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Une du n° 580
LA UNE du 19 au 25/11/2008
EDITORIAL: N° 581 du 26 Novembre au 02 décembre 2008

PDP/PS : De l’eau dans les gaz

Il faut en convenir, ce ne serait pas médire, depuis quelques années le PDP/PS est dans une mauvaise passe, pour ne pas dire dans un processus inexorable de déliquescence. Tiraillé entre les coups de dents et de griffes de jeunes loups aux dents trop acérées, qui n’avaient de cesse de pousser à la «révolution», à l’intérieur au point de «s’entre-massacrer» et l’immobilisme d’une direction de gérontocrates vivant sur leur passé, le parti courait à coup sûr vers un drame. L’attelage ne tenait d’ailleurs, que du fait de l’aura de son charismatique géniteur, feu le Professeur Joseph KI-ZERBO, dont il est communément admis que les hauts faits d’intellectuel sont inversement proportionnels à l’œuvre politique.

Le PDP/PS aurait-il voulu nous servir une version tropicalisée de la pitoyable guerre des tranchées, que les différentes factions du PS français offrent actuellement à voir, qu’il ne s’y serait pas pris autrement. C’est à croire que c’est le propre des socialistes partout de par le monde, de s’entre-déchirer sans fin et de ne pouvoir s’accorder que sur la reconnaissance de leur antipathie cordiale.En effet, rarement dans les partis politiques, on aura vu tant de déchaînement de violence verbale alors même que la logique commandait de se serrer les coudes, devant un adversaire aussi résolu que puissant et qui exploite  à merveille chaque opportunité, pour assurer  et assumer sa supprématie. En effet, toute chose égale par ailleurs, le PDP/PS est en train de vivre la même crise que le PS français, à la différence que lui a, en moins, l’assise sociale et électorale de son confrère. C’est dire s’il a comme sonné l’hallali et que le pire est à venir.
Il faut en convenir, ce ne serait pas médire, depuis quelques années le PDP/PS est dans une mauvaise passe, pour ne pas dire dans un processus inexorable de déliquescence. Tiraillé entre les coups de dents et de griffes de jeunes loups aux dents trop acérées, qui n’avaient de cesse de pousser à la «révolution», à l’intérieur au point de «s’entre-massacrer» et l’immobilisme d’une direction de gérontocrates vivant sur leur passé, le parti courait à coup sûr vers un drame. L’attelage ne tenait d’ailleurs, que du fait de l’aura de son charismatique géniteur, feu le Professeur Joseph KI-ZERBO, dont il est communément admis que les hauts faits d’intellectuel sont inversement proportionnels à l’œuvre politique. En effet, rien que deux années après qu’il ait tiré sa révérence, ça part dans tous les sens au point qu’on est en droit de s’interroger sur l’avenir du parti. Certains analystes lui imputent d’ailleurs les malheurs actuels du PDP dont il ne serait pas étranger pour avoir de son vivant refusé qu’il ait une identité propre. A bien d’égards le PDP était KI-ZERBO et KI-ZERBO était le PDP. Sa prééminence ramenait nombre de récriminations à des proportions acceptables. Et le parti arrivait bon an, mal an à tout digérer.
Ce qui s’y passe actuellement est loin des simples mouvements d’humeurs qu’il avait connus ou des actes d’indisciplines qui avaient profondément mis à mal sa cohésion.
S’il est vrai que le départ du député Etienne TRAORE a eu l’effet d’une tempête dans un verre d’eau dans l’opinion, parce qu’en réalité, il est parti depuis longtemps sans être parti, le mouvement de défiance de l’indéboulonnable député, le Dima de Boussouma et dans une moindre mesure, celui de Ouendlassida François OUEDRAOGO, ancien député, a toutes les chances d’être un coup fatal ou en tout cas dévastateur. A ce qu’on dit, tout ce beau monde, jusqu’à Emile PARE qui avait refusé tout compromis pour quitter le navire en 1997, accuse les éléments issus de l’ancien MLN du Professeur KI-ZERBO de jouer au sectarisme en verrouillant le parti. Ainsi donc, toutes les autres composantes du PDP/PS, qui, il faut le rappeler est formé de militants d’horizons divers sont commis uniquement aux seconds rôles. Né d’une scission (1993) au sein du principal parti de l’opposition de l’époque, la CNPP/PSD (on accusait déjà le Professeur KI-ZERBO de vouloir faire bande à part avec ses amis de l’ex-MLN) le PDP a entre temps phagocyté le PSB de Ouendlassida François OUEDRAOGO (en 2001) après l’ADDES du professeur Etienne TRAORE qui était en mal de positionnement sur l’échiquier politique.
De toute évidence, toutes ces greffes n’ont pas bien pris et on peut dire que l’attelage ne tenait que grâce au Professeur KI-ZERBO. Lui parti, tout semble foutre le camp, et le pire est à venir car au regard de ce qu’a accouché le congrès des 22 et 23 novembre 2008, demain n’est pas la veille d’un retour à la sérénité du parti et à son retour au-devant de la scène politique nationale.
En effet, tout s’est passé comme si les socialistes burkinabè n’avaient jamais entendu parler de rajeunissement et de renouvellement encore moins d’ouverture. En choisissant de mettre à leur tête un compagnon des premières luttes du Professeur, il faut avouer qu’il n’a pas fait dans le rajeunissement. Ni d’ailleurs dans le renouvellement puisque la jeune garde est encore laissée sur le bas côté de la route au profit d’anciens combattants qui ont du mal à se retrouver dans un landerneau politique où leurs coreligionnaires n’ont plus que des rôles marginaux. Assurément c’est le même rôle que le parti jouera d’autant plus que ce premier responsable est notoirement inconnu pour ne pas dire qu’il vient de nulle part. Sans présager du réel engagement de M. François O. KABORE, puisque c’est de lui qu’il s’agit, on est en droit de douter qu’il pense avoir toutes les cartes  en main pour réussir sa mission surtout avec des poids lourds  du parti, le Dima et Ouendlassida qui ne sont pas sur la même longueur d’ondes que lui. Parviendra-t-il à recoller les morceaux ? On peut en douter puisqu’il se posera à lui à la fois un problème de légitimité et l’éternelle équation des moyens.
C’est en effet peu dire qu’en politique on ne vit pas que d’eau fraîche.
Le nouveau président aura-t-il suffisamment de moyens pour faire face aux engagements que va exiger sa tâche ? Rien n’est moins sûr !
Quand en plus de tout cela, on ajoute le fait qu’on est déjà en pré-campagne pour les élections de 2010 (présidentielle et municipales) et que certains partis, le CDP notamment pour ne pas le nommer, sont déjà sur la brèche, on peut craindre le pire pour le PDP.
D’autant que ses dissidents ne lui feront certainement pas de cadeaux et croqueront à belles dents dans son électorat déjà réduit à sa portion la plus congrue. Assurément il y a de l’eau dans les gaz et c’est l’hallali pour le PDP/PS.o
Par Cheick AHMED
ilingani2000@yahoo.fr

 

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