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Une du n° 580
LA UNE du 19 au 25/11/2008
NOUVELLES DU GRIN : N° 580 du 19 au 25 Novembre 2008

Les grandes douleurs sont muettes

La période des pluies est maintenant un souvenir à Bobo-Dioulasso. C’est le moment de faire des retouches sur les maisons d’habitations en banco. Ce problème concerne surtout les vieux quartiers et les zones non loties où les habitants, tel Sysiphe roulant continuellement da pierre au bas de la montagne, sont condamnés à toujours colmater les dégâts causés par les eaux de pluies. Au grin, certains pensent que c’est un travail vain et inutile, tant que c’est du banco, le danger reste toujours imminent dès les premières pluies. Ils se demandent pourquoi des citadins s’entêtent à loger dans des maisons précaires. Pour eux, les autorités devraient obliger tous les habitants des communes urbaines à construire des maisons en matériaux définitifs dès lors que le pays dispose d’une usine de fabrication de ciment. Cela pourra éviter non seulement à l’Etat de concentrer les efforts sur les habitants des zones rurales en cas d’inondations mais de rendre aussi les villes plus sécurisées. On ne peut pas comprendre que les quartiers nouvellement lotis soient bien construits avec des maisons en dur tandis que dans les anciens quartiers on continue à entretenir de vieilles maisons en banco. Ces vieux quartiers sont pourtant dans les centres villes. Cela donne généralement un visage pas reluisant pour les villes du Burkina. Les autres membres du grin réfutent cette façon de voir les choses. Ils affirment que ces vieilles maisons dont il est question sont très solides. Ce sont des maisons qui datent de l’époque coloniale mais elles tiennent souvent mieux que certaines maisons dites en dur. Pour eux, ce n’est pas l’esthétique qui compte, l’essentiel c’est que la maison résiste aux années. Et puis, le plus souvent, les parcelles qui sont dans les vieux quartiers sont la propriété de plusieurs héritiers. Dans ces conditions, personne ne songe à y investir parce que c’est une propriété collective…
La période des pluies partie, c’est le froid qui s’installe progressivement. C’est la période de grande consommation de thé. Au grin, ceux qui bravent le froid pour se réunir sont très exigeants. Ils ne veulent pas que le fâkir tarde avec le «premier» comme il avait l’habitude de le faire pour retenir les gens. En cette période, le fâkir doit user de subtilité pour pouvoir maintenir les gens et les débats…

Femmes de Bobo, à quand l’union véritable des cœurs ?
Depuis les évènements du 27 octobre 2008, où le gouverneur de la région des Hauts Bassins a convoqué les collectifs et associations de femmes de Bobo pour leur faire part de la décision de Madame le ministre de la Promotion de la Femme d’invalider les listes issues des élections relatives à la mise en place des bureaux des coordinations des femmes au niveau des arrondissements, de la commune et de la province du Houet, les choses sont toujours restées en l’état.
Les dates des 30 et 31 Octobre qui étaient programmées pour la reprise de nouvelles consultations n’ont pas été respectées. Depuis, chaque camp y va de ses commentaires.
Au grin, cette crise des femmes est jugée regrettable. Les gens pensent que plutôt que de se livrer une guerre sans merci, les femmes de Bobo gagneraient à se mobiliser contre les nombreux problèmes spécifiques qui sont les leurs. Comment pourront-elles vaincre les maux comme l’excision, le viol, les violences, l’inégalité de traitement… si elles sont désunies ? On se demande parfois si ces femmes de Bobo croient véritablement à la lutte pour leur émancipation. Tout se passe comme si elles préféraient rester dans leur situation d’éternelles assistées. Depuis la rencontre avec le gouverneur Pascal BENON, le fossé ne fait que s’agrandir entre elles. Toutes les cérémonies officielles de Bobo, elles ne manquent pas une occasion pour s’afficher. La présidente de la coordination communale qui est aussi la 1ère adjointe au maire de la commune, est généralement ovationnée par ses partisanes qui crient sur tous les toits qu’il n’y aura pas de reprise des élections ou alors on aura deux coordinations de femmes à Bobo.
De l’autre côté, on pense plutôt que la reprise des élections est inévitable. Les femmes mécontentes disent s’en tenir à la décision de madame le ministre de la Promotion de la femme. Pour elles, l’autorité de l’Etat doit s’exercer selon la volonté du gouvernement. Si les élections ne sont pas reprises, ce sera un désaveu pour madame le ministre. Pour cela, elles sont confiantes et pensent qu’il ne s’agit que d’un simple report. «Tôt ou tard, les élections vont être reprises». Parole des mécontentes. Face à l’intransigeance des deux camps, les gens du grin pensent qu’il faut chercher à raisonner «les parrains» de ces femmes qui sont tapis dans l’ombre. C’est vrai que les hommes politiques, surtout ceux du CDP, ne sont nullement mêlés à ces élections qui ne concernent que les femmes mais force est de reconnaître qu’ils ne sont pas totalement blancs comme neige dans cette histoire qui continue d’empoisonner la vie des femmes de Bobo.
Le jour de l’élection de la coordination des femmes de la commune par exemple, le maire Salia SANOU qui a présidé la séance en compagnie du DR de la Promotion de la Femme, a remis la somme de 200 000 F CFA au bureau élu. Un geste d’encouragement qui peut laisser cours à toutes les supputations…
Aujourd’hui, avec la division des femmes à Bobo, cela peut jouer sur le développement et cela n’arrange personne.
Le forum des femmes, c’est pour bientôt ; alors quel visage les femmes de Bobo et partant celles des Hauts-Bassins vont-elles présenter à cette importante rencontre au féminin ?
Femmes de Bobo, cessez vos mesquineries et faites violence sur vous-mêmes si vous voulez être au rendez-vous de la vraie femme burkinabé, celle qui pense à son épanouissement véritable et à son émancipation. Et si madame la ministre de la promotion de la Femme se résigne à ne plus reprendre de nouvelles consultations, alors qu’elle permette à la coordination régionale de se mettre en place pour parfaire l’opération de mise en place des coordinations des femmes dans les Hauts-Bassins. Sinon cette situation est loin d’être honorable pour la ville de Sya, une cité qui a longtemps été gouvernée habilement par une amazone : la princesse Guimbi OUATTARA.
A propos de la femme, un magistrat ivoirien, Georges CREPPY, a dit ceci : «Grâce à son intuition, grâce aussi à son art d’apporter d’emblée aux problèmes qui se présentent à elle, des solutions, la Femme fait partie des êtres doués de voyances ; son psychisme est constitué de telle manière qu’à l’encontre de l’homme, elle suit toujours le penchant de ses désirs.
De même, son pouvoir de séduction et… sa ruse fait d’elle un être qui, à la fois, attire et inspire la crainte. La femme est en même temps obstinée et incorrigible». Sans commentaire.

Grave accident sur la route nationale N°1 : les grandes douleurs sont muettes.
Au petit matin du samedi 15 novembre 2008, un accident sans précédent s’est produit sur la route nationale N°1 entre Boromo et Ouahabou. Un car immatriculé en République de Côte d’Ivoire et qui venait de Koudougou pour San Pedro est rentré en collision avec un camion-remorque qui transportait du sucre. Le bilan est très lourd. On parle de 67 morts dont 55 corps ont été complètement calcinés suite à l’incendie qui s’en est suivi. Dans l’histoire des accidents de la route au Burkina, tout le monde est unanime à reconnaître que c’est le plus tragique de par le nombre de personnes tuées. L’annonce de cette nouvelle a attristé tout le grin. Les sapeurs de Bobo se sont rendus sur place pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Des blessés ont été évacués à l’hôpital Sourou SANOU. Très promptement, le gouvernement a dépêché trois ministres sur le lieu du drame. Au grin, les gens ont compati à la grande douleur des familles éplorées. Mais certains n’ont pas manqué de fustiger l’attitude de ces transporteurs qui ne possèdent aucun car mais qui grâce au système de location, exercent dans le domaine. Ils ont fait remarquer que ce sont en général des cars très « fatigués», qu’ils réussissent à avoir et ils veulent à chaque coup réaliser des bénéfices substantiels. En effet, les propriétaires de ces cars ne les louent pas quand ils sont en bon état. C’est lorsqu’ils sont amortis qu’ils les mettent en location sinon ils les exploitent eux-mêmes.
Ceux qui les louent veulent avoir le maximum d’argent aussi. Pour cela, ils font appel à des « spécialistes en chargement d’hommes ». Ces derniers sont capables de «charger» le double des passagers normaux dans un car. Une fois ces cars chargés, impossible pour les forces de l’ordre d’y opérer un quelconque contrôle. Pour cela, le convoyeur s’arrange à régler le prix des différents contrôles tout au long du trajet ; parce qu’une fois que le car est chargé, si quelqu’un descend, il ne pourra plus rentrer sans l’aide des fameux chargeurs. Dans ces conditions, lorsqu’un accident survient, bonjour les dégâts. L’année dernière, un groupe de Burkinabé avait ainsi été tué à Bouaké dans un accident pareil. Ils étaient en route pour le pays natal où ils comptaient venir passer les fêtes de fin d’année.
Cette année encore, l’un de ces cars loués avaient reculé sur une pente à la sortie de Dar-Salamy, tout près de Bobo-Dioulasso. Là aussi les victimes étaient nombreuses…
Au grin les gens pensent qu’il est temps que les autorités prennent des mesures idoines pour freiner ces accidents. Le secteur du transport doit être encore mieux assaini dans notre pays. Le plus souvent, quand on regarde ces cars de location passer, on n’a pas besoin d’être un expert pour savoir qu’ils sont inaptes à la circulation.
Alors plus jamais ça sur nos routes.

"Le petit fâkir, toujours dispo"

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