coup, les critiques fusent de la part des Occidentaux qui voient dans cette coopération un mariage entre deux «fossoyeurs» de la démocratie. Pékin parce que les droits de l’Homme ne sont pas respectés en Chine et l’Angola qui «n’arrive pas» à organiser d’élections crédibles. La bonne vieille propagande d’un Occident ouvert et démocratique est ressortie dans le même temps, le but inavoué étant de remplacer la Chine dans cet eldorado. Pendant ce temps et, nonobstant une forte inflation, l’Angola devient petit à petit, un pays émergent. Le test grandeur nature reste cependant la tenue l’année prochaine de l’élection présidentielle qui doit mettre fin à la transition politique.
Après la mort de SAVIMBI, son parti, l’UNITA (l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) était en effet rentré au gouvernement pour éviter au pays de sombrer à nouveau dans la violence. Il va falloir désormais jauger les forces en présence et permettre au vainqueur de mettre en œuvre sa politique sans restriction ni compromis. La normalisation est en marche du côté de Luanda, et, quand l’Angola s’éveillera, l’Afrique entière en tirera des dividendes.
Par Alpha YAYA