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LA UNE du 1er au 07/10/08
ACTUALITE : N°573 du 1er au 07 Octobre 2008

Suspension de l’importation du lait de Chine
Les dispositions prises par COTECNA

A travers le ministère en charge du Commerce, le gouvernement a pris la décision de suspendre l’importation du lait et des produits à base de lait provenant de la Chine, jusqu'à nouvel ordre. Pour en savoir davantage sur l’application concrète de cette décision, nous avons rencontré M. Sébastien DAYAMA, Directeur général de COTECNA-Burkina, société au cœur des importations du Burkina. Comme à son habitude, M. DAYAMA nous a ouvert largement ses portes.

Monsieur le directeur général, le gouvernement burkinabè a suspendu l’importation du lait et des produits à base de lait en provenance de la Chine; alors quelle appréciation faites-vous de cette décision ?
Sébastien DAYAMA (SD) :
Nous apprécions à sa juste valeur cette décision prise par les autorités du Burkina. C’est une bonne décision. Elle a été prise parce qu’il y a un problème qui concerne toute la population. Un produit infecté et qui peut être consommé par toute une population, il va de soi que les autorités prennent une telle décision pour éviter que cette population ne soit malade. Nous apprécions donc positivement cette mesure prise par les autorités du Burkina Faso.

On parle de lait et produit à base de lait dans la décision gouvernementale. Que renferme cette précision ?
SD :
Le terme produit à base de lait concerne tous les produits finis fabriqués à partir du lait quelle que soit la nature du lait. Vous savez que le lait est un produit qui est utilisé dans la fabrication de plusieurs aliments par exemple, les bonbons, le chocolat, les biscuits, etc., donc tout produit dont le lait a été un élément de base ou un aliment tout court est concerné.

COTECNA est au centre des importations au Burkina. Alors quelles sont les mesures que vous avez prises pour l’application stricte de la décision gouvernementale ?
SD :
Lorsque la mauvaise nouvelle est tombée, les autorités du Burkina Faso nous ont instruits de prendre des dispositions pour ce qui concerne les inspections et l’embarquement des produits en question venant de l’extérieur du pays. Nous à notre niveau tout le réseau COTECNA dans le monde entier a été informé de cette décision gouvernementale. Nous avons donc suspendu toutes les inspections concernant les produits laitiers : le lait comme aliment de base ou le lait comme produit laitier… tout a été suspendu jusqu'à nouvel ordre.
COTECNA est présente dans 160 pays dans le monde avec des partenaires un peu partout, … tout le réseau a été mis au courant et des dispositions ont été prises à leur niveau de ne pas inspecter ces produits.

L’importateur qui avait déjà lancé sa commande qui peut être en cours de route où qui est déjà arrivée. Que fait COTECNA dans ce cas de figure ?
SD :
Je crois que la décision du gouvernement est très claire la-dessus : tout produit laitier ou à base de lait provenant de la Chine ne doit plus être introduit au Burkina Faso. C’est pour dire que tous les produits laitiers qui ont déjà quitté les ports d’embarquement, en cours de route, sont concernés par la décision. Que va devenir ces produits et que faut-il faire ? Je pense que les autorités ont certainement pris des dispositions dans ce sens.

Parlant de contrôle de la qualité du lait, est-ce que COTECNA a les compétences pour le faire ou cela est-il confié au laboratoire national de santé publique ?
SD :
COTECNA a des compétences pour contrôler la qualité du lait. Vous savez que dans la convention signée avec les autorités l’aspect contrôle de la qualité est bien mentionné. C’est clair. Donc COTECNA a
ses compétences pour contrôler la qualité au laboratoire.

Pour les commandes déjà arrivées au Burkina, est-ce qu’il est prévu des dédommagements pour ces importateurs ? Comment cela va se gérer ?
SD :
Personnellement, je crois que cette question ne relève pas des compétences de COTECNA.

Comment se porte COTECNA après «l’historique» rencontre avec le Premier ministre il y a de cela quelques mois ?
SD :
COTECNA est en très bonne santé. Elle est très contente de travailler pour les autorités du Burkina et les importateurs. COTECNA se porte encoure mieux après la rencontre avec le chef du gouvernement. En son temps, je n’ai pas manqué de dire que les remarques que son Excellence Monsieur le Premier ministre avait eu à faire à l’endroit de la structure dont j'ai la charge n’étaient pas de nature à «assommer» la structure mais c’était pour améliorer ses prestations de services. C’était lui permettre de beaucoup clarifier sa feuille de route et jouer pleinement son rôle. Aujourd’hui, s’il y a quelqu’un qui est satisfait des remarques du Premier ministre, c’est bien COTECNA et son DG. Et nous ne pouvons que dire merci à Son Excellence, le Premier ministre qui nous a permis de corriger un certain nombre de choses.
COTECNA se porte donc beaucoup mieux qu’avant. Le partenariat avec les autorités, l’administration, est devenu très bénéfique et positif.

Autre chose. Nous avons appris que vous n’avez pas d’heure de service ; c’est à dire que vous venez très tôt au service pour repartir tard dans la nuit et même les week-ends sont réservés au service. Est-ce vrai que vos employés suivent le rythme ?
SD :
Pour ce qui me concerne, c’est effectif, je n’ai pas d’heures de service. Je viens au bureau à 6 h souvent à 4 h du matin. Je descends souvent à minuit. Mais, pour moi, c’est le rôle d’un chef d’équipe. Le chef d’équipe n’a pas de repos. Je me suis forgé cette conduite en disant que nous avons une mission que nous devons remplir et bien remplir. La mission est très bien définie et nous travaillons en conséquence. La mission étant claire, faut-il que je vienne au bureau à 10 h pour repartir à 12h ? Pour les employés, je n’impose pas mon rythme de travail. Mais je suis très ferme sur les heures de service.
Quand on signe un engagement il faut le respecter. Dans nos contrats de travail, il est précisé que les heures de services à COTECNA c’est de 7h30 à 12h 30 et de 15h à 18h. Je ne tolère pas une seule seconde après 7h30. C’est un contrat, ce sont des accords préalables, c’est clair. Si à la fin du mois l’employé n’a pas son salaire, il va revendiquer, il en est de même des congés. Je n’oblige pas les agents à venir à 4h comme moi, mais les clauses du contrat sont claires. Je n’hésite pas aussi à donner des conseils parce que quoi qu’on dise nous sommes entre «petit frère-grand frère, oncle, etc.»
Il m’arrive donc de donner des conseils de part mon expérience. Ce n’est pas une mauvaise chose de dormir au bureau quand il le faut.

DG, vous avez quelque chose à ajouter pour conclure ?
SD :
C’est dire merci à votre journal, L’Opinion. Mais permettez moi de dire que j’ai fait un constat. Le journal L’Opinion a été le journal qui nous a beaucoup «approché» quand des éléments et des faits touchant les intérêts du Burkina sont d’actualité. Et pour cela, je voulais vous dire merci et vous encourager parce que cette façon de faire est professionnelle. L’information est très importante pour un pays et pour son économie et ce que vous faites va dans ce sens. Merci de nous critiquer, de faire de suggestions … Merci aussi de reconnaître que c’est du bon travail qui est fait quand il le faut. Les portes de COTECNA vous seront toujours ouvertes.

Par Birba Idrissa

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