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LA UNE du 08 au 14 /10/08
CULTURE : N°574 du 08 au 14 Octobre 2008

Etienne MINOUNGOU, Directeur des Récréatrales
“Cet événement inspire le respect à l’extérieur”

A la faveur des activités des 5es résidences Panafricaines d'écriture, de création et formation théâtrales (Récréatrales 08) nous avons rencontré le directeur Etienne MINOUGOU pour qu'il nous fasse l'état du déroulement du festival qui réunit à Ouagadougou près de 118 comédiens de diverses nationalités.

Etienne MINOUNGOU, directeur des Récréatrales

Comment est venue l’idée de mettre en place, ces Récréatrales ?
Etienne MINOUNGOU (EM) : Les artistes créateurs africains de théâtre avaient besoin d’un espace aussi important que celui-là pour travailler, faire de la recherche. Si on veut professionnaliser une filière ou un métier, il faut d’abord se donner les conditions de pouvoir explorer les domaines de la discipline. Les Récréatrales ont été confortées parce que c’est un laboratoire de recherches. Il a été mis en place à partir d’une pratique que je menais il y a plus de 15 ans au sein de la compagnie du Théâtre de la fraternité de Jean-Pierre GUINGANI en tant que metteur en scène. Je me suis rendu compte qu'écrire au bord du plateau, écrire débout comme on le dit, donnait, une certaine force et un certain plaisir aux acteurs parce qu’ils participaient à l’écriture. Par là on cassait l’isolement de l’auteur et du coup le metteur en scène avait pas mal de matières. Cette expérience nous avons voulu qu’elle soit partagée par les autres comédiens de la sous-région. C’est pourquoi en 2002 nous avons mis en place la première édition. L’enthousiasme a été fortement exprimé et des artistes d’autres pays ont demandé à participer. Ce qui fait que nous avons lancé la deuxième édition en 2003. Un certain nombre de réflexions ont été menées ici à Ouagadougou notamment qu’il fallait consolider cet outil, d’autre part qu’il fallait articuler la scénographie, la recherche en lumière, en son et en même temps y ajouter d’autres disciplines comme le plastique. En 2004 quand nous avons fait la 3e édition, il était évident que c’était un évènement qu’on ne pouvait plus rater. Nous avons pris le temps pour reconfigurer le projet lui-même afin de répondre à toutes les attentes des artistes africains pour proposer l’édition 2006. L’édition 2008 qui se tient en ce moment est vraiment le point d’achèvement de tout un parcours de recherche pour essayer de faire en sorte qu’il soit un espace propice à la récréation, à la réflexion et surtout inventif et en même temps provoquer à partir de Ouagadougou pour que les créations qui se sont installées ici convergent vers la diffusion internationale dans le circuit professionnel.

Pouvez-vous faire l’état des lieux des différentes étapes qui concernent les Récréatrales 2008 ?
ET : La 1ère phase qui est celle de la quarantaine, a été celle où nous avons convoqué l’auteur et le metteur en scène à venir en résidence ici avant son attelage, comédien – scénographe, etc., pour nous nouer une bonne connivence. Vous savez que le travail théâtral tourne autour de deux aspects de base que sont le texte et la dramaturgie qu’apporte le metteur en scène. La deuxième phase qui est en train de s’achever est celle de la Résidence. C’est l’étape où les créations sont en maturation, en recherche, consolidation et en finalisation. La prochaine étape qui est la plate-forme festival est une tribune de diffusion. Le programmateur, les acheteurs, les directeurs de festivals qui viennent pourront là directement choisir des créations inédites puisque c’est leur première mondiale ici.

Votre sentiment sur le travail de création de la pièce «Tutu ou vestiges du Congo» que nous venons de voir ?
ET : Ils ont encore 10 jours (ndlr : le mercredi 24 septembre 2008) de travail. On sent l’univers de Luis, on sent cette espèce de monographie autour du personnage du Che à travers une pièce qu’on peut qualifier de documentaire. Luis apporte là un nouvel aspect du travail théâtral que l’on peut s’attacher aussi à un morceau d’histoire autour d’un personnage et en construire presque un documentaire théâtral. Cela apporte un éclairage sur la présence du Che au Congo et aussi c’est un reflet de l’engagement politique dans ces années-là et aussi d’engagement politique aujourd’hui. L’Afrique du Che est fortement marquée dans l’esprit de la jeunesse qui ne connaît que son passé africain et qu’il a fait une partie de l’histoire du Congo. C’est une projection qui nous ramène à la mémoire.

Où en est-on de la création de l’œuvre «Et le soleil sourira à la mer», de l’auteur Sofie Heidi KAM ?
ET : La mise en scène de cette œuvre est assurée par Ildevert MEDA que le produit fini sera un spectacle d’une belle facture. Cela va contribuer à révéler davantage, Sofie KAM. Une belle écriture sur la situation de l’immigration, un propos très juste, je crois et avec un metteur en scène de la trempe d’Ildevert MEDA, je crois que nous ne serons pas surpris du produit qui va sortir.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées jusque-là pour cette édition 2008 ?
ET : Des difficultés pour finaliser les choses ne manquent pas et c’est le contexte qui n’est pas favorable aux évènements culturels. Je pense qu’ils ne rendent pas compte en fait de ce qui se passe ici et de sa portée. Si c’était le cas je pense qu’on aurait une oreille très attentive de la part des entreprises, du ministère public, des autorités, etc. Mais, cela manque énormément : Un évènement comme le nôtre et beaucoup d’autres. Vous ne pouvez pas imaginer l’écho que ça à l’extérieur, le respect que ça inspire. Il y a là en même temps, la légitime fierté que nous ne pouvons en tirer parce qu’on dira toujours que ça se passe au Burkina Faso. Pour moi la principale difficulté est cette perception très timide des évènements culturels au Burkina. Ça ne nous accompagne ni nous encourage. Les moyens manquent toujours mais en mon sens c’est la dimension de la réflexion qui est plus importante qui n’est pas perceptible. Et moi ça m’attriste.o

Par Issoufou
MAIGA

"Avocat des causes perdues"
Une série bientôt sur le petit écran

Le samedi 20 septembre 2008, la salle du ciné Burkina a servi de cadre pour la projection de presse d'une série télévisée intitulée : "Avocat des causes perdues", du jeune réalisateur, Tahirou Tasséré OUEDRAOGO, en la présence du délégué général du FESPACO, Michel OUEDRAOGO.

Tahirou Tasséré OUEDRAOGO, réalisateur de la série

Dans le souci de bénéficier de l'œil critique des journalistes, le cinéaste, Tahirou Tasséré OUEDRAOGO a saisi le bon bout de la communication par cette projection de presse qu'il a organisée, le samedi 20 septembre 2008, sur sa nouvelle série de 26 épisodes intitulée : "Avocat des causes perdues". Deux épisodes de 26 minutes chacun ont été projetés à cette avant-première. Il s'agit de : "Des organes génitaux pour devenir milliardaire" et "Détournement de déniers publics". Le premier épisode établit un fait de société qui met en relation, un marabout vendeur d'illusions et un jeune orphelin (Issa) qui rêve de devenir milliardaire. Ainsi, le marabout (Konté) va suggérer à son client de lui apporter des organes génitaux féminins afin de l'aider à réaliser son rêve. Ce dernier sous l'effet de la drogue (cocaïne) se rend coupable d'un crime en assassinat sa propre copine pour avoir l'exigence du marabout. Le deuxième épisode relate un crime économique, à travers la disparition au service du trésor public d'une somme de 500 000 000 de FCFA dont le mis cause le sieur Henry meurt mystérieusement en prison. Il serait en fait le bouc émissaire d'un racket national impliquant même son directeur. C'est là que rentre en jeu Me SAWADOGO, en la personne du comédien bien connu, Ildevert MEDA, qui a décidé de faire de son combat la défense des "causes perdues". Une position inconfortable de perdant d'office que Me SAWADOGO, dans sa stratégie-plaidoirie, va tenter de tourner à son avantage en portant un doigt accusateur sur la société qui conditionne l'individu à perpétuer des crimes hideux. Donc de faire de la société, elle-même, le coupable des actes posés par des individus (cas de Issa).
Les deux épisodes sont le reflet du vécu quotidien des sociétés africaines modernes minées par des maux tels : l'injustice, la délinquance juvénile, la corruption, le chantage, le maraboutage, l'appât du gain facile, etc. En choisissant de dépeindre ces maux à travers l'image, le réalisateur Tahirou Tasséré OUEDRAOGO veut éveiller les consciences. Il y a certes quelques réglages à faire au niveau du choix du décor, de certains comédiens, de la scène de plaidoirie et du rôle de la presse dans des séquences qui peuvent aider à mieux appréhender le travail de l'avocat et la façon dont est rendue la justice. Cependant, il convient de dire que c'est une série qui promet. Ainsi rendez-vous a été donné au public de "la chaîne au cœur des grands événements" (la RTB) partenaire de la série pour décembre 2008 sur le petit écran. Pour le jeune cinéaste, le tournage de la série pourrait continuer en 2009 pour 100 autres épisodes et l'engouement du public serait le point déterminant de la poursuite de l'œuvre.

Par Issoufou MAIGA

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