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LA UNE du 05 au 11/11/2008
ETRANGER : N°578 du 05 au 11/11/ 2008

USA
Le grand jour ?

Au moment où vous lirez ces lignes, le président des Etats-Unis aura été élu. Notre souhait est que celui-ci soit Barak OBAMA, non pas que nous ayons quelque chose contre John Mc CAIN ; mais, parce que le sénateur de l’Illinois représente un espoir immense pour toute l’humanité.

Quels qu’aient été les résultats de cette élection présidentielle, ce scrutin fera date dans l’histoire politique des Etats-Unis d’Amérique. C’est en effet la première fois qu’un « coloured man » brigue la magistrature suprême dans ce pays-Continent, tout comme la candidature de Sarah PALIN, colistière du candidat républicain, à la vice-présidente est une première.
Un « black » pour les démocrates et une femme pour les républicains, ce scrutin se distingue aussi des autres. Si tant est que le programme du candidat OBAMA constitue une rupture fondamentale par rapport à la politique menée par les USA au cours des deux dernières décennies.
De Ronald Reagan à George BUSH, et si on exclut l’intermède Clinton (quoique) les Etats-Unis ont basculé dans un libéralisme primaire avec les résultats catastrophiques que l’on connaît actuellement. Dopés par la déliquescence de l’ex Union soviétique et l’absence de concurrent de poids qui en a résulté, les Américains se sont lancés dans un capitalisme spéculatif et dans des guerres de prédation qui ont ruiné les classes moyennes, principales contributrices à l’effort de guerre. Délaissés, les autres secteurs de l’économie sont entrés en phase de récession, mettant à mal le rêve américain.
Ce d’autant que l’imperium de la décennie de 90 sera très vite contrarié par l’émergence de la Chine et de l’Inde au milieu de cette décennie. Avec les pays latino-américains qui ont viré tous à gauche avec le Venezuela d’Hugo Chavez comme tête de proue, les produits américains n’avaient plus de débouchés naturels. La forte concurrence exercée par la Chine sur les marchés tropicaux, le regain de virulence de la Russie (après une période de léthargie, Moscou s’est réveillé sous l’impulsion de POUTINE) et les «croisades» ruineuses de BUSH père et fils ont fini de dérégler le beau (?) système laissé en legs par Franklin Delano ROOSEVELT au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un système qui prône la solidarité et l’assistance aux couches sociales les plus défavorisées et que Barack OBAMA veut remettre au goût du jour.
Accès à la santé et à l’éducation, politique de défense basée sur la coopération plus que sur l’affrontement (il prône par exemple «l’encerclement» de l’Iran) reprise en mains du système financier par une grande surveillance des boursicoteurs, c’est le capitalisme de production que le sénateur OBAMA veut ressusciter.
A contrario, son adversaire, John Mc CAIN, ne fait pas mystère de sa volonté de chausser les bottes de BUSH pour perpétuer la bêtise. La bêtise si tant est que l’Amérique n’a rien gagné dans sa politique de défense offensive si ce n’est le lourd tribut que ses fils ont payé à la guerre. Irak, Afghanistan, Somalie… l’Amérique compte ses morts en dépit des énormes moyens financiers et logistiques déployés sur le terrain.
Quand on imagine que Mc CAIN veut poursuivre sur cette lancée, on comprend la réticence des Américains à porter leur choix sur lui. Mais, la politique ayant ses raisons que la raison ignore, le choix des Américains pourrait être fait en dépit de tout bon sens. Que Dieu les éclaire donc.

Par Alpha YAYA

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