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LA UNE du 29/10 au 04/11/2008
ACTUALITE : N°577 du 29/10 au 04/11/ 2008

Sofitex : La crise financière s’invite dans les forums

Le chef de la région cotonnière, Francis KOLOGO

Dans le cadre du démarrage de la campagne de commercialisation primaire 2008/2009, les équipes de la SOFITEX ont entrepris, du 25 au 27 octobre dernier des sorties à travers les différentes régions cotonnières, à la rencontre des producteurs pour les traditionnels forums.

Cette campagne se déroule dans un contexte international particulièrement difficile. L’idée essentielle de ces forums, c’est de partager avec les producteurs les conséquences de cette crise et faire en sorte que la campagne puisse malgré tout, se dérouler le plus tranquillement possible et permettre à la filière cotonnière de retrouver son équilibre.

Le samedi dernier, une équipe conduite par Jonas BAYOULOU était à Safané.

 

La campagne de commercialisation primaire tourne généralement autour de deux messages clés :

- la sensibilisation des producteurs pour les inciter aux récoltes précoces afin de rendre disponible à temps, le coton pour démarrer les usines ;

- et la sensibilisation des producteurs dans le but d’éliminer les contaminants aussi bien au cours des récoltes que lors des pesées et chargements du coton graine.

L'équipe de la Sofitex conduite par Jonas BAYOULOU (extrême droite)

Pour le démarrage de cette campagne, le mot d’ordre a été lancé à compter du 1er novembre mais ; selon, le chef de la région cotonnière de la boucle du Mouhoun, Francis KOLOGO : «Il y a quelques petites difficultés qui existent, notamment le problème des pistes qui se sont dégradées avec les fortes pluies qui se sont abattues sur certaines régions. Il y a du coton disponible mais les voies d’accès sont impraticables pour l’enlever. C’est ça la difficulté majeure pour cette présente campagne».

Outre «ces quelques petites difficultés», les techniciens de la SOFITEX ont aussi fait le point sur la crise financière que traverse le monde et dont forcément la filière cotonnière ne sera pas épargnée.

Jonas BAYOULOU explique : «On imagine qu’on est dans une économie qui est mondialisée aujourd’hui. Il n’est pas bon de venir s’entretenir avec nos partenaires, les producteurs sans leur indiquer qu’autour de nous, il y a des difficultés qui se passent à travers le monde ; c’est une crise financière qui touche pratiquement tous les grands pays industrialisés. Elle pourrait avoir des conséquences sur éventuellement le cours du coton ; pour l’instant rien n’est véritablement établi même mais on voit déjà quelques effets de réduction du prix du coton et c’est cela qu’il est si important de partager comme information avec eux.

On ne sait pas non plus sur le long terme quelle va être la conséquence directe de cette crise sur l’activité de la filière. Il faut qu’on soit un jour un peu plus à l’aise de leur transmettre que telle ou telle difficulté est liée à la crise».

Dans la région de Dédougou, l’installation des pluies a connu un retard. Toutes chose qui a freiné l’objectif de production qui n’a finalement pas pu être atteint. Certaines régions ont aussi connu des inondations. Mais il reste que la production qui sera réalisée cette année est largement au-dessus de celle de la campagne dernière. «Cette année encore le Burkina tiendra la tête parmi les pays africains producteurs du coton», a ajouté Jonas BAYOULOU.

Les producteurs ont suivi avec intérêt le message de la Sofitex

Après le mot de l’équipe de la SOFITEX, les producteurs ont été invités à prendre la parole.

Dans leurs différentes interventions, ils n’ont pas trop tenu compte de la crise financière en question. Pour les producteurs de Safané, «crise ou pas crise, c’est la SOFITEX qu’ils reconnaissent»

Ils ont comme d’habitude insisté sur le payement diligent de leur production après livraison à l’usine.

Autres préoccupations des producteurs de Safané c’est l’assurance sur le coton. Ils estiment qu’ils payent toujours l’assurance mais qu’en cas d’incendies, l’assurance traîne beaucoup avec l’affaire. Lors des deux dernières campagnes, il y a eu des cas de sinistres dans la région cotonnière de Dédougou qui malheureusement pour certains ne respectaient pas les normes définies par l’assurance.

 

Le coton OGM conforme aux avantages liés au rendement

Le chef de la région cotonnière de la boucle du Mouhoun a pris le soin de rappeler aux producteurs les normes établies par l’assurance qui exige d’abord la construction de silos qui doivent être situés à 150mètres des dernières concessions. Entre deux silos, il doit y avoir au moins un écart de 100 mètres et chaque silos doit contenir au maximum 100 tonnes de coton et aussi empêcher les enfants de jouer aux alentours.

A la fin, les producteurs ont souhaité qu’à l’avenir, les responsables des assurances puissent participer aux forums pour leur expliquer de vive voix les conditionnalités à respecter pour préserver mieux le coton d’éventuels sinistres.

La question du coton OGM était également de la partie. Les producteurs ont voulu avoir une idée sur le prix des semences vu les avantages liés au rendement. Les quelques producteurs qui ont eu à semer le coton OGM ont tous reconnu ses multiples qualités. Les chenilles n’attaquent point le coton ; pour le traitement, on peut économiser jusqu’à 4 traitements et en plus les cotonniers OGM sont mieux chargés que les autres cotonniers.

Les producteurs qui veulent se lancer dans la production du coton OGM doivent encore patienter. Même le chef de l’équipe de la SOFITEX présent à Safané, Jonas BAYOULOU n’en dira pas davantage : «On n’a pas une idée des prix des semences de coton OGM. Les discutions sont en cours ; ce n’est pas opportun de donner un quelconques éléments là-dessus. Mais il est évident que celui qui sera le plus privilégiés dans le partage des avantages liés aux OGM reste naturellement le producteur».

Avant de clore le forum de Safané, le chef de la région cotonnière a tenu à rappeler aux producteurs l’intérêt qu’ils ont à récolter de façon précoce leur coton. Pour Francis KOLOGO, celui qui récolte tôt sa production sera préservé des insectes qui n’existent pas pour le moment. Dans peu de temps, les insectes vont commencer à pilluler pour salir le coton.

En récoltant tôt, la graine de coton gagne en poids. Elle contient entre 10 et 11% d’eau maintenant. En janvier, elle va atteindre 4% d’eau. Autrement dit, sur chaque capsule récoltée précocement le producteur gagne 7% d’eau en plus d’au moins de son coton.

Les producteurs ont intérêt à récolter vite à cause du poids. Sans oublier aussi qu’un paysan qui récolte tôt, si l’argent est disponible, il est prioritaire dans le paiement et cela lui permet de ne pas vendre ces céréales à vil prix. La crise financière venant s’ajouter, les producteurs ont intérêt à respecter les consignes des techniciens.

Par Drissa KONE à Bobo-Dioulasso

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