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Une du n° 580
LA UNE du 03 au 09/12/2008
NOUVELLES DU GRIN :N° 582 du 03 au 09 décembre 2008

Un divorce difficile à expliquer

Du 27 au 30 novembre 2008, Bobo-Dioulasso a vibré au rythme de l’ambiance conviviale de la rencontre de l’Association des municipalités du Burkina.
359 maires réunis dans la première commune (au sens de la création) du pays. Le ville de Sya a été fondée en 1050. Sya veut dire «Paix, bonheur» en bobo-mandaré. En 1904, Sya a été baptisé du nom de Bobo-Dioulasso. La ville est érigée en commune mixte en 1927 ; Commune de plein exercice en 1954 et depuis 1960 Bobo est une commune urbaine, la 2e du pays après Ouagadougou, la capitale.
5 personnes ont eu à diriger la commune de Bobo depuis 1956. Le premier maire de Bobo s’appelle François Thémounou VINAMA (1956-1960). Sogossira SANOU ; (1963-1965) ; Alfred SANOU (1995-2000) ; Célestin KOUSSOUBE (2000-2005) et depuis juin 2006 Salia SANOU.
Au grin, les gens ont diversement apprécié l’AMBF. Pendant que certains jugent cette association de caisse à résonance, d’autres voient en elle une passerelle pour les pauvres petites communes rurales de se faire connaître et de côtoyer les grandes.
Certains édiles de communes rurales ont connu des fortunes diverses, eux qui se sont fait plumer par des taximen de Bobo.
Les distances sont parfois multipliées par le double si vous présentez un air d’étranger. Parce qu’en affaires il n’y a pas de sentiments. Tant qu’on peut profiter pour glaner des dividendes, on ne se fait pas prier.
L’homme du village est très prudent vis-à-vis du citadin. Tellement prudent qu’il finit par se livrer lui-même à un petit prix !
La fête fut belle et certains maires qui sont logés dans des familles d’accueil ont fait un tour au grin. La plupart des maires des communes rurales se considèrent comme des cobayes. Ils sont en train de déblayer le terrain et quand ça sera profitable, ils sont sûrs de ne même plus rebeloter.
Jusqu’à présent, les vrais politiciens ne s’intéressent pas trop à ces communes rurales parce qu’il n’y a pas de gloire à exercer dans ces mairies insignifiantes.
Mais attendons encore deux, voire trois mandats. La tendance va tôt ou tard se renverser. Souhaitons cela pour lancer véritablement la communalisation intégrale dans notre pays.

Le maire Moustapha TINTO dans l’œil du cyclone
L’arrondissement de Dô est, depuis un certain temps, l’objet de plusieurs supputations. Il ne se passe pas un jour sans qu’on ne découvre de nouveaux tracts jetés un peu partout à travers les secteurs de l’arrondissement, notamment aux secteurs 12 et 11 traitant entre autres sujets des questions liées à la gestion des parcelles.
Des tracts qui ne sont pas du tout tendres envers le maire. Moustapha TINTO est traité de tous les péchés d’Israël. Certains mêmes demandent purement et simplement qu’il soit destitué. Des manifestations sont aussi au programme, même si elles ne se font pas au grand jour.
En effet, le 28 octobre dernier, alors que le gouverneur s’apprêtait à effectuer sa première visite de prise de contact aux autorités de l’arrondissement, une manifestation éclata autour de la mairie sous l’œil vigilant des forces de l’ordre qui veillaient au grin. Les manifestants qui ont fait appel à la presse ont laissé entendre qu’ils ne comprenaient pas pourquoi ils n’ont pas été recensés alors que la sortie d’une première liste d’attribution était imminente.
Finalement, le gouverneur est venu à Dô sans le moindre incident et personne n’a abordé la question lors des échanges.
Les tracts se font de plus en plus nombreux, certains annonçant la fuite du burgmestre. Alors que celui-ci est en déplacement hors du pays.
Depuis les dernières législatives où le CDP Houet a obtenu 3 sièges sur 6, il fallait des boucs émissaires pour justifier ce «mauvais» score. A l’époque on avait indexé Moustapha TINTO d’avoir donné l’ordre à ses frères du Yatenga de ne pas voter la liste CDP Houet parce qu’elle ne contenait aucun ressortissant du Nord.
Le commissaire politique régional Thomas SANOU avait en son temps minimisé ces accusations et avait sonné le rassemblement. mais en politique, on ne pardonne pas facilement ses adversaires.
L’idée a été fortement ancrée dans les esprits au niveau du CDP Houet, et le semblant de débâcle est mis au compte du maire.
Depuis cette période, il semble de plus en plus isolé, faisant l’objet de toutes les critiques.
Au grin les gens ne comprennent pas qu’on tente par tous les moyens pour présenter TINTO comme le «bad boy» parmi les autres Maires de Bobo.
Dernièrement un groupe de manifestants a tenté de rencontrer le gouverneur pour se plaindre des agissements du maire. C’est finalement le SG de la région qui les a rencontrés, le gouverneur étant absent. Même pendant la 11e édition des journées de la commune burkinabè, les tracts ont refait surface.
Le maire se défend et pense que tout ceci n’est que l’œuvre de ses adversaires politiques qui utilisent ces manifestants pour lui régler des comptes. Face à ces tracts qui ne cessent de le diaboliser, le maire TINTO reste serein : «Soyez sûrs que tout le monde ne peut être attributaire ; et la RAF ne reconnaît pas de zones non loties», a-t-il dit. Parmi les manifestants, il semble qu’il y aurait des personnes qui auraient demandé une vingtaine de parcelles au maire sans succès.
Pour Moustapha TINTO, le chien aboie et la caravane passe. Tant qu’il sera sur le bon chemin, il pense qu’il n’y a rien à craindre.
Mais certains membres du grin pensent qu’il n’y a pas de fumée sans feu et qu’il faut qu’on ouvre l’œil, sur la gestion du maire.
Sur les 4 maires de Bobo, il est le seul à être critiqué en sourdine. Maintenant on ne sait pas quel est l’opinion des autres maires à son endroit.
Une chose est certaine, il a organisé périodiquement le conseil municipal de son arrondissement sans problème. C’est après les conseils que les conseillers parlent et menacent de boycotter le prochain conseil. Mais toujours c’est le même scénario.
Le sage du grin après une longue réflexion souhaite que les autorités se penchent sérieusement sur le cas de cet arrondissement qui réunit les conditions d’une poudrière. Pendant les manifestations contre la vie chère, la mairie a subi de lourdes pertes qui laissent entrevoir des rancunes.
Pourtant il est le seul maire à n’avoir pas déposé ses valises à l’ADF/RDA aux dernières élections. Les tractations se poursuivent et nul ne sait de quoi demain sera fait.

Un divorce difficile à expliquer
Au grin, les gens sont toujours à la recherche de l’insolite ; pour cela, les nouvelles se suivent et se surclassent. Les grins ne manquent jamais d’histoires. Cette fois, il s’agit d’un cas vraiment insolite. Celui qui l’a raconté conseille de ne pas aimer les paroles «Wolofs».
C’est l’histoire d’une jeune fille qui était l’enfant chéri d’un riche commerçant de la place. L’homme aimait tant sa fille qu’il finit par la donner en mariage à l’enfant de son meilleur ami tout en lui intimant l’ordre de veiller sur elle comme la prunelle de ses yeux.
Le mariage en grande pompe eut lieu. La fête fut belle et tout le monde s’est régalé.
La nouvelle mariée rejoignit son mari en Côte d’Ivoire. Trois mois plus tard, la fille chérie revint à la maison paternelle. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Elle aurait demandé le divorce. Mais lorsqu’on demande à comprendre les raisons de cette rupture matinale, on vous répond que ce n’est pas votre problème. Les colporteurs d’informations venaient ainsi d’être défiés.
Il fallait relever le défi. Après des petits recoupements, on saura que la fille chérie est venue parce que son mari, un vrai traditionaliste, avait pris ses précautions en administrant un «Wack» sur sa femme ; histoire d’éviter toute tentative d’adultère.
Il a fait cela à sa femme sans lui en parler. Mais un jour, la femme est venue lui dire que lorsqu’elle veut aller avec d’autres hommes, ces derniers deviennent subitement impuissants alors qu’avec lui son mari, les choses vont très bien. Et qu’elle veut des explications. Son mari reconnut qu’effectivement elle était sous l’effet d’un wack pour empêcher n’importe quel homme de coucher avec elle en dehors de lui, son mari. La fille chérie trouva cela injuste. Elle traita son mari de macho et d’égoïste. Elle demanda le divorce et exigea qu’elle soit «déminée» avant.
Le père accueillit chaleureusement sa fille et fit appel à son mari qui arriva. Celui-ci expliqua à son beau-père qu’il avait le choix entre un Wack qui piège les amoureux jusqu’à l’arrivée du mari, un autre qui ronge les parties intimes de l’homme et un autre encore qui consiste à empêcher tout homme de pouvoir l’approcher. Une fois qu’il s’avance vers elle, il devient subitement impuissant. S’il se relève, il redevient puissant. Le beau-père trouva cela anormal. Il dit avoir entièrement confiance à sa fille et demande à l’homme d’enlever le wack sur sa fille.
On n’a pas la teneur ce dont elle désirait. Mais l’homme est reparti en Côte d’Ivoire sans sa femme.
Cette histoire a été longuement relayée au grin. Les gens pensent que la fille étant «une fille à papa», elle est capable de tout.
Elle a toujours vécu en suivant ses caprices obtenant tout ce dont elle désirait. Elle a été élevée dans le coton. Mais comme elle est mariée maintenant, son père devrait changer d’attitude à son égard. Comment peut-on suivre sa fille dans la bêtise en ne disant pas clairement à l’enfant chéri que le mariage signifie avoir un seul mari. Pas plusieurs.
Certains pensent que l’homme a certainement décelé en sa femme des doutes c’est pourquoi il est allé chercher ce wack pour calmer ses ardeurs.
Les débats vont bon train. L’enfant chéri a aussi des adeptes au grin. Ceux qui la soutiennent pensent surtout à la mort. Généralement, c’est le mari seul qui a la formule pour « déminer le terrain».
Dans ces conditions s’il arrive qu’il meurt dans un accident brusque, la vie sexuelle de la veuve est compromise à jamais.
Pour eux, le wack n’est pas vraiment la solution. La vie de couple doit se vivre de façon naturelle.
Maintenant que la fille chérie a rejoint son père qui la soutient, ce mariage est parti pour se disloquer. A qui la faute ?
Le sage du grin s’est référé à cette pensée de Lady Diana Spencer, la princesse de Galles décédée le 31 août 1997 à Paris des suites d’un accident qui dit : «Quand personne ne vous écoute, ou quand vous croyez n’être pas écouté, vous éprouvez tant de peine, à l’intérieur de vous-même, que vous essayez de vous blesser extérieurement».
A bon entendeur salut !

"Le petit fâkir, toujours dispo"

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