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Une du n° 580
LA UNE du 19 au 25/11/2008
SUR LE VIF: N°N° 581 du 26 Novembre au 02 décembre 2008

Drame et mauvaise foi!

Sans aucun doute, l’accident tragique du 15 novembre dernier, qui a eu lieu aux environs de Boromo faisant 68 victimes, n’a pas encore fini de faire parler de lui. Entre compassion, commentaires de tous ordres et analystes,
on en entendra et on en entendra encore !Tenez ; en début de semaine, j’ai été témoin d’un débat des plus musclés, dans lequel les arguments allaient dans tous les sens. Plus que sur l’accident luimême, ou les habituels échanges sur les responsabilités à tirer, mes débatteurs se pourfendaient à propos de la visite, que la direction du CDP de Koudougou a rendue aux blessés.
Pour un des protagonistes. C’était tout simplement une tentative de récupération politique, c’était immoral et inadmissible. A l’entendre, les responsables du CDP n’avaient pas le droit d’effectuer une telle visite, qui à
son avis, est une simple opération politicienne et une tentative de division des populations de Koudougou ! Il
fulminait tant et si bien que, les deux autres avaient peine à placer le moindre mot. Le fait était qu’il semblait vraiment au sérieux et ne se privait pas d’apostropher certains membres de la direction du CDP, contre
lesquels il semblait avoir des griefs particuliers.
Entre deux arguments et alors qu’il reprenait son souffle, un des deux autres lui lança las de ne pas pouvoir en placer une : «mais qui a interdit aux autres partis de ne pas aller saluer les blessés !» Et de dire que si on devait condamner
des gens ce devrait être tous ceux qui n’ont pas daigné ou eu la présence d’esprit d’aller réconforter les rescapés. «On s’en fout de politique ici !» laissa-t-il tomber alors que visiblement son sang montait. «Au contraire ce sont les gens
comme toi qui interprètent tout qui font de la politique. «Est-ce que tu sais si quelqu’un avait un parent dedans et que les autres l’ont accompagné ?» Pour terminer il fera remarquer qu’on a vu des partis politiques marquer leur solidarité avec des gens dans la détresse dans d’autres pays ou même féliciter des amis à l’étranger, mais
devant le drame national personne ne les a entendus.
Comme pour calmer ses deux camarades, le troisième leur dira qu’ils n’ont pas tous tort même s’ils n’ont pas raison entièrement. Pour lui, le CDP a bien fait de se rendre au chevet des blessés, tout comme il est d’accord que le 15 octobre ou le 13 décembre des politiciens se rendent sur les tombes de SANKARA et de Norbert pour exprimer leurs compassions. C’est tout à fait normal, car à son avis, accepter l’un et refuser l’autre c’est être de mauvaise foi. Le problème est de ne pas aller tenir des discours politiques lors de ces déplacements.
Alors qu’on croyait que le premier allait répliquer au vu de son «excitation», il ne pipa plus un mot. Tout au contraire, le second, lui donna un coup dans la poitrine et lui lança narquoisement «tu vois ? Quand c’est vous c’est
bon, c’est propre… quand ce sont les autres c’est mauvais, c’est immoral. Au contraire c’est parce que vous êtes mauvais que vous pensez que les autres sont comme vous !»
Et de demander mon avis par un «Ou bien mon frère ?». Pris à l’improviste j’ai néanmoins eu la présence d’esprit de lui lancer le proverbe mooré qui dit qu’il n’y a pas de mauvais actes, il n’y a que de mauvaises pensées.
En réalité je pense que ce débat est la preuve qu’il y a du tout dans ce pays et que certains ne s’aperçoivent pas de combien ils sont ridicules aux yeux des citoyens, même lambda, quand ils débitent leur fiel.

Par Faèz

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