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LA UNE du 1er au 07/10/08
NOUVELLES DU GRIN N°573 du 1er au 07 Octobre 2008

Un crocodile pas comme les autres ?

Cette année, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a abondamment plu au Burkina Faso.
La pluie, toujours la pluie ; à telle enseigne qu'on finit par en avoir marre. Mais petit à petit, la pluie est en train de partir. Il était temps!
Cette année fût abondante en pluie et on espère qu'il en soit ainsi en récolte. Tout le monde a les yeux rivés sur la nouvelle récolte. Dans les spéculations, on avance que dès que "le nouveau maïs" va rentrer dans les circuits commerciaux, les prix vont chuter. Alors on attend ; et pour cela on doit prier pour qu'il y ait moins de pluie et un peu plus de soleil. Au grin les gens sont prudents sur cette façon de voir les choses. Ils pensent que ce sont les commerçants qui tirent les ficelles seulement. Chacun maîtrise son domaine. Les travailleurs de la terre sont de braves guerriers qui luttent pour sauver le monde de la faim. Ils sont incontournables mais maniables à souhait. Ils sont toujours à la merci de ceux qui excellent dans le commerce des céréales.
Présentement les récoltes sont proches mais le sac de 100 kg de maïs avoisine toujours 20 mille francs. Au grin cette situation est jugée incompréhensible. Malgré le fait qu'ils voient venir les prochaines récoltes, les commerçants de céréales ne songent pas à revoir à la baisse les prix. On pourrait penser qu'avec une probable inondation du marché de nouveaux produits dans les jours à venir, ceux qui auraient acheté du maïs très cher, ne pourront plus le revendre avec un bénéfice. Mais rien ne se passe. Les commerçants observent toujours un calme olympien au niveau des prix. Ce sont eux qui tirent les ficelles. Pourtant lorsque les récoltes sont désastreuses et que les travailleurs de la terre doivent se tourner vers "leurs frères" commerçants, ces derniers sont sans pitié. Pou eux, c'est la loi du marché qui compte. Tant pis pour ces paysans qui ont accepté de se mettre en marge de l'évolution. Les commerçants de leur côté sont toujours au-devant de l'évolution, puisque ce sont eux qui tirent les ficelles.

La rentrée scolaire et ses angoisses
Depuis la rentrée administrative le 15 septembre dernier, c'est le branle-bas à tous les niveaux pour préparer la rentrée scolaire. Depuis belle lurette, les banques avaient eu presque tous ensemble l'ingénieuse idée de lancer les prêts scolaires. Très vite, les gens s'en sont raffolés. Depuis (juillet-août) ce problème était réglé. Mais toujours est-il qu'à la veille de la rentrée, les problèmes ne manquent pas.
Au grin, les gens n'ont pas voulu tomber dans la facilité pour faire porter le chapeau à certains qui auraient utilisé leur prêt scolaire pour faire autre chose que de préparer la rentrée des enfants.
Les familles burkinabè dans leur majorité sont à l'image de leur pays. Le Burkina Faso. Tout est prioritaire.
La rentrée scolaire est aussi prioritaire mais c'est seulement à l'approche de l'événement que les gens s'activent. C'est ainsi qu'à cette période de l'année, les termes les plus utilisés tournent autour de la rentrée. Tout se justifie par la rentrée scolaire. Ceux qui ont des enfants qui fréquentent. Ceux qui ont des enfants à scolariser comme ceux qui n'en n'ont pas du tout.
Les chefs de familles se perdent dans des calculs compliqués. Les résultats ne tombent pas justes comme ils le souhaitent. Surtout pour ceux qui ont plusieurs élèves à leur charge. Et puis aussi bizarre que cela puisse paraître, ce sont généralement ceux qui sont les plus démunis qui ont le plus d'enfants à l'école. Les plus nantis sont ceux qui ont moins d'élèves à leur charge.
Dans ces conditions, il y a plusieurs élèves qui se retrouvent sur le carreau par manque de moyens. L'Etat fait de son mieux, mais le chemin reste encore long. L'éducation qui n'a pas de prix, est de plus en plus très coûteux. Les établissements privés sont de loin les plus nombreux. Ils aident énormément le gouvernement dans sa mission d'offrir une éducation à ses enfants. Mais force est de reconnaître qu'il existe des brebis galeuses dans ce milieu. Il y a des établissements fantômes qui trompent les parents d'élèves à coup de publicité. Par la suite, ils récupèrent l'argent et plus rien. Le patron se tire avec le magot et les professeurs découragés cessent d'aller donner des cours. Dans ce domaine, le gouvernement doit être très regardant sur les fondateurs d'établissements privés. Ils ne doivent pas se considérer comme des commerçants qui ne cherchent que le profit.
La satisfaction morale d'avoir fondé un établissement qui a permis à des enfants de devenir des hommes de demain, doit être le leitmotive des fondateurs.
Aux meilleurs établissements privés qui sont dans la place, le gouvernement devrait les appuyer à se perfectionner.
Pour les élèves, la rentrée est synonyme de retrouvailles. C'est un grand jour. Mais ils devraient plutôt bien travailler pour faire plaisir à leurs parents qui se sacrifient pour leur offrir cette éducation scolaire.
Autrefois, au temps colonial, on luttait pour éviter l'école à son enfant. On disait que l'école des Blancs allait gâter nos enfants. Seuls les mal-aimés à l'époque ont pu accéder à l'école. Ils n'avaient personne pour les en dissuader ; aujourd'hui, les données ont changé. Tout le monde connaît l'utilité de l'école et désormais tout le monde lutte pour y avoir accès. L'école c'est l'avenir du pays. Prenons-en soin. Bonne rentrée scolaire à tous !

Un crocodile pas comme les autres ?
De plus en plus, les Bobolais sont habitués à découvrir des crocodiles divaguent à travers la ville après la pluie. Des crocodiles qui sont généralement emportés par les eaux de ruissellement et qui se retrouvent au pied des murs. Le plus souvent, on alerte les sapeurs pompiers qui déclinent la responsabilité aux agents des Saux et forêts. Ces derniers n'étant pas faciles à joindre, c'est la police municipale qui est appelée à la rescousse. Ceux-ci, en partenariat avec les coutumiers (puisqu'il existe aussi des crocodiles sacrés dans le marigot Houet) s'occupent de les ramener dans leur milieu de vie. Partout en ville, les gens en parlent. Après une forte pluie à Bobo, les habitants font beaucoup attention à ces sauriens qui se retrouvent par accident dans la rue. Ce sont surtout les secteurs qui sont voisins du marigot Houet qui accueillent ces crocodiles égarés. Mais la semaine dernière, celui qu'on a retrouvé dans une cour au secteur 10 (Yegueré) a suscité beaucoup d'interrogations. Les supputations allaient bon train et les gens se demandaient ce que pouvait bien chercher ce crocodile loin de sa base.
Au grin, un membre qui est proche des coutumiers de Sya a affirmé que le crocodile aperçu au secteur 10 était un avertissement pour un habitant du secteur. Pour lui ce dernier aurait demandé des faveurs au marigot Houet pour devenir riche. Il aurait promis pour cela de sacrifier un bélier blanc et d'autres choses au marigot. Mais une fois ses vœux exhaussés, l'homme aurait oublié ou refusé de tenir sa promesse. Le crocodile est donc allé l'avertir d'un malheur qui ne va pas tarder à survenir. Sil s'entête à ne rien faire après la visite du crocodile, les génies vont se venger en lui infligeant une punition sévère. Notre ami proche des coutumiers est formel. Si tu demandes au marigot de t'aider pour ensuite oublier, attends-toi à un malheur. Mais le secteur 10 étant vaste, on ignore au juste qui est l'homme en question qui court le risque d'encourir la colère des dieux du marigot Houet.
Au grin, certains ont refusé d'adhérer à cette version, même si les coutumiers l'ont soutenue après consultation. Pour eux, si le marigot Houet pouvait rendre les gens riches, il n'y aurait pas de pauvres à Bobo.
Ils ont ainsi fustigé ce genre de pratique qui à leurs yeux ne fait qu'inhiber les actions des gens. Au lieu de chercher à travailler dur pour s'en sortir, ils préfèrent prendre les raccourcis en se confiant à un marigot et à ses génies.
Pour les autres par contre, nous sommes en Afrique et à ce titre, il ne faut pas se hâter de faire des conclusions sur ce sujet. Si les coutumiers le disent, c'est qu'il y a un peu de vérité. Ceux qui font ce genre de pratiques occultes savent très bien de quoi il s'agit.
Mais on se demande bien ce qui les empêche de tenir leur promesse. Ce n'est plus en tout cas une question de moyens mais de disponibilité et de bonne volonté.
Le sage du grin, réagissant à cette situation a invité à méditer sur cette pensée de Victor Hugo qui disait : que nous ne voyons jamais qu'un seul coté des choses. L'autre (côté) plonge en la mit d'un mystère effrayant. L'homme subit le joug sans connaître la cause. Tout ce qu'il vit est court, inutile et fuyant". Pour le sage, ceux qui ne croient pas aux pratiques occultes pour devenir riches sont libres de leur point de vue mais le plus difficile c'est lorsqu'on fait semblant.
Tout est une question d'objectivité. Il y a des personnes qui tiennent mordicus dans les débats qu'ils ne croient jamais à ces pratiques pourtant ce sont eux qui sont les premiers à se retrouver devant le marigot pour la moindre inquiétude. C'est pourquoi le sage du grin a laissé libre cours à tout un chacun de croire ou de ne pas croire. L'essentiel c'est de rester en phase avec soi-même.

"Le petit fâkir, toujours dispo"

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