
ESPAGNE - ALLEMAGNE : 1-0
But : Puyol (73e)
L'Espagne a mis fin à la malédiction qui semblait l'accabler tous les quatre ans. En battant l'Allemagne (1-0), elle a gagné le droit de disputer sa première finale de Coupe du monde face aux Pays-Bas. Une affiche inédite à ce niveau. Elle promet d'ailleurs de sacrer un huitième pays champion du monde dans le Soccer City de Johannesburg, dimanche. La Roja est ainsi assurée de faire mieux que la quatrième place décrochée en 1950 au terme d'une poule finale. Deux fois championne d'Europe (1964, 2008) et reine dans le football de clubs (12 Ligues des champions), elle a désormais l'occasion de remporter sa première Coupe du monde. Seules l'Allemagne (Euro 1972, Mondial 1974) et la France (Mondial 1998, Euro 2000) ont réussi un enchaînement comparable.
Pour se qualifier, elle a dominé la Mannschaft sur le même score que lors de la finale du dernier Euro. Mais on a été loin du match à sens unique de Vienne. Et le festival offensif tant attendu entre deux des équipes les plus séduisantes d'Afrique du Sud n'a pas été au rendez-vous. Pour preuve, c'est le défenseur central Carles Puyol qui a sauvé les troupes de Vicente Del Bosque en fin de match. Sur un corner de Xavi, le Barcelonais expédie une tête pleine de rage qui laisse Neuer impuissant (73e). Son troisième but en sélection. Sans doute le plus important. Avant cela, les Espagnols ont tout de même tremblé, comme en huitième (Portugal) et en quart (Paraguay), remportés 1-0. Lorsqu'Özil s'est enfoncé dans l'axe et s'est écroulé à l'entrée de la surface au contact de Sergio Ramos (45+1), tout un pays a retenu son souffle.
Allemagne : manque de fraîcheur, de spontanéité...
Car le jeu à une touche de balle des Espagnols n'a pas souvent inquiété les Allemands. Comme souvent, les Rouges ont monopolisé les ballons mais les occasions ont été rares, hormis une première tête plongeante de Puyol (14e), l'homme du match côté ibérique. Pourtant, la titularisation de Pedro à la place de Torres a bien failli donner raison à Del Bosque. L'attaquant du Barça s'est illustré par une frappe repoussée par Neuer suivie d'un centre d'Iniesta pour lequel Villa était trop court (58e). Mais Pedro a aussi mangé la feuille de match en préférant s'enferrer dans un dribble alors que Torres, fraîchement sorti du banc, était seul dans la surface (82e).
Si l'Espagne a joué son jeu, l'Allemagne n'a pas su le faire. Elle qui a marqué 13 buts en six matches en Afrique du Sud est apparue empruntée. A Durban, la formation de Joachim Löw n'a pas montré la même fraîcheur et la même spontanéité qu'aux tours précédents. L'absence de Thomas Müller, suspendu pour une accumulation de cartons jaunes, n'y est pas étrangère. La jeunesse de l'équipe (24 ans de moyenne d'âge) non plus. La bande à Miroslav Klose, qui restera à 14 buts en Coupe du monde, s'est trop souvent contentée d'attendre pour placer une contre-attaque. Il a fallu attendre la 32e minute pour voir Trochowski inquiéter pour la première fois Casillas. Il n'y aura pas vraiment d'autre action dangereuse avant la seconde période et un centre de Podolski pour Kroos, seul au second poteau, dont la reprise est détournée par Casillas (69e). Encore une fois, la très prometteuse équipe allemande a terminé bredouille après les finales du Mondial 2002 et de l'Euro 2008, et déjà une élimination en demi-finales de la Coupe du monde 2006. Mais l'avenir pourrait lui sourire.
URUGUAY - PAYS-BAS : 2-3
But : Forlan 41e, M.Pereira 90e+2 pour l'Uruguay - van Bronckhorst 18e, Sneijder 70e, Robben 73e pour les Pays-Bas
Cela faisait 32 ans qu'ils attendaient ça. Depuis l'époque de la génération Cruyff et son football total dans les années 70, les Néerlandais n'avaient plus goûté à la moindre finale de Coupe du monde*. Au Cap, les partenaires d'un Wesley Sneijder, de plus en plus proche du Ballon d'Or, ont réparé l'erreur. Non sans mal. L'Uruguay lui a donné du fil à retordre aux Oranje, comme à ses précédents adversaires. Mais l'équipe sud-américaine, peut-être émoussée après son quart de finale marathon face au Ghana (1-1, 4-2 t.a.b.) a fini par craquer (2-3). Les Pays-Bas ont fait la différence en trois minutes pour décrocher le sésame le plus prisé, une place en finale du Mondial, malgré une ultime et magnifique réaction d'orgueil des Uruguayens en fin de match. Ils peuvent attendre sereinement le vainqueur d'Espagne-Allemagne, qui aura lieu demain.
Si les Néerlandais ont mérité leur victoire, l'Uruguay n'aurait pas volé sa place en finale. La Celeste avait vraiment une belle équipe en Afrique du Sud, pleine de coeur, d'intelligence et de talent. Elle l'a encore prouvé après l'ouverture du score, somptueuse de van Bronckhorst. Servi par de Zeeuw, l'arrière gauche a armé une frappe du pied gauche foudroyante de plus de 35 mètres pour trouver la lucarne d'un Muslera médusé (1-0, 18e). En difficulté physiquement, les Uruguayens auraient pu craquer. Ils ont résisté, reprenant le jeu à leur compte dans le dernier quart d'heure de la première période. L'égalisation de Forlan, d'une très belle frappe du gauche après un bon service de Gargano, est venue récompenser la combativité de la Celeste et le talent du buteur de l'Atletico Madrid (1-1, 41e), magnifique tout au long du Mondial.
Une affaire pliée en trois minutes
L'Uruguay n'a pas été loin de déjouer les pronostics par la suite. Forlan, capitaine d'un soir en l'absence de Lugano, a pris soin de motiver toute son équipe dans le couloir du vestiaire juste avant la reprise. L'image était forte, et elle a bien failli faire effet. Les Néerlandais n'étaient pas loin de craquer dans la première moitié de la seconde période. Un sauvetage de van Bronckhorst sur sa ligne sur une tentative de Pereira (51e) et une belle parade de Stekelenburg sur un coup franc de Forlan (67e) ont donné des sueurs froides aux supporters oranje massés dans les tribunes du stade du Cap.
A ce niveau de la compétition, la victoire se joue souvent sur des petits détails. Cette demi-finale n'a pas échappé à la règle, et le sort a choisi de favoriser le destin des Pays-Bas. Sur une attaque un peu brouillonne, Sneijder a hérité du ballon à l'entrée de la surface, légèrement excentré sur le côté gauche, à une vingtaine de mètres du but adverse. La frappe du milieu de l'Inter, légèrement dévié par une jambe uruguayenne, à peine effleurée par le pied d'un van Persie en position de hors-jeu, a heurté le poteau avant de pénétrer dans le but d'un Muslera impuissant (2-1, 70e). Sonné, l'Uruguay se retrouvait K.-O. dans la foulée sur un coup de tête de Robben, à la réception d'un centre parfait de Kuyt (3-1, 73e). L'affaire était pliée.
La frayeur du camp oranje
Mais il était écrit que l'Uruguay ferait sensation jusqu'au bout. Cette Celeste a pris un malin plaisir à rendre ses fins de matches dantesques tout au long de ce deuxième tour. Le Ghana peut en témoigner, les Pays-Bas n'ont pas été loin de le payer après avoir manqué plusieurs belles occasions de corser l'addition. Une frayeur s'est emparée du camp oranje après la réduction de Maxi Pereira, d'une frappe enroulée à l'entrée de la surface (3-2, 90e+2). Mais l'ultime poussée uruguayenne, aussi désordonnée qu'héroïque, n'a pas été fructueuse. La formation de Tabarez quitte l'Afrique du Sud par la grande porte. Les Pays-Bas, eux, ne sont plus qu'à une marche du Panthéon.
* En 1978, Johan Cruyff n’était déjà plus international, mais plusieurs de ses partenaires de 1974 avaient disputé la finale contre l'Argentine.
PARAGUAY - ESPAGNE : 0-1
But : Villa 83e
L'Espagne a mis fin à la malédiction. En 1934, 1986, 1994 ou encore en 2002, elle s'était arrêtée à chaque fois en quarts de finale. En s'imposant face au Paraguay, elle s'est enfin invitée en demi-finales où l'attend désormais un choc face à l'impressionnante armada allemande. Mais ce ne fut pas sans trembler. Il a fallu un nouveau but de David Villa, son cinquième de la compétition, et un grand Iker Casillas pour délivrer la Roja. Après le Portugal, cette dernière est tombée face à une nouvelle forteresse. Pourtant, Gerard Martino avait annoncé la couleur. "L'Espagne a un tel monopole du ballon avec 65-70% qu'on est bien obligé d'avoir un dispositif très défensif", avait prévenu le sélectionneur argentin du Paraguay. Et son équipe ne l'a pas fait mentir. Pendant près d'une heure, on a vu l'attaque espagnole se heurter à l'hermétique défense paraguayenne qui n'avait jusque là encaissé qu'un seul but durant le Mondial.
Si David Villa a encore été décisif, l'Espagne peut aussi remercier Iker Casillas. Décrié et présenté comme le maillot faible de la Seleccion, le gardien a sauvé ses troupes à deux reprises. D'abord en s'illustrant au cours de trois minutes de folie qui ont animé la rencontre en seconde période. Tout aurait en effet pu basculer : chaque équipe a raté un penalty dans des conditions rocambolesques, alors qu'il y avait 0-0. Mais le Madrilène a sauvé les siens en stoppant un penalty tiré par Cardozo suite à une faute de Piqué (59e). Dans la foulée, Villa fonce vers le but paraguayen et Alcaraz le retient. Nouveau penalty, cette fois pour l'Espagne. Xabi Alonso s'élance... et marque. Mais la joie est de courte durée. L'arbitre demande de tirer à nouveau le coup de pied, en raison de l'intrusion d'un joueur dans la surface de réparation. Xabi Alonso s'élance une seconde fois mais son tir est repoussé par Villar, qui dans la foulée fauche Fabregas (62e). Mais cette fois, l'arbitre ne dit rien...
Deux moments de folie
En fin de match, Casillas joue une nouvelle fois les sauveurs. En s'interposant sur un tir à bout-portant de Roque Santa Cruz (89e), le portier assure la qualification. Car, avant cela, David Villa est enfin parvenu à faire sauter le verrou paraguayen dans des conditions tout aussi inhabituelles. Trop excentré à gauche durant la première heure de jeu, le nouvel attaquant du Barça a profité de la sortie de Fernando Torres (56e), une nouvelle fois décevant mais préféré à Llorente, pour déployer ses ailes en pointe. Puis la 83e minute. Iniesta remonte le ballon, décale Pedro à droite qui tire sur le poteau gauche. Villa, à l'affût, reprend le ballon et l'expédie sur le poteau droit. Il roule sur la ligne de but vers le poteau gauche, le touche et finit par rentrer. Non sans mal, il égale le record espagnol de buts en une Coupe du Monde (Basora en 1950 et Butragueño en 1986).
A part ça, on n'a pas vu grand chose. Un match haché par les fautes et fermé à double tour par la défense du Paraguay. Mais l'Espagne peut aussi être blâmée pour ne pas avoir su trouver la solution. Hormis une frappe enveloppée de Xavi, passée au-dessus de la cage (28e), et une dernière tentative de Villa (90e), le bilan espagnol est maigre. Elle a même frôlé la correctionnelle sur un but de Nelson Valdez refusé pour un hors-jeu délicat à juger (41e). Il faudra sans doute faire mieux face à l'Allemagne mercredi à Durban pour une réédition de la finale de l'Euro 2008 qu'elle avait remportée 1-0. Elle qui avait terminé 4e en 1950 (mais au terme d'une poule finale) espère désormais faire mieux en Afrique du Sud.
ARGENTINE - ALLEMAGNE : 0-4
But : Müller 3e, Klose 68e, 89e, Friedrich 74e
On s'attendait à tout, sauf à ça. Allemagne-Argentine avait tout d'une finale avant la lettre de la Coupe du monde 2010, rien d'une humiliation annoncée pour la formation de Diego Maradona. Mais la réalité est terrible pour les Argentins. Battus 4-0, ils ont concédé leur revers le plus large en Coupe du monde depuis 1974. Demain, le pays se lèvera avec une gueule de bois comparable à celle qui attendait le Brésil ce matin. La Mannschaft n'a pas les mêmes problèmes. Après avoir passé quatre buts aux Anglais, les hommes de Löw en ont fait de même face aux Sud-Américains. Deux prétendants au titre balayés par le collectif allemand et une recette implacable : une entame de match parfaite et des contres assassins en deuxième période. L'Argentine n'a pas digéré, et devra encore attendre pour connaitre une demi-finale de Coupe du monde qui lui échappe désormais depuis vingt ans.
Maradona a sans doute vu le coup venir. Comme un clin d'oeil du destin, c'est Thomas Müller qui lui a planté la première banderille. Ce jeune joueur de 21 ans qu'il avait pris pour un ramasseur de balle quand l'Argentine avait rendu visite à l'Allemagne à Munich il y a quatre mois, lors d'un match amical remporté par les Argentins (0-1)... "Je vais faire en sorte que, cette fois, il se souvienne de moi", avait lancé Müller en conférence de presse mercredi. Dans le mille ! Dès la 3e minute, il a donné l'avantage aux Allemands en reprenant de la tête un coup franc de Schweinsteiger. Juste avant la pause, il a failli doubler la mise mais son pointu a été dévié en corner. Partie remise. En deuxième mi-temps, le Bavarois a arraché un ballon dans les pieds de Demichelis pour lancer instantanément Podolski. A la réception du centre du joueur de Cologne, Klose a mis l'Argentine à terre (2-0, 68e). Oui, Maradona n'oubliera plus Müller. Pas plus que les Allemands n'oublieront ce carton jaune sévère reçu par son petit prodige, qui le privera de la demi-finale. Le seul point noir de cet après-midi euphorique.
Messi passe à côté
Le reste s'apparente à un rêve éveillé. Et un cauchemar pour l'Argentine. Il a fallu attendre plus de vingt minutes pour voir une occasion digne de ce nom de l'Albiceleste, une demi-heure pour assister à un tir cadré... Les Argentins se sont créés quelques opportunités par la suite, notamment par Higuain ou Di Maria, mais sans jamais vraiment inquiéter un très bon Neuer. La formation de Maradona a trop souvent donné l'impression d'être divisée en deux, entre le désir d'égaliser et la crainte des contres allemands. Dans ce contexte, Messi n'a jamais pu s'exprimer pleinement, redescendant trop bas pour aller chercher les ballons ou les attendant vainement en attaque. On attendait de cette Coupe du monde qu'elle consacre le génie du Barça, ce ne sera pas le cas.
La formation de Löw a eu le mérite de résister à l'orage sud-américain dans le premier quart d'heure de la seconde mi-temps. Après le but de Klose, le double champion du monde a craqué. Schweinsteiger n'a eu que trop de facilité pour passer en revue toute la défense argentine avant de servir Friedrich face au but vide (3-0, 74e). Et Klose s'est retrouvé bien seul pour reprendre victorieusement un centre venu de la gauche et parachever le succès des siens (4-0, 88e). Avec 14 buts, le buteur allemand, âgé de 32 ans, rejoint Gerd Müller dans l’histoire des buteurs de la compétition et ne pointe plus qu'à une longueur de Ronaldo. Mais l'essentiel est ailleurs. Si elle peut s'appuyer sur son buteur expérimenté, c'est bien grâce à sa jeune génération que la Mannschaft fait figure de favorite dans cette épreuve. Au prochain tour, elle tentera de le confirmer face au Paraguay ou à l'Espagne.
URUGUAY - GHANA : 1-1
Buts : Forlan 55e pour l'Uruguay et Muntari 45+2 pour le Ghana
C'est la fin d'un rêve. L'Afrique ne verra pas un de ses représentants dans le dernier carré, pour la première fois qu'il accueillait la Coupe du monde. C'est donc dans un silence de cathédral que Soccer City a accueilli la qualification de l'Uruguay pour les demi-finales au terme de la séance des tirs au but (1-1, 4-2 tab). Une première depuis 1970. Pourtant, l'Afrique entière y a cru jusqu'au bout mais un penalty raté par Gyan en fin de prolongation et deux arrêtés de Muslera ont barré la route des Black Stars. L'enjeu était peut-être trop grand. Battus en huitièmes de finale il y a quatre ans en Allemagne pour leur premier Mondial, les Black Stars n'auront pas fait mieux que le Cameroun (1990) et le Sénégal (2002), seules équipes africaines ayant atteint ce niveau. La dernière marche était trop haute pour une équipe finaliste de la CAN 2010 et champion du monde des moins de 20 ans l'an dernier.
Face à un enjeu aussi énorme, la pression a forcement joué. Les Ghanéens, privés d'Ayew, auront ainsi mis une demi-heure à entrer dans leur match. Mais leur réveil n'est pas passé inaperçu. Une tête de Vorsah (30e), parfaitement servi par Muntari, puis une frappe de Gyan au ras du poteau (31e), après un énorme travail du virevoltant Boateng, ont sonné la révolte. Les hommes de Milovan Rajevac se sont vu pousser des ailes dans le dos et Boateng s'est essayé un retourné osé qui a tout de même donné quelques frayeurs à Muslera (45e). Mais la domination ghanéenne est finalement récompensée à quelques secondes de la fin grâce à Sulley Ali Muntari qui ouvre le score d'une frappe des 30 mètres (45e, 0-1). Une rédemption pour l'ancien banni.
Le sacrifice de Suarez
Mais l'Uruguay jouait également gros. L'équipe du premier quart de siècle de la Coupe du monde, championne en 1930 et 1950, se devait de sortir d'une longue éclipse. Elle n'avait d'ailleurs plus franchi le premier tour depuis 1990 et n'était même pas qualifiée en 2006. Pour renouer avec son glorieux passé, elle a pu compter une nouvelle fois sur Diego Forlan et Luis Suarez. Le premier a arraché l'égalisation d'un magnifique coup-franc (55e, 1-1). Le second s'est montré dangereux (26e, 63e, 77e). Sans succès. Mais l'attaquant de l'Ajax a peut-être qualifié son équipe en se sacrifiant en prolongation.
Lors d'une deuxième période de domination du Ghana, marquée par une nouvelle occasion de Boateng (118e), Adiyiah a bien cru délivrer les Africains. Mais Suarez a repoussé une nouvelle tête ghanéenne de la main sur sa ligne. L'Uruguayen était expulsé et Gyan envoyait le penalty sur la barre... (120e). Le Ghana a laissé passer sa chance et n'a pas rempli la lourde mission dont il était investi. Lors de la séance des tirs au but, John Mensah, le capitaine, excellent sur le terrain, et le jeune espoir Dominic Adiyiah ont eux aussi fait pleurer l'Afrique, comme Gyan, en voyant Fernando Muslera stopper leurs tirs. C'est donc l'Uruguay qui défiera les Pays-Bas mardi au Cap pour une place en finale.
PAYS-BAS - BRESIL : 2-1
Buts : Melo (csc, 53e) et Sneijder (68e) pour les Pays-Bas ; Robinho (10e) pour le Brésil.
D'abord le coup de la panne, puis le coup du sort et, enfin, le coup de grâce. Au terme d'une rencontre sans temps mort et complètement renversante, les Pays-Bas, pourtant menés au score, ont fait plier le Brésil et ses cinq étoiles (2-1), lors du premier quart de finale de la Coupe du Monde, vendredi, à Port Elizabeth. Un coup de tonnerre. Pour la quatrième fois de leur histoire, les Oranje atteignent le dernier carré de la Coupe du monde après 1974, 1978 et 1998. Comme en 2006, le Brésil sort par la petite porte sans parvenir à assumer son costume de favori. Si élégants lors des 45 premières minutes, les Auriverde version Dunga ont craqué, déjoué en deuxième période, au point de jouer à dix pendant 20 minutes (Felipe Melo expulsé). Envolée leur solidité si souvent louée. Les Bataves, eux, n'ont jamais paniqué. Même complètement dépassée en première mi-temps, même menée au score, la bande à Robben a refait surface pour planter des Brésiliens incapables de relever la tête après la mésentente entre Julio Cesar et Felipe Melo (58e) qui a coûté l'égalisation des Pays-Bas. Felipe Melo inscrivant au passage le premier but contre son camp du Brésil en Coupe du monde. Le tournant sans aucun doute.
Car jusque-là, les Brésiliens avaient écrasé la rencontre de leur maîtrise, de leur talent. Au bout de dix premières minutes de folie, et deux minutes après un premier but justement invalidé pour hors jeu, Robinho a concrétisé la maîtrise brésilienne à l'issue d'une merveille d'ouverture signée Melo dans le dos d'une défense néerlandaise complètement dépassée (10e). Même si Kuyt a répliqué dans la foulée, la première mi-temps a clairement été marquée par la domination des quintuples champions du monde. A l'image de ce fabuleux triptyque, passement de jambes (Robinho), talonnade dans la course (Fabiano) et frappe enroulée (Kaka), Stekelenburg a maintenu les Oranje dans le match au prix d'une envolée décisive (31e).
Le Brésil perd ses nerfs
Mais l'égalisation néerlandaise peu avant l’heure de jeu, aussi heureuse qu'imméritée, a complètement remis les choses à plat. Dans les cordes, le Brésil a tendu l'autre joue et, sur corner, Sneidjer a profité d'une déviation de Kuyt au premier poteau pour planter les hommes de Dunga dans le dos. Incapables de réagir, les Auriverde ont, dès lors, sombré dans l'approximatif. Frustré, le Brésil a même perdu ses nerfs et la semelle de Felipe Melo n'a fait que souligner l'impuissance brésilienne. La fin de match a offert des opportunités aux deux sélections. Trois corners consécutifs (81e) ont semé le trouble dans l'arrière-garde oranje. Les Néerlandais auraient pu se passer d'une fin de rencontre crispante en convertissant les quelques contres par Sneijder (83e) et surtout Huntelaar (90+2e), coupable, sur ce coup, d'un incroyable attentisme. Qu'importe, les Pays-Bas ont signé un exploit retentissant. Après 42 matches sans défaite en Coupe du Monde hors du continent européen, le Brésil a chuté par manque de rigueur. Ou comment Dunga et ses hommes sont tombés dans leur propre piège.
ESPAGNE-PORTUGAL: 1-0
But: Villa (63e)
Dire qu'on s'est ennuyé lors de ce 8e de finale n'est pas si éloigné de la vérité. Pendant une heure en tout cas, celle que l'Espagne a passé à chercher la clé du verrou portugais. Un verrou qui semblait fabriqué par José Mourinho tellement il a mis à rude épreuve les nerfs espagnols. Finalement, il a cédé et la physionomie du match a changé. Le déclencheur? La sortie de Fernando Torres et l'entrée de Fernando Llorente à l'heure de jeu. Une tête à bout portant de l'attaquant de Bilbao et une frappe enroulée au ras du poteau de David Villa plus tard, l'attaquant de Valence trouvait, bien servi par une talonnade de Xavi, le chemin des filets pour la quatrième fois de ce Mondial (63e).
Après ça, tout a été plus simple pour la Roja. Les deux lignes de
défenses portugaises ont explosé, elles qui avaient montré une solidité étonnante, à l'image de ce que la Suisse avait pu produire lors de sa victoire sur l'Espagne au premier tour (1-0). Seul le dernier rempart des Lusitaniens, le gardien Eduardo, est encore parvenu à tenir la baraque sur une frappe enroulée de Ramos (70e) ou sur la mine de Villa (77e). Il avait déjà fait des merveilles en première période face au Valencian, dangereux par trois fois dans les dix premières minutes (1e, 4e, 7e) ou aux autres tentatives espagnoles. Malheureusement pour lui, ses partenaires se sont montrés trop frileux, même après l'ouverture du score.
L'Espagne doit réfléchir
Ce n'est pas faute d'avoir eu des opportunités et des plutôt franches, principalement en contre et en première période. Que ce soit sur les têtes de Hugo Almeida (21e, 39e) ou ce coup franc de Cristiano Ronaldo, par ailleurs loin de son meilleur niveau, mal dégagé par Casillas (28e). Le Portugal a préféré pendre le parti de défendre à tout-va et de jouer uniquement sur les montées de Coentrao ou les accélérations de Sabrosa et Ronaldo. Il en a oublié qu'il avait des joueurs techniques, capables de rivaliser sur ce plan avec ses voisins. Sept buts marqués contre la Corée du nord, un seul encaissé et voilà les Nouveaux Navigateurs, comme ils étaient surnommés, en route pour le pays.
Pour l'Espagne, cette qualification est amplement méritée. C'est elle qui a fait le jeu. Avec 19 tirs pour 10 cadrés et 60% de possession de balle, la Roja a été fidèle à ses habitudes. En revanche, elle devra se poser des questions pour son prochain match car elle risque de se heurter à nouveau à un bloc ultra compact, face au Paraguay, en quart de finale. Pendant une heure ce soir, elle a été incapable d'être dangereuse dans les 30 derniers mètres. Sans solution. Il a fallu du coaching et un éclair de Villa pour débloquer la situation. Il y a un moment où ça ne passera plus.
PARAGUAY - JAPON 0-0
Paraguay qualifié 5 t.a.b. à 3
Le Paraguay est en quarts de finale. Une première dans son histoire. La porte a été longue à s'ouvrir. Il a fallu attendre la séance de tirs au but pour voir l'Albirroja se débarrasser du Japon suite à un tir manqué de Komano (0-0, 5 t.a.b. à 3). Voilà, tout est presque dit de ce match, qui ne restera pas dans les annales. Enfin si puisque une nouvelle équipe se retrouve en quart de finale de la Coupe du monde. Mais voilà, c'était écrit d'avance dans ce duel entre deux formations qui avaient toujours échoué en huitièmes de finale avant cette rencontre....
Pour le reste, il n'y a pas grand chose à rapporter de ce huitième de finale. Paraguayens et Japonais n'ont pas fait honneur au football offensif mardi. Le poids de l'enjeu ? Peut-être bien. Un choix tactique ? Sûrement. Les deux équipes n'ont jamais semblé vouloir se lâcher et prendre des risques pour arracher leur billet. Résultat, ils ont attendu de longues minutes pour se départager. Et les supporters ont pris leur mal en patience avec juste quelques occasions à se mettre sous la dent.
Le Japon peut s'en vouloir
Une barre de Matsui (21e), une frappe non cadrée de Honda (39e), un coup franc de la star du CSKA Moscou, bien contenue par la défense adverse (99e). Voilà pour les Nippons. Pas grand chose de plus pour l'Albirroja. Santa Cruz a raté la mire à la 29e, Riveros a placé une tête captée par Kawashima (58e), Valdez a eu une occasion encore annihilée par le portier japonais (97e). Rien de bien excitant donc jusqu'à la séance de tirs au but où le sort a souri aux Paraguayens. Komano, qui a vu son tir s'écraser sur la barre, est le seul à avoir raté et aura longtemps des regrets. A l'image du Japon.
Séduisante au premier tour, la sélection du pays du Soleil-Levant n'a pas vraiment joué, s'est montrée timide par rapport à d'habitude et quitte la Coupe du monde sur un non-match. Le Paraguay a, lui, bien joué le coup en gardant encore sa cage inviolée (1 but pris depuis le début du Mondial). La sélection sud-américaine s'offre un quart de finale historique après ses échecs dès les huitièmes de finale en 1998 en 2002. Et compte continuer à jouer les trouble-fête.
BRESIL - CHILI : 3-0
Buts : Juan (34e), Luis Fabiano (38e) et Robinho (59e)
Loin de l'image du football samba, ce Brésil a des allures de prédateur au sang froid. Après un premier tour où il n'aura guère brillé que face à la Côte d'Ivoire (3-1), il l'a confirmé en 8e de finale face au Chili (1-1). Car, même sans Elano, absent au coup d'envoi et remplacé par Daniel Alves, tous les ingrédients d'un favori au sacre mondial sont en place : un réalisme implacable, des tireurs de coups de pied arrêtés performants, une défense imperméable et un jeu offensif fluide dans le sillage du triangle Luis Fabiano-Kaka-Robinho. Les Chiliens en ont fait les frais, eux qui ne se sont jamais parvenu à inquiéter les Auriverde. Face à un Brésil qui n'a pas donné l'impression de forcer son talent, ils repartent avec leur plus large défaite en Coupe du Monde depuis leur 8e de finale contre le Brésil en 1998 (1-4), déjà. Sans pour autant avoir démérité.
Face à la Roja, privée de ses défenseurs Medel et Ponce, quatre minutes seulement ont en effet suffi aux hommes de Dunga pour assurer leur place en quart de finale où ils retrouveront les Pays-Bas. Une fois n'est pas coutume, c'est sur un coup de pied arrêté que la Seleçao a planté la première banderille. Un corner de Maicon déposé sur la tête de Juan, qui inscrit de la tête le quatrième de ses huit buts en sélection face aux Chiliens (34e, 1-0). Quelques instants plus tard, Luis Fabiano enfonce le clou. Suite à un beau mouvement de Robinho, Kaka, co-meilleur buteur du Mondial avec Thomas Müller (3 passes), trouve l'attaquant du FC Séville qui n'a plus qu'à effacer Claudio Bravo (38e, 2-0). Son 3e but en Coupe du monde. Son 28e en 41 sélections.
La bonne habitude de Robinho
Avant cela, les Brésiliens avaient su se montrer patients. Hormis une alerte signé Gilberto Silva (9e), le Chili se croyait peut-être à l'abri. Belle erreur. Malgré le retour de son buteur Suazo, qui n'avait joué que 45 minutes lors de la phase de groupes, les troupes de Marcelo Bielsa ne se sont pas montrées plus dangereuses. Pire, incapables de créer le danger, elles se sont exposé aux contres brésiliens. Seule une frappe de Valvidia juste au-dessus de la transversale a pu donner quelques sueurs froides à Julio Cesar (66e). Beauséjour n'a pas non plus réussi à trouver le cadre (84e).
De toute façon, il aurait été trop tard. Ce diable de Robinho était déjà passé par là. A la conclusion de percée de Ramires, convaincant à la place de Felipe Melo mais suspendu au prochain match, il inscrit d'une belle frappe enveloppée son premier but du tournoi mais le 7e en six matches face au Chili (59e, 3-0). Le joueur de Manchester City aurait même pu corser l'addition sans l'intervention de Bravo (74e) ou une position de hors-jeu (76e). Diablement efficaces à défaut d'être spectaculaires, les Brésiliens peuvent tranquillement se tourner vers leur quart de finale face aux Pays-Bas. Les Oranje à qui ils ont déjà barré la route en 1994 (quart de finale) et 1998 (demi-finale).
PAYS-BAS - SLOVAQUIE 2- 1
Buts : Robben (18e), Sneijder (84e) pour les Pays-Bas. Vittek (90e+4 s.p.) pour la Slovaquie.
Jusque là, tout va bien. Les supporters des Pays-Bas peuvent souffler. Après un premier tour rondement mené conclu avec trois victoires de suite, les Bataves craignaient de voir leur équipe retomber dans ses travers dès le premier match couperet. Comme à l'Euro 2008 ou au Mondial 2006 où les Néerlandais avaient chuté contre la Russie (3-1 a.p.) et le Portugal (1-0). La malédiction est rompue. Les Oranje ont retenu la leçon pour s'offrir un quatrième succès de suite face à une équipe de Slovaquie (2-1), largement à leur portée sur le papier. Ils retrouvent les quarts d'un Mondial pour la première fois depuis 1998.
Marqués par leurs précédents échecs, les Pays-Bas n'ont pas joué avec le feu face aux joueurs de Vladimir Weiss. La belle mécanique orange et sa pléiade de talent offensif n'ont pas fait le show, comme on pouvait l'espérer. Pour la montée en puissance, il faudra attendre un peu. Sans spectacle et sans un collectif séduisant mais avec un secteur défensif appliqué, la sélection néerlandaise s'en est remise au talent immense d'une de ses stars offensives, Arjen Robben, pour mettre un terme aux rêves des Slovaques, qui avaient pourtant très bien commencé ce huitième de finale.
Robben débloque la situation
Titulaire pour la première fois du Mondial, le Bavarois, déjà décisif lors de son entrée en jeu face au Cameroun au match précédent (2-1), a sorti une nouvelle action dont il a le secret. Lancé en profondeur par Wesley Sneijder, le roi de Bavière a repiqué dans l'axe avant de placer une frappe aux abords de la surface du pied gauche (1-0, 18e). Les Pays-Bas ont fait le plus dur. Et s'en sont longtemps contentés. Ils ont même bien failli s'en mordre les doigts. Après une première période bien terne, les protégés de Bert van Marwijk ont bien tenté de se mettre à l'abri par l'intermédiaire de Robben (49e) puis de Mathiljsen (50e) sur un service de... l'immanquable Robben. Sans réussite.
La Slovaquie a même été à deux doigts de revenir sur des occasions de Stoch (66e) ou encore Vittek, le héros du match face à l'Italie qui a manqué un contre un avec le portier batave à la 67e. Incapable de profiter des petits relâchements bataves, la Slovaquie s'est finalement fait surprendre sur une action superbe de Kyut lancé dans le dos de la défense. L'attaquant de Liverpool a fixé avant d'offrir un caviar à Sneijder, qui a marqué dans le but vide (2-0, 84e). La Slovaquie, qui a réduit le score sur un penalty de Vittek (90e+3), n'a pas vraiment joué et pourra nourrir des regrets. Les Pays-Bas n'ont pas joué non plus mais leur talent a encore fait la différence. Ils se retrouvent en quart de finale face au Brésil ou au Chili et leurs six joueurs sous la menace d’un carton jaune ont su éviter un nouvel avertissement. Les supporters néerlandais espèrent désormais que leurs protégés en ont gardé sous le pied.
AGENTINE - MEXIQUE : 3-1
Buts : Tévez (26e), 52e, Higuaín (33e), pour l'Argentine,
Hernández (71e) pour le Mexique
Diego Maradona est un homme heureux. Dimanche soir en conférence de presse, le sélectionneur de l'Argentine, ravi d'être là et de la tournure des événements, a fait durer le plaisir et poursuivi la discussion avec les journalistes durant quelques minutes supplémentaires. Une petite prolongation dont son équipe n'a pas eu besoin dimanche pour battre le Mexique (3-1). Certes, les doubles champions du monde (1978, 1986) ont bénéficié d'un coup de main de monsieur Rosetti et de son assistant sur leur premier but. Mais au final, leur victoire est tout ce qu'il y de plus logique, même si Javier Aguirre laisse entendre le contraire, ce que l'on peut aisément admettre.
Sur la pelouse de Soccer City, l'Albiceleste s'est montrée globalement supérieure à son adversaire. Si les Mexicains ont parfaitement démarré la partie, l'Argentine, après l'ouverture du score, a parfaitement géré son affaire. "Je pense que nous avons été supérieurs au Mexique. On savait que si on décidait de les attaquer, on pourrait prendre l'avantage. Et c'est comme cela que ça s'est passé", a confié Diego Maradona après la partie. Ce ressenti, les spectateurs et les observateurs présents à Johannesburg, l'ont également eu. Dimanche soir, l'Argentine a joué à son rythme et, comme depuis le début de la compétition, ronronne. Le moteur tourne bien. Mais pas encore à plein régime. Les Argentins mettront sans doute le pied sur le champignon vendredi au moment de croiser le fer avec l'Allemagne dans un remake de 2006 qui devrait faire des étincelles.
Une première depuis 1930
Si les Allemands ont développé jusque-là un football plutôt agréable et enlevé, l'Argentine n'a pas été en reste et, surtout, a marqué les esprits avec une puissance de feu impressionnante. Diego Maradona a mis sur pied un trident offensif qui a déjà fait ses preuves. Avec Lionel Messi en position de meneur de jeu axial et deux pointes nommées Carlos Tevez (2 buts face au Mexique) et Gonzalo Higuain (4 réalisations, dont une dimanche), l'Albiceleste présente la meilleure attaque du tournoi jusqu'ici : 10 buts en quatre sorties. Quatre sorties pour autant de victoires, une première depuis... 1930.
Principalement composée de joueurs axiaux, la défense argentine est, dit-on, le - petit - point faible actuel de cette équipe. Un peu lourde et parfois à la peine, ce qu'elle compense avec une hargne jamais démentie, elle n'a encaissé que deux buts depuis le début du tournoi, dont un dimanche alors que le match était déjà plié et que les Sud-Américains avaient levé le pied. S'ils ne convainquent pas tout le monde dans leurs seize mètres, les défenseurs argentins ont prouvé qu'ils n'étaient pas maladroits dans la surface de réparation adverse, sur les coups de pied arrêtés. Gabriel Heinze en a donné la preuve face au Nigéria (1-0). Très bon de la tête, le Marseillais n'est pas un cas isolé dans une équipe nationale argentine qui a déjà trouvé la faille à quatre reprises avec la "cabeza".
Attaque de feu, précision sur les coups de pied arrêtés, Lionel Messi enfin à l'aise (même s'il n'a toujours pas marqué), défense qui tient largement la route malgré ce qu'on peut dire, banc de touche plutôt garni et Diego Maradona assagi, le tableau argentin n'est pas loin d'être idyllique. Que manque-t-il pour qu'il le soit définitivement ? Trois victoires supplémentaires.
ANGLETERRE - ALLEMAGNE : 4-1
Buts : Klose (20e), Podolski (32e), Müller (67e, 70e) pour l'Allemagne, Upson (37e), pour l'Angleterre
Il se passe toujours quelque chose entre l'Allemagne et l'Angleterre. Les Allemands pestent depuis 44 ans contre le "but" de Geoff Hurst, qui avait offert le titre mondial aux Anglais à Wembley en 1966. On peut penser que les sujets de sa Majesté rumineront aussi longtemps l'invraisemblable erreur d'arbitrage commise par l'arbitre uruguayen M.Larrionda et son juge de touche. Comment ont-ils pu ne pas voir que le ballon était largement rentré dans le but de Neuer après avoir heurté la barre transversale sur cette frappe du droit de Frank Lampard à la 39e minute? Une erreur colossale qui a incontestablement pesé sur l'issue de ce huitième de finale, puisque ce but aurait permis à l'Angleterre de revenir à 2-2 à quelques minutes de la pause.
Bien sûr, la lecture sèche du score peut laisser penser que la Mannschaft s'est promenée. Cela a failli être le cas. Après un premier quart d'heure d'observation, les Allemands ont mis au supplice une défense anglaise pathétique, particulièrement dans son axe central. C'est là que les joueurs de Joachim Low ont appuyé et ils ont bien eu raison. Le premier but restera comme une caricature de cette criante faiblesse anglaise. Où étaient Terry et Upson sur le dégagement de Neuer, qui est devenu sur ce coup le premier gardien de but à réussir une passe décisive en Coupe du monde depuis... 1966? Un signe sans doute... Klose, lui, était là pour venir tromper de près un David James apathique. Le match était commencé depuis 20 minutes. 12 de plus et l'Allemagne menait 2-0 grâce à Podolski, complètement oublié dans la surface sur le côté gauche.
Une raclée en trompe-l'oeil
L'Angleterre aurait pu sombrer. En quelques secondes, elle a pourtant été tout près de revenir à hauteur de son adversaire. Il y eut d'abord le but de la tête de Matthew Upson. Puis ce "but" de Lampard, qui va faire causer dans les chaumières anglaises. Dommage, car ce match aurait peut-être pu devenir exceptionnel avec un deux partout à mi-parcours. Au lieu de quoi l'équipe de Fabio Capello n'a jamais réussi à remettre les Allemands suffisamment sous pression pour que ces derniers craquent. Certes, il y a eu ce coup-franc sur la barre de Lampard, décidément bien malheureux dimanche à Bloemfontein, en seconde période. Mais plus les minutes passaient, plus l'issue apparaissait inéluctable. Contraints de se découvrir, les coéquipiers de Steven Gerrard allaient être punis en trois minutes sur deux contres terribles et magnifiquement menés, conclus à chaque fois par l'épatant Thomas Müller. Cette fois, à 20 minutes du terme, l'affaire était définitivement pliée. Les vieilles jambes anglaises étaient trop lourdes dans le contexte du match face à l'attaque virevoltante de la Mannschaft. Pour les Allemands, c'était le scenario idéal. En menant au score, ils ont pu jouer sur leurs qualités.
Globalement, la meilleure équipe a sans doute gagné dimanche. La plus fraiche. La plus joueuse. La plus "lucky", aussi, donc. C'est une raclée en trompe-l'oeil. On ne saura jamais ce qu'aurait donné ce huitième de finale sans cette colossale erreur d'arbitrage. Ce n'est pas le problème de l'Allemagne, qui bénéficie peut-être de la chance du champion, même si le chemin est encore très long. N'empêche, la Mannschaft est au rendez-vous des quarts de finale, comme toujours depuis 1938. Une régularité remarquable, qui ne doit rien au hasard, elle. Pour l'Angleterre, c'est probablement la fin d'une génération. Sur ce tournoi, elle avait autant de lacunes qu'elle peut avoir de ressentiment envers l'arbitrage.
ETATS-UNIS - GHANA : 1-2
But : Donovan (62e) pour les Etats-Unis,
Boateng (5e) et Gyan (93e) pour le Ghana
L'Afrique peut être fière. Le Ghana n'a pas encore renoncé. Derniers représentants du continent noir, les Ghanéens n'ont pas déçu leurs nombreux supporters depuis l'élimination de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique du Sud, du Nigéria, de l'Algérie ou encore du Cameroun. Ce n'est pas seulement un pays qui pousse derrière eux, c'est désormais un continent qui veut voir une de ses équipes briller pour cette première Coupe du monde jouée à "domicile". Et pour la troisième fois de l'histoire, l'Afrique aura bien un nouveau représentant en quarts de finale d'un Mondial après le succès des Black Stars contre les Etats-Unis (2-1 a.p.).
La porte a été longue à s'entrouvrir pour le Ghana. Mais le chemin des quarts de finale passe par la prolongation pour les équipes africaines. Le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002 avaient à chaque fois été contraints d'y passer pour franchir le stade des huitièmes de finale. L'histoire a bégayé une troisième fois avec le Ghana. Et la libération est venue de l'attaquant du Stade Rennais Asamoah Gyan, qui a pris le dessus sur son coéquipier en Bretagne, Carlos Bocanegra, pour placer une frappe puissante et redonner l'avantage aux siens au tout début de la prolongation (93e). Ce but superbe a délivré tout le continent. Il est surtout arrivé au moment idéal pour la jeune troupe ghanéenne.
Les Etats-Unis, le coup de trop
Après avoir parfaitement géré la première période en trouvant rapidement le chemin des filets sur une percée de
Boateng (6e), les Blacks Stars ont subi le réveil des Américains après la pause. Menée au tableau d'affichage pour la troisième fois de la compétition, l'équipe américaine a encore trouvé les ressources pour inverser la tendance. Et c'est Landon Donovan qui a logiquement égalisé sur penalty suite à une faute grossière de Jonathan Mensah sur Dempsey dans la surface (62e). Le vent semblait avoir tourné. Les occasions d'Altidore (80e) ou encore de Bradley (75e), qui a buté sur l'excellent Kingson, allaient dans ce sens.
L'expérience des "Yankees" n'a finalement pas fait la différence. Et Gyan a surgi. Le coup de trop pour les Etats-Unis, qui ne s'en relèveront pas. Le portier ghanéen, après avoir retardé l'échéance en première période devant Findley (34e), n’a pas craqué. Le rêve de faire un gros coup de pub au "soccer" en Afrique du Sud s'envole pour les coéquipiers de Donovan, qui avaient impressionné la saison passée en Coupe des Confédérations. Le Ghana, lui, peut continuer de rêver. Une première demi-finale pour un pays africain est à portée avec un quarts à jouer contre l'Uruguay. Il faudra toutefois se passer des services d'André Ayew et Jonathan Mensah, suspendus. Mais le Ghana fait déjà sans un certain Michael Essien depuis le début du Mondial. Alors, tout est possible.
URUGUAY - COREE DU SUD : 2-1
But : Suarez (8e), (80e) pour l'Uruguay,
Lee (68e) pour la Corée du Sud
L'Uruguay poursuit son retour vers le futur. La Céleste disputait son premier huitième de finale depuis 20 ans. En battant la Corée du Sud samedi à Port-Elizabeth, elle a franchi ce cap pour la première fois depuis 40 ans. Son parcours fait naitre un fol espoir au pays, au point que certains rêvent maintenant d'un troisième titre mondial depuis... 60 ans. Nous n'en sommes pas encore là, surtout au vu du match livré par l'équipe d'Oscar Tabarez samedi. Loin de maîtriser pleinement son sujet, elle a énormément souffert et peut remercier son buteur, Luis Suarez, auteur d'un doublé salvateur.
Décevant lors des deux premiers matches, l'attaquant de l'Ajax Amsterdam a trouvé le rythme dans ce Mondial. Samedi, il s'est montré à la fois opportuniste et talentueux. Opportuniste, d'abord, pour profiter d'une énorme erreur d'appréciation du gardien coréen, Sung-Ryong Jung. Trop court sur un centre presque anodin venu de la droite signé Diego Forlan il a laissé le ballon filer jusqu'au second poteau où Suarez, en bon chasseur de buts, s'est fait un plaisir d'ouvrir le score malgré l'angle fermé. Le match avait débuté depuis moins de huit minutes. Beaucoup plus tard, alors que l'Uruguay, tétanisée par l'égalisation sud-coréenne, commençait à se demander comment elle allait s'en sortir, c'est encore lui qui a trouvé la solution. A 10 minutes de la fin du match, sa superbe frappe enroulée du droit n'a laissé aucune chance à Sung-Ryong Jun.
Le déluge de Port-Elizabeth
Avec désormais trois buts au compteur, Luis Suarez a rejoint Higuain, Vittek et Villa au rang des buteurs les plus prolifiques de la compétition. Si la Céleste survit juste dans le dernier carré, ce qui lui assurerait de jouer sept matches, le natif de Salto fera un candidat très crédible au titre de meilleur canonnier de ce Mondial. Il n'en est pas encore là. L'Uruguay non plus, donc. Après une entame idéale et une première période globalement bien menée, au cours de laquelle elle n'a connu qu'une seule frayeur sous la forme d'un coup-franc direct sur l'extérieur du poteau droit de Muslera dès la 5e minute, la Céleste a eu le tort de s'endormir. Sans doute parce qu'elle n'avait pas encore encaissé le moindre but en Afrique du Sud, elle a cru que son avance minimale suffirait.
Elle a eu tort.
Généreux, les Sud-Coréens ont tout donné à la reprise pour revenir dans le match. Installés dans la moitié de terrain sud-américaine, les coéquipiers de Park Ji Sung ont poussé, multipliant les occasions dans le premier quart d'heure du deuxième acte. Luer égalisation (68e) est donc apparue aussi logique que méritée. La seule surprise est qu'elle soit venue d'un coup de tête, tant les Uruguayens avaient dominé les débats dans le jeu aérien. Mais à la suite d'un coup-franc, Lee Chung-Young sut profiter de l'hésitation coupable de Muslera et de sa défense. Tout redevenait possible, surtout sous les trombes d'eau de Port-Elizabeth, qui ont rendu le final de ce premier huitième absolument dantesque. Mais Suarez avait plus d'un tour dans son sac. Heureusement pour l'Uruguay, qui devra afficher davantage de régularité sur l'ensemble du match si elle veut rallier les demi-finales. En attendant, elle a le droit de rêver.
SUISSE - HONDURAS : 0-0
CHILI - ESPAGNE : 1-2
Buts : Millar (47e) pour le Chili - Villa (23e), Iniesta (36e) pour l'Espagne
L'Espagne a évité le piège tendu par le Chili. Condamnés à la victoire pour assurer leur place en huitièmes de finale, les Espagnols ont atteint leur objectif (2-1) et peuvent encore rêver d'un doublé après leur titre de champion d'Europe en 2008. Cerise sur le gâteau, la formation de Vicente del Bosque a été la première de la compétition à faire tomber une équipe sud-américaine pour s'offrir la première place du groupe H, et éviter ainsi le Brésil au prochain tour. Le Chili devra en découdre avec la Seleçao, tandis que l'Espagne aurait quand même un adversaire coriace avec le Portugal. La Suisse, incapable de prendre le dessus sur le Honduras (0-0), reste sur le pas de la porte. L'exploit de la Nati face à aux Espagnols (1-0) restera le seul fait d'arme de son aventure sud-africaine.
Les partenaires de Xavi ont su tirer les enseignements de ce surprenant revers inaugural. Leur manque de réalisme avait été stigmatisé comme la cause de cette défaite. Face au Chili, l'Espagne a fait parler son efficacité en première période. Pas Torres, encore loin de son meilleur niveau à l'image de ses deux occasions manquées lors des cinq premières minutes. Mais Villa, oui. Le néo-Barcelonais a su profiter d'une relance hasardeuse de Bravo pour marquer de près de 40 mètres dans le but déserté par le gardien chilien (1-0, 23e). "El Guaje", monsieur 75% des buts de la Roja dans ce Mondial, s'est ensuite mué en passeur pour Iniesta, à la conclusion d'un mouvement parfait (2-0, 36e).
Le Chili injustement à dix
Sur cette action, un accrochage involontaire entre Torres et Estrada aurait dû passer inaperçu. Mais l'arbitre de la rencontre, M.Rodriguez, a cru bon d'intervenir en voyant le buteur de Liverpool rester au sol. Le Mexicain a sorti un deuxième carton jaune à l'encontre du Chilien, synonyme d'exclusion totalement injustifiée. A dix, la formation sud-américaine n'a pas baissé les bras. Et trouvé une juste récompense à son courage avec une frappe de Millar, légèrement déviée par Piqué, qui n'a laissé aucune chance à Casillas (2-1, 47e). Mais le Chili n'a pu inscrire ce deuxième but qui lui aurait permis de prendre un point et de conserver la tête du groupe. Son huitième de finale face au Brésil promet en tout cas une belle opposition de style.
Dans l'autre rencontre, et comme on pouvait s'y attendre, la Suisse et le Honduras n'ont pas réussi à se départager ni même à inscrire le moindre but. La Nati, qui avait encore une chance de se qualifier avant ce match, a dominé l'ensemble de la rencontre. Mais ses limites offensives sont une nouvelle fois apparues au grand jour. La formation d'Ottmar Hitzfeld a eu beaucoup d'occasions de but, mais elle n'est pas parvenue à en convertir une seule, à l'image des échecs d'Inler (10e), Derdiyok (17e, 63e) ou N'Kufo (42e). Longtemps discret, le Hondruas aurait pu en profiter pour s'imposer en fin de match. Mais là aussi, le réalisme n'était pas au rendez-vous, et il est finalement assez logique de voir ces deux équipes sortir de la compétition. Le talent était plutôt pour l'Espagne et le Chili.
PORTUGAL - BRESIL : 0-0
COREE DU NORD - COTE D'IVOIRE : 0-3
Buts : Yaya Touré (14e), Romaric (20e), Kalou (83e)
Pas de surprise dans le fameux "groupe de la mort" que l'on annonçait au début du Mondial. Le Brésil et le Portugal ont logiquement validé leur billet pour les huitièmes de finale au terme d'un match nul et vierge (0-0), où l'on a vu plus de cartons jaunes que d'occasions de but. Il n'y a pas eu de miracle pour la Côte d'Ivoire. Contraints d'espérer ce faux pas portugais qui n'a pas eu lieu, les Eléphants devaient aussi passer une avalanche de buts à la Corée du Nord. Malgré une belle entame, avec deux buts dans les 20 premières minutes, et une domination de tous les instants, les partenaires de Didier Drogba n'ont inscrit que la moitié du total de buts nécessaire pour passer (3-0). Ils laissent donc le Ghana comme seul représentant du continent africain pour le deuxième tour.
Il est difficile d'évoquer le parcours ivoirien sans l'accompagner d'une pointe d'amertume. La formation de Sven-Goran Eriksson méritait mieux que son match nul inaugural face au Portugal (0-0), et les deux points perdus à cette occasion pèsent finalement cher dans la balance au moment du décompte final. Comme le calendrier, devenu favorable aux Lusitaniens à partir du moment où le Brésil était déjà qualifié au moment d'affronter la Selecçao. Le technicien suédois n'a en tout cas pas grand chose à reprocher à ses joueurs sur ce duel face à une Corée du Nord déjà éliminée, tant ils ont tout donné pour aller chercher l'impossible exploit.
Les Ivoiriens ont joué l'attaque à tout va, marquant trois jolis but par Yaya Touré, à la réception d'un bon centre de Boka (1-0, 14e), par Romaric, opportuniste pour reprendre de la tête une frappe de Drogba renvoyée par la transversale (2-0, 20e), et Salomon Kalou, encore bien servi par Boka (3-0, 82e). Ils se sont procuré un nombre incalculable d'occasions de but, à l'image notamment de deux tentatives de Romaric (17e) et Gervinho (38e) repoussées par les montants de Ri. Le portier coréen, très sollicité par ailleurs, s'est montré plus inspiré que contre le Portugal (7-0), notamment face à Keïta (1ère) ou Romaric (68e). Ce succès ne restera une maigre consolation pour des Eléphants, mais ils ont eu le mérite de quitter la compétition sur une bonne note.
Sept cartons jaunes, zéro but
Pendant ce temps, le Brésil et le Portugal se sont livrés une bataille nettement moins spectaculaire. Les Auriverde déjà qualifiés, les Portugais surtout soucieux d'éviter la défaite, le public a surtout assisté à un festival de fautes et de cartons jaunes. Sept au total, tous au cours de la première période. Dunga, privé de Kakà, suspendu, avait également décidé de laisser souffler Robinho et cela s'est ressenti dans le potentiel créatif de la Seleçao. Titulaire, Nilmar a eu l'occasion de faire oublier la star de Santos mais sa tentative a été repoussée par Eduardo sur sa transversale (31e). Le Brésil est resté muet, pour la première fois en 26 matches de premier tour de Coupe du monde.
En face, Cristiano Ronaldo a bien tenté de mettre le Portugal à l'abri en deuxième période, mais sans succès. La méga-star du Real Madrid n'a pas pu confirmer sa belle prestation face à la Corée du Nord, au cours d'un match il est vrai très fermé. La formation de Carlos Queiroz a cependant assuré l'essentiel en décrochant son billet pour les huitièmes de finale. Deuxième de ce groupe G, elle espère désormais éviter l'épouvantail espagnol et regardera avec attention le duel entre le champion d'Europe et le Chili, prévu ce soir (20h30). Nul doute que les Brésiliens auront également un oeil averti sur cette rencontre.
SLOVAQUIE - ITALIE : 3-2
Buts : Vittek (25e, 73e), Kopunek (89e) pour la Slovaquie - Di Natale (81e), Quagliarella (90e) pour l'Italie
PARAGUAY - NOUVELLE-ZELANDE : 0-0
L'Italie ne conservera pas son titre de championne du monde. En grande difficulté dans le jeu depuis le début de cette Coupe du monde, les Transalpins ont perdu le match à ne pas perdre face à la Slovaquie (3-2), malgré une belle réaction d'orgueil en fin de rencontre. Après la France, l'autre finaliste de l'édition 2006 disparait également dès le premier tour, une première dans l'histoire de la Coupe du monde. A l'instar des Bleus, les Italiens n'ont jamais prouvé sur le terrain qu'ils méritaient mieux que leur triste sort. Au bout du compte, le quadruple champion du monde termine dernier d'un groupe F pourtant considéré comme abordable sur le papier. Le Paraguay, dominateur mais tenu en échec par la Nouvelle-Zélande (0-0), en a pris la première place devant les Slovaques. Les Néo-Zélandais, pourtant invaincus, restent à quai.
Face à la Slovaquie, le manque de force de frappe offensive de l'Italie s'est encore fait sentir. Les hommes de Lippi ont été incapables de se créer la moindre occasion en première période, si l'on excepte une tête de Skrtel qui n'était pas loin de marquer contre son camp (41e). A l'inverse, les Slovaques ont su se montrer dangereux d'entrée avec une volée trop croisée de Hamsik, servi par Vittek (6e). L'ancien Lillois a récompensé la domination des derniers arrivés en Coupe du Monde en ouvrant le score. Après un ballon perdu par de Rossi, il a su exploiter une bonne ouverture de Kucka pour tromper Marchetti d'un tir croisé (1-0, 25e).
Pepe rate le coche
Après la pause, Lippi a tenté le tout pour le tout en faisant entrer notamment Quagliarella et Pirlo pour tenter de forcer le verrou de la Slovaquie, bien décidée à jouer le contre. Le Napolitain a cru sauver toute une nation en reprenant au deuxième poteau un centre de Pepe, mais Skrtel a repoussé le ballon sur sa ligne de but. Sur un corner mal repoussé par la défense italienne, Vittek a été plus prompt que Chiellini pour reprendre au premier poteau un centre de Hamsik (2-0, 74e) et donner deux buts d'avance aux Slovaques. L'Italie a eu une belle réaction d'orgueil, à l'image de la réduction du score de Di Natale (2-1, 81e) avant que la Slovaquie n'inscrive un troisième but par Kopunek(3-1, 89e). Quagliarella (3-2, 90e) a immédiatement redonné espoir aux siens d'un superbe tir, avant que Pepe n'ait la balle de la qualification au bout du pied. Mais le cadre s'est dérobé, et le précieux billet pour les huitièmes de finale par la même occasion.
Pendant ce temps, le Paraguay n'a jamais vraiment tremblé pour conserver sa première place. Face à une équipe néo-zélandaise solide mais sans génie, les Guarani ont confirmé leurs qualités défensives à défaut de marquer un but qui leur aurait rendu le match plus tranquille. Caniza a eu l'occasion de concrétiser la domination territoriale des Sud-Américains, mais le milieu paraguayen a vu le cadre se dérober à deux reprises (18e, 28e). Le Paraguay a continué de pousser en seconde période, apportant la confusion dans la surface des All Whites, mais sans réussite. Hormis sur un missile d'Elliott de peu à côté de la lucarne (48e), les Néo-Zélandais n'ont jamais été en mesure d'inquiéter la défense paraguayenne. Dans ce contexte, leur élimination apparait comme une certaine logique. Les Guarani, eux, confirment l'excellente santé des équipes sud-américaines en rejoignant l'Uruguay et l'Argentine en huitièmes de finale, en attendant probablement le Chili et le Brésil.
AUSTRALIE - SERBIE : 2-1
But : Cahill 69e, Holman 73e pour l'Australie,
Pantelic 84e pour la Serbie
GHANA - ALLEMAGNE : 0-1
But : Özil 60e
C'était sans doute le groupe le plus dense de ce premier tour. Le seul d'ailleurs, pour l'instant, où toutes les équipes ont remporté au moins un match, ce qui en dit long sur l'homogénéité de cette poule. Au terme d'une soirée où tout semblait possible, une forme de logique s'est imposée. L'Allemagne et le Ghana poursuivent leur route, alors que l'Australie et la Serbie rentrent à la maison. Les Allemands, en dominant les Blacks Stars (1-0), ont confirmé que la thèse de l'accident, retenue après leur défaite face aux Serbes, était bien la bonne. Les Serbes, eux, ont une fois de plus laissé filer leur chance en cédant face aux Australiens (2-1).
La Mannschaft pouvait tout perdre mercredi soir, mais elle n'a pas cédé sous la pression. Le magnifique but inscrit par Ozil à l'heure de jeu, d'une frappe du gauche somptueuse en pleine lucarne, a non seulement scellé sa qualification mais lui a également garanti première place dans ce groupe D. Reste à savoir si l'opération est vraiment bonne puisque c'est l'Angleterre qui se trouvera sur la route allemande ce week-end, pour un huitième de finale extrêmement alléchant. Un candidat au titre va quitter le Mondial à l'issue de ce grand classique du Mondial. Deux équipes qui ne s'aiment pas, et qui ont déjà fait monter la pression, des commentaires de Beckenbauer sur la médiocrité du jeu anglais à la réponse de Rooney assurant qu'il espérait retrouver l'Allemagne dès les huitièmes...
La Serbie passe encore à côté
Pour les Ghanéens, la défaite n'a jamais été aussi douce. En tête du groupe avant cette ultime journée, ils pouvaient se contenter d'un nul. Finalement, même en perdant, ils passent. Et ce n'est pas volé. Ils ont longtemps tenu tête à la Mannschaft à Johannesburg. Ils auraient pu ouvrir le score avant qu'Ozil ne le fasse. Ils ont eu ensuite l'occasion d'égaliser. Faute d'y parvenir, ils sont restés dépendants du résultat de l'autre match. Une victoire de la Serbie les auraient condamnés. Mais les Serbes sont passés à côté de leur match contre l'Australie, qui a confirmé qu'elle avait beaucoup mieux que la fessée initiale reçue face à l'Allemagne en ouverture. Les Socceroos ont fait basculer dans la dernière demi-heure un match plutôt insipide en marquant deux fois en quatre minutes par Cahill (69e) et Holman (73e).
Toujours aussi irrégulière, la sélection de Radomir Antic a donc trouvé le moyen de battre l'Allemagne mais de perdre ses deux autres matches. Les regrets sont pour elles, plus encor que pour les Australiens, qui avaient besoin d'un concours de circonstances pour passer. Elle a davantage réagi qu'elle n'a agi au cours de ce premier tour. Elle l'a payé cash. Tant mieux pour le Ghana, qui assure ainsi une présence africaine dans la deuxième phase de la compétition. Face aux Américains, solides mais pas inabordables pour eux, les Blacks Stars auront une occasion énorme de rejoindre le Cameroun et le Sénégal dans l'histoire, dans le club des quarts de finaliste.
SLOVENIE - ANGLETERRE : 0-1
But : Defoe 23e
Dans un groupe beaucoup plus homogène qu'on ne l'avait imaginé initialement, tout s'est donc joué sur le fil. L'Angleterre a tremblé jusqu'au bout. La Slovénie y a cru aussi longtemps. Au final, les pauvres slovènes ont été battus deux fois mercredi. Une première à Port-Elizabeth par une équipe d'Angleterre en nets progrès (1-0). Mais ce revers-là aurait pu être doux si, à l'ultime minute de l'autre match de ce groupe C, Donovan n'avait offert la victoire aux Etats-Unis à l'Algérie (1-0). Un but qui change tout, et pour la Slovénie et pour l'Angleterre. Il élimine les malheureux slovènes, et prive sur le fil les Anglais de la première place. Incroyables Américains, rois du comeback et suspense, qui n'auront mené en tout et pour tout que quelques secondes dans ce premier tour. Suffisant pour sortir devant tout le monde...
On saura très vite ce qu'implique cette deuxième place pour l'équipe anglaise. La perspective d'un huitième de finale explosif face à l'Allemagne a de quoi inquiéter. Mais au coup de sifflet final, la sélection aux Trois Lions ne voyait pas si loin. Au pied du mur avant cette dernière journée, elle a assuré l'essentiel avec cette qualification. Chaotique contre les Etats-Unis (1-1), franchement mauvaise face l'Algérie (0-0), elle a montré un tout autre visage devant la Slovénie. Alors qu'elle était condamnée à la victoire sous peine de rejoindre Nicolas Anelka à Londres, l'équipe de Fabio Capello a livré son meilleur match du tournoi. Certes, ce n'était pas difficile, mais cette Angleterre-là a les allures, sinon d'un favori, au moins d'un sérieux outsider dans la course au titre.
Manque de réalisme
Cette victoire, c'est d'abord celle de Capello. Très critiqué ces derniers jours, le technicien italien n'a pas transigé sur le fond, en maintenant son système de jeu. Mais les trois changements effectués dans son onze de départ ont incontestablement payé. En défense, Matthew Upson, qui suppléait Jamie Carragher, suspendu, a parfaitement tenu son rang aux côtés de John Terry. Quant à l'unique but de la rencontre (23e), celui qui vaut si cher, il a été signé Jermaine Defoe sur un service de James Milner, les deux autres entrants du jour. Par sa présence devant le but (il a marqué un but typique d'avant-centre), Defoe donne une dimension supplémentaire à l'attaque anglaise par rapport à Emile Heskey, trop fruste. Comme, dans le même temps, Rooney, Gerrard et Lampard ont également haussé le ton, l'ensemble est apparu nettement plus prometteur.
La mauvaise nouvelle du jour pour les Anglais, c'est leur manque de réalisme. Sevrés d'occasion de buts contre l'Algérie, ils les ont multipliées cette fois. Mais faute de pouvoir tuer le match, ils sont restés jusqu'au bout sous la menace d'une égalisation slovène, qui aurait précipité leur perte. Ce deuxième but, que Defoe ou Rooney (frappe sur le poteau) ont eu au bout du pied en seconde période, aurait permis à l'Angleterre d'assurer la première place. Mais à chaque jour suffit sa peur. Mercredi matin, l'Angleterre craignait de disparaitre purement et simplement. Elle est toujours en vie. Pour le moment, c'est tout ce qui compte.
ETATS-UNIS - ALGERIE : 1-0
But : Donovan 90e
Une image d'abord. Celle des joueurs Algériens abattus sur la pelouse alors que Bill Clinton est tout heureux en tribunes de voir l’équipe des Etats-Unis continuer son aventure. Un bilan ensuite. Les Fennecs quittent l'Afrique du Sud après trois petits matches. Trois rencontres conclues avec deux défaites (1-0 contre la Slovénie et les Etats-Unis) et un nul au compteur (0-0 face à l'Angleterre). Les huitièmes de finale se sont envolées et les Algériens sont en vacances. Plus tôt qu'ils ne l'avaient espéré. Alors évidemment, les regrets sont au rendez-vous pour des Fennecs, qui n'ont pas su trouver les remèdes à leurs maux.
Incapables de faire trembler les filets depuis le début du Mondial, les Algériens n'ont pas réussi à mettre un terme à leur stérilité offensive chronique pour s'offrir ce billet tant espéré pour les huitièmes de finale. Le manque de présence devant le but, les petites approximations dans le dernier geste ont coûté cher aux joueurs de Rabah Saâdane, obligés de s'imposer avec deux buts d'écart face aux Etats-Unis suite à la victoire de l'Angleterre dans l'autre match (1-0).
Soucis offensifs
Pour y arriver, le sélectionneur algérien avait pourtant décidé de renforcer son attaque avec le retour de Djebbour pour épauler Matmour devant. La tactique a failli porter ses fruits dès la 6e minute avec une frappe puissante de Djebbour, qui s'est écrasée sur la barre. Mais, l'attaquant de l'AEK Athènes était le plus souvent trop esseulé devant pour inquiéter la défense US. Et ce sont les Américains, qui ont eu le plus d'occasions franches dans une rencontre symbole d'un autre souci algérien : l’irrégularité.
L'Algérie a la mauvaise habitude de jouer aux montagnes russes. Rabah Saâdane avait pointé le souci du doigt avant la rencontre. "Notre problème réside dans la capacité à enchaîner les performances. Rester à ce niveau, les grandes équipes savent le faire". Le sélectionneur algérien n’a pas vu de changement. Après leur prestation séduisante face aux Anglais où leur qualité technique et leur jeu à base de passes courtes avaient été loués par les observateurs, les coéquipiers de Matmour ont failli face aux Etats-Unis, qui ont longtemps buté sur un excellent M’Bolhi dans le but algérien. L’aventure algérienne commencée lors d'un barrage mémorable contre l'Egypte s’arrête sans victoire en Afrique du Sud. Et avec un goût amer dans la bouche.
NIGERIA - COREE DU SUD : 2-2
Buts : Uche (12e), Aiyegbeni (69 s.p.) pour le Nigeria. Lee (38e), Chu Young Park (49e) pour la Corée.
GRECE - ARGENTINE : 0-2
But : Demichelis (77e), Palermo (89e).
La Corée du Sud accompagnera l'Argentine en huitièmes de finale. Dans ce groupe B promis à l'Albiceleste, les Coréens du Sud ont su tirer leur épingle du jeu pour prendre la deuxième place et s'offrir un duel face à l'Uruguay pour une place en quart de finale. Au terme d'un match riche en rebondissements, la formation asiatique a pris un point capital face au Nigeria (2-2). Pendant ce temps, la Grèce, fidèle à sa réputation, a mis ses ambitions offensives de côté et concédé une défaite logique face une Argentine remaniée (2-0). Les exploits de Tzorvas dans le but grec et la volonté de Samaras en attaque n'ont logiquement pas été suffisants pour faire vaciller la formation de Diego Maradona.
Auréolé de sa première victoire lors d'un Mondial, face au Nigeria (2-1), le champion d'Europe 2004 n'a jamais manifesté cet esprit de conquête capital pour espérer franchir le premier tour. Pourtant, il y avait peut-être des choses à tenter face à cette Albiceleste bis, mais quand même compétitive avec son duo Milito-Agüero en attaque soutenu par Messi, promu capitaine, et un très bon Veron. Au bout du compte, Samaras a eu la seule occasion grecque de la rencontre, mais sa frappe n'a pas trouvé le cadre. Au contraire, l'Argentine a eu une bonne dizaine d'opportunités. Et Tzorvas, impérial face à Agüero (18e), Veron (19e), Maxi Rodriguez (45e), Messi (45e, 69e) ou Bolatti (70e), sauvé par un défenseur sur une nouvelle tentative d'Agüero (33e) ou par son poteau sur un exploit de Messi (86e), n'a pu que s'incliner sur une reprise en deux temps de Demichelis à la suite d'un corner (1-0, 79e), puis sur un tir de Palermo après avoir repoussé un missile de Messi (2-0, 89e). Un quatrième but sur coup de pied arrêté depuis le début de la Coupe du monde qui confirme l'adresse des Argentins dans cet exercice. Avec un carton plein lors de ce premier tour, la formation de Diego Maradona peut préparer sereinement son huitième de finale face au Mexique.
La Corée du Sud ne partira pas favorite face à l'Uruguay. Mais la formation asiatique a prouvé qu'on pouvait compter sur elle lors de cette phase de poules. Convaincants face à la Grèce (2-0), dominés par l'Argentine (4-1), les coéquipiers de Park se sont accrochés après l'ouverture du score nigériane d'Uche (0-1, 12e), plus prompt que Cho pour reprendre un centre d'Odiah et battre Jun. A la réception d'un coup franc de Kim, Soo, seul au second poteau a pris le dessus sur Enyeama pour permettre aux Coréens du Sud de rejoindre les vestiaires sur un score de parité (1-1, 38e). Puis le Monégasque Park a offert l'avantage à son équipe d'un coup franc parfait (2-1, 49e). L'égalisation de Yakubu Aiyegbeni sur penalty (2-2, 69e s.p.) n'a pas changé la donne. Plus joueuse que la Grèce, plus rigoureuse que le Nigeria, la Corée du Sud a mérité son billet pour les huitièmes de finale. En attendant mieux, pourquoi pas.
MEXIQUE - URUGUAY : 0-1
Buts: Suarez 43e
On craignait un non-match. Une parodie de football entre deux équipes qui n'avaient besoin que d'un nul pour assurer définitivement leur qualification pour les huitièmes de finale. Il n'en fut rien. Comme ils l'avaient promis, Mexicains et Uruguayens n'ont pas laissé leurs bonnes intentions aux vestiaires. Désireux de terminer à la première place du groupe pour éviter l'Argentine, qui a de grandes chances de finir en tête du groupe B, ils ont offert un beau spectacle. Et l'Uruguay en a profité pour conforter sa place de leader avec une victoire logique (1-0).
Les Aztèques ont même tremblé. Menés au tableau d'affichage suite à un but de Luis Alberto Suárez sur une contre-attaque parfaitement menée par la Celeste (42e), ils ont craint pendant quelques minutes de voir leur billet pour les huitièmes de finale leur passer sous le nez alors que les Sud-Africains menaient 2 à 0 face à la France à quelques kilomètres de là. Mais ils ont tenu et les Bafana Bafana ont craqué (2-1). Leurs nombreuses approximations défensives ont toutefois failli leur coûter très cher en première période. A la 6e, Suarez a déjà tenté d'en profiter. Victorino a aussi eu sa chance (14e, 18e). Faute de réalisme ou devant la vigilance de Perez, le portier mexicain, les Uruguayens n'ont pas su concrétiser leur domination avant la 42e minute et la contre-attaque conclue par le buteur de l'Ajax.
Un vrai match
Bien organisée et avec sa science du contre, la Celeste a parfaitement géré sa rencontre en se mettant à l'abri avant la pause pour gérer ensuite son avance. Au retour des vestiaires, le Mexique a bien tenté de réagir. Le replacement de Rafael Márquez en défense centrale a ainsi permis à l'arrière-garde mexicaine de retrouver sa sérénité malgré une nouvelle occasion de Lugano, qui a buté sur un très bon Perez (54e). Et les jeunes talents du Mexique ont essayé d'apporter un peu de folie pour prendre à défaut le bloc sud-américain. Mais à l'image de Guardado en première période, qui a trouvé la barre de loin (21e), ils ont manqué d'efficacité dans la zone de vérité (Rodriguez, 63e).
L'Uruguay peut se frotter les mains. Les joueurs d'Oscar Tabarez, qui n'ont pas encaissé de buts dans cette phase de poule, sont premiers du groupe et ont de sérieuses certitudes avant d'aborder les huitièmes de finale. Le Mexique devra, lui, régler ses soucis défensifs entrevus en première période. Sinon, le Aztèques pourraient souffrir en cas de huitième de finale face à l'Argentine. Uruguay-Mexique, aura, en tout cas, fait honneur au football.
FRANCE - AFRIQUE DU SUD : 1-2
Buts : Malouda (70e) pour la France - Khumalo (20e), Mphela (37e) pour l'Afrique du Sud
Le cauchemar est terminé, le fiasco est total. Pour son ultime occasion de sauver l'honneur et la dignité de la nation, l'équipe de France a une nouvelle fois failli. Les Bleus se sont logiquement inclinés devant une équipe sud-africaine (1-2), peut-être moins fringante sur le papier mais tellement plus au point collectivement. Raymond Domenech avait pourtant révolutionné son onze de départ en alignant une attaque Gignac-Cissé, en titularisant Clichy, Gourcuff et Squillaci aux dépens d'Evra, Malouda et Abidal et en confiant le brassard à Alou Diarra. Mais dans le jeu, pas de révolution. Khumalo (20e) et Mphela (37e) se sont chargés de mettre un terme au rêve bleu, déjà compromis par l'expulsion de Gourcuff (26e). La réduction du score de Malouda (70e), entré à la pause à la place de Gignac pour inscrire le seul but français de ce Mondial, restera anecdotique.
Une nouvelle fois, la faillite collective tricolore a été totale. Les Bafana Bafana n'ont pas eu à forcer leur talent pour faire voler en éclat une défense déjà aux abois face au Mexique (2-0). L'absence d'Abidal, impliqué sur les deux buts mexicains, n'a pas changé la donne. Comme souvent, les Bleus ont craqué sur un coup de pied arrêté, un corner tiré par Tshabalala. Une sortie manquée par Lloris, Diaby qui ne saute pas au marquage de Khumalo et le défenseur sud-africain n'a eu aucune difficulté pour ouvrir la marque au deuxième poteau (1-0, 20e). Un gros quart d'heure plus tard, c'est le côté droit qui a pris l'eau sur un centre de l'intenable Tshabalala renvoyé par Diaby dans les pieds de Masilela. Au deuxième poteau, Mphela n'a été que trop peu gêné par Diarra pour pousser le ballon dans les filets français (2-0, 37e) sur le centre du défenseur du Maccabi Haïfa. Entre temps, Gourcuff avait été - sévèrement - expulsé pour un coup de coude involontaire dans un duel aérien (26e). A dix, avec deux buts de retard, les Bleus étaient déjà promis à l'enfer à la pause.
Ça n'a pas été plus glorieux en attaque. A l'image d'un Gignac sans conviction sur la première occasion du match (3e), les Bleus ont affiché leur incapacité traditionnelle à produire du jeu et à se créer des occasions. Hormis un coup franc vicieux de Ribéry (40e), on n'a rien vu de la première période. Les entrées de Malouda et de Henry (55e), pour sa 123e et probablement dernière sélection, n'ont apporté qu'un mieux trop léger, récompensé par un but flatteur de l'ailier de Chelsea servi par Ribéry seul face au but vide (2-1, 70e). Car les Bafana-Bafana, portés par le rêve d'une victoire écrasante synonyme de qualification, étaient bien les plus dangereux sur le terrain, à l'image de l'intenable Mphela. L'ancien Strasbourgeois a mis Lloris à contribution (43e, 58e) et surtout trouvé le poteau sur un service de Tshabalala (58e) en profitant d'un alignement des plus aléatoires de la défense française. Ces Bleus, sans rigueur en défense, sans combativité au milieu, sans génie en attaque, ne méritaient pas mieux. Et encore, on ne parle que du terrain.
ESPAGNE - HONDURAS : 2-0
But : Villa 17e, 51e
L'Espagne va mieux. Après une défaite bien malvenue face à la Suisse pour son entrée dans cette Coupe du monde (1-0), la Roja s'est relancée en dominant le Honduras (2-0) grâce à un doublé de David Villa. Le score ne reflète pas exactement la physionomie d'une partie totalement maîtrisée par la formation de Vicente del Bosque. Malgré l'absence d'Andres Iniesta, les Espagnols ont su ajouter à leur supériorité technique le brin d'efficacité qui leur avait fait défaut face à la Nati. On ne parlera pas de réalisme pour autant. Par instant, les partenaires de Xavi sont retombés dans la facilité. Mais ils se sont replacés à la deuxième place du groupe H et arriveront en position de force pour une qualification en huitièmes de finale au moment d'affronter le Chili. Et c'est bien l'essentiel.
Comme on pouvait s'y attendre, et comme ce sera souvent le cas avec l'Espagne, on a assisté à un duel attaque-défense durant la quasi-totalité de la partie. Un scénario qui ressemblait fortement à celui du match face à la Suisse, mais dont l'issue a été favorable à la Roja cette fois-ci. La différence, c'est cet esprit de conquête dans les 30 derniers mètres qui avait manqué aux Espagnols contre la Nati. Une volonté de faire trembler les filets symbolisée par David Villa. La nouvelle recrue du Barça, alignée sur le côté gauche à la place d'Iniesta pour permettre à Fernando Torres de faire sa rentrée dans l'axe, a été de tous les bons coups.
Torres en manque de rythme
Après un premier centre mal exploité par Torres (5e), il s'est d'abord signalé par une frappe de 25 mètres sur la transversale (7e) avant d'ouvrir la marque au terme d'un superbe exploit personnel : un double contact intérieur-extérieur entre deux défenseurs, un crochet pour en éliminer un troisième et une frappe enveloppée pour battre le gardien (1-0, 17e). Assurément l'un des plus beaux buts depuis le début du Mondial. En deuxième période, il a offert le break à son équipe d'une frappe déviée à l'entrée de la surface (2-0, 51e). Son penalty non cadré (63e) restera anecdotique tant sa production a été convaincante par ailleurs. Au passage, El Guaje a inscrit son cinquième but en cinq matches de Coupe du monde et son 40e sous le maillot de la sélection nationale. Il n'est plus qu'à quatre buts du record de Raùl.
Pendant ce temps, El Nino a logiquement manqué de rythme. L'attaquant de Liverpool a raté plusieurs occasions et n'a pas eu le rendement de ses meilleurs jours. Torres aura l'occasion de monter en puissance face au Chili, lors d'un match décisif à la fois pour la qualification mais aussi pour l'attribution de la première place de ce groupe H. L'Espagne ne devra pas se reposer sur ses lauriers. Si le Honduras a confirmé ses limites techniques, dans le secteur offensif notamment, le Chili est un tout autre client. L'équipe sud-américaine saura profiter du moindre relâchement de la formation de Vicente del Bosque. Si celle-ci s'est rassurée, elle n'a rien acquis pour autant.
CHILI - SUISSE : 1-0
But : González (75e)
Et la Suisse a craqué. La Nati a lutté pendant de longues minutes. Réduite à 10 suite à l'exclusion de Behrami à la 32e, l'équipe helvète a fait bloc pour tenter de décrocher un nul intéressant avant de jouer le Honduras, lors de la dernière journée de la poule H. Mais voilà, les efforts du Chili pour percer le bloc de la Suisse ont fini par payer sur une attaque rondement menée et conclue par Gonzalez. Avec cette deuxième victoire de suite, la sélection de Marcelo Bielsa, qui défiera l'Espagne vendredi, a pris une option pour passer au prochain tour.
La Suisse peut, elle, nourrir des regrets. Si le match était déjà fermé jusque là, l'exclusion de Behrami a changé la donne. Et malgré cette décision, la formation de Hitzfeld a surtout failli réussir son coup, encore une fois. Après avoir vu l'Espagne se casser les dents sur son bloc et se faire surprendre en contre, elle est restée parfaitement organisée à 10 contre 11. Le dos rond, elle a longtemps repoussé les tentatives chiliennes grâce à deux rideaux imperméables et son excellent gardien, Benaglio qui a remporté ses duels avec Sanchez (41e, 57e).
Un record mais une défaite
Avec son coffre-fort, la Nati a même réussi à battre le record de minutes sans but encaissé en matches de Coupe du monde lors de la 67e minute. Un record détenu jusque là par l'Italie entre le 17 juin 1986 et le 3 juillet 1990 avec 550 minutes. Mais à peine dix minutes plus tard, l'arrière-garde suisse a donc été prise à défaut par une tête de Gonzalez, rentré à la pause et qui récompense le coaching de Bielsa.
Dos au mur, les coéquipiers de Grichting ont bien tenté de réagir. Mais, usés après avoir couru après le ballon pendant presque une heure, ils ont manqué de tranchant. Et malgré une grosse occasion de Derdiyok (90e), ils n'ont pas réussi à égaliser et n'ont pas cadré le moindre tir, une première dans un match de ce Mondial. La vivacité et la technique des Sud-Américains, qui ont manqué l'occasion de tuer le match avec Paredes (84e, 88e), ont logiquement fait la différence et permis aux Chiliens de trouver la clef dans ce match marqué par une pluie de cartons (six jaunes pour les Chiliens, trois pour les Suisses en plus du rouge direct de Behrami). Le Chili a un pied en huitièmes. Pour les Helvètes, rien n'est perdu mais ils devront réagir face au Honduras.
PORTUGAL - COREE DU NORD: 7-0
Buts : Raul Meireles 29e, Simão 53e, Almeida 56e, Tiago 60e, 89e, Liedson 81e, Cristiano Ronaldo 87e
La prestation des Nord-Coréens face au Brésil avait semé le trouble dans ce groupe de la mort. Les Chollima étaient-ils plus que des faire-valoir? Le Portugal a apporté une réponse négative en signant face aux Asiatiques, le plus large succès depuis le début de la compétition. Une victoire convaincante avec sept buteurs différents, des attaquants qui permutent sans cesse et un Cristiano Ronaldo... aux deux visages. Trop individualiste en première période, s'encombrant de gestes inutiles, le joueur du Real Madrid s'est montré plus altruiste dans la seconde. Résultat, une passe décisive, une barre transversale et même un but, son premier dans le jeu avec la sélection depuis près de deux ans.
A la pause, ce large succès était pourtant loin de se dessiner. Bien que dominateurs, les Lusitaniens peinaient dans la finition à l'image de Cristiano Ronaldo (3e) ou encore Ricardo Carvalho, auteur d'une tête sur le poteau (7e). Pire, les Nord-Coréens, sans doute mis en confiance par leur courte défaite face au Brésil (1-2), se montraient dangereux avec trois occasions intéressantes entre la 10e et la 20e minute. Ces dix minutes de flottement auront au moins le mérite de réveiller les hommes de Carlos Queiroz. Et c'est sur une jolie passe dans l'intervalle de Tiago pour Raul Meireles que le Portugal ouvrait le score (1-0, 29e) pour prendre les devants à la pause.
Ronaldo avec un coup de pouce
En seconde période, sous le déluge du Cap, c'est une avalanche de buts qui s'est produite. Le deuxième est d'ailleurs un petit bijou collectif avec un une-deux Meireles- Almeida conclu par un petit pont de Simao Sabrosa (53e) sur le gardien nord-coréen. Derrière, les Chollima craquent complètement et la technique des Portugais fait le reste. Un doublé de Tiago (60e, 90e), aussi bon qu'à ses plus belles heures lyonnaises et définitivement plus intéressant que Deco dans l'entre jeu, une réalisation d'Almeida (55e) et une autre de Liedson (82e), cinq minutes après son entrée en jeu.
Mais la fête n'aurait pas été totale pour la Seleçao sans un but de Cristiano Ronaldo. Un but qui aura nécessité un petit coup de pouce du destin. Seul face à Ri Myong-Guk, le Madrilène bénéficie d'un contre favorable, le ballon rebondissant sur sa nuque. Il parvient tout de même à marquer dans le but vide. L'image restera. Tout comme le score. Grâce à lui, les Portugais pourraient même se contenter d'une défaite face au Brésil à condition que la Côte d'Ivoire ne passe pas autant de buts aux Nord-Coréens évidemment. Un nul entre les deux pays lusophones éliminera quoi qu'il arrive les Elephants.
BRESIL - COTE D'IVOIRE : 3-1
Buts: Luis Fabiano (25e, 50e), Elano (62e) pour le Brésil - Drogba (80e) pour la Côte d'Ivoire
Ça s'appelle une mise au point et c'est une réponse à certains doutes. Très décevant et pour tout dire assez inquiétant pour son entrée dans la compétition face à la Corée du Nord mardi dernier, le Brésil a passé la vitesse supérieure face à la Côte d'Ivoire. Avec cette victoire nette et sans bavure (3-1), la Seleçao n'a pas seulement assuré sa qualification pour les huitièmes de finale, rejoignant les Pays-Bas. Elle a rassuré sur son potentiel offensif et a confirmé sa solidité. Luis Fabiano, si discret cinq jours plus tôt, a signé un doublé. A l'image de son équipe, le Sévillan a lancé pour de bon son Mondial dimanche soir.
Les Ivoiriens, après leur nul encourageant face au Portugal, vaient hâte de se frotter au quintuple champion du monde. Ils ont pu constater qu'ils n'étaient pas prêts à rivaliser. Sans être véritablement dépassés par le rythme adverse, ils ont en revanche été submergés par l'efficacité des hommes de Carlos Dunga, qui ont converti en buts trois de leurs quatre premiers tirs cadrés, le deuxième but étant entaché tout de même de deux fautes de main de Luis Fabiano. Avec une telle réussite, la Seleçao de Carlos Dunga ne risquait en tout cas pas grand chose à Soccer City.
Kaka expulsé, Elano blessé
Mais les Brésiliens ont tout de même enregistré leur lot de mauvaises nouvelles. Dunga regrettera sans doute une fois encore le relâchement défensif de son équipe en fin de rencontre, comme contre la Corée. Sans incidence puisque le score était déjà acquis lorsque Didier Drogba a adouci l'addition ivoirienne à 10 minutes du terme, devenant à cette occasion le premier joueur africain à marqueur un but au brésil en phase finale de Coupe du monde. Une façon d'entrer dans l'histoire par la petite porte. L'attaquant de Chelsea rêvait sans doute d'autre chose. Si le Brésil devra corriger ce petit défaut, il relève toutefois de l'épiphénomène.
Plus ennuyeuses sont les pertes de Kaka et Elano. Le premier a été expulsé par l'arbitre français M.Lannoy en écopant de deux cartons jaunes en l'espace de trois minutes en seconde période. La star du Real Madrid a d'abord reçu un premier avertissement en repoussant des deux bras Keita (85e). Il a ensuite donné un petit coup de coude au niveau de la poitrine du même Ivoirien qui venait sur lui, trois minutes plus tard. Keita s'est alors jeté par terre, se tenant le visage, et un début d'échauffourée a éclaté entre les deux équipes. Le N.10 brésilien s'est éloigné de la scène mais l'arbitre l'a rappelé et exclu. Dunga, sur le bord du terrain, était fou de rage. Elano, auteur du troisième but brésilien, a quant à lui été touché assez sévèrement au tibia droit et a dû sortir sur une civière. Chacun a ses problèmes, y compris le Brésil. Mais la Seleçao se porte quand même mieux que d'autres dans ce Mondial.
ITALIE - NOUVELLE-ZELANDE : 1-1
Buts: Iaquinta (29 s.p.) pour l'Italie - Smeltz (7e) pour la Nouvelle-Zélande
L'Italie n'y arrive pas. Tenue en échec lors de sa première sortie du Mondial contre par le Paraguay (1-1), la Squadra Azzurra a encore dû partager les points face à la modeste formation de la Nouvelle-Zélande grâce à un penalty peu évident. Le positif de la deuxième sortie du côté transalpin ? Il faut chercher et creuser longtemps. Les Italiens pourront toujours se dire qu'ils ont deux points au compteur et sont toujours en course pour les huitièmes de finale. Sinon ? Les champions du monde ont des ressources mentales. Pour la deuxième fois, ils sont revenus après avoir concédé l'ouverture du score. Pour le reste, il n'y a pas beaucoup de raisons de se réjouir de l'autre côté des Alpes. Cette deuxième sortie est même inquiétante.
Face à une formation bien regroupée mais peu brillante sur le plan offensif, l'Italie n'a pas su élever son rythme tant collectivement qu'individuellement pour faire la différence. Pis encore, elle a encore montré ses soucis dans le secteur aérien. Déjà mis en difficulté au premier match sur coup-francs, elle a craqué dès la 7e minute devant Shane Smeltz. Les Azurri ont ainsi encaissé deux buts sur deux tirs cadrés sur l'ensemble des deux premiers matches. Alors certes, les coéquipiers de Fabio Cannavaro, qui a égalé Dino Zoff avec 17 matches joués en Coupe du monde, ont réussi à revenir au tableau d'affichage sur un penalty obtenu par De Rossi et transformé par Iaquinta (29e). Mais Marcello Lippi a du souci à se faire avant un dernier match crucial contre la Slovaquie.
L'Italie impuissante
Le déchet sur coup-franc, les imprécisions dans le dernier geste ou encore le manque de capacité à éliminer leurs vis-à-vis ont plombé les Italiens, pourtant ultra-dominateurs mais qui ont longtemps abusé de ballons longs. Et la belle prestation de Paston dans le but néo-zélandais n'a pas arrangé les choses. Le portier des Kiwis a répondu présent pour sortir les occasions de Di Natale (45e), de Montolivo, le meilleur italien en l'absence de Pirlo (69e, 80e), ou encore de Camoranesi (89e)
Bien en place, les All Whites ont réussi un joli coup et ont même failli s'offrir le coup parfait mais Wood a manqué la mire après avoir pris le meilleur sur Cannavaro (82e). Ils s'offrent un nul de prestige face aux champions du monde et décrochent un deuxième point en Afrique du Sud. Ils peuvent toujours rêver d'une qualification historique pour le prochain tour. De son côté, l'Italie est toujours en vie. Mais les Transalpins subissent une deuxième désillusion de suite. Lippi, en manque de solution et contraint de faire son troisième changement dès la 61e, va devoir très vite trouver les mots pour faire réagir ses joueurs.
SLOVAQUIE-PARAGUAY: 0-2
Buts: Vera (27e) et Riveros (86e)
A l'image de quelques autres rencontres depuis le début de la Coupe du monde, ce Slovaquie-Paraguay ne restera pas dans les mémoires. Tout juste se rappellera-t-on que Henrique Vera y aura inscrit, pour le Paraguay, le 50e but de la compétition. Sur un service de Barrios à l'entrée de la surface, le milieu de Quito trompe Mucha d'un joli extérieur du pied droit (27e). Un but venu récompenser une première période dominée, bien que sans autre concrétisation, des Sud-Américains. Ce n'est pas faute d'avoir essayé par l'intermédiaire de Santa Cruz, dont la frappe trouvait presque la lucarne (4e), Valdes (5e, 24e), Riveros (19e) ou encore Barrios (23e).
En fait, les Paraguayens n'ont buté que sur un seul rempart : Mucha. Le gardien slovaque, sensé être protégé par une défense regroupée, a pourtant eu du boulot jusqu'à la pause. Ensuite, pas vraiment. Les Sud-Américains se sont alors laissé endormir par le faux-rythme de la Repre, incapable de produire quoi que ce soit, d'inquiéter Villar ou même de cadrer une frappe jusqu'à la 92e. Il a fallu attendre les vingt dernières minutes pour que la rencontre s'anime à nouveau... grâce au Paraguay et à une tête de Vera, pas loin de doubler la mise (72e), et surtout, grâce au joli but de Riveros, une frappe dans la lucarne de l'extérieur de la surface (86e).
Grâce à cette victoire, le Paraguay se rapproche des 8e de finale. Une victoire face à la Nouvelle-Zélande assurerait à l'Albiroja sa place. Peut-être même juste un nul. Mais pour éviter les Pays-Bas, mieux vaudrait terminer premier dans ce groupe. Pour la Slovaquie en revanche, cette première apparition en Coupe du monde s'apparente à un chemin de croix. Plus par son absence de jeu et sa frilosité que ses résultats (un nul, un but marqué, trois encaissés). La Repre est passé à côté de ses deux premiers matchs. Qu'elle ne s'inquiète pas, elle n'est pas la seule.
CAMEROUN - DANEMARK : 1-2
Buts : Eto'o (10e) pour le Cameroun et Bendtner (33e),
Rommedahl (61e) pour le Danemark
Les sélections africaines ne sont décidemment en veine sur leur continent. Les entraîneurs français non plus. Si le Ghana reste en course, les autres représentants sont au plus mal. Le Cameroun de Paul Le Guen, lui, est déjà éliminé. La faute à une défaite face au Danemark (1-2), la deuxième après celle contre le Japon (0-1), qui qualifie dans le même temps les Pays-Bas pour les 8e de finale. Critiqués durant la semaine, les Camerounais ont pourtant tenté de répondre. Tout au moins pendant les 20 premières minutes. C'est une bien maigre consolation pour Samuel Eto'o et ses coéquipiers venus en Afrique du Sud pour imiter, voire dépasser, leurs devanciers de 1990 qui avaient atteint les quarts de finale.
Mais ces Lions-là manquent définitivement d'appétit. Ou ils ont perdu leur temps en coulisses à se chercher des poux sur fond de guerre des clans et de contestation du capitaine Eto'o. Paul Le Guen avait pourtant pris en compte les critiques des uns, revendications des autres et ses propres erreurs du match initial en remaniant son milieu de terrain avec notamment la titularisation d'Alexandre Song. Et le début de rencontre a semblé lui donner raison. Dès la 10e minute, Eto'o ouvre la marque en fusillant Thomas Sörensen, suite à une relance complètement ratée de Christian Poulsen. Les Lions Indomptables se montrent alors irrésistibles et Emana manque de peu de doubler la marquer sur un tir de 25 mètres (13e).
Un réveil tardif
Les Danois finissent pourtant par reprendre leurs esprits et le contrôle de la rencontre. Gronkjaer tente sa chance de 20 mètres mais Alexandre Song détourne de la tête en corner (17e) et Souleymanou doit sortir devant Jon Dahl Tomasson (20e). Les Scandinaves concrétisent leur domination à la 33e minute sur une superbe transversale de 60 mètres de Daniel Agger pour Rommedahl. Le milieu offensif prend Benoît Assou-Ekotto de vitesse et sert parfaitement Nicklas Bendtner dans la surface de réparation, qui conclue. A la 41e minute, le Danemark manque de peu d'assommer les Camerounais mais Song sauve son équipe en plongeant pour détourner le tir de Tomasson alors que son gardien est battu.
Dans la foulée, Eto'o profite d'un mauvais renvoi de Sörensen, mais sa frappe percute le poteau droit (42e), puis Emana perfore la défense danoise et rate son tir, capté sans mal par le gardien de Stoke City. En deuxième période, en passant par les ailes et en multipliant les longues transversales, les Danois épuisent la défense du Cameroun qui craque à l'heure du jeu sur un raid solitaire de Rommedahl (61e), qui se joue de Makoun. Les Camerounais a beau eu faire le siège du but danois, ils ont toujours buté sur Sörensen ou l'un de ses défenseurs. Leur rêve sud-africain est désormais terminé.
GHANA - AUSTRALIE : 1-1
But: Sneijder (53e)
Le match nul entre le Ghana et l'Australie (1-1) laissera des regrets aux deux équipes. Les Blacks Stars ont manqué l'occasion de faire le trou en tête du groupe E, alors qu'ils ont joué une heure à 11 contre 10. Mais les Socceroos ont eux aussi loupé le coche et voient les huitièmes s'éloigner.
PAYS-BAS - JAPON : 1-0
But: Sneijder (53e)
Curieuse impression que celle laissée par les Pays-Bas après leur deux premières sorties en Coupe du monde. ertes, d'un point de vue comptable, l'affaire est parfaitement engagée avec six points récoltés. Mais les Oranje evaient être flamboyants, forts de leur potentiel offensif à faire rembler n'importe quelle arrière-garde. En deux matches, la ande à van Persie, encore une fois privée de Robben trop juste physiquement, n'a pas franchement été à la hauteur de sa réputation. Une confirmation malgré tout, comme face au Danemark (2-0), les Bataves se sont davantage distingués face au Japon par la solidité de leur défense que par le panache de leur attaque. La première mi-temps de la rencontre face au Japon fut sur ce point exemplaire.
45 minutes fades et sans relief où les Pays-Bas ont tourné autour du bloc nippon sans jamais parvenir à se montrer dangereux. Et si les hommes de Van Marwijk ont réalisé 243 passes de plus que leurs adversaires du jour, leur domination fut d'abord stérile. Comme face au Danemark, le salut des Oranje est venu d'un coup du sort. Un csc face aux Scandinaves, une grossière faute du main de Kawashima face au Nippon. Le portier japonais a mal négocié une frappe de Sneijder et coulé un Japon valeureux jusque-là (53e). Car Honda et ses coéquipiers méritaient sans doute mieux. Pas plus entreprenant que les Oranje en première mi-temps mais tout aussi solide, le Japon s'est, un peu, réveillé suite à la boulette de son gardien.
Une frappe d'Okubo a obligé Stekelenburg à son seul arrêt de la rencontre (56e). Mais comme les Bataves n'ont pas capitalisé sur leur ouverture du score heureuse, malgré deux duels mal négociés par Afellay (85e et 88e), les jeux sont restés ouverts jusqu'au bout. Et Okazaki, bien lancé dans les arrêts de jeu, aurait pu permettre au Japon d'arracher un nul qui n'aurait pas eu des allures de hold up. Finalement, la seule vérité qui compte, celle des chiffres, permet aux Pays-Bas, invaincus depuis 9 matches de poule en Coupe du monde, d'aborder dans les meilleures conditions son dernier match face au Cameroun. Ils pourraient même déjà valider leur qualification si les hommes de Paul Le Guen ne battent pas le Danemark en fin d'après-midi. Le Japon devra en revanche s'employer face aux Scandinaves pour voir les huitièmes de finale.
ANGLETERRE - ALGERIE : 0-0
Et si les Anglais avaient mis la charrue avant les boeufs ? Cette semaine, ils évoquaient déjà leur éventuel 8e de finale face aux Allemands. Mais ils en sont aujourd'hui très loin. Après les Etats-Unis (1-1), l'Algérie est venue les contrarier (0-0) et les ramener à leurs lacunes. Car, le jour de ses 64 ans, Fabio Capello n'a pas été gâté. Si la situation comptable est loin d'être aussi catastrophique, on ne peut en effet s'empêcher de remarquer certaines similitudes entre ces Anglais méconnaissables et l'équipe de France. Toutes proportions gardées. Dans le rôle de Nicolas Anelka, l'attaquant fantomatique, on retrouve Emile Heskey. Très peu en vue et muet depuis 639 minutes en sélection, Wayne Rooney peut faire penser à notre Franck Ribéry. Quant à Yoann Gourcuff ou Thierry Henry, les oubliés du banc, Joe Cole n'a pas grand chose à leur envier.
Fabio Capello a réussi à ajouter un problème : celui du gardien. Après sa terrible bévue face aux Etats-Unis, Robert Green a été sacrifié alors que le sélectionneur répétait dans la semaine que "les joueurs qui font des erreurs méritent une deuxième chance". Finalement, c'est donc David James qui a débuté au Cap. Quelques interventions qui n'ont pas inspiré une grande sérénité en début de match, mais pas de boulette. Vu le contexte, c'est presque le point positif du soir. C'est dire. Côté algérien, Faouzi Chaouchi, également coupable contre la Slovénie (0-1), a également cédé sa place. Place à Rais M'Bolhi, seulement 23 minutes de jeu au niveau international dans les gants.
M'Bolhi, la muraille
Mais, à 24 ans, le joueur formé à Marseille s'est aussi parfaitement acquitté de sa tâche. Gerrard (30e, 71e), Lampard (32e), Barry (39e) ou Rooney (43e) ont tour à tour buté sur le joueur du Slavia Sofia, à l'essai le mois dernier du côté de... Manchester United. Mais, si on n'oserait pas ôter tout mérite à la défense algérienne, les Anglais ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. L'équipe aux Trois Lions n'a rien montré. Ou si peu. A la 55e minute, une mésentente entre Steven Gerrard et Frank Lampard symbolise à elle seule l'incompatibilité entre les deux stars du milieu de terrain et les problèmes de construction de l'Angleterre. Carragher suspendu pour un deuxième carton jaune, la charnière centrale, déjà orpheline de Ferdinand et King, posera également problème au prochain match.
Les Fennecs pourraient presque en regretter de ne pas avoir réussi à signer un joli coup. Présents dans le pressing, les hommes de Rabah Saâdane ont parfaitement rempli leur mission : se montrer solides derrière et procéder par contres. Mais, hormis plusieurs accélérations de Karim Ziani (35e), ils n'ont jamais vraiment été en mesure d'aller jusqu'au bout de leurs intentions. Finalement, tout reste donc ouvert dans ce groupe C. La dernière journée s'annonce palpitante avec encore quatre équipe en lice. En 1990, l'Angleterre était allée jusqu'en demi-finale après avoir débuté par deux matches nuls (1-1, 0-0). Cette fois-ci, il lui faudra encore un succès, face à la Slovénie, pour assurer sur sa qualification. Et encore, elle ne sera pas sûre de terminer à la première place.
SLOVENIE - ETATS-UNIS : 2-2
Buts : Birsa (13e), Ljubijanko (42e) pour la Slovénie et Donovan (48e), Dradley (82e) pour les Etats-Unis
Ils auraient dû mériter mieux. Malgré un scénario complètement renversant, les Etats-Unis, revenus de nulle part car menés 2-0 à la mi-temps, auraient dû arracher les trois points. A la 85e minute, Edu inscrit le troisième but américain, injustement invalidé pour un hors-jeu imaginaire. Slovènes et Américains se quittent donc sur un score de parité (2-2) après une rencontre emballante de bout en bout, sans doute la plus spectaculaire depuis le début de la compétition. Finalement, il n'aura manqué que huit petites minutes à la Slovénie pour décrocher une qualification historique pour les huitièmes de finale. Mais les Américains se sont obstinés. Maladroite en première période, tranchante en seconde période, la bande à Donovan a soufflé le chaud et le froid.
Les Slovènes se sont d'abord engouffrés dans la brèche sur une inspiration géniale de l'Auxerrois Birsa, une merveille de frappe enroulée dès la 13e minute, Ljubijankic (42e) enfonçant le clou avant la mi-temps. Au retour des vestiaires, c'est une autre partition que jouent les représentants de la bannière étoilée. Beaucoup plus haut, beaucoup plus précis dans leurs transmissions, les hommes de Bob Bradley réduisent logiquement la marque sur une frappe imparable d'un Donovan toujours aussi précieux. C'est finalement Bradley fils qui arrache le nul d'une semelle salvatrice (82e).
Un point plutôt bienvenu pour des Américains qui restent dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale. Ils joueront leur survie face à l'Algérie mais il faudra gagner, ce qui ne leur est plus arrivé depuis six matchs en Coupe du monde, soit la pire série de leur histoire. Pour les Slovènes, la tâche s'annonce peut-être plus compliquée. Certes, avant Angleterre-Algérie de ce vendredi soir, Cesar et ses coéquipiers trustent la première place du classement. Mais une défaite face à la sélection aux Trois Lions lors de la dernière journée pourrait définitivement mettre fin à leur aventure sud-africaine. A huit minutes près, ils auraient pu s'éviter pareille angoisse.
ALLEMAGNE - SERBIE : 0-1
But : Jovanovic (38e)
L'Allemagne n'a pas confirmé son entrée en matière tonitruante face à l'Australie (4-0). Malgré une prestation encore intéressante dans le jeu, malgré une série de 18 matches sans défaite au 1er tour d'un Mondial, la formation de Joachim Löw est tombée devant une Serbie plus efficace que spectaculaire (1-0). Les Serbes ont immédiatement profité de l'expulsion de Miroslav Klose en ouvrant le score grâce à leur joueur clé, Milan Jovanovic, peu avant la mi-temps. Les Serbes sont parvenus à conserver leur avantage jusqu'au bout, et c'est bien là l'essentiel. Après sa défaite inaugurale face au Ghana (1-0), la formation de Radomir Antic était condamnée à faire un résultat face à l'ogre allemand. Avec ce succès, elle reste dans la course aux huitièmes de finale.
Héros du premier match face aux Australiens, Miroslav Klose et Lukas Podolski ont cette fois-ci précipité la perte de l'Allemagne contre les Serbes. L'attaquant du Bayern s'était déjà signalé dans le premier quart d'heure par un carton jaune pour une faute stupide sur Branislav Ivanovic. Il a échappé de peu au rouge un peu plus tard, en poursuivant une action alors qu'il avait été signalé hors-jeu. Finalement, il n'y a pas coupé. Pour avoir crocheté un joueur serbe, l'homme aux onze buts en Coupe du monde a laissé ses partenaires à dix dès la 37e minute. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, la Serbie a ouvert la marque dans la foulée par Jovanovic, seul face à Neuer sur une remise de la tête de Nikola Zigic après un centre de Milos Krasic (1-0, 38e).
Podolski mange la feuille
La supériorité numérique n'a rien changé à la physionomie de la rencontre. L'Allemagne a continué de dominer et s'est procuré beaucoup d'occasions. Elle avait déjà manqué de peu l'égalisation juste avant la mi-temps. Sur un corner mal dégagé par Stojkovic, Khedira a trouvé la barre avant que Müller ne voit son ciseau renvoyé sur sa ligne par un défenseur serbe (44e). Maudits, les Allemands ? La seconde période l'a confirmé. Podolski, premier buteur de la Mannschaft face à l'Australie, a littéralement mangé la feuille de match. Incapable de cadrer sur ses multiples occasions (58e, 59e, 85e), l'attaquant de Cologne a surtout eu l'occasion d'égaliser sur penalty. Mais l'ancien Nantais Vladimir Stojkovic a repoussé sa tentative, avant de voir la reprise de Thomas Müller filer hors du cadre (60e).
Le manque de réalisme allemand aurait pu profiter à la Serbie. Mais la réussite n'a pas été au rendez-vous, à l'image d'une belle frappe de Jovanovic renvoyée par le poteau de Neuer (67e) ou d'une tête de Zigic sur la barre (74e). Dans le jeu, les Serbes ont été un peu plus convaincants que face au Ghana. Mais on reste quand même sur notre faim compte tenu du potentiel indéniable de cette formation sur le papier. Cela a quand même suffi pour venir à bout d'une Allemagne dans un jour sans. Un succès qu'il faudra confirmer contre l'Australie pour espérer figurer au deuxième tour. Pendant ce temps-là, l'Allemagne jouera son avenir face au Ghana. Ce n'est pas ce qu'on attendait après la démonstration allemande face à l'Australie. Mais c'est désormais la réalité pour une Mannschaft sous pression.
FRANCE - MEXIQUE : 0-2
Buts : Hernandez (64e) et Blanco (77e, s.p.)
La marche était trop haute. Après son match nul face à l'Uruguay (0-0), l'équipe de France n'est pas parvenue à se mettre au niveau du Mexique. Humiliée (0-2), elle n'a plus son destin en mains. Un nul entre Uruguayens et Mexicains lors du dernier match et les deux sélections laisseront les Bleus sur le carreau dans le groupe A. Mais il faut bien reconnaître que ces derniers n'ont rien fait pour mériter meilleur sort. A l'image de leur parcours laborieux en qualifications, ils ont livré une copie proche du néant à Polokwane. Une nouvelle fois, l'attaque a été transparente. Une occasion franche en 90 minutes... Insuffisant pour forcer son destin. Et, cette fois, la défense a suivi l'exemple. Le duo Gallas-Abidal a craqué et même concédé un penalty. Pour couronner le tout, Jérémy Toulalan a écopé d'un carton jaune qui le privera du dernier match face à l'Afrique du Sud. Un cauchemar.
On attendait du changement. Raymond Domenech en a apporté. Mais, alors qu'on attendait de voir quel sort serait réservé à Anelka et Govou, c'est Yoann Gourcuff qui a pris place sur le banc. Isolé au sein du groupe, le Bordelais a laissé sa place à Florent Malouda, le grand absent face à l'Uruguay. Un changement qui a repositionné Franck Ribéry dans le rôle du meneur de jeu. Mais le Bavarois s'est montré une nouvelle fois discret et brouillon. Finalement, seul Malouda s'est montré au niveau. Le joueur de Chelsea s'est créé l'occasion la plus nette, si ce n'est la seule, à la... 54e minute ! Avant cela, Anelka avait cadré sa première frappe en 428 minutes sans toutefois inquiéter Oscar Perez (44e). Un maigre bilan. Domenech a mis 45 minutes à s'en rendre compte et a sorti l'attaquant des Blues au retour des vestiaires pour faire entrer Gignac. Sans succès.
Le cauchemar d'Abidal
Pire, alors qu'elle avait tenu le choc lors du premier match, la défense s'est liquéfiée. William Gallas et Eric Abidal, notamment, ont affiché de cruels signes de fébrilité. Portés par les "olé" de leurs supporters, les Mexicains en ont profité pour rejoindre la pause avec quatre occasions nettes grâce à Vela (8e), Franco (12e), Salcido (18e) ou encore Giovanni Dos Santos (39e). La sortie sur blessure de Carlos Vela (30e) a d'ailleurs dû soulager un Bakari Sagna pas non plus à son avantage. Et c'est finalement Eric Abidal qui a craqué. D'abord, en couvrant Javier Hernandez, entré depuis 9 minutes et parti à la limite du hors-jeu pour aller battre Lloris (64e, 0-1). Ensuite, en concédant un penalty pour une faute sur Barrera que le vétéran Cuauhtémoc Blanco, 37 ans, s'est fait un plaisir de convertir (79e, 0-2). Pendant ce temps, Thierry Henry a dû se contenter d'assister au naufrage depuis le banc.
Juste avant la pause, Jérémy Toulalan a écopé d'un avertissement (45+1), le deuxième après le carton jaune reçu contre l'Uruguay, qui le privera du troisième match de poule contre l'Afrique du Sud. Mais c'est désormais le cadet des soucis de Raymond Domenech. L'espoir de poursuivre l'aventure est désormais infime. Même un succès des Bleus, lestés d'une différence de buts négative (-2), face aux Bafana Bafana ne suffira pas. Il lui faudrait encore une victoire de l'Uruguay ou du Mexique. Mais les deux équipes en tête du Groupe A peuvent toutes deux se qualifier. Même Domenech semblait résigné à la fin du match. Après ce revers, le premier en sept confrontations face au Mexique, il y a comme un air de déjà vu dans cette équipe de France.
GRECE - NIGERIA : 2-1
Buts : Salpingidis (44e) et Torosidis (71e) pour la Grèce et Uche (16e) pour le Nigeria
La Grèce tient sa première victoire en Coupe du monde. Après une première participation en 1994 et 10 buts encaissés, et un nouveau démarrage raté face à la Corée du Sud la semaine dernière (0-2), les hommes d'Otto Rehhagel ont finalement débloqué leur compteur. Au meilleur moment, les Champions d'Europe 2004 ont réussi à décrocher une victoire inespérée qui leur permet de se relancer en vue d'une qualification en huitième de finale de cette Coupe du monde sud-africaine. Si rien n'est acquis, les Grecs peuvent encore viser la 2e place du groupe B, voire la première s'ils signent une victoire retentissante face à l'Argentine, leader de la poule après deux victoires.
Et pourtant, le Nigeria pourra nourrir des regrets : alors que tout pouvait sourire aux Super Eagles, les hommes de Lars Lagerback ont hypothéqué leur chance de s'approprier la 2e place qualificative en l'espace d'un quart d'heure. Kalu Uche avait idéalement lancé son pays après 15 minutes de jeu en ouvrant le score d'un coup franc enroulé qui a trompé la vigilance du portier grec. En confiance après ce but, Kaita fit un geste malheureux qui plongea la Nigeria dans une spirale infernale : en contact avec Katsouranis et sur un petit mouvement d'épaule et surtout d'un pied coup de pied dans le vide aux allures de mauvais geste, le milieu droit a laissé ses partenaires à 10 pour les 60 dernières minutes de jeu. Un coup du sort dont les demi-finalistes de la CAN 2010 ne se remettront pas. Une aubaine pour la Grèce qui n'en demandait pas tant.
Une statue pour Salpingidis et Torosidis
Car sur le papier, les hommes d'Otto Rehhagel ne pesaient pas lourds face aux Nigerians qui aiment jouer les équipes européennes en Coupe du monde, et notamment la Grèce, battue 2-0 en 1994. Mais cette équipe, qui n'avait encore jamais gagné le moindre match en phase finale, ni même marqué le moindre but, se relançait en égalisant juste avant la mi-temps. Sur une ouverture de Karagounis, Salpingidis reprenait victorieusement une remise de Gekas pour inscrire ce premier but historique. L'attaquant du Panathinaikos avait déjà offert le but qualificatif pour la phase finale de Coupe du monde face à l'Ukraine. Avec cette réalisation, il entre définitivement dans l'histoire du pays en devenant le premier buteur grec de la compétition.
Les errements de la défense nigériane retardaient une échéance inéluctable dans ce match dominé outrageusement par les ex-Champions d'Europe (11 tirs cadrés, un record pour une phase finale de Mondial). Malgré un excellent Enyeama dans le but nigérian, c'est finalement sur un ballon relâché par le gardien des Super Eagles que les Grecs prenaient l'avantage à la 71e minute sur une reprise décisive de Torosidis. Et pour la première fois dans cette édition : une équipe menée au score est parvenue à retourner la situation, renvoyant le Nigeria, battu 6 fois sur leurs 7 derniers matches de Coupe du monde, avec ses regrets à la dernière place du classement du Groupe B. Malgré tout, les Super Eagles ont encore une chance de se qualifier pour les huitièmes de finale. Ils devront pour cela battre la Corée du Sud et espérer une défaite grecque face à l'Argentine. Réponse la semaine prochaine.
ARGENTINE - COREE DU SUD : 4-1
Buts : Park (16e c.s.c.), Higuain (33e, 76e, 80e) pour l'Argentine - Lee (45e) pour la Corée du Sud
L'Argentine a un pied et demi en huitièmes de finale. Elle aurait pu en avoir deux en cas de match nul entre la Grèce et le Nigeria, mais les Grecs ont finalement pris le dessus sur les Super Eagles (2-1). Du coup, un nul face à cette même équipe mardi assurera la qualification et la première place aux hommes de Maradona. Ce match face à la Corée du Sud était un bon test pour la bande à Diego. Convaincants pour leur entrée dans le tournoi face à la Grèce (2-0), les Asiatiques ont quand même donné du fil à retordre à l'Albiceleste, plus que le score ne l'indique en tout cas. Mais les Argentins ont quelque chose en plus. Une maîtrise et une capacité à jouer sur un faux rythme avant de placer l'accélération fatale. Deux ingrédients qui, ajoutés aux talents de ses joueurs, peuvent définitivement permettre à l'Argentine de voir loin dans cette compétition.
Il n'y a pas que ça. Face au Nigeria, les coéquipiers de Lionel Messi ont fait la différence sur un coup de pied arrêté. Cela a été à nouveau le cas face aux Coréens du Sud. Un but malheureux du Monégasque Park (1-0, 16e) sur un coup franc de Messi effleuré par Demichelis et une reprise de la tête de Higuain, laissé seul au deuxième poteau, suite à un coup franc joué en deux temps (2-0, 31e) ont confirmé l'efficacité des doubles champions du monde sur ces phases de jeu. Quand la compétition va avancer, que les rencontres vont être de plus en plus serrées, c'est ce genre de détails qui pourra faire la différence. Et l'Albiceleste, déjà très solide dans les duels et blindée de talent en attaque, aura un atout supplémentaire à faire valoir dans sa quête du trophée.
Higuain rejoint Stabile et Batistuta
Forte de ses deux buts d'avance, l'Argentine a cependant connu un relâchement coupable. Il a été symbolisé par cette erreur de Demichelis parfaitement exploitée par Lee juste avant la pause (2-1, 45e). Les Coréens du Sud ont même eu l'occasion d'égaliser sur une action limpide, mais mal conclue par Yeom, dont l'extérieur du pied gauche n'a pas trouvé le cadre (54e). On a pu se rendre compte que l'équipe asiatique pouvait inquiéter la formation de Maradona.
On a vu par la suite qu'il valait mieux ne pas laisser passer ses opportunités face à un tel adversaire. En quatre minutes, Higuain a scellé le succès des siens, d'abord en suivant une frappe d'un Messi encore convaincant repoussée par le poteau (3-1, 76e), puis en reprenant de la tête un centre d'Agüero, auteur d'une très belle rentrée (4-1, 80e). Le Madrilène rejoint ses glorieux anciens Stabile et Batistuta dans le club fermé des Argentins auteurs d'un triplé en phase finale. C'est par ailleurs le premier depuis celui de Pauleta face à la Pologne en 2002. Le score peut paraitre sévère pour la Corée du Sud, mais il en dit long sur la confiance des Argentins qui peuvent envisager la suite de ce premier tour avec sérénité.
AFRIQUE DU SUD - URUGUAY : 0-3
Buts : Forlan (24e et 80e s.p.) et A. Pereira (90e+5)
Et les vuvuzelas se sont tues. Lorsque Diego Forlan a inscrit le deuxième but des Uruguayens, le silence a résonné dans le stade Loftus Versfeld de Pretoria. Les trompettes sud-africaines censées galvaniser les Bafana Bafana n'auront finalement pas eu l'effet escompté. Au contraire.
Paralysés par l'enjeu du match, les Bafana Bafana n'ont jamais semblé en mesure de pouvoir contrer les assauts uruguayens. En face, Oscar Tabarez a réussi son coup. Après avoir joué en 3-5-2 contre la France, le sélectionneur uruguayen avait choisi de revenir dans un plus classique 4-3-1-2 pour contrer les assauts sud-africains. Avec une attaque musclée composée de Cavani, Suarez et Forlan, l'Uruguay a donné le tournis à l'Afrique du Sud. Hormis quelques rares offensives, les Bafana Bafana n'ont ainsi jamais existé dans ce match joué à sens unique.
Khune expulsé
Les premières minutes ont ainsi vu les attaquants de la Celeste multiplier les actions chaudes et les coups francs devant le but de Khune. C'est finalement l'inévitable Diego Forlan qui a forcé le verrou sud-africain sur une frappe de 22 mètres légèrement détournée par la défense (1-0, 24e). La réaction sud-africaine était trop timide et c'est au contraire l'Uruguay qui terminait la première période en meilleure forme (Suarez, 32e).
A la reprise, la physionomie du match ne changeait pas et les Uruguayens ont continué à se procurer les meilleures occasions. Suarez multipliait les actions chaudes et les Bafana Bafana évitaient une première fois le penalty sur une percée de Suarez, stoppée par la défense sud-africaine (52e). Les Uruguayens se repliaient quelque peu, permettant aux coéquipiers de Steven Pienaar, très peu en vue, de se procurer leur plus belle occasion. Sur le côté droit, Gaxa centrait pour Mphela qui voyait sa tête échouer juste à gauche du montant de Khune. C'en était fini des espoirs des sud-africains.
Campé dans ses 18 mètres, la Celeste allait aggraver la sentence sur penalty. Un malentendu de la défense sud-africaine laissait Suarez seul face à Khune qui fauchait l'attaquant. Carton rouge et penalty transformé par Forlan (2-0, 80e). La fin de match voyait les supporters quitter prématurément le stade. A 11 contre 10, Alvaro Pereira en profitait pour aggraver le score et soigner la différence de buts de son équipe (3-0, 90e+5). Rideau. Grâce à cette victoire, l'Uruguay prend seul la tête du groupe A avec 4 points en attendant le match entre la France et le Mexique, jeudi soir. Pour les Bafana Bafana, la sortie se rapproche. Il faudra désormais un exploit contre la France lors du dernier match pour ne pas être le premier pays hôte d'une Coupe du monde à sortir dès les phases de poules.
ESPAGNE-SUISSE : 0-1
But : Gelson (51e)
Coup de tonnerre sur l'Afrique du Sud ! Grande favorite de la Coupe du monde avec le Brésil, l'Espagne est tombée devant la Suisse (0-1) dès son entrée en lice dans le tournoi. Un but du Stéphanois Gelson Fernandes en début de seconde période a suffi pour faire plier le champion d'Europe et faire mentir toutes les statistiques. Oui, l'Espagne pouvait perdre malgré ses 25 succès sur les 26 derniers matches. Oui, la Nati pouvait battre une Roja qui ne lui avait jamais réussi dans son histoire (15 défaites et 3 nuls en 18 confrontations). Oui, les Espagnols pouvaient laisser filer des points au premier tour, ce qui ne leur était plus arrivé depuis 1998. La formation helvète a déjoué tous les pronostics pour s'installer en tête du groupe H en compagnie du Chili, vainqueur un peu plus tôt du Honduras (1-0). L'Espagne, dont on attendait un carton plein avec son formidable potentiel offensif, se retrouve contre toutes attentes en difficulté d'entrée de tournoi.
Sur l'ensemble du match, Vicente del Bosque n'a cependant pas grand chose à reprocher à ses joueurs, sinon leur manque de réalisme et un manque de vigilance sur l'un des rares contres de la Nati. Dominer n'est pas gagner, et l'Espagne l'a appris à ses dépens après avoir campé dans la moitié de terrain suisse durant la quasi-totalité du match. Mais elle s'est heurtée à une défense suisse très solide dans le sillage d'un Stéphane Grichting héroïque et d'un gardien, Diego Benaglio, impérial dans le but helvète. Le portier de Wolfsburg a écoeuré les attaquants de la Roja, notamment face à Piqué (24e), Villa (58e) ou Navas (72e). Et quand il n'était pas là pour sauver la Suisse, c'est sa barre qui venait à la rescousse sur une frappe terrible de Xabi Alonso (70e). Del Bosque pourra regretter de ne pas avoir débuté la rencontre avec deux attaquants, laissant David Villa seul en pointe au coup d'envoi. Les entrées conjuguées de Fernando Torres et Jesus Navas à l'heure de jeu n'ont pas suffi pour percer le mur dressé par les hommes d'Ottmar Hitzfeld dans la dernière demi-heure.
Le plan de jeu du technicien allemand s'est révélé particulièrement efficace : bétonner derrière et attendre le contre fatal pour crucifier le champion d'Europe. Cela aurait pu marcher en première période, mais le coup franc obtenu par N'Kufo et tiré par Huggel trouvait Casillas (26e). Cela a finalement payé sur un contre orchestré par Gelson. Lancé en profondeur, Derdiyok butait sur Casillas et Piqué, mais le Stépahnois avait bien suivi pour ouvrir la marque (1-0, 52e). La Nati aurait même pu doubler la mise si le même Derdiyok n'avait pas trouvé le poteau après avoir enrhumé la défense espagnole sur un joli une-deux avec N'Kufo (74e). L'attaquant du Bayer Leverkusen a assuré un très bel intérim en l'absence du capitaine Alexander Frei, touché à une cheville. Il a contribué à l'exploit suisse, qui restera le moment le plus fort de cette première semaine de Mondial. Pour l'Espagne, la compétition commence comme personne ne pouvait l'imaginer. La Roja aura une pression terrible au moment de défier le Honduras, lundi.
HONDURAS - CHILI: 0-1
But : (Beausejour 34e)
Le Chili était une des attractions de ce début de Coupe du monde. Annoncée, jeune joueuse et talentueuse, la Roja n'a pas déçu mercredi pour son entrée dans la compétition. Elle a du talent et de la jeunesse à revendre et elle a énormément joué face au Honduras. Mieux, elle a gagné (1-0) et se place idéalement dans la course aux huitièmes de finale, dans un groupe H où l'Espagne parait a priori au-dessus du lot. Pour espérer se qualifier, les Chiliens devaient absolument prendre trois points face au Honduras. C'est fait et avec la manière.
Avec l'Allemagne, le Chili a sans doute été l'équipe la plus agréable à voir jouer depuis le début du Mondial vendredi dernier. Le jeu de l'équipe de Marcelo Bielsa apporte une bouffée de fraicheur salutaire dans un air vicié. Elle possède en revanche un gros défaut qu'elle devra corriger si elle veut durer: elle manque terriblement d'efficacité. Les coéquipiers de Claudio Bravo se sont procuré un nombre incalculables d'occasions, au point que le score final ne reflète que de très loin la domination de la formation sud-américaine. Valladares, le gardien hondurien, y est pour quelque chose, mais le déchet a tout de même été très important du côté chilien.
48 ans de disette
Mais l'essentiel avait heureusement été assuré dès la première période avec le but de Beausejour. L'attaquant de l'America s'est retrouvé à la conclusion d'un superbe mouvement qui résume bien le match, même s'il a bénéficié d'une bonne dose de réussite, le ballon ayant été dévié sur lui par un défenseur adverse. Mais la combinaison à l'origine du but côté droit entre Sanchez et Millar, elle, était absolument superbe. Faute d'avoir su concrétiser au moins une de ses nombreuses autres opportunités, le Chili est resté jusqu'au bout sous la menace, mais le Honduras ne s'est jamais montré réellement menaçant en seconde période.
Cette victoire n'est pas seulement précieuse pour la sélection chilienne. Elle est surtout historique. C'est en effet la première dans une phase finale de Coupe du monde depuis 1962 et l'édition organisée précisément par le Chili et achevée à la troisième place. Depuis, la Roja n'avait plus goûté à la saveur d'une victoire en Coupe du monde, même en 1998, lorsqu'elle s'était qualifiée pour les huitièmes de finale (elle avait alors signé trois nuls lors du premier tour). 48 années de disette ont pris fin mercredi à Nelspruit. Et sur ce que les Chiliens ont montré, c'est amplement mérité.
BRESIL - COREE DU NORD: 2-1
Buts: Maicon (55e) et Elano (72e); Ji-Yun Nam (89e)
Interrogé il y a quelques semaines sur le favori du Mondial 2010, Cafu, l'ancien capitaine de la Seleçao avait répondu: "le Brésil". Pronostic peu original, surtout de sa part. Mais son argumentation était plus intéressante: "ce n'est pas une question de talent. Je pense que certaines équipes ont plus de talents. Mais la grande force de notre équipe, quand je la regarde en détail, c'est la densité et la profondeur de son effectif." Le symbole le plus éloquent permettant d'étayer cette analyse, c'est sans aucun doute le poste d'arrière droit, auquel la Seleçao possède tout simplement les deux meilleurs spécialistes de la planète.
Un vrai problème de riche pour le chanceux Dunga, qui a le choix entre Douglas Maicon et Daniel Alves. Les deux seraient probablement d'indiscutables titulaires dans n'importe laquelle des 31 autres sélections présentes en Afrique du Sud. Un sacré luxe. Si l'un des deux a un problème (blessure ou suspension), l'équipe ne sera pas affaiblie. D'un autre côté, le Brésil se prive d'un joueur de classe mondiale dans son onze de départ. "Etre titulaire en équipe du Brésil, c'est extrêmement difficile, rappelle Dunga. Mais une Coupe du monde, c'est long, et ce n'est pas parce que vous débutez sur le banc que vous finissez au même endroit. Tout le monde doit être prêt à jouer."
Alves, joker de luxe
En l'occurrence, pour le moment, celui qui débutera sur le banc, c'est Alves. L'arrière droit du FC Barcelone vient pourtant de réussir deux saisons de haut vol avec le club catalan, mais en sélection, il bute sur l'indéboulonnable Maicon. Depuis ses débuts sous le maillot auriverde, en 2006, Alves n'a jamais pu s'imposer comme un titulaire. Sauf quand Maicon était blessé, comme lors de certaines rencontres des derniers éliminatoires de la Coupe du monde. Face au Pérou, ou lors de la victoire historique par son ampleur en Uruguay (0-4), Alves avait brillé, inscrivant même le premier but à Montevideo. Mais quand Maicon est là... L'Intériste reste lui aussi sur une saison colossale. Il a grandement contribué au triplé historique des Nerazzurri. Meilleur sur le plan strictement défensif, plus puissant aussi, Maicon apparait globalement plus complet qu'Alves. Sauf énorme surprise au Mondial, le taulier, c'est donc lui.
Reste que certains, au Brésil, s'interrogent face à la perspective d'un tel gâchis. Pourquoi ne pas trouver une solution pour réussir à faire jouer Maicon ET Alves, non pas Maicon ou Alves? La perspective de voir Michel Bastos titulaire sur le flanc gauche de la défense ne plait pas à tout le monde. Lors de la Coupe des Confédérations, l'an dernier, Dani Alves avait été utilisé à ce poste en cours de match face à l'Afrique du Sud, en demi-finales. Le résultat s'était avéré plutôt concluant, mais dans l'esprit de Dunga, il ne peut s'agir que d'une solution d'urgence. Dommage, car c'est sans doute la seule place vacante dans le onze de départ pour Alves. A moins que...
A moins que Dunga ne fasse preuve d'une audace dont peu le croient capable en s'appuyant sur Maicon et Alves sur l'intégralité du flanc droit. Maicon resterait titulaire au poste d'arrière droit, et Alves monterait d'un cran, juste devant lui. Le potentiel offensif du Catalan s'exprimerait pleinement. C'est la solution prônée, par exemple, par Tostao, ancienne gloire de l'équipe de 1970. "J'aimerais beaucoup que ces deux flèches soient associées sur le côté droit, ils pourraient former un duo dévastateur", juge-t-il. Mais à ce stade, c'est une simple utopie. Dunga a son équipe bien en tête. Il n'est pas homme à bouleverser ses plans s'il n'y est pas contraint. Jusqu'à preuve du contraire, Maicon et Alves sont des arrières droits et il n'y a qu'un fauteuil pour deux, dans lequel Maicon est bien installé.
PORTUGAL - COTE D'IVOIRE : 0-0
Il n'y a pas eu de but, mais ce premier grand choc de la Coupe du monde 2010 a tenu ses promesses. Alors que le Brésil fait figure de favori dans ce groupe G, le Portugal et la Côte d'Ivoire se livraient un duel déjà décisif dans la course aux huitièmes de finale. Et riche en enseignements pour la suite de la compétition. Si la Selcçao a globalement déçu malgré une bonne entame de match, c'est surtout parce que les Eléphants ont fait forte impression dans le jeu et l'impact physique. Les Ivoiriens ont longtemps semblé ne manquer que d'un finisseur. Dans cette optique, l'entrée de Didier Drogba à l'heure de jeu à la place de Salomon Kalou, même s'il n'a pas été décisif, a de quoi inciter la formation africaine à l'optimisme dans l'optique des matches face au Brésil et à la Corée du Nord.
Auteur d'une énorme saison avec Chelsea (37 buts inscrits, toutes compétitions confondues) mais touché au bras juste avant l'épreuve, l'ancien Marseillais a reçu un accueil très chaleureux de la part du public pour ses débuts dans ce Mondial. Cela n'a pas permis à son équipe de faire la différence pour autant. Aligné dans l'axe au coup d'envoi, Gervinho a été l'Ivoirien le plus dangereux. Le Lillois a fait admirer sa technique, mais a manqué de réalisme à l'image de cette frappe sortie par Eduardo (47e)ou d'un tir légèrement hors-cadre (60e). La finition, c'est vraiment tout ce qui a manqué à la Côte d'Ivoire. Même Drogba, en bonne position, a pêché dans cet exercice en toute fin de match, préférant opter pour un centre au deuxième poteau qui n'a pas trouvé preneur sur l'ultime occasion des Eléphants.
De quoi donner une pointe de regrets à l'équipe africaine, qui n'aurait pas volé un succès face aux partenaires de Cristiano Ronaldo. La star lusitanienne, dont le rendement insuffisant en sélection est l'une des questions de ce Mondial, a failli mettre tout le monde d'accord. Mais sa frappe somptueuse des 25 mètres n'a trouvé que le poteau de Barry (11e), et le Madrilène devra encore attendre avant de mettre un terme à son inefficacité en équipe nationale qui dure maintenant depuis plus de seize mois. Après vingt premières minutes encourageantes, l'ancien protégé de Sir Alex Ferguson a disparu petit à petit de la circulation, victime d'une défense ivoirienne intraitable et d'un manque de soutien de l'ensemble de ses coéquipiers, à l'exception de Deco. Dans ce contexte, ce match nul n'est pas un mauvais résultat pour la Selecçao. Mais elle n'aura définitivement pas le droit à l'erreur face à la Corée du Nord lundi, tandis que la Côte d'Ivoire tentera de confirmer sa belle entrée en matière contre le Brésil dimanche.
NOUVELLE ZELANDE - SLOVAQUIE
A
ITALIE - PARAGUAY : 1-1
Buts : De Rossi (64e) pour l'Italie et Alcaraz (39e) pour la Paraguay
L'Italie a bien changé. En 2006, la Nazionale avait débuté sa campagne par un succès sur le Ghana (2-0). Cette fois, elle devra se contenter d'un match nul face au Paraguay (1-1). Autrefois, elle l'aurait peut-être emporté. Sous une pluie battante, elle n'a donc pas vraiment rassuré. Mais, vu le scepticisme qu'elle suscite, elle se contentera volontiers de ce résultat. D'autant qu'elle a été menée au score et a perdu Buffon à la pause. Le signe que les temps changent. Au moins, elle aura montré qu'elle possède toujours cette faculté à répondre présent dans les moments difficiles. Car, pour leur entrée en lice, les Transalpins ont longtemps confirmé toutes les inquiétudes qui les entourent depuis leur arrivée en Afrique du Sud : le vieillissement des cadres, la fébrilité de leur défense et surtout l'absence de leur meneur de jeu Andrea Pirlo.
Tous ces facteurs ont semblé les accabler durant les 45 premières minutes. Maladroits dans la construction, ils ont effet affiché certaines carences défensives, parfaitement exploitées par les Paraguayens. Si Marcello Lippi avait décidé de laisser Gattuso sur le banc, ils étaient en effet six champions du monde sur la pelouse du Cap au coup d'envoi. A deux reprises, le poids des années a paru les rattraper. Sur l'ouverture du score, d'abord. Sur un coup franc en profondeur de Torres, Fabio Cannavaro, cible de toutes les critiques depuis plusieurs semaines, est battu de la tête par Alcaraz qui saisit l'occasion d'inscrire son premier but avec l'Albirroja (39e, 1-0). Ensuite, avec la sortie de Gianluigi Buffon. Victime d'un problème de sciatique, l'icône italienne a dû quitter ses partenaires à la pause et céder sa place à Marchetti.
Le coup de pouce de Villar
En 2006, l'Italie n'avait pas encaissé un seul but marqué par l'adversaire sur jeu en mouvement (un but contre son camp et un penalty)... On sait déjà qu'elle n'affichera pas pareille réussite en 2010. Mais la Squadra Azzurra, c'est comme le moteur d'une vieille Fiat 500. Il lui faut un peu de temps avant de chauffer et de monter en régime. Il a fallu attendre la seconde période pour voir les Italiens réagir. Jusque là, leur domination était stérile. On souvient alors que, par rapport à 2006, Totti, Del Piero ou Toni ne sont plus là. A l'exception de rares occasions, Gilardino ou Iaquinta (29e) n'ont pas vraiment pesé.
Il aura fallu voir l'entrée d'un autre champion du monde, Mauro Camoranesi, pour voir le danger s'approcher du but paraguayen. Et c'est finalement sur un corner de Pepe que Daniele De Rossi arrache l'égalisation, aidé par un coup de pouce du gardien guaranie (63e, 1-1). Une nouvelle victime de Jabulani ? Malgré plusieurs tentatives face à des Paraguayens qui s'imposent comme de rugueux postulants aux 8e de finale, Pepe (80e) ou Montolivo (83e) ne sont ensuite pas parvenus à réaliser le hold-up. La preuve que l'Italie n'est tout de même pluss tout à fait elle-même. Mais les Azzurri sont souvent allés très loin dans les grands tournois après des débuts difficiles.
JAPON-CAMEROUN: 1-0
But: Honda (39e)
Le Cameroun a du sushi à se faire. Pour la première fois de son histoire en Coupe du monde, il s'est incliné d'entrée. Pas rédhibitoire direz-vous mais inquiétant pour la suite quand on sait que la seule fois qu'il a franchi la première phase, c'était après une victoire initiale (sur l'Argentine 1-0 en 1990). Les Lions indomptables de Paul Le Guen ont été domptés par des Japonais solides à défaut d'être séduisants. A vrai dire, les Lions ne sont jamais sortis de leur cage. Ils ont eu le ballon, laissé logiquement par les Nippons, mais ils n'ont jamais pu (et su) en faire quoi que ce soit. Cette victoire du Japon ne souffre d'aucune contestation.
Bien regroupée, la formation nippone a laissé le Cameroun prendre l'initiative, attendant patiemment. C'est son jeu et il fonctionne surtout si l'autre équipe ne parvient pas à prendre de la vitesse ou aller de l'avant. Bien vu. Le Japon n'a pas été inquiété avant la 38e minute avec un premier tir cadré de Webo. Dans la foulée, c'est même Honda qui ouvre le score sur un centre de Matsui. Seul au deuxième poteau, l'attaquant du CSKA Moscou a tout le temps d'ajuster Souleymanou, le gardien (39e). Stupeur dans les travées du Free State Stadium mais rien d'illogique tant les Camerounais paraissent à côté de leurs pompes.
La seconde période aurait pu durer des heures, jamais le Cameroun n'a semblé en mesure d'égaliser. Pourtant, il a eu des occasions par Coupo-Metin et Eto'o mais rien de très net hormis une frappe sur la transversale de M'Bia dans les dernières minutes ou la frappe à bout portant de Webo dans les arrêts de jeu. Le coaching de Paul le Guen (entrées de Geremi et Emana) n'a pas non plus apporté ce qu'il manquait au milieu: du liant. En face, avec un Kawashima impérial sur sa ligne et une défense héroïque sur la fin, le Japon a tenu le coup. Son jeu n'a rien de spectaculaire mais il est efficace. Et il rapporte trois points. Rien d'autre ne compte.
PAYS-BAS - DANEMARK : 2-0
Buts : Agger (46e c.s.c.), Kuyt (86e)
A défaut d'avoir fait le spectacle promis par son redoutable potentiel offensif, la sélection néerlandaise a fait l'essentiel pour son entrée en Coupe du monde : gagner. Après une première période sans saveur, les hommes de Bert van Marwijk ont profité d'un noli cadeau de la défense danoise. Le but contre son camp de Daniel Agger a considérablement simplifié la situation des Oranje, qui se sont mis à l'abri en fin de match après une réalisation de Robin van Persie. S'ils n'ont pas impressionné autant que l'Allemagne, les Néerlandais, privés d'Arjen Robben sur blessure, ont prouvé qu'ils étaient capables de gagner sans forcément bien jouer. C'est souvent bon signe en Coupe du monde.
Mais il n'y a vraiment pas eu que du bon dans la production des Pays-Bas. Surtout en première période. Si cette équipe a du talent offensif à revendre, cela ne s'est pas vu de la première période. Les Néerlandais ont eu toutes les peines du monde à développer leurs mouvements offensives face à une équipe danoise disciplinée en défense et incisive sur les contres. Sereins, les Vikings auraient même pu prendre l'avantage avec un peu plus de réalisme, notamment sur des occasions de Nicklas Bendtner (27e) ou de l'ancien Auxerrois Thomas Kahlenberg (37e). Au passage, ils ont mis en lumière certaines largesses des Pays-Bas dans le repli défensif. Collectivement, les Oranje ont encore des failles. Mais les Danois n'ont pas su en profiter quand ils en avaient l'occasion en première période.
C'est même grâce à un coup du sort que les partenaires de Wesley Sneijder ont fait la différence dans ce match, dès la reprise. Sur un centre venu de la gauche de Robin van Persie, Simon Poulsen manque son dégagement de la tête et envoie le ballon sur Daniel Egger, qui l'expédie lui-même dans ses propres filets (1-0, 46e). Un cadeau qui, conjugué à l'entrée en jeu du très remuant Eljero Elia (66e), a eu le don de libérer l'équipe de van Marwijk. Après une tentative de Sneijder renvoyée par la barre (82e), l'attaquant de Hambourg a été à l'origine de deuxième but Oranje avec une frappe sur le poteau bien suivie par Kuyt (2-0, 86e). Le score est donc un peu flatteur pour les Pays-Bas. Mais la victoire est un pas effectué vers les 8es de finale, et c'est bien l'essentiel pour des Néerlandais qui attendent le retour de Robben.
ALLEMAGNE - AUSTRALIE : 4-0
Buts : Podolski (8e), Klose (26e), Müller (67e) et Cacau (70e)
Arrivée en Afrique du Sud avec quelques doutes, l'Allemagne n'a pas tardé pour rassurer. Invaincue depuis 16 matches lors du 1er tour de la Coupe du monde, elle a perpétué la tradition face à l'Australie (4-0). Et avec la manière. Certes, réduits à dix avant l'heure de jeu, les Socceroos n'ont pas pesé lourd. Mais la formation de Joachim Löw s'impose déjà comme la plus séduisante du début de tournoi. Si elle parvient à déployer ce jeu de passes en première intention face à des équipes de plus gros calibre, la Mannschaft pourra entretenir ses ambitions de quatrième étoile mondiale. Troisième en 2006 et finaliste lors de l'Euro 2008, elle a prouvé qu'il faudrait encore compter avec elle malgré l'absence de plusieurs cadres (Ballack, Adler, Rolfes) et la jeunesse de son équipe (la plus jeune depuis 1954 avec une moyenne d'âge qui n'atteint pas 25 ans). Cette jeunesse éclatante d'énergie s'est finalement révélée être la force de l'Allemagne.
Philipp Lahm, qui évoquait "la meilleure équipe d'Allemagne dans laquelle (il a) évolué", ne mentait donc pas. Invaincue lors de son premier match depuis 1990, l'Allemagne est une nouvelle fois au rendez-vous. Même lorsque ses joueurs sortent une saison difficile. Lukas Podolski et Miroslav Klose, qui pèsent seulement six buts en Bundesliga la saison dernière, ont ressuscité en sélection. Auteurs des deux premiers buts de leur équipe, les deux attaquants ont à chaque fois été à la conclusion de mouvements collectifs impeccables. Le premier, sur un centre en retrait de Müller (8e, 1-0). Le second, grâce à un service parfait de Lahm, a inscrit de la tête son 11e but en Coupe du monde (26e, 2-0). Gerd Müller (14) et Ronaldo (15) n'ont qu'à bien se tenir.
Les Aussies s'en sortent bien
Et si celle ne suffisait pas, Löw peut également compter sur plusieurs joueurs en forme. Révélation de l'année avec le Bayern Munich, Thomas Müller a eu les honneurs du onze de départ, préféré à droite au joueur d'Hambourg Piotr Trochowski. Intenable, il est l'origine de l'ouverture du score et a ensuite remercié son entraîneur en enfonçant les Australiens (67e, 3-0). Entré en cours de jeu, Cacau, l'homme aux 13 buts avec Stuttgart, a parachevé la démonstration offensive des Allemands (70e, 4-0). Un brun d'efficacité supplémentaire aurait pu faire tourne ce match au cauchemar pour l'Australie. Klose (7e, 24e, 60e, 66e)), Podolski ou Ozil (7e, 30e) ont tous eu l'occasion de faire plier Schwarzer.
Pour les Socceroos, ce lourd revers compromet grandement les chances de poursuivre l'aventure en 8e de finale. Les motifs d'optimismes sont rares. D'abord, car ils ont rarement eu l'occasion d'inquiéter Manuel Neuer. Le gardien allemand, finalement choisi pour remplacer Adler, a dû attendre la 84e minute pour effectuer son premier arrêt. Le premier tir cadré de l'Australie depuis la 3 e minute et une frappe de Richard Garcia... Ensuite, parce que les troupes de Pim Verbeek seront privées pour leur deuxième match face au Ghana de leur principal atout, Tim Cahill, expulsé pour un tacle en retard sur Schweinsteiger (56e). Quant à l'Allemagne, elle devra désormais confirmer face à la Serbie. Et se montrer à la hauteur de l'étiquette de favori qui va sans doute lui coller à la peau après cette démonstration.
GHANA - SERBIE : 1-0
Dans ce que beaucoup considèrent comme le mini-groupe de la mort, les points vont être chers. Le Ghana en a déjà trois en poche. La victoire acquise par les Blacks Stars dimanche à Pretoria (1-0) face à une Serbie très décevante, pourrait donc valoir son pesant d'or à l'heure des comptes.
On a longtemps cru que ce match, alléchant sur le papier mais finalement assez terne, allait s'achever sur un score nul et vierge qui n'aurait pas été illogique. Puis les Serbes ont offert sur un plateau la victoire à leur adversaire. Le Ghana peut remercier Kuzmanovic, coupable d'une main totalement inutile dans sa surface. Gyan ne s'est pas fait prier pour transformer ce penalty tombé du ciel pour mettre sa sélection sur orbite dans ce Mondial.
Rajevac, le faux-frère
Une fois de plus, la Serbie a donc déçu. Elle n'avait pas montré grand chose avant la bourde de Kuzmanovic et elle était même réduite à 10 depuis l'expulsion de Lukovic à un quart d'heure de la fin du match. Paradoxalement, c'est pendant les 10 minutes qui ont séparé le carton rouge du penalty que les joueurs de Radomir Antic ont obtenu leurs meilleures opportunités, avec notamment une grosse occasion pour Krasic, idéalement placé au point. Mais Kingson a fait bonne garde, comme tout au long du match. Et si les Serbes ne méritaient pas forcément de perdre, ils ne méritaient en tout cas pas de l'emporter.
Déjà présents en huitième de finale il y a quatre ans en Allemagne, les Ghanéens prennent déjà une petite option sur la qualification. Mais dans un groupe où l'on retrouve également l'Allemagne et l'Australie, le chemin est encore long. Reste que cette équipe, la plus jeune de la compétition (moins de 25 ans de moyenne d'âge) a fait preuve d'une belle solidité. Même l'absence de son milieu de terrain vedette, Michael Essien, forfait pour ce Mondial, n'a pas semblé affecter l'équilibre du dispositif de Milovan Rajevac. Le sélectionneur du Ghana était sans doute le seul Serbe heureux dimanche au Loftus Versfeld Stadium.
ALGERIE - SLOVENIE : 0-1
But: Koren (73e)
C'était le match à ne pas perdre. Et l'Algérie pourra s'en vouloir d'avoir craqué sur la fin. Opposés à la Slovénie qui n'avait encore jamais remporté le moindre match en Coupe du monde, les Fennecs ont péché dans la finition... et succombé sur une erreur de leur portier à 10 minutes du terme. Les Slovènes l'ont emporté grâce à un but de Koren, sur une faute de mains de Chaouchi, surpris par une frappe pourtant anodine qui n'est pas sans rappeler la boulette de l'Anglais Robert Green face aux Etats-Unis. Un coup du sort peu après l'exclusion de Ghezzal 5 minutes plus tôt, suite à deux cartons jaunes reçus dans un temps record, alors qu'il venait d'entrer en jeu un quart d'heure plus tôt.
"La chance se jouait entre la Slovénie et nous (pour la deuxième place), et nous l'avons ratée, a souligné l'entraîneur Rabah Saâdane. Ce sera très difficile pour nous lors des deux prochains matches. Les fautes font partie du football. Je n'incrimine pas ces deux joueurs." Les Algériens s'étaient pourtant procuré les rares occasions d'un match crispé, contre une seule avant le but aux Slovènes (une frappe de Walter Birsa, 43e). Dès la 3e minute, Samir Handanovic devait boxer un coup franc de Nadir Belhadj sous sa transversale, puis Rafik Halliche plaçait une tête juste à côté du poteau (37e). Rafik Djebbour, en pointe, a harcelé la défense slovène, sans succès.
La bonne affaire est donc réalisée par la Slovénie, battue trois fois lors de sa première participation en 2002 (1-3 contre l’Espagne, 0-1 contre l’Afrique du Sud, 1-3 contre le Paraguay). Les "Zmajecki" (Dragons) décrochent leur première victoire dans une Coupe du monde sur un match maîtrisé dans son ensemble où la chance a fini de faire le reste, les Slovènes n'ayant tiré que 5 fois au but (3 tirs cadrés). Après le match nul des Anglais face aux Etats-Unis (1-1), ils s'emparent de la tête du groupe C. Lors de la prochaine journée vendredi, la Slovénie affrontera les Etats-Unis à Johannesburg, tandis que l'Algérie, qui a encaissé au moins un but lors de ses 7 matches de Mondial, n'aura plus droit à l'erreur face aux favoris du groupe, les Anglais, au Cap.
ANGLETERRE - ETATS-UNIS : 1-1 (1-1)
Buts : Gerrard (4e) et Dempsey (40e)
Hissée au rang de favori, l'Angleterre connait désormais l'étendue du chemin qui l'attend avant de prétendre au titre mondial. Malgré une entame de match idéale, qui lui avait permis de prendre rapidement l'avantage, elle a été rattrapée par ses vieux démons. Une nouvelle fois trahie par son gardien, Robert Green ce coup-ci, elle devra finalement se contenter d'un résultat nul embarrassant contre les Etats-Unis (1-1). "J'ai confiance dans cette équipe. Nous avons une équipe qui peut aller en finale", avait pourtant annoncé Fabio Capello. Depuis des mois, cette équipe suscite plusieurs interrogations, notamment au sujet de son gardien titulaire et du remplaçant de Rio Ferdinand. Finalement, le sélectionneur a tranché à la dernière minute. Mais il aura fallu moins d'une mi-temps aux Etats-Unis pour renvoyer la sélection aux Trois Lions à ses interrogations.
Car les trois paris de Capello ont rapidement tourné au fiasco. Titularisé au poste de milieu à gauche où on attendait plutôt Joe Cole, James Milner aura eu le temps de prendre un carton avant de céder sa place à... Shaun Wright-Phillips (32e). Victime d'un virus dans la semaine, le joueur d'Aston Villa a-t-il été victime d'une défaillance physique ou d'un choix tactique ? Toujours est-il que ce remplacement n'a pas changé le visage d'une équipe déséquilibrée entre un côté gauche aux abonnés absents et un côté droit omniprésent (Glen Johnson, Aaron Lennon). En défense centrale, Ledley King aura pour sa part tenu 45 minutes aux côtés de John Terry avant de sortir sur blessure au profit de Carragher (45e). Globalement, l'arrière-garde a tout de même montré d'inquiétants signes de fébrilité, notamment sur les offensives de Landon Donovan.
La bourde... puis l'arrêt chanceux de Green
Mais, après les précédents Seaman en 2002 ou Carson en 2007, il était écrit que la principale faiblesse de l'Angleterre serait dans le but. Les sujets de sa Majesté étaient pourtant loin d'imaginer l'étendue des dégâts. Car les Américains ne se sont pas fait prier pour remettre la malédiction des gardiens anglais au goût du jour. Préféré à David James et Joe Hart, Robert Green n'est pas prêt d'oublier son entrée en lice dans la Coupe du monde. Dans la lignée d'une saison difficile avec West Ham, il a commis l'impensable. Sur une frappe de Dempsey aux 22 mètres, il s'est complètement troué sur une incroyable de faute de mains et laissé filer le ballon dans sa cage (40e, 1-1). Cruel lorsque l'on sait qu'il n'a pas eu grand chose d'autre à faire la rencontre, hormis un sauvetage dans un style peu académique sur un tir d'Altidore détourné sur le poteau (68e).
Bien malgré lui, Green a remis les Etats-Unis en selle. Car, avant cela, l'entame de match avait réussi aux coéquipiers de Steven Gerrard. A la conclusion d'un mouvement initié par Lampard et relayé par Heskey, le capitaine avait ouvert rapidement la marque (4e, 1-0). Pour la cinquième fois consécutive en Coupe du monde, la lumière est venue d'un milieu de terrain. Une autre tradition qui se perpétue. Plus heureuse celle-ci. Il faudra encore attendre avant de voir un attaquant marquer pour l'Angleterre. On ne peut toutefois pas blâmer Wayne Rooney, dangereux dès qu'il a pu toucher le ballon suffisamment près du but adverse (20e, 25e). Mais, si Green a connu une absence fatale, l'Oncle Sam a pu compter sur un solide Tim Howard lorsque les Anglais ont poussé en fin de match. Le portier, qui évolue à Everton, a contrarié tour à tour Rooney (75e, 76e), Heskey (52e), Lampard (61e) ou encore Wright-Phillips (75e). Côté anglais, le potentiel est là. Mais le chantier reste entier.
ARGENTINE - NIGERIA : 1-0
But : Heinze (6e)
Pas de faux départ pour l'Argentine dans cette Coupe du monde 2010. En s'imposant logiquement face au Nigeria (1-0), la formation de Diego Maradona a assuré l'essentiel pour son entrée dans le tournoi. On attendait Lionel Messi, Carlos Tevez ou Gonzalo Higuain, mais c'est Gabriel Heinze qui a offert ce précieux succès à l'Albiceleste. Libre de tout marquage, le Marseillais s'est offert une tête plongeante victorieuse sur un corner de Juan Sebastian Veron dès la 6e minute de jeu. Grâce à cette victoire, l'Argentine rejoint la Corée du Sud, qui s'était imposée un peu plus tôt face à la Grèce (2-0), en tête du classement du groupe B, avec une différence de but légèrement inférieure. Le duel entre l'équipe sud-américaine et son homologue asiatique sera probablement décisif pour l'attribution de la première place.
Si le score est étriqué, la manière a en revanche été assez convaincante. Finalement organisée dans un 4-3-3 assez proche d'un 4-4-2 en losange, avec Lionel Messi en soutien de Gonzalo Higuain et Carlos Tevez, l'Albiceleste a dominé le Nigéria tactiquement et techniquement. La star du FC Barcelone s'est montrée à son avantage dans ce schéma. Alors que son rendement en sélection et son état de forme suscitaient des interrogations avant le coup d'envoi, le numéro dix argentin a répondu sur le terrain grâce à son exceptionnelle technique. Très percutant, il aurait pu être récompensé par un but mais ses tentatives ont été soit hors-cadre (18e), soit sauvées par Vincent Enyeama (6e, 37e, 65e, 81e).
C'est d'ailleurs le paradoxe de cette rencontre. Malgré une domination de tous les instants et des joueurs de classe mondiale en attaque, les hommes de Diego Maradona ont pêché dans la finition. A l'instar de Messi, Higuain (21e, 65e) n'a pas eu le même réalisme sous le maillot argentin que sous celui du Real Madrid. Du coup, l'Albiceleste n'a jamais su se mettre définitivement à l'abri d'un retour du Nigeria. Heureusement pour elle, les rares occasions des Super Eagles n'ont jamais trouvé les filets du rassurant Sergio Romero. On relèvera une frappe croisée de Taiwo (71e) et une demi-volée de Kalu Uche (82e), qui a remplacé le Marseillais, blessé à un genou. Côté argentin, "El Pibe de Oro" sait déjà sur quel axe il pourra travailler dans l'optique du duel face à la Corée du Sud qui s'annonce décisif, jeudi à Johannesburg (13h30).
COREE DU SUD - GRECE: 2-0
Buts: Lee (7e), Park (52e)
La Corée du Sud a pris un départ idéal dans cette Coupe du monde 2010. Victorieuse de la Grèce (2-0) en ouverture du groupe B, la formation asiatique a d'ores et déjà fait un pas important vers les huitièmes de finale. Elle pourra aborder son rendez-vous de jeudi prochain face à l'Argentine à Johannesburg sans pression. Même en cas de défaite contre le favori de cette poule, les Coréens auront dans tous les cas de figure l'opportunité de se qualifier lors de la dernière journée face au Nigéria, lors d'une rencontre qui sera probablement la finale pour la deuxième place.
Mais plus que ce résultat, pas forcément attendu, c'est la manière qui a de quoi rendre la Corée du Sud optimiste. Face à des Grecs décevants, les hommes de Huh Jung-Moo ont su imposer leur domination après avoir rapidement ouvert la marque. Dès la 7e minute, Lee Jung-soo, étrangement seul au deuxième poteau, reprenait victorieusement un corner pour lancer les siens sur une voie royale. Forts de cette avantage, physiquement au-dessus de leurs adversaires, les Coréens n'ont jamais donné à la Grèce l'opportunité de revenir en première période. Ils auraient même pu enfoncer le clou sans une belle parade de Tzorvas sur lune tentative du Monégasque Park (28e).
Dominée, étouffée même, la formation grecque finissait logiquement par craquer une deuxième fois. Profitant d'un ballon perdu au milieu du terrain, Park Ji-sung filait au but, résistait au retour d'un défenseur avant d'ajuster le portier adverse du plat du pied gauche. L'affaire était d'ores et déjà entendue, malgré une réaction d'orgueil de Gekas dont la demi-volée du pied gauche était sortie par Jung au prix d'une belle parade (81e). La seule véritable occasion de la formation d'Otto Rehhagel, sans génie offensif. Plus inquiétant, la solidité de la défense grecque, traditionnel point fort de l'équipe, a volé en éclat dès l'entame de cette Coupe du monde. Face au Nigéria, la Grèce est d'ores et déjà condamnée à gagner pour conserver un espoir de franchir le premier tour. La Corée du Sud n'a pas les mêmes soucis.
LA DELCA : Park Ji-sung (homme du match, capitaine de la Corée du Sud, auteur du 2e but sud-coréen)
"C'est un grand honneur pour moi d'avoir été choisi homme du match. On a fait un bon résultat pour ce premier match, j'en suis très heureux. C'est la première Coupe du monde en Afrique du Sud et je suis ravi qu'on ait pu remporter ce match. L'Argentine est l'équipe la plus forte du groupe, elle pourrait aller jusqu'en finale, elle a beaucoup de joueurs de très haut niveau. Nous avons joué l'Espagne en amical avant le Mondial et je crois que tout peut arriver. J'ai inscrit trois buts en Coupe du monde depuis le début de ma carrière: j'en suis très honoré. Mais le plus important c'est la victoire de l'équipe et la façon dont j'y contribue. Nous savions que la Grèce était très forte dans le jeu de tête et sur les corners, et nous avions réfléchi à cela. Et nous avons été capables de les gêner dans ce domaine. Et en attaque on a profité des espaces vides pour pousser nos actions".
FRANCE - URUGUAY : 0-0
Comme en 2006, la France est entrée dans le Mondial avec un 0-0. Mais, cette fois, ses débuts paraissent plus rassurants. D'abord parce que, quatre ans plus tard, l'autre match du groupe entre l'Afrique du Sud et le Mexique a également accouché d'un résultat nul (1-1). Avec quatre équipes à égalité, les Bleus n'ont aucune raison de paniquer dans ce groupe A. Mais surtout, si la victoire n'est pas au bout, ils ont montré du progrès, notamment dans le dernier quart d'heure. Comme souvent, ils pourront néanmoins regretter leur manque d'efficacité et une main dans la surface en fin de match qui aurait pu faire basculer la rencontre du bon côté. Pour cela, comme en 2006, Raymond Domenech a réservé une petite surprise en changeant de système. Après les inquiétudes nées de la préparation, exit donc le 4-3-3. Le sélectionneur a rappelé le 4-2-3-1 à la rescousse.
Et le pari de Domenech, qui a préféré sacrifier Malouda plutôt que Govou ou Anelka, a bien failli être payant. Plébiscité, y compris au sein du groupe, Abou Diaby est finalement titulaire dans ce schéma à deux milieux récupérateurs. Trois ans après sa dernière apparition dans le onze. Le milieu d'Arsenal a apporté un vent de fraicheur. Appelé à épauler Toulalan dans les tâches défensives, il a surtout brillé par son apport offensif. Omniprésent dans les trente derniers mètres, le milieu d'Arsenal a repris le rôle autrefois dévolu à Patrick Vieira. Provocateur (26e), frappeur longue distance (10e) voire dernier passeur à l'approche de la surface (31e), il est à l'origine de la plus belle occasion de la France en première période. Un ballon millimétré pour Ribéry que Govou ne parvient pas à convertir devant le but de la Celeste (7e).
Penalty ?
En revanche, Abou Diaby ne peut pas tout faire. Son activité n'a pas masqué les points noirs déjà devinés en préparation. Les Bleus manquent de poids devant. Une nouvelle fois, ils se sont créés des occasions mais n'ont pas su les concrétiser. Sur 18 tirs, ils n'en ont cadré que trois. Repositionné meneur axial, Gourcuff a surtout brillé sur coup franc (18e). Quant à Anelka, maintenu dans le rôle de l'attaquant de pointe, il a poussé sa série à 384 minutes sans frappe cadrée. Ces deux là ont décidément du mal à s'entendre. Alors comment marquer ? L'entrée à gauche de Malouda a eu un impact immédiat (80e). Thierry Henry, à la place d'Anelka, a également su créer le danger. Mais qui sait ce qui serait passé si M. Nishimura avait sifflé un penalty pour une main dans la surface sur une frappe en pivot de l'attaquant du Barça (89e) ?
A contrario, les Tricolores peuvent être mis en danger rapidement. Et ce diable de Diego Forlan a bien failli leur faire payer cher sans une parade de Lloris (16e). L'attaquant de l'Atletico Madrid a eu plusieurs occasions de mettre la défense française à l'épreuve, que ce soit dans le jeu (36e, 73e) ou sur coup franc (64e). Et c'est la bonne nouvelle, celle-ci a tenu le coup. Certes, pas sans frayeurs. Mais, pour le reste, les hommes d'Oscar Tabarez se sont surtout attelés à maitriser Ribéry. Avec réussite. Sanctionné d'un carton jaune (19e), le joueur du Bayern a fini par tomber dans le piège du jeu rugueux des Uruguayens. Comme Evra et Toulalan. Lodeiro, expulsé suite à deux avertissements, n'en est pas sorti indemne. Mais, même à dix, les Bleus n'ont pas su en profiter. Pourtant, au Cap, l'espoir subsiste. Maintenant, il va falloir marquer.
AFRIQUE DU SUD - MEXIQUE : 1-1
Buts : Tshabalala (55e) pour l'Afrique du Sud et Marquez (79e) pour le Mexique
La fête n'est pas totale à Johannesburg. Après une cérémonie d'ouverture célébrant la première Coupe du monde sur le continent africain, l'Afrique du Sud a donné le coup d'envoi de son tournoi avec un objectif : éviter de devenir la première équipe hôte éliminée dès le premier tour d'une Coupe du monde. Pas évident lorsque l'on est le pays organisateur le moins bien classé de l'histoire par la FIFA (83e). Une pression énorme à laquelle ils ont finalement répondu après des débuts timides. Mais un but de Marquez et un poteau enfin de match ont empêché tout un pays d'exploser de joie (90e). Dans l'immense stade de Soccer City, si les locaux n'ont pas pu compter sur le soutien de Nelson Mandela, ils ont pourtant pu compter sur le bruit assourdissant des vuvuzelas mais surtout sur Itumeleng Khune. Le gardien sud-africain aurait pu être le héros de tout un pays. En s'interposant face à Franco (32e) et Giovani Dos Santos (64e), il a entretenu l'espoir dans un match démarré sur la pointe des pieds. Et lorsqu'il est passé au travers, Khune a pu miser sur la maladresse des Mexicains (2e) ou une position de hors-jeu de Vela (38e).
Mphela touche le poteau
Mais, sans doute stressés par l'ampleur de l'évènement, les Sud Africains ont mis du temps à entrer dans leur tournoi. En première période, les hommes de Carlos Alberto Parreira ont inquiété. Ils n'ont d'ailleurs pas cadré la moindre frappe. Il a même fallu attendre la pause pour assister à leur première occasion franche sur un centre de Siphiwe Tshabalala (44e). Mais il faut croire que l'ailier gauche est plus à l'aise dans le costume du buteur. Lancé par Modise, il a délivré son équipe d'un terrible poids après la pause en ouvrant la marque d'une frappe puissante (54e, 1-0). Il n'en fallait pas plus pour dérégler la machine mexicaine qui aurait même pu être sanctionnée d'un penalty pour une intervention à limite de régularité sur Modise dans la surface (70e). Mais le match d'ouverture laissera finalement le sentiment d'une occasion gâchée.
Les Sud Africains l'ont appris à leurs dépends, le Mexique aime attaquer. Avec quasiment cinq joueurs à vocation offensive, dont deux latéraux très attirés par le but (Aguilar et Salcido), El Tri a eu un défaut : ne pas savoir se montrer plus réaliste. Au moins, les Bleus sont prévenus. La France devra notamment se méfier de Giovani Dos Santos. L'attaquant de Tottenham, prêté la saison dernière à Galatasaray, a tout fait pour gâcher la fêter à Soccer City. En vain (2e, 19e, 37e, 64e). Vela (34e) et Franco (40e) n'ont pas eu plus de réussite. Mais l'autre enseignement, c'est que l'Afrique du Sud ne terminera pas avec la meilleure défense du Mondial. Une erreur défensive et une baisse de régime en fin de match n'ont pas échappé à Rafael Marquez. Le joueur du Barça, à la réception d'un long centre de Juarez, a rappelé à l'Afrique du Sud le chemin qui lui restait à parcourir (79e, 1-1). Un relâchement naïf d'autant plus cruel que Mphela, qui aurait pu être le sauveur de la nation arc-en-ciel, a vu ensuite sa frappe repoussée par le poteau dans les ultimes secondes (90e). Soutenus par 90.000 supporters, les Bafana Bafana se sont montrés au niveau. Mais ils attendront encore un peu avant de faire la fête.
Source : Yahoo France Sport
